<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992</id><updated>2011-11-28T00:03:48.475Z</updated><category term='about myself'/><category term='intérêt'/><category term='humour'/><category term='music'/><category term='art'/><category term='écriture'/><category term='actu'/><category term='fantasy'/><category term='bière'/><category term='dessins'/><title type='text'>Avenger's corner</title><subtitle type='html'>Petit blog sur l'univers de SA_Avenger</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>62</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1653160349797200782</id><published>2011-05-24T08:50:00.001+01:00</published><updated>2011-05-24T08:52:22.854+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>La Nostalgie du Tyran - Chap 2 - Jour de gloire</title><content type='html'>Musique d'inspiration: ACDC - Thunderstruck&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Serge était beau, Serge était fort, Serge aimait les femmes et elles l’aimaient en retour.  Il s’étira dans le grand lit de l’auberge, repoussant l’édredon de ses jambes musclées. Réveillé par le bruit de la foule qui s’amassait dehors. Les appels de la populace commençaient à retentir « Funder, Funder ! », son nom de guerre. La fille à son coté enfonça la tète dans l’oreiller en grognant. Il ne savait pas son nom par contre et s’en moquait, ne connaissait que sa croupe et ne voulait pas en savoir plus. Ce soir ce serait une autre, plusieurs autres. Il s’était limité à une seule cette nuit car aujourd’hui était un grand jour, son grand jour. Il se leva, s’aspergea le visage d’eau de la bassine laissée là à son intention et laissa l’eau couler le long de son torse, allant jusqu’à le frotter doucement soulignant les muscles, les appréciant et sachant que ça plairait aussi à la foule. &lt;br /&gt;Il s’approcha enfin des volets qui barraient la sortie vers le balcon. Il souriait sentant l’impatience de la foule, son désir de le voir et  il en vibrait dans tout son être alors qu’il poussait les lintaux de bois et apparaissait à l’extérieur. La lumière le baignant, le faisant apparaitre tel un sauveur. La fille grogna lorsque le soleil se déversa dans la chambre mais il l’avait déjà oubliée. C’était son instant. Le peuple l’ovationna, le peuple ovationne toujours. Serge leva les bras encore plus haut, accueillant la clameur qui envahissait la place. Il était Dieu à cet instant, invincible. Tant de souffrance, de privations, de combats, de complots pour enfin arriver ici.&lt;br /&gt;Aujourd’hui le tyran allait tomber et il le leur dit. Tous ensemble ils allaient changer les choses, faire un monde plus juste où les forts protégeraient les faibles sans plus les exploiter, où il y’aurait du travail et à manger pour tous, le pouvoir servirait le peuple sous sa tutelle éclairée. Il ne savait pas trop ce qu’il disait, il n’avait pas préparé ce qu’il allait dire, d’autres l’avaient fait pour lui mais il aimait entendre ces mots importants sortir de sa bouche. Il était presque convaincu qu’il aurait pu avoir tout autant de succès en leur clamant la recette de la tarte à la betterave mais il était fier de lui. Lui qu’on ovationnait, lui qui n’avait jamais été à l’école, lui qui n’avait eu d’autre choix que de travailler dans les mines dès  sept ans, lui qui avait perdu toute sa famille massacrée par les hommes d’Umbor. Umbor encore et toujours, le comte sanguinaire qui l’avait poursuivi tout au long de son long voyage vers la capitale. Lui qui avait tenté d’empêcher le destin de faire son œuvre. Mais partout où il s’était arrêté, chaque fois qu’il avait faibli, une âme charitable lui avait ouvert sa porte, avait rajouté un couvert à table même s’ils n’avaient rien à partager. Et il le leur dit aussi. Et ils crièrent de joie, transporté par la fierté de l’avoir aidé dans sa quête, prenant fierté de ce que d’autres avaient fait, eux qui ne l’auraient jamais fait. Serge n’était pas l’homme le plus intelligent de l’assemblée certes mais il savait que ces mêmes gens qui l’ovationnaient aujourd’hui, qui le saluaient, l’appelaient de leurs vœux, lui avaient fermé la porte au nez, l’avaient donné aux soldats, vendus par peur ou plaisir. Il savait que le peuple qu’il sauvait n’en valait peut être pas la peine mais il ne le faisait pas pour eux. Non il n’avait pas eu le choix mais ça par contre il ne le leur dit pas. &lt;br /&gt;Quand il eut fini et que la clameur descendit, lui fit de même dans la salle commune où ses compagnons l’attendaient patiemment. D’ordinaire, ils lui auraient lancé quelques piques sur son discours mais aujourd’hui tous étaient absorbés dans leurs pensées tout en mangeant. Les gens dehors continuaient à l’appeler, on avait dû garder les volets fermés de peur qu’ils ne brisent les vitres pour s’introduire dans l’auberge, pour le voir, le toucher. Certains prétendaient déjà que le toucher guérissait les maladies, inepties. Serge ne s’en inquiéta pas, plus ici, pas maintenant, les rapports de ses amis lui confirmèrent que tout était prêt. &lt;br /&gt;Kern, un vétéran des campagnes du sud, un homme solide et grisonnant. Il lui fit un topo encourageant, la garde de la ville avait pu être achetée grâce à l’argent que les bourgeois s’étaient empressés de leur donner en échange de futurs gains. Kern le regardait fièrement lui qui lui avait si souvent sauvé la vie le regardait comme un père bienveillant en lui racontant que la milice avait trop peur de la vindicte populaire pour intervenir et que le chemin vers le palais était libre, ne restait que la garde royale mais leur manœuvre semblait avoir réussi, plus de la moitié était partie vers le sud battre la campagne à sa recherche et il serait trop tard quand il reviendrait. Il avait réussi à faire suffisamment peur au tyran pour qu’il envoie ses meilleurs hommes à la ville d’Akbah où des doubles clamant être le héros sauveur de l’humanité causaient de nombreux troubles en son nom. Ajoutant à la confusion des troupes du tyran.  Celui-ci ne savait probablement même pas à quoi il ressemblait jusqu’à aujourd’hui. Mais les plans avaient été faits et refaits depuis des semaines jusque tard dans la nuit et au bout d’un moment ils n’eurent plus rien à y ajouter. Ils se regardèrent, Célia, la belle brune aux formes généreuses, Néor , le nain aux yeux bleu profond et à la barbe négligée le regardait avec un air fier, lui qui avait subi le plus d’entre eux. Tous étaient heureux d’être là pour cet instant. Et François lui souriait pour donner du courage comme il le faisait toujours, l’humour aux lèvres, le charme dans la démarche qui leur avait valu tant d’alliés de poids lors de leur quête. &lt;br /&gt;Ils se serrèrent la main et se levèrent comme un seul homme, chacun attachant son arme à sa ceinture, ajustant une épaulette, une chaussure, une mèche rebelle, quelque chose, n’importe quoi pour faire passer l’attente et la pression. Et puis, ils sortirent, la clameur se tut, les rangs s’ouvrirent pour les laisser passer. Il y’avait des hommes et femmes de toute condition, même des enfants juchés sur les épaules de leurs parents. Le soleil était déjà haut mais tous avaient arrêté de travailler pour venir le voir accomplir sa destinée, leur destinée. &lt;br /&gt;Le palais vu d’ici semblait presque ridicule, une riche demeure bourgeoise ceinte d’un mur d’à peine quelques mètres de haut. Il n’y avait plus rien à faire qu’avancer. Lorsque l’édifice devint assez grand pour qu’ils doivent lever la tête pour l’embrasser du regard ils s’arrêtèrent un instant. Ils savaient qu’on les observait, qu’on les craignait. Serge eut presque pitié du tyran qui s’il n’était pas fou devait contempler sa vie et la mort qui approchait tout en se débattant pour survivre.&lt;br /&gt;Des gardes étaient en faction aux portes de l’enceinte mais ils s’écartèrent tout en regardant fixement devant eux, comme s’ils accueillaient des visiteurs de marque, comme s’ils n’étaient pas en train de trahir leur suzerain. « Lâches » pensa Serge et il eut presque envie que le peuple les attrape pour les tailler en pièce mais celui-ci restait à distance respectueuse en haut de la place. Ils avaient encore peur du tyran et Serge se doutaient qu’ils en auraient encore peur longtemps même après sa mort. &lt;br /&gt;Pour la première fois il se demanda ce qu’il faisait réellement là. La vengeance l’avait poussé jusqu’ici, les autres l’avaient transformé en étendard, en symbole de liberté et c’était bon après avoir passé une enfance ignoré de tous dans les mines à rapporter l’argent que son père buvait. Son amertume passagère lui fit ajouter in petto « et qu’il nous battait, le salaud ». &lt;br /&gt;On le tira par le bras. Il s’était arrêté et Néor le regardait avec son regard confiant. Il devait penser qu’il avait peur mais qui n’aurait pas eu peur à cet instant où il allait changer l’histoire ? Néor comprenait ce qui pesait sur ses épaules lui qui avait dû vivre avec le poids du regard des autres, qui avait dû convaincre tout le monde qu’il pouvait être utile et qui l’avait payé au prix fort, torturé, marqué à vie. Serge sourit en retour et reprit son chemin, la main sur l’épaule de son compagnon. &lt;br /&gt;Plus ils avançaient moins les gardes étaient coopératifs « enfin ! ». Il y’avait une limite à leur lâcheté.&lt;br /&gt;Kern avançait avec précaution, de coin en coin, longeant les murs, l’épée au clair. Serge sur les talons, hache en main, elle qui l’avait tant servi, il avait fait aiguisé la lame la veille mais le bois était le même, taché de sang et patiné par l’usage. François lui tenait l’arrière garde, arbalète sous le coude.&lt;br /&gt;Au premier étage les choses se corsèrent, ils durent commencer à combattre mètre par mètre, les gardes arrivant par petits groupes, criant pour en rameuter d’autres. Mais ils ne faisaient leur travail que par peur ou conscience professionnelle, sans conviction. Souvent ils lâchaient leurs armes dès la première passe ou laissaient délibérément une ouverture afin d’en finir plus vite sur une mort honorable qui ne serait honorée par personne.  Ils arrivèrent enfin dans la salle de l’assemblée, là où le tyran avait l’habitude de siéger, là où il avait prononcé tant de sentences et de lois retorses face à un public terrorisé.  Car ce sont les nobles qui avaient le plus peur du tyran alors qu’ils en souffraient le moins. Ce sont eux qui l’avaient armé, lui Funder, pour être le bras de leur vengeance, enfin ça c’est ce qu’il leur laissait croire.  Il avait pris leur or, leur soutien mais restait libre et le serait toujours. Devant les portes, deux gardes en livrée officielle, noir et or, hallebardes en main, croisées en face des lourds battants. L’un avait les jambes qui tremblaient mais restait malgré tout à son poste. Serge voulut les menacer de sa hache mais il les sous estima car ils abaissèrent rapidement leurs armes avant qu’il ne soit au contact. Et malgré qu’elles n’étaient pas faites pour les combats d’intérieur il manqua de peu d’être occi par l’une d’elle. Mais ils furent emportés par le poids alors que Serge reculait à l’écart. Kern coupa la hampe du premier, la main qui tenait celle-ci fut tranchée en même temps et l’homme tomba à genoux en se tenant le poignet, hurlant à la vue de la gerbe de sang qui en sortait par à coup. L’autre avança d’un pas, prenant appui pour relever son arme mais il reçut le carreau d’arbalète de François en plein visage, lui clouant le béret de velours sur le front ainsi qu’une expression surprise rapidement recouverte d’un filet de sang. L’homme s’affala de tout son long. &lt;br /&gt;Serge poussa la porte, s’arc boutant et en y ajoutant un coup de pieds puissant dès qu’elles se mirent à bouger mais elles continuèrent à s’ouvrir doucement sans l’effet tonitruant qu’il aurait voulu produire.&lt;br /&gt;La salle était gigantesque, ornée de colonnes, de bancs de marbres, de draperies qui tombaient entre chaque colonne et qui auraient pu cacher des dizaines d’hommes mais qui semblaient désertes. Il fit un signe de la main pour indiquer à ses compagnons de rester là et de garder l’entrée. Il descendit lentement le centre de la salle vers le trône  où semblait affalé un vieillard. « Peut-être le lâche s’est-il donné la mort » Pensa Serge. « Peut être n’aurais-je même pas à l’affronter » car à cet instant il ne ressentait plus la colère et la haine qui l’avait nourri pendant toutes ces années.  Il n’arrivaient plus à en vouloir à cet homme qui lui avait pris sa famille et ses amis, il avait du mal à se souvenir de leurs visages et par contre réalisait que l’homme assis sur le trône n’était en effet qu’un homme et que Serge allait être déçu parce qui allait se passer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses pas résonnaient sur le dallage tel les coups d’une horloge funeste. Son cœur lui battait la chamade mais il s’efforçait de continuer à avancer lentement. Ses paumes étaient moites et glissaient sur la poignée de la hache, il aurait du la recouvrir de farine comme il en avait l’habitude mais il avait oublié. L’homme assis sur le trône ne bougeait toujours pas. Il avait la tète appuyée sur le bras, les yeux fermés mais sans avoir l’air endormi, ni vieux d’ailleurs. Il était emmitouflé dans une longue robe noire épaisse. &lt;br /&gt;Il avait les traits tirés, les cheveux grisonnants sur une calvitie frontale naissante, le visage las, les plis de la bouche pincés comme par trop de sévérité pointaient vers le bas, éternellement mécontent. Et surtout il semblait malade, trop fatigué, amoindris. Il ouvrit les yeux doucement, ne parut pas surpris de la présence de son bourreau et releva lentement la tète comme pour l’étudier avant de la laisser retomber sur sa paume d’un air blasé.  Encore quelque pas, Serge sentit qu’il aurait du dire quelque chose mais ne fit que resserrer sa prise sur son arme, son cuir chevelu se mettant à le gratter mais il n’osait enlever une main pour soulager son crane. Moment de gloire gâché par la gratouille, joie.  Pensa-t-il.  Il secoua la tète envoyant ses mèches sur le coté en un geste dont il avait l’habitude. « Vous êtes en retard » la voix était cassante, méprisante mais malgré tout à peine audible, couverte par le bruit de ses pas et Serge du s’arrêter pour entendre la suite. « … attendais à l’aube, mieux, cette nuit vu que je ne dormais de toute façon pas mais non monsieur prenait ses aises à la meilleure auberge de la ville. Les héros ne sont plus ce qu’ils étaient, de mon temps ils montaient à l’assaut dès la première heure sans faire attendre, c’est très impoli. Ils combattaient avec la force de leur bras et leur foi et non pas avec le Dieu argent et le fiel des familles nobles qui rends les choses tellement plus facile n’est-ce-pas ? Vous croyez que vous aurez encore un quelconque crédit pour m’avoir occis? Moi qui ai combattu la corruption toute ma vie vous venez de lui donner un aura, une justification qui sera difficile à effacer. Vous faites un très mauvais exemple pour la jeunesse vous savez ? Très mauvais…. » Il laissa sa voix mourir. Serge se demande un instant si l’homme était devenu fou, s’il ne réalisait pas qu’il était là pour le tuer.&lt;br /&gt; &lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1653160349797200782?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1653160349797200782/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1653160349797200782' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1653160349797200782'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1653160349797200782'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2011/05/la-nostalgie-du-tyran-chap-2-jour-de.html' title='La Nostalgie du Tyran - Chap 2 - Jour de gloire'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-5618770135223908736</id><published>2011-01-13T08:15:00.005Z</published><updated>2011-01-13T08:19:12.585Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>La Nostalgie du Tyran, version 3 - Chapitre 1: La Vague Aveugle</title><content type='html'>Troisième essai, le bon cette fois peut-être. Il faut y croire :).&lt;br /&gt;Je mélange donc deux histoires qui me turlipinent depuis un bail, &lt;em&gt;chemin vers pensée&lt;/em&gt; et la &lt;em&gt;nostalgie du tyran&lt;/em&gt; mais je pense qu'elles se marieront bien, on verra. &lt;br /&gt;C'est un premier jet qui reprends des morceaux que j'avais déjà écris mais qui en grande partie est réécrit from scratch.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;principale musique d'inspiration: Corvus Corax - Florent Omnes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;Lentement une feuille tourbillonnait vers le sol, des goutes rouges de rosée glissaient le long de la surface lisse que la lumière caressait. Son regard la suivit jusqu’au sol où elle se posa lentement dans la main ouverte et pâle d’un cadavre. Il se sentit glacé, la peur se répandit en lui. Où était-il ? Le bruit, l’odeur de mort, de sueur et de boyaux vidés. Ses yeux s’abaissèrent lentement vers son propre corps, ses mains vides mais couvertes de sang et de terre fraiche. Il sut qu’il était tombé à genou, il sentait l’humidité qui lentement passait au travers de ses chausses. Où peut-être était-ce la pluie, il venait à peine de réaliser qu’elle tombait. Des petites rigoles remplies de sang se frayaient un chemin dans la boue. Et partout, aussi loin qu’il pouvait voir des cadavres.Lentement le bruit rempli l’espace, les combats n’étaient pas finis. Il marcha lentement, difficilement comme s’il n’avait plus bougé depuis des heures, ses membres endoloris lui faisaient mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il approchait de la lisière des bois et le bruit grandissait, grondait : des râles, des cris, le claquement de fouets, des voix des centaines de milliers de voix qui scandaient en chœur ou en désordre, priaient, hurlaient sans s’entendre. Il cligna des yeux, encore et encore, chassant la pluie, les pleurs, pourquoi pleurait-il ? Enfin il put distinguer ce qui jusqu’alors ne formait qu’un mur pale à l’horizon. Une marée humaine monstrueuse qui avançait inexorablement, une vague à perte de vue de créatures torturées, nues, aveugles, les yeux d’un blanc laiteux grands ouverts sur le ciel remplis de nuages menaçants, la bouche ouverte sur leurs supplications. Ils boitaient enchainés les uns aux autres par un crochet planté dans la chair, dans l’os. Ouvrant des blessures infectées, noires, grouillantes de vers et de mouches. Certains pourrissaient debout, d’autre mourraient avant, étaient trainés malgré tout par les autres jusqu’à ce qu’ils ne restent plus rien d’eux que ce crochet rouillé, noir de sang caillé. Ils avançaient à tâtons, se bousculant les uns les autres, et derrière claquait les fouets de leurs maitres. Aveugles eux aussi dont le seul et unique but n’était plus que de frapper devant eux en un rythme connu d’eux seul comme si c’était là leur dernière, leur seule raison de vivre. Il fut pétrifié par ce paysage de cauchemar, cette marée humaine blafarde qui taillait en pièce les dernières poches de résistances qui se tenaient encore sur son chemin. De maigres groupes d’hommes, bardés de lances sur lesquels s’empalaient les aveugles. Entrainant les piques dans leur chute, continuant à frapper l’air puis le sol tout en priant et en râlant de douleur. D’autres les piétinaient et mourraient à leur suite jusqu’à ce qu’il n’y ai plus rien face à eux.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s’approchèrent frappant et psalmodiant de la lisière des arbres, vers lui, lui, toujours pétrifié d’horreur, les jambes de coton, les chausses mouillées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les formes continuaient à battre l’air, attaquant même les branchages et les troncs d’arbres, les réduisant en copeaux de bois,  l’esprit absent, submergé par la douleur et la folie, obnubilés par les prières scandées « Maeror abit scaebilus » Une main parcheminée lui attrapa le bras, le secoua violemment « Courez monsieur ! Fuyez ils n’ont aucune pitié, le jour est perdu, il l’a toujours été » L’homme cracha à ses pieds, le regard apeuré malgré le poids des années qui faisaient de lui un vétéran. Il n’attendit pas de réponse et s’enfonça plus profondément dans les bois. Il le regarda disparaître parmi le vert sombre de la foret. La vague aveugle se rapprochait  inexorablement, s’enfonçait dans les sous-bois. Il aperçut derrière elle des hommes qui la guidait à cheval, criant des ordres, frappant les pauvres hères, et parfois courant derrière un fuyard, un homme qui avait pu pouvoir y réchapper en faisant le mort ou en courant. Il était temps de partir, il ne sut jamais pourquoi malgré la peur il avait attendu si longtemps à contempler la mort, sa mort, avancer. Mais il finit enfin par tourner les talons et fuit par là où il avait vu l’autre homme partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il courut et courut encore, ses premiers pas hésitants, manquant de trébucher, ses mains se rattrapant à l’écorce des arbres, s’écorchant la peau. Mais il accueillait avec bienveillance ce picotement, le sang qui pulsait dans ses doigts qui lui rappelait qu’il était encore en vie, il redoubla d’ardeur malgré les muscles qui le brulaient. Il aurait presque rit d’allégresse de se sentir vivant car il ne savait pas d’où il venait, ne savait pas qui il était et son esprit fit le vide sur la seule chose qu’il savait de son passé. Bercé par la clameur des hommes sans visages et de leur prières qui s’éloignait doucement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...Elle avait les cheveux bruns, tirant vers le roux, la taille fine. Il avait déjà envie d'elle alors qu'il venait à peine d'entrer dans la pièce. Son membre se tendait contre ses chausses. Son être entier semble ainsi s'étirer vers elle, chercher à l'atteindre plus vite. Il ferma la porte et attendit à l'entrée. Il avait besoin de la toucher, cela faisait si longtemps. Elle crispa ses épaules lorsqu'elle l'entendit, elle savait que c'était lui. Elle avait toujours eu ce don pour le sentir, le lire comme s'il était transparent pour elle. Cela l'avait désarçonné au début, lui qui se trouvait si malin, si secret.&lt;br /&gt;Il ouvrit la bouche pour murmurer son nom, sa main se leva lentement, anticipant la caresse qu'il lui donnait déjà en songe. Mais elle se tourna brusquement, brisant le rêve éveillé, le ramenant à la triste réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Vas-t-en, tu ne comprends donc pas? Je n’en peux plus de ton amour, de ta douleur." Elle se jeta sur lui, ses yeux rougis par les pleurs. Depuis qu'elle sait que je vais venir pensa-t-il amèrement. Autrefois, il l'aurait prise dans ses bras, l'aurait laissée le frapper de ses petites mains délicates, il aurait emprisonné sa taille, ses mains l'auraient caressée, sa bouche aurait cherché ses lèvres pour faire taire ses faibles mots de protestations. Peut-être aurait-il alors glissé sa main entre ses jambes, ou l'aurait-il jetée sur le lit où elle serait tombée en soumission. Tout cela changerait son non offusqué en oui suppliant.&lt;br /&gt;Il l'aurait prise et elle aurait pleuré, de joie cette fois. Autrefois. Mais pas aujourd'hui. Sa lettre lui avait glacé le cœur et même s'il l'aimait et la désirait toujours autant il n'arrivait plus à le lui imposer. Il ne pouvait pas la forcer à l'aimer si elle disait en aimer un autre. Même s'il savait qu'elle l'aimait encore. Mais à quoi bon?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mari ça se trompe, on le connait, on l'aime tendrement, on y est attaché mais il a perdu le pouvoir de la nouveauté, un prétendant c'était une toute autre affaire, peu importe son statut son origine (il le haïssait déjà), il avait du pouvoir, de quoi séduire, mentir et éblouir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre amant que lui, plus présent, plus proche, plus réel donc qui lui enlevait son unicité à lui, sa place de roi dans ses yeux à elle et surtout dans son cœur. Il aurait dû se battre comme le font les coqs et les chiens mais il était trop digne pour ça, même pour elle. Il ne voulait pas être différent de celui qu'elle avait aimé. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait encore et il n'avait pas compris. Elle l'aimait oui mais par défaut sans qu'il ait droit au chapitre. Elle aimait comme on aime une peinture et non ce qu'elle dépeint et encore moins l'artiste.  Lui il l'aimait du désespoir car malgré tout ce qu'il avait dans la vie, il ne voulait qu'elle et quelqu'un la lui avait prise, non pire, elle s'était donnée.  Un premier venu, un peu intelligent, très charmeur, un homme bon probablement si on avait confiance à son jugement mais un autre homme quand même. Il avait souffert quelque temps enfermé, décidé à vivre sans elle, à vivre malgré elle.&lt;br /&gt;Mais il n'y arrivait pas vraiment, alors il était venu la voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, ici, il comprenait enfin qu'elle avait mal, ou qu'elle avait eu mal et qu'elle avait une autre façon que lui de le vivre. Cela l'attrista et il grimaça. Sa main se portant instinctivement à son ventre et puis il sentit les larmes couler sans avoir eu le temps de les retenir mais malgré toutes ses envies de la supplier, de la tenir, de se fâcher et de la prendre là il ne fit rien. Il se força à sourire et dit "Je comprends, c'est probablement mieux ainsi. Je t’aime Amélia, prends soin de toi.". Il s'effaça lentement, regardant leur image se séparer dans le miroir plutôt que de sonder ses yeux, qu'elle avait comme lui, bleu gris, de peur d'y voir une lueur d'espoir, de désir. La porte se referma sans qu'il embrasse à nouveau cette bouche parfaite. La porte se referme et l'oubli prit le pas.  Seul le martèlement de ses jambes comptait. Qui était-elle ? Qui était-il ? Il ne le savait pas et les larmes continuaient de couler, la douleur de ses muscles se mêlant à celle du coeur, il aurait voulu courir ainsi jusqu’au bout du monde s’il y’en avait un.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-5618770135223908736?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/5618770135223908736/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=5618770135223908736' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/5618770135223908736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/5618770135223908736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2011/01/la-nostalgie-du-tyran-version-3.html' title='La Nostalgie du Tyran, version 3 - Chapitre 1: La Vague Aveugle'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1980753986887055921</id><published>2010-10-08T08:26:00.002+01:00</published><updated>2010-10-08T08:38:55.259+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>Nurturing a story</title><content type='html'>Ah! Ecrire, quelle malédiction! Je mulitiplie les essais, un chapitre, deux, parfois plus sont couchés sur le papier et y restent vaincus. Manque de temps surtout, de persévérance (aussi) d'humeur (parfois). Je me consolle en me disant que ça me permet de nourir l'histoire que j'ai en tête ( à condition qu'elle y reste).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le brouillon et l'essai de premier chapitre publiés dernièrement (tout est relatif) me tentent toujours, attendent toujours une retranscription de mes notes papier (la question dans ces cas là est surtout de savoir si le travail en vaut la chandelle, chandelle bien utile lorsqu'il faut se pencher douloureusement sur le bout de papier remplis d'une écriture fébrile et cahotante (dû au moyen de transport et non à la folie qui me guette)) même si j'ai depuis écris un autre premier chapitre (troisième essai d'une histoire qui me hante depuis près de 2 ans), l'idée me vient peu à peu de relier ces histoires (pas juste pour pouvoir prétendre que voilà j'ai trois chapitres vu qu'il me faudra probablement tout réécrire) car il faut bien l'avouer j'ai un autre manque c'est celui de ne pas trop savoir où je vais (à part une vague idée de ce que je veux raconter évidemment mais si l'origine et le but,lointain, sont en tête le chemin lui n'a pas encore germé). Je fonctionne à l'instinct, à l'humeur (la mienne cela va de soi mais celle des personnages aussi, l'un capricieux exigeant voudra commander, punir, s'isoler, l'autre perdu chercher à suivre et à apprendre. Il me faut donc trouver des espaces où ses personnages puissent s'épanouir et ce n'est pas tout car voilà j'ai en plus la prétention de vouloir faire de tout ça une lecture agréable (là où le bas blesse me direz vous) et je ne peux m'empêcher pour l'instant de ne pas être satisfait des résultats obtenus, c'est donc en forgeant qu'on devient forgeron mais mon assiduité est-telle que ce sera un travail de longue haleine. J'espère reprendre d'ici la fin de l'année afin de me fixer et d'enfin voir grandir un projet qui me titille depuis bien trop longtemps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1980753986887055921?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1980753986887055921/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1980753986887055921' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1980753986887055921'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1980753986887055921'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2010/10/nurturing-story.html' title='Nurturing a story'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-801186555119156720</id><published>2010-06-01T16:09:00.005+01:00</published><updated>2010-10-07T08:49:25.521+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>Chemin vers pensée - Chapitre 1</title><content type='html'>Je pars d'un côté totalement différent de ce que j'ai fait auparavant (probablement du à ma lassitude face à la fantasy) j'envisage plus quelque chose dans l'idée (sans juger de la qualité de ce que je fais) du Candide de Voltaire avec l'inspiration et les idées qui viennent. Même si l'idée de base m'est venue lors de l'écoute de la mémoire neuve de Dominique A.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Elle avait les cheveux bruns, tirant vers le roux, la taille fine. Il avait déjà envie d'elle alors qu'il venait à peine d'entrer dans la pièce. Son membre se tendait contre ses chausses. Son être entier semble ainsi s'étirer vers elle, chercher à l'atteindre plus vite. Il ferma la porte et attendit à l'entrée. Il avait besoin de la toucher, cela faisait si longtemps. Elle crispa ses épaules lorsqu'elle l'entendit, elle savait que c'était lui. Elle avait toujours eu ce don pour le sentir, le lire comme s'il était transparent pour elle. Cela l'avait désarçonné au début, lui qui se trouvait si malin, si secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ouvrit la bouche pour murmurer son nom, sa main se leva lentement, anticipant la caresse qu'il lui donnait déjà en songe. Mais elle se tourna brusquement, brisant le rêve éveillé, le ramenant à la triste réalité.&lt;br /&gt;"Vas-t-en, je ne veux plus te voir Romain, tu ne comprends pas?" Elle se jeta sur lui, ses yeux rougis par les pleurs. Depuis qu'elle sait que je vais venir pensa-t-il amèrement. Autrefois, il l'aurait prise dans ses bras, l'aurait laissée le frapper de ses petites mains délicates, il aurait emprisonné sa taille, ses mains l'auraient caressée, sa bouche aurait cherché ses lèvres pour faire taire ses faibles mots de protestations. Peut-être aurait-il alors glissé sa main entre ses jambes, ou l'aurait-il jetée sur le lit où elle serait tombée en soumission. Tout cela changerait son non offusqué en oui suppliant.&lt;br /&gt;Il l'aurait prise et elle aurait pleuré de joie cette fois. Autrefois. Mais pas aujourd'hui. Sa lettre lui avait glacé le coeur et même s'il l'aimait et la désirait toujours autant il n'arrivait plus à le lui imposer. Il ne pouvait pas la forcer à l'aimer si elle disait en aimer un autre. Même s'il savait qu'elle l'aimait encore. Mais à quoi bon?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mari ça se trompe, on le connait, on l'aime tendrement, on y est attaché mais il a perdu le pouvoir de la nouveauté, un prétendant c'était une toute autre affaire, peu importe son statut son origine (il le haïssait déjà), il avait du pouvoir, de quoi séduire, mentir et éblouir.&lt;br /&gt;Un autre amant que lui, plus présent, plus proche, plus réel donc qui lui enlevait son unicité à lui, sa place de roi dans ses yeux à elle et surtout dans son coeur. Il aurait dû se battre comme le font les coqs et les chiens mais il était trop digne pour ça, même pour elle. Il ne voulait pas être différent de celui qu'elle avait aimé. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait encore et il n'avait pas compris. Elle l'aimait oui mais par défaut sans qu'il ait droit au chapitre. Elle aimait comme on aime une peinture et non ce qu'elle dépeint et encore moins l'artiste. Lui il l'aimait du désespoir car malgré tout ce qu'il avait dans la vie, il ne voulait qu'elle et quelqu'un la lui avait prise, non pire, elle s'était donnée. Un premier venu, un peu intelligent, très charmeur, un homme bon probablement si on avait confiance à son jugement mais un autre homme quand même. Il avait souffert quelque temps enfermé, décidé à vivre sans elle, à vivre malgré elle.&lt;br /&gt;Mais il n'y arrivait pas vraiment, alors il était venu la voir.&lt;br /&gt;Et là, ici, il comprenait enfin qu'elle avait mal, ou qu'elle avait eu mal et qu'elle avait une autre façon que lui de le vivre. Cela l'attrista et il grimaça. Sa main se portant instinctivement à son ventre et puis il sentit les larmes couler sans avoir eu le temps de les retenir mais malgré toutes ses envies de la supplier, de la tenir, de se fâcher et de la prendre là il ne fit rien. Il se força à sourire et dit "Je comprends, c'est probablement mieux ainsi". Il s'effaça lentement, regardant leur image se séparer dans le miroir plutôt que de sonder ses yeux, qu'elle avait comme lui, bleu gris, de peur d'y voir une lueur d'espoir, de désir. La porte se referma sans qu'il embrasse à nouveau cette bouche parfaite. La porte se referme et l'oubli prit le pas. L'oubli complet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je clignai des yeux, lentement d'abord, l'espace semblait s'agrandir autour de moi, l'air se rafraîchir, la lumière envahir ma vision, m'aveuglant comme le fait le soleil lorsqu'on viole une chambre de malade en ouvrant les rideaux. Je portai une main protectrice à mon visage, j'essayai à tout le moins. Mon bras resta mollement pendu à mon côté, inerte, alors que les sensations reprenaient droit sur mon corps. La douleur et les fourmis se répandaient à travers moi, je grimaçais. Ankylosé, je pris le temps de regarder alentours. Une forêt insondable, fraîche, presque froide, inextricable, enchevêtrée, le soleil ne perçant pas la frondaison. J'avais l'impression de sentir l'humus jusqu'ici car tout en elle respirait la putréfaction, la décadence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je toussai, sans trop savoir pourquoi, le soleil, la fraîcheur, le corps qui reprenait ses droits par une réaction instinctive et protestatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lentement mon regard se déporta vers sa droite, sur la plaine coulant entre moi et la forêt, moi sur ma souche, la plaine se cabrant au soleil et s'étirant dans le lointain, grimpant en colline douce où se creusait un chemin de terre brune. Là bas, la route, là se trouvait le destin, je le sentais car en haut de la colline se dessinait une innocente auberge croisée de colombages rassurants, humains, tout comme la fumée à peine perceptible qui paraissait hors de la maigre cheminée.&lt;br /&gt;"Vous voilà enfin revenu dans le monde des vivants?" Je sursautai sur place, tentai de me retourner, en vain, les jambes encore endormies ne m'obéirent pas et je m'affalai mollement sur le côté dans l'herbe tel un pantin auquel on avait joué un mauvais tour et dont on s'était lassé.&lt;br /&gt;Je ne me souvenais de rien, sauf de ce songe, de ce souvenir, cet amour qui me brûlait déjà les entrailles pour une femme dont je ne connaissais même pas le nom. Dont je ne connaissais rien sauf les cheveux, la bouche, les yeux, un corps que j'arrivais presque à sentir sous mes doigts. Mais le pire c'est que j'en savais encore moins sur moi-même. La panique me prit à la gorge. Ma mémoire avait été complètement effacée ce qui rendait la seule scène m'occupant l’esprit encore plus obsédante, plus réelle et capitale. Mon cœur s’emballait, je tentais encore de me relever en me frétillant mollement dans l’herbe. L’homme, car c’en était un, qui l’avait apostrophé s’approcha lentement, me toisant, curieux, la tête légèrement penchée se demandant probablement quel énergumène il avait alpagué là. Ses cheveux gris bouclé et en bataille semblait indiqué un âge avancé. Il semblait cependant porter une attention particulière à sa barbichette qui cernait des lèvres boudeuses. Il avait l’amabilité de ne pas se moquer et me tendit une main secoureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faiblement je me relevai, vacillant encore sur mes jambes douloureuses. « Désolé de vous avoir effrayé, vous êtes immobiles depuis hier au soir au moins. Une vraie curiosité pour la région. »&lt;br /&gt;Ma gorge était trop sèche pour parler, je me contentai de répondre par un maigre sourire sur mes lèvres craquelées. J’émis une sorte de croac comique. Le vieil homme sourit : « Vous devez être affamé, venez avec moi à l’auberge, on vous requinquera. » Je souris encore, soulagé de retrouver un environnement humain, de la nourriture et de l’eau surtout. Dieu que j’avais soif.&lt;br /&gt;Mais plus j’approchais et plus j’étais angoissé, effrayé. Il y’aurait des gens là bas. Peut-être même des personnes qui me connaissaient ou qui m’avait fait du mal. Car on m’en avait fait d’une manière ou d’une autre j’en étais certain. On n’attrape pas soudainement une perte de mémoire apathique en se promenant dans un champ. Je ne savais pas encore ce qu’on m’avait fait mais je ne voulais pas rencontrer les responsables. Je ralentis, tentait de me laisser distancer par mon jovial compagnon qui salivait déjà à l’idée d’un bon repas. Enfin, je m’arrêtai complètement. Je n’avais nulle part où aller, à part cette souche où tout avait commencé. « c’est comme si j’étais né aujourd’hui, déjà adulte ».&lt;br /&gt;Le vieil homme me contemplait en silence alors je tentai de lui expliquer, les mots eurent du mal à sortir et comme je n’avais pas grand-chose à raconter je ne cachais rien. Je m’étais remis à marcher en parlant d’elle. Je comprenait, je pense, que j’avais envie, non besoin, de la revoir.&lt;br /&gt;Et c’est donc devant un bouillon généreusement garni de viande que je fini d’expliquer le peu que je savais de moi –même. J’avais tellement parlé d’elle déjà que le vieil homme, Maître Tuvan, avait compris que j’en étais irrémédiablement amoureux.&lt;br /&gt;- Voilà qui est bien singulier, car vous dites, je pense qu’elle a, pardonnez moi , les mêmes yeux que vous, d’un bleu profond. Hors vos yeux sont d’un brun des plus commun. Sans offense bien sûr. Nous essayons ici d’éclaircir un mystère et qui déjà me passionne. Etes vous certain de ne point vous raccrocher à un rêve ?.&lt;br /&gt;Je me tâtais le visage instinctivement comme si je pouvais ainsi voir la couleur de mes yeux. Un sentiment de colère m'envahit. Qui était-il pour douter ainsi de mon amour? Je serrai les mâchoires et le poing, prêt à me lever et partir mais à nouveau je ne savais pas où aller et il faut bien l'avouer la peur de l'inconnu était très forte car tout m'étais inconnu. Je fini par avouer de mauvaise grâce que je n'en savais rien que seul mes sentiments, le besoin, le manque et la chaleur que je ressentais à sa pensée me convainquait de la véracité de mon unique souvenir.&lt;br /&gt;Il hocha la tête "Vu que c'est la notre seule piste sur votre passé nous la suivrons donc." Je protestais faiblement à la fois rassuré et inquiet qu'il veuille m'accompagner. Il répondit qu'il ne pouvait passer à côté de l'occasion de venir en aide et étudier un être aussi singulier que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souvenais avoir eu un aperçu de mon image dans sa chambre à elle, brièvement lors de notre séparation dans ce miroir en pieds qui semblait se moquer. Mes yeux était bleus, mes traits fins, le nez un peu long, les cheveux bruns foncés tombant sur le front. Je demandais donc à notre hôte si elle ne disposait pas d'un miroir, cet ustensile couteux et frivole et heureusement c'était le cas pour sa plus luxueuse chambre qu'elle nous enjoint de ne salir sous aucun prétexte.&lt;br /&gt;Mon choc fut rude car je n'étais tout simplement pas moi-même. Là où dans mon souvenir mes traits étaient allongés, fins, mes yeux bleus gris, mon regard torturé et sévère, ma bouche souriante. J'avais ici un air benêt, des traits plutôt ronds, un petit nez et des yeux bruns, les traits tirés par la fatigue. Ma première réaction instinctive fut évidemment de dire "Ce n'est pas moi" après tout ce n'était peut-être pas ma mémoire que l'on avait effacée mais mon corps qu'on avait changé.&lt;br /&gt;Ce à quoi Maître Tuvan répondit: "Ah je proteste vous êtes bien vous, la question est de savoir si vos souvenirs sont réels et si oui, s'ils vous appartiennent car un corps est un corps, il n'apparait pas de nulle part monsieur, il se doit d'arriver à maturité en suivant les étapes de la vie, l'esprit c'est tout autre. Ce corps est à vous et vous l'avez eu toute votre vie, vous n'avez perdu que votre identité."&lt;br /&gt;J'étais affalé sur le bord du lit qui ornait la pièce (avec un matelas! mais je n'en avais cure) plus richement décorée que les autres. Probablement pour les voyageurs à la bourse très remplie, bien plus que la mienne. Je m'étonnais d'ailleurs d'en avoir une.&lt;br /&gt;"Je dirais que vous avez l'air d'un marchant ou d'un artisan mais pas d'un noble. Hors le milieu que vous avez décrit est clairement au dessus de votre mode de vie et du mien d'ailleurs. Il n'est pas impossible qu'une noble s'amourache à un pauvre bougre mais pas au point de vouloir faire sa vie avec lui et encore moins de le pouvoir hors c'est bien ce que vous sembliez espérer. J'ai bien peur que ce ne soit tout simplement pas vos souvenirs. Que les vôtres ont été supplantés par cet ersatz de la vie d'un autre, volontairement ou pas. Personnellement, je pense que l'on vous a utilisé, qu'on vous a soit volé vos souvenirs et que ce sont là les traces d'effractions ou qu'on a voulu se débarrasser de souvenirs compromettants pour une raison ou une autre."&lt;br /&gt;Je protestais faiblement "Mais...je l'aime".&lt;br /&gt;"O, ça je n'en doute pas, en temps normal j'essayerai de vous conseiller de l'oublier dans les bras d'une autre mais dans ce cas précis ce serait cruel car il ne vous resterait rien de votre passé. De plus je crains fort que ça ne marcherait pas vous êtes tellement accroché à ce souvenir que cela pourrait bien vous tuer de l'oublier. L'amour est ici quelque chose de tellement rassurant pour vous, vous vous êtes accaparé la seule chose que vous pouviez et il est maintenant trop tard. Une fois que le poison est dans le corps on ne peut qu'y survivre et non l'extraire."&lt;br /&gt;- Je ne veux pas qu'on l'extraie, ce n'est pas un poison! Je répondit, têtu.&lt;br /&gt;"O c'en est bien un, le manque va doucement vous ronger de l'intérieur, un trou béant vous habitera jour et nuit sans jamais plus vous quitter. Les douces pensées à son sujet pourront rendre toute autre chose insipide, indigne d'intérêt. Bref vous voilà ensorcelé par quelqu'un qui ne l'a probablement même pas demandé et qui ne vous connait pas.&lt;br /&gt;Je murmurai un faible "je ne sais pas" Que savais-je en effet de la vie moi qui avait tout oublié?&lt;br /&gt;"Personne ne sait" répondit-il compatissant "Voilà ce qui vous rends si intéressant, vous avez si peu de certitudes, d'opinions pré faites. Je suis sûr que malgré mon érudition je pourrais apprendre beaucoup de vous. Un homme sur lequel les habitudes et les coutumes n'ont pas eu prise, c'est inespéré."&lt;br /&gt;Je haussais les épaules sans trop savoir que dire. Nous parlâmes encore un peu mais j'étais fatigué par toutes ses émotions qui m'avait envahie et bousculé aujourd'hui.&lt;br /&gt;Nous louâmes donc une chambre et je m'y affalai rapidement dans un sommeil profond. Dans mon rêve, elle s'éloignait sans cesse et maître Tuvan me répétait sans cesse en me tirant par la manche "Ce n'est qu'un rêve, ce n'est qu'un rêve". Je voulais l'appeler par son nom mais je ne le connaissais pas. Je voulais lui dire "C'est moi!" mais elle ne me connaissait pas. Je ne pouvais même pas lui dire qui j'étais moi-même. Et cela faisait rire maître Tuvan, il riait, riait et j'entendis encore son rire lorsque j'ouvris les yeux en sueur. J'étais courbaturé et j'avais l'impression d'être encore plus fatigué que la veille. Nous partîmes tard dans la journée, le soleil était haut dans le ciel. Cela ne semblait pas inquiéter mon compagnon qui m'avait-il dit, avait l'habitude de parcourir le monde, de marcher longuement et de dormir à même le sol. Je lui étais donc reconnaissant de m'avoir laissé dormir. Lorsque je lui demandais où nous allions il me répondit. "Loin d'ici, vous n'en avez pas l'accent".&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-801186555119156720?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/801186555119156720/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=801186555119156720' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/801186555119156720'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/801186555119156720'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2010/06/chemin-vers-pensee.html' title='Chemin vers pensée - Chapitre 1'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-3848433161820221625</id><published>2010-05-28T07:05:00.003+01:00</published><updated>2010-05-31T07:25:54.379+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>Un brouillon</title><content type='html'>Je suis encore loin d'une version finale, reste que ça fait la quatrième fois que je fais une variation sur ce thème et que donc à terme j'aurai au moins un premier chapitre. Voilà donc l'une de ces variations (ou le début).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Elle avait les cheveux bruns, tirant vers le roux, la taille fine. Il avait déjà envie d'elle alors qu'il venait à peine de rentrer dans la pièce. Son membre se tendait. Son être entier semble ainsi s'étirer, chercher à l'atteindre plus vite. Il ferma la porte et attendit. Il avait besoin de la toucher, cela faisait si longtemps. Elle crispa ses épaules lorsqu'elle l'entendit, elle savait que c'était lui. Elle avait toujours eu ce don pour le sentir, le lire comme s'il était transparent pour elle. Cela l'avait désarçonné au début, lui qui se trouvait si malin, si secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ouvrit la bouche pour murmurer son nom, sa main se leva lentement, anticipant la caresse qu'il lui donnait déjà en songe. Mais elle se tourna brusquement, brisant le rêve éveillé, le ramenant à la triste réalité.&lt;br /&gt;"Vas-t-en, je ne veux plus te voir Romain, tu ne comprends pas?" Elle se jeta sur lui, ses yeux rougis par les pleurs. Depuis qu'elle sait que je vais venir pensa-t-il amèrement. Autrefois, il l'aurait prise dans ses bras, l'aurait laissée le frapper de ses petites mains délicates, il aurait emprisonné sa taille, ses mains l'auraient caressée, sa bouche aurait cherché ses lèvres pour faire taire ses faibles mots de protestations. Peut-être aurait-il alors glissé sa main entre ses jambes, ou l'aurait-il jetée sur le lit où elle serait tombée en soumission. Tout cela changerait son "non" offusqué en "oui" suppliant.&lt;br /&gt;Il l'aurait prise et elle aurait pleuré de joie cette fois. Autrefois. Mais pas aujourd'hui. Sa lettre lui avait glacé le coeur et même s'il l'aimait et la désirait toujours autant il n'arrivait plus à le lui imposer. Il ne pouvait pas la forcer à l'aimer si elle disait en aimer un autre. Même s'il savait qu'elle l'aimait encore. Mais à quoi bon?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mari ça se trompe, on le connait, on l'aime tendrement, on y est attaché mais il a perdu le pouvoir de la nouveauté, un prétendant c'était une toute autre affaire, peu importe son statut, son origine (il le haissait déjà), il avait du pouvoir, de quoi séduire, mentir et éblouir.&lt;br /&gt;Un autre amant que lui, plus présent, plus proche, plus réel donc qui lui enlevait son unicité à lui, sa place de roi dans ses yeux à elle et surtout dans son coeur. Il aurait dû se battre comme le font les coqs et les chiens mais il était trop digne pour ça, même pour elle. Il ne voulait pas être différent de celui qu'elle avait aimé. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait encore et il n'avait pas compris. Elle l'aimait oui mais par défaut sans qu'il ait droit au chapitre. Elle aimait comme on aime une peinture et non ce qu'elle dépeint et encore moins l'artiste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui il l'aimait du désespoir car malgré tout ce qu'il avait dans la vie, il ne voulait qu'elle et quelqu'un la lui avait prise, non pire, elle s'était donnée. Un premier venu, un peu intelligent, très charmeur, un homme bon probablement si on avait confiance à son jugement mais un autre homme quand même. Il avait souffert quelque temps enfermé, décidé à vivre sans elle, à vivre malgré elle.&lt;br /&gt;Mais il n'y arrivait pas vraiment, alors il était venu la voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, ici, il comprenait enfin qu'elle avait mal, ou qu'elle avait eu mal et qu'elle avait une autre façon que lui de le vivre. Cela l'attrista et il grimaça. Sa main se portant instinctivement à son ventre et puis il sentit les larmes couler sans avoir eu le temps de les retenir mais malgré toutes ses envies de la supplier, de la tenir, de se fâcher et de la prendre là il ne fit rien. Il se força à sourire et dit "Je comprends, c'est probablement mieux ainsi". Il s'effaça lentement, regardant leur image se séparer dans le miroir plutôt que de sonder ses yeux, qu'elle avait comme lui, bleu gris, de peur d'y voir une lueur d'espoir, de désir. La porte se referma sans qu'il embrasse à nouveau cette bouche parfaite. La porte se referme et l'oubli prit le pas. L'oubli complet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je clignai des yeux, lentement d'abord, l'espace semblait s'agrandir autour de moi, l'air se rafraîchir, la lumière envahir ma vision, m'aveuglant comme le fait le soleil lorsqu'on viole une chambre de malade en ouvrant les rideaux. Je portai une main protectrice à mon visage, j'essayai à tout le moins. Mon bras resta mollement pendu à mon côté, inerte, alors que les sensations reprenaient droit sur mon corps. La douleur et les fourmis se répandaient à travers moi, je grimaçais. Ankylosé, je pris le temps de regarder alentours. Une forêt insoudable, fraîche, presque froide, inextricable, enchevêtrée, le soleil ne perçant pas la frondaison. J'avais l'impression de sentir l'humus jusqu'ici car tout en elle respirait la putréfaction, la décadance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je toussai, sans trop savoir pourquoi, le soleil, la fraîcheur, le corps qui reprenait ses droits par une réaction instinctive et protestatrice. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lentement mon regard se déporta vers sa droite, sur la plaine coulant entre moi et la forêt, moi sur ma souche, la plaine se cabrant au soleil et s'étirant dans le lointain, grimpant en colline douce où se creusait un chemin de terre brune. Là bas, la route, là se trouvait le destin, je le sentait car en haut de la colline se dessinait une innocente auberge croisée de colombages rassurants, humains, tout comme la fumée à peine perceptible qui paraissait hors de la maigre cheminée. &lt;br /&gt;"Vous voilà enfin revenu dans le monde des vivants?" Je sursautai sur place, tentai de me retourner, en vain, les jambes encore endormies ne m'obéirent pas et je m'affallai mollement sur le côté dans l'herbe tel un pantin auquel on avait joué un mauvais tour et dont on s'était lassé. &lt;br /&gt;Je ne me souvenais de rien, sauf de ce songe, de ce souvenir, cet amour qui me brûlait déjà les entrailles pour une femme dont je ne connaissais même pas le nom. Dont je ne connaissais rien sauf les cheveux, la bouche, les yeux, un corps que j'arrivais presque à sentir sous mes doigts. Mais le pire c'est que j'en savais encore moins sur moi-même. La panique me prit à la gorge. Ma mémoire avait été complètement effacée. &lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-3848433161820221625?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/3848433161820221625/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=3848433161820221625' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3848433161820221625'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3848433161820221625'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2010/05/un-brouillon.html' title='Un brouillon'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-3888319013734931105</id><published>2009-06-19T19:11:00.003+01:00</published><updated>2009-06-19T19:21:31.468+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>La Nostalgie du Tyran</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/SjvXHzvjimI/AAAAAAAABdw/foKVwkXuEx4/s1600-h/boiteamusique.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5349105511581321826" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand; HEIGHT: 189px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/SjvXHzvjimI/AAAAAAAABdw/foKVwkXuEx4/s200/boiteamusique.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Bon ben voilà on croit tenir un bout de la corde et puis manque de temps on perds le fil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai vraiment envie de m'y remettre. Arriver à nouveau à mettre la main sur une histoire que je peux continuer et faire vivre. Qui sait peut-être avec "la nostalgie du tyran" dont voici les premières phrases:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;musique d'inspiration: Yann Tiersen - La Valse d'Amélie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Le mécanisme de la boîte à musique s’enclencha lentement, une petite forme d’ivoire se mit à tourner sur son tapis de soie rouge. Les notes cristallines résonnèrent et emplirent l’espace de la tente, rivalisant avec les goutes de pluie qui cognaient sur la toile au dessus. Un doigt fin se posa sur la tête de la danseuse au regard fixe, son propriétaire appréciant la sensation de frottement alors qu’il fermait les yeux et se laissait emporter par l’air cristallin. L’homme avait atteint la quarantaine, les traits tirés, une fine barbe sombre lui parcourait la mâchoire. Ses lèvres souriantes frémissaient comme s’il récitait des paroles qu’il avait du mal à retenir pour lui.&lt;br /&gt;Lentement, il enleva son doigt de l’objet et ouvrit les yeux. La tente était richement meublée, coffre de voyage finement gravés, table de campagne et même un lit avec un couchage. Un braséro au centre de la pièce lui réchauffait le dos. Il claqua violemment le couvercle de la boîte, coupant court à la berceuse. « Enfin ! » ses bras repoussèrent son fauteuil et il se releva en aplanissant les plis de sa longue cape noire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des bruits se firent entendre à l’extérieur, un homme ouvrit le battant et se planta à genou devant son seigneur « Lord Katharn, la pluie a cessé comme vous l’aviez prédit ! ». Le froid s’était engouffré avec lui, ce qui fit grimacer Katharn. Mais c’est avec un sourire dénué de chaleur qu’il invita le soldat à se relever, plus pour l’empêcher d’étaler encore plus de boue à l’intérieur que pour offrir un peu de débit à l’homme détrempé.&lt;br /&gt;« Parfait ! Faites seller mon cheval, parure rouge c’est un grand jour. Que les hommes se tiennent prêt, toujours en silence conformément aux ordres. »&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-3888319013734931105?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/3888319013734931105/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=3888319013734931105' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3888319013734931105'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3888319013734931105'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2009/06/la-nostalgie-du-tyran.html' title='La Nostalgie du Tyran'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/SjvXHzvjimI/AAAAAAAABdw/foKVwkXuEx4/s72-c/boiteamusique.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-7399950741361154595</id><published>2008-11-19T17:16:00.003Z</published><updated>2008-11-22T14:47:24.066Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Chronique de Kaos - Chapitre 1 : L'ascension du mont Ati Agappe</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.bio.davidson.edu/people/macampbell/Morehouse/Hillary.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 303px; height: 400px;" src="http://www.bio.davidson.edu/people/macampbell/Morehouse/Hillary.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt; That's it. Je pense que j'ai trouvé ce qui me manquait pour commencer quelque chose de sérieux, un lien entre les éléments majeurs qui m'intéressaient (tant pis pour les autres). Bref un début, une ligne directrice. Premier chapitre, première découverte de ce nouveau monde qui est très différent du précédent, plus proche de nous, plus réel mais aussi plus loufoque, plus imaginaire. Reste à rentrer tout ça et à écrire. Ah oui évidemment il faut bien qu'il y'ait un couac.&lt;br /&gt;Bonne lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Cultus Ferox - Tamfanae&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Il est des choses stupides que l’on fait quand on va mourir. Vincent Duroy ne fut pas une exception à la règle. Premier homme à atteindre le sommet de l’Ati Aggape, le mont des dieux, Vincent ne pensait pas voir son nom passer ainsi à la postérité.  L’ascension fut rude, son équipement était rudimentaire.  Ses guides l’avaient abandonné à trois mille mètres. D’après eux les dieux prendraient offense s’il continuait. Du haut de sa quarantaine désabusée, Vincent ne croyait pas aux dieux et savait qu’un de ses confrères avait tenté l’expérience l’année précédente. Il avait du abandonner un peu plus haut faute de préparation mais ce sommet serait bientôt vaincu et il ne pouvait pas laisser passer sa chance d’inscrire son nom dans l’histoire. Peut-être renommerait-on même la montagne en hommage. &lt;br /&gt;Emmitouflé comme il le pouvait, sa moustache avait gelé au travers de son cache nez et il ne pouvait plus la lisser de ses doigts. Cela lui manquait. Le vent soufflait et des flocons se plaquait devant ses lunettes. Il devait souvent les retirer pour les essayer. L’ascension était lente et pénible, il manqua choir deux fois mais ce n’était rien comparé au niveau d’épuisement atteint, le vent combattait sans cesse contre vous, tentait d’empêcher le moindre pas en avant comme s’il voulait vous faire rouler jusqu’aux plaines en contrebas. Le toucher glacial s’infiltrait dans le moindre interstice de ses vêtements et il remercia en pensée son frère cycliste qui lui avait conseillé de se plaquer du papier journal sur la poitrine. L’image fugace de son corps gelé retrouvé quelques années plus tard avec les résultats sportifs collé à la peau le fit sourire. Ses lèvres gercées se fendirent mais il ne les sentait plus. Un chalumeau lui servirait de feu ce soir et son autonomie était trop faible pour l’utiliser bien longtemps. Il ne pouvait toujours pas voir le sommet, recouvert de nuages et commençait tout doucement à perdre espoir. Il actionna le levier de sa pompe à oxygène afin de lui redonner un second souffle, le levier grinça et donna du jeu. Il lui faudrait absolument arriver au sommet dès le lendemain sinon il lui faudrait abandonner. Il avait préparé son corps maigre au manque de nourriture mais ici tout était une bataille de l’esprit, de volonté.&lt;br /&gt;Ses yeux bleus perçants, n’arrivait toujours pas à contempler le ciel alors que les nuages l’entouraient doucement. Il avait espérer bénéficier d’un panorama unique, d’une vision mémorable mais il ne voyait que des roches, de la neige et des nuages. Il trouva une anfractuosité qui lui permet de s’abriter du vent pour la nuit mais il dormit à peine deux heures en rêvant du bon repas qu’il ferait en rentrant. Il sursauta en se réveillant, craignant d’avoir trop dormis, ses jambes frigorifiées peinaient déjà à le remettre debout. Il se remit en route péniblement avant le lever du soleil et ce malgré le danger. Il avançait difficilement mais consciencieusement. C’est sans s’en rendre compte qu’il atteignit finalement le sommet. Il perçait le toit de nuage et contemplait le ciel lorsqu’il réalisa qu’il n’y avait plus rien au dessus de lui. Il installa le drapeau Vitalyan au sommet à côté d’une plaque où son nom était gravé en lettre d’or. Elle lui sembla terriblement déplacée ici mais il tenait à ce qu’on ne puisse pas contester son passage.&lt;br /&gt;L’euphorie le gagna enfin, à jamais son nom resterait gravé sur ce sommet. Là tout de suite, il aurait voulu écrire à sa femme Léa mais ses doigts étaient gelés. Il se jura de revenir, avec d’autres cette fois, mieux équipés. Il rit sous cape en pensant à la déconvenue de ses concurrents et à la joie de son mécène. Il recevrait probablement beaucoup d’argent, il ferait des conférences autour du monde et…&lt;br /&gt;Il lui fallait maintenant redescendre, il s’attela à la tâche, tout lui semblait plus facile, il ne sentait plus tellement la fatigue. Sa hâte à redescendre marqua la fin de l’humanité. Là où la montée avait été préparée, planifiée avec soin, la descente n’était que fébrilité insouciante. Il glissa bêtement, comme toujours dans ces cas là. Il tenta de se rattraper fébrilement, il planta son piolet fermement mais il n’accrocha que de la neige et atterrit lourdement sur le sol, sa tête cogna quelque chose de dur et il sombra dans l’inconscience en se sentant glisser doucement vers le précipice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il cligna plusieurs fois des paupières avant de recouvrer la vision, son corps tout entier hurlait de douleur, sa tête cognait sans cesse et sa jambe devait être cassée. Il n’arrivait pas à bien voir et mis du temps à réaliser que la nuit était tombée.&lt;br /&gt;Quelques mètres au dessus de lui, les lèvres de pierres qui l’avaient avalées s’ouvraient sur un ciel sans étoile et sans nuage. Il tenta de bouger mais ne put que se trainer sur quelque pouces avant d’hurler de douleur. Ses maigres forces l’abandonnaient d’heure en heure. Il avait échappé de peu à une chute sur des rochers, son sac lui s’y était éventré. Il ne pourrait pas en récupérer grand-chose. Il s’y traina quand même, s’accordant de larges pauses.  Au fil des heures, la lune emplit doucement l’espace. Ses rayons bleutés remplirent la grotte et se reflétèrent sur les parois de glace. Après avoir mâché ses dernières provisions, Vincent attendait la mort patiemment. Le froid avait maintenant englouti la douleur de sa jambe brisée. Il n’était plus en vie pour longtemps et se considérait déjà mort afin de limiter l’angoisse qui le tenaillait. Un reflet doré, fugace, attira son attention. &lt;br /&gt;Là, engoncé dans la paroi, une corne. Elle faisait presque un pieds de long. Son embouchure, sertie d’or, ressortait intacte de la glace, à l’air libre comme si le froid n’avait pas d’emprise sur elle.&lt;br /&gt;Le reste de la corne, lui, était enfoncé profondément dans la paroi et en avait presque la couleur. Le blanc d’albâtre qui la recouvrait devait être invisible en plein jour, seul la lune avait permis de la lui révéler. L’instrument était légèrement incurvé avec une extrémité qui semblait évasée mais le tout était assez fin. Suffisamment pour qu’il s’interroge de la provenance de celle-ci. Sans être spécialiste, il ne voyait pas quel animal avait une corne aussi allongée et étroite.&lt;br /&gt;Il s’était relevé sans même s’en rendre compte, sa curiosité piquée au vif. Une pensée soudaine le frappa, n’était-il donc point le premier à avoir vaincu l’Ati Aggape ?&lt;br /&gt;La chaleur se répondit dans ses membres comme une traînée de poudre, la colère l’envahit. Le voilà ridiculisé, ses efforts avaient été faits en vain et il mourrait enfermé ici, oublié de l’histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il grogna de douleur, tout son corps fourmillait en combattant le froid. Il ne sentait plus ses pieds mais il put quand même s’appuyer sur le valide. Il n’était pas encore mort. Son cœur battait la chamade, ses oreilles sonnaient comme si la trompe attendait sa venue et fêtait maintenant son visiteur. Il se demanda un instant s’il ne délirait pas mais au fond cela importait peu. Un souffle rauque s’échappa de ses lèvres et il réalisa qu’il n’avait pas respiré depuis qu’il avait posé ses yeux sur l’objet insolite. La glace tout autour donnait l’impression d’onduler, il ne savait pas si c’était dû à la lumière lunaire ou à sa santé mentale défaillante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il cligna des yeux avec l’impression qu’il avait manqué un instant, la lune quittait doucement l’ouverture sur le ciel. Il lui sembla à lui qu’une éternité s’était écoulée et qu’il l’avait mise à profit pour approcher ses lèvres de l’embout.  Quelle idée saugrenue ! L’objet était trop enfoncé pour pouvoir produire le moindre son et il faudrait le travail de dix non de cents hommes pour le déloger. S’il avançait encore ses lèvres, elles resteraient collées à l’embout par l’effet du froid mais comment résister ? &lt;br /&gt;D’où lui venait cet espoir soudain qui lui donnait l’illusion qu’il pourrait libérer l’objet, escalader les trois mètres qui le séparait de l’ouverture et redescendre la montagne avec une jambe cassée, sans équipement ni nourriture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Folie ! Il rit ou tenta de le faire. Sa gorge endolorie qui n’avait maintenant plus prononcé un seul mot depuis des jours émit un couac pathétique.&lt;br /&gt;Ses lèvres craquèrent, sa main remonta vers son visage hâlé et tira sur son manteau, dégrafa maladroitement des boutons. Il abaissa son cache nez fébrilement, déposant des cristaux de glace sur ses lèvres.  Il les poussa contre l’instrument et souffla. Il vida ses poumons affaibli et recommença comme s’il pouvait en sortir un seul son magnifique.&lt;br /&gt;Son cœur battait si fort que ses tympans vibraient en rythme rapide et BOUM BOUM BOUM. Il souffla une dernière fois, sans grand espoir mais euphorique. Le battement se faisait plus insistant, des instruments à vent s’y joignirent. La folie était aux portes de son esprit et dans un moment de bravade, il dansa. Oh rien de bien démonstratif. Il souffrait bien trop pour ça mais ce mince frémissement des hanches et le bras qui tressaillait était tout ce qu’il avait à offrir au monde. &lt;br /&gt;Le dernier geste sain avant de sombrer dans la folie, une sorte de nique à la mort. La musique s’amplifia encore et il aurait voulu rire. Des tambours s’y joignirent, des flutes, des cornemuses qu’il reconnaissait maintenant. Lui, il voulait danser, persuadé que les dieux descendaient des cieux pour l’emporter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, il les vits, déformé par l’épaisseur de la glace, comme s’il les contemplaient de l’autre côté d’une vitre épaisse par un jour de pluie intense. Des formes, des dizaines ou des centaines de milliers, il n’aurait pu le dire, avançaient vers lui. C’était d’eux qu’émanait la musique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autour de la corne, la glace se fendillait doucement, sans un bruit qui pu déranger la musique divine. Il recula ou plutôt s’affala au sol, épuisé. Les formes devenaient de plus en plus distinctes, plus massives aussi. La musique se faisait plus forte, la montagne se mit à vibrer, protestant par une avalanche lointaine qui produisit un grondement gigantesque qui sembla à peine un murmure. Rien ne pouvait rivaliser avec la puissance des notes qui faisait vibrer l’air tout autour. Il commença à distinguer les premiers musiciens. Des hommes, fins et pourtant géants, la tête allongée et les mains disproportionnées. Les longs doigts tressautaient sur de longues flutes et leurs pieds virevoltaient entre chaque pas, exécutant une danse complexe et agile. D’autres. Il aurait voulu pouvoir se frotter les yeux mais il était pétrifier. Même sous l’empreinte de la folie, il n’arrivait pas à croire ce qu’il voyait. Quatre jambes massives, chacune lui faisant autant penser à un bœuf par la taille et au lézard par la manière d’évoluer, soutenaient un large torse velu qui tressaillait au son de l’énorme tambour qui y pendait par les épaules. Les cuisses repliées grignotaient la distance presque comme des araignées. Des bras titanesques soutenaient chacun un gourdin qu’ils abattaient sans ménagement sur la peau tendue.&lt;br /&gt;D’autres encore. Des femelles dont les voiles n’était pas dissociés du corps, qui ne semblaient avoir nulle jambe mais des seins lourds qui vibraient et saillaient alors qu’elles tournoyaient encore et encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y’avait de nombreux êtres difformes qu’il n’arrivait pas à décrire ou appréhender la forme. D’autres bêtes légendaires, disparues, impossibles. Il manqua défaillir en apercevant la source du son de cornemuse. &lt;br /&gt;Des sortes de dandys aux vêtements chamarrés et à la tête gonflée comme une baudruche, prête à exploser, luisant de l’intérieur en dévoilant les vaisseaux sanguins et pire encore. Des dents saillaient d’en dessous, pendantes comme prêtes à tomber. Il ferma les yeux un instant, gagné par la nausée. Et lorsqu’il rouvrit les yeux la procession s’était arrêtée et semblait le cerner de toutes parts. La musique ne s’était pas arrêtée un seul instant et il pensa que son cœur ne tiendrait pas le rythme. Et puis il le vit, ce qu’il pensait être la glace, ou une toile de fonds ou simplement le lointain, cet effet que l’on ne distingue plus quand la distance est trop grande, bref ce qu’il ne voyait pas. Ce n’était qu’un énorme torse remplit de bras, de soie noir et d’yeux. Et lorsqu’il leva les yeux vers ce qui lui servait de tête, il ne put en supporter la vue et tomba dans l’oubli.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-7399950741361154595?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/7399950741361154595/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=7399950741361154595' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/7399950741361154595'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/7399950741361154595'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/11/chronique-de-kaos-chapitre-1-lascension.html' title='Chronique de Kaos - Chapitre 1 : L&apos;ascension du mont Ati Agappe'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2091822072005079445</id><published>2008-11-07T08:20:00.000Z</published><updated>2008-11-07T08:21:09.628Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>La Nuit à Morwick</title><content type='html'>Petit texte écrit en vitesse sur Tubular Bells.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ils étaient là. Quelque part au-delà du cercle de lumière. La buée qui sortait de sa bouche se condensait doucement pour former de fines goutelettes. Il frissonait malgré la chaleur. Son cœur battait à tout rompre. Les torches grésillaient, frémissaient projetant une lumière vascillante qui ne le rassurait pas. &lt;br /&gt;Il respirait bruyemment, essouflé, incapable de rester en place. La sueur avait depuis longtemps mouillé sa chemise. Les yeux fous tentaient de percer les ténèbres, il n’osait pas cligner des yeux malgré qu’il sentait le tiraillement que cet effort lui demandait. Il savait qu’il n’avait pas droit à l’erreur, il ne pouvait s’assoupir une seule seconde. Il ne pouvait reposer ses yeux fatigués. L’un était plus faible que l’autre, capable à peine de percevoir les formes de la grange dans la pénombre. Il avait besoin de toutes ses facultés et dieu savait qu’elles étaient maigres. &lt;br /&gt;Des plus forts que lui avaient succombés et il avait ri. Ri de leur folie. Qui était le plus fou maintenant ?&lt;br /&gt;Il frissonnait en murmurant « je sais que vous êtes là ». Les heures s’égrainaient. La nuit était sans fin. Le bois travaillait et craquait. Un homme sain d’esprit aurait ri de ses peurs, n’aurait rien vu et serait mort, surpris. Un masque étonné sur son visage déssèché, vidé de toute vie. Il en avait vu des tas des cadavres ainsi surpris. Des femmes, des enfants et c’étaient les pires. Il pouvait s’accomoder de la vue d’un corps d’adulte mais ceux d’enfants étaient terrifiants. Toute innocence semblait avoir été absorbée ne leur laissant que des yeux accusateurs et une bouche aux lèvres relevées dans un rictus moqueur. Il en avait fait des cauchemards depuis.&lt;br /&gt;Il sursauta de peur de s’être laissé aller à la rêverie. Le cercle de lumière qui l’entourait semblait s’être rétréci. Les torches ne tiendraient pas la nuit. Ils avaient profités de son inatention pour les réduire. Il voulu cracher mais sa bouche était trop sèche. Il allait mourir sans rien pouvoir faire. Non. « Non ! Vous ne m’aurez pas. Salopards ! » Il attrapa une torche et tout en tournant sur lui-même s’approcha de la porte. « Ce village est maudit, mais je m’en vais et vous ne pourrez rien faire….VOUS ENTENDEZ ? ». Il trébucha en poussant la porte, sa main plongea pour l’empêcher de s’affaler au sol. Il se releva en quelques pas incertains et se retourna, les yeux exorbités. &lt;br /&gt;Il se mit à rire, un rire horrible, nerveux. « Ah…Ah…Vous ne m’avez pas eu…reculez ! »&lt;br /&gt;Il lui semblait les distinguer maintenant. Ces visages décharnés, moqueurs, qui l’entouraient. &lt;br /&gt;« Arrière » cria-t’il alors qu’il plongeait vers les bois, la torche en avant. &lt;br /&gt;Sa main tremblait, son bras balayait devant lui comme s’il tâtait l’obscurité. Il se retournait parfois, hystérique, de peur de les voir s’abattre sur son dos et continuait d’avancer à reculons. Jusqu’à ce qu’il touche une branche ou qu’il sente un courant d’air et il tournait encore. &lt;br /&gt;Perdu. Il parlait et bavait sans que lui-même ne comprenne plus ce qu’il marmonait. Le froid l’avait enveloppé et la torche faiblissait encore. Il se mit à courir. Une meute de visages défigurés, contemplateurs à ses trousses. Il maudit le soleil et les dieux et courut. Il courut jusqu’à ce que ses poumons explosent, que ses jambes le trahissent et alors il courut encore.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2091822072005079445?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2091822072005079445/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2091822072005079445' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2091822072005079445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2091822072005079445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/11/la-nuit-morwick.html' title='La Nuit à Morwick'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-4168788120040188001</id><published>2008-10-23T15:00:00.000+01:00</published><updated>2008-10-23T15:01:01.167+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Texte Oublié</title><content type='html'>J'avais beaucoup aimé la &lt;strong&gt;Compagnie Noire &lt;/strong&gt;de Glen Cook à l'époque (même si la fin de la série m'a un peu laissé de marbre). L'idée même d'avoir une compagnie de mercenaires, craints, inflexibles, ni bons ni méchants mais sûrement pas des enfants de choeur, j'adhère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai toujours voulu faire un petit clin d'oeil dans mes écrits sans l'avoir jamais fait. Surtout parce qu'il faut avant tout éviter de copier et arriver à faire quelque chose qui ai sa propre âme, sa personnalité propre. Bref si c'est pour faire la même chose c'est pas intéressant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai cependant retrouvé un petit brouillon qui mélange deux envies, celle de la compagnie noire et celle de l'homme inflexible, qui tue non pas pour le plaisir mais parce qu'il estime ça normal, salutaire. Une sorte de main de la mort qui plane au dessus de chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à aujourd'hui j'avais complètement oublié cette ébauche donc non je ne compte pas la continuer, quoi que... ;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;L’homme s’avança doucement sur la place du village. Grand et mince, ses longs membres étaient enserrés dans une tunique de soie noire, la plus pure. Des lacets de cuirs maintenaient différentes gaines sur son corps, chacune contenant une arme. Des épaulières, descendaient de manière cursive le long de son cou et de son dos. &lt;br /&gt;D’autres hommes, harnachés d’une armure sombre, salie au charbon, leur avait permi d’approcher du lieu sans être repérés. Ils maintenaient maintenant les plus récalcitrants au sol. L’un d’eux baignait déjà dans son sang, qu’on remarquait à peine sous la lueur de la lune. La terre le buvait pourtant avidement « …et elle n’avait pas finit d’avoir soif », pensa Eclo.&lt;br /&gt;Les hommes, les femmes et les enfants présents tremblaient, ils savaient pourquoi il était ici. Ils savaient ce qu’il avait fait à Pirnuit, à Tirnuan et Corpshel aussi. A cet instant il n’avait même pas besoin de son don pour trouver les coupables, ceux qui avaient poussés le village vers la seddition. Ceux dont la bouche était remplie de mots tels que « liberté, égalité, injustices » et la tête pleine de « gloire, richesse et femmes ». Il grimaça. Il y’avait des jeunes, beaucoup, beaucoup trop. Des femmes aussi. Au fond il lui fallait accepter son rôle ou il n’y survivrait pas. Plus il s’enfoncerait dans les terres rebelles plus les gens seraient impliqués, plus il aurait à sévir. Mais en même temps il était triste pour eux, il était obligé de s’attaquer d’abord à des petits villages pour se faire la réputation nécessaire, obligé de faire des exemple, peut-être plus tard pourrait-il faire preuve de mansuétude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses soldats attendaient ses ordres, ils avaient probablement autant peur de lui que ceux dont la vie était à l’instant même dans la balance divine. « Divine » Eclo pouffa à cette idée. Depuis quand le divin avait à faire dans les histoires des hommes, à moins qu’un nouveau nom fut trouvé à l’argent et au pouvoir, le divin n’avait aucune place ici, dans un autre monde peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son visage seul inspirait la peur, car c’est de là que tout venait. Un voile sombre lui recouvrait l’œil droit, le cachant à la vue de tous comme s’il avait été fondu dans l’ombre. Le voile était tendu, comme un croissant de lune, épousant le visage comme s’il avait été lisse, inexistant. Doucement ses doigts se levèrent et il dégrafa la partie inférieure, leva le voile et l’accrocha au petit diadème discret qui le maintenant en place. Il écarta les doigts doucement sur sa tunique, comme pour les essuyer de la sueur, et commença à marcher vers le peuple à genou. Son œil complètement obscur avait un reflet tel qu’on peut en remarquer parfois au fond d’un puit alors qu’il fait nuit noire. C’était là la seule indication qu’il était bien vivant, réel et qu’il scrutait les visages un par un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il porta sa manche sous son nez, dérangé par l’odeur forte de la peur qui émanait de la foule. Les soldats s’écartaient sur son passage, qui à enlever la main qui maintenait un homme à genou. De toute façon en général ceux-ci n’osaient pas se relever. Le premier priait avec ferveur, son visage ruisselait de sueur dans la fraicheur de la nuit, ses cheveux clairsemés autour d’une calvitie naissante étaient poisseux et colés en mèches grasses. Eclo surmonta son dégoût et examina l’homme de plus prêt. « Bête oui, méchant parfois, les bajoues tremblaient, une telle ferveur, qu’as-tu à câcher mon petit père ? » Il marmonnait doucement de façon inintelligible. Il hésita, son rôle était de nettoyer la campagne des rebelles et des partisans du Duc d’Albie et non de traquer les criminels. Pourtant, lorsqu’il se détourna pour porter son regard vers un autre homme, la forme agenouillée avait cessé de prier et se vidait de son sang dans la boue, une entaille fine courait le long de la gorge, bouillonant légèrement avant de se tarir. &lt;br /&gt;Ses mains jouaient du couteau alors que les corps tombaient, que les cris retentissaient et que les gens tentaient de fuir. « Coupable, Non Coupable, Coupable, Coupable ». &lt;br /&gt;Les lames s’enfonçaient dans des orbites, sous la clavicule, tranchaient des gorges. Chacun avait droit à une mort qui correspondait à ses pêchers, longue et douleureuse, lente et paisible, rapide et sans douleur. « Pêchers ? » Il pouffa encore, il était vraiment temps qu’il se libère de se vocable religieux s’il devait continuer ainsi. Il regarda le jeune garçon qui était en face de lui. Oh il avait bien porté une ou deux lettres car il avait trouvé ça excitant mais il n’avait pas un mauvais fonds. Il avança sa main et sourit en lui tapotant la tête amicalement. &lt;br /&gt;Il entendit un soldat se plier en deux pour vômir et fronça des yeux en regardant le capitaine. Celui-ci déglutit et s’empressa d’emmener le soldat hors de vue. Il n’aimait pas être perturbé dans son travail, c’est quand on est perturbé qu’on fait des erreurs. Une femme protégeait son enfant en pleurant. Il se demanda de quoi elle le protégeait exactement, elle ne pensait quand même pas qu’il pourrait jamais faire du mal à un enfant ? Les gens sont tellement étranges quand ils ont peur. Il s’accroupit doucement et lui releva le menton. Les larmes avaient gonflés et rongis ses yeux, sa bouche tremblait et laissait entrevoir un filet de bave. Elle était encore jolie, si on faisait abstraction de son front proéminent et de ses deux dents gâtées. « Victime…mais est-ce pardonnable ? ». Il réfléchit un instant. « Amoureuse oui….quel dommage ». Il lui enfonça doucement la lame sous le cœur et elle s’affaisa sans un bruit sans un sanglot. Il prit l’enfant dans ses bras et chercha une meilleure mère pour lui. La précédente n’avait décidemment pas sût choisir ses hommes. Il la trouva, terrifiée certes, moins jolies peut-être, juste un peu jeune peut-être. Elle pleurait à chaude larme, criant de peur. Mais son visage était lisse, lisse de tout méfait, de toute haine, de tout malheur. Il s’agenouilla près d’elle et lui demanda de sa voix masculine mais douce. « En prendras-tu soin ? Il a besoin d’une mère. Tu as cette envie n’est-ce pas ? d’être mère. » Il souriait, parlait doucement comme s’ils étaient assis pour prendre le thé et non au milieu d’une exécution.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-4168788120040188001?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/4168788120040188001/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=4168788120040188001' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/4168788120040188001'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/4168788120040188001'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/10/texte-oubli.html' title='Texte Oublié'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1469004957635333042</id><published>2008-07-04T10:29:00.001+01:00</published><updated>2008-07-04T10:32:27.171+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>Héphaistos - Chapitre 2 "Souvenir"</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.mandragore2.net/dico/lexique2/navires2/galere-triere-grecque-gd.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand" alt="" src="http://www.mandragore2.net/dico/lexique2/navires2/galere-triere-grecque-gd.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Les pêcheurs étaient rentrés au village dès qu’ils avaient aperçu les premières voiles. Tout le monde s’était massé sur le talus qui surplombait le rivage et protégeait le hameau du vent. Théos n’avait jamais vu de tels vaisseaux aussi majestueux auparavant. Ils avaient ramené les voiles carrées et ornée d’un symbole orange et ocre. Ils se semblaient se rapprocher du rivage à tire d’ailes, les mouvements synchronisés des rames ajoutaient à cette impression.&lt;br /&gt;Ami ou ennemi ? Même les anciens étaient incapables de l’affirmer. Ils étaient par contre tous d’accord pour dire que cela n’amenait rien de bon mais Théos ne se rappelait pas les avoir jamais entendu qualifier quoi que ce soit de bon à part le vin de treille ouvert lors des fêtes du solstice.&lt;br /&gt;Les galères ralentirent leur course, des yeux menaçants dessinés sur chaque côté leur donnait l’apparence de quelque monstre marin surgit des abysses. Les villageois se serrèrent les uns contre les autres avec l’impression d’être une proie impuissante. Certains désiraient fuir ou se barricader chez eux mais le patriarche insista pour que tout le monde reste calme et prêt à accueillir les hôtes de la mer, Poséidon ne pouvait leur envoyer un ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-être ces puissants étrangers les récompenseraient-ils ou en tout cas épargneraient-ils leur village ? Une galère, plus grande que les autres, plus effrayante aussi, peinte de rouge et de reflets bleus continuait sa route droit sur le rivage. Les rames se levaient et s’abaissaient en faisant jaillir des gerbes d’eau de la surface bleutée qui la portait. Elle semblait blesser la mer même par ses coups. Un frison parcourut le corps de Théos et il fut tenté de sortir de sa cachette. Peut-être aurait-il dû rester auprès de ses parents ?&lt;br /&gt;La proue du navire fendit le sable humide avant de s’échouer lentement. Les rames restaient suspendue dans l’air avec qu’elles ne claquent et soient avalées dans la coque. Les oiseaux semblaient avoir déserté la scène. Les vagues s’étaient faites dociles et timide sous l’imposant navire. Les villageois n’avaient pu s’empêcher de reculer comme s’ils craignaient que le bateau ne fende la terre comme il l’avait fait des flots. Des reflets apparurent le long du bastingage. Des cris humains incompréhensibles s’élevèrent et des formes se jetèrent par-dessus bord, atterrissant un genou dans le sable, tête baissée, leur cimier pointant vers les spectateurs, ajoutant à l’aspect théâtral de la scène. Leurs muscles huilés saillaient et leur armure scintillait au soleil. A cet instant, Théos envia la prestance de ces êtres et désira être l’un d’entre eux. Les jambières ovales étaient ornées de motifs cursifs simples et un large bouclier rond barrait leur dos. Sur le torse, une cuirasse de bronze ornée d’un motif sombre qui semblait faire ressortir leur peau claire. Tous les hommes du village avait la peau matte et halée des hommes qui passait leur journée en mer. Les soldats eux avaient une peau de bébé mais lorsqu’ils relevèrent leur cimier d’un air grave, Théos y vit des yeux bleu enfoncé dans un visage qu’une barbe sombre et taillée encadrait.&lt;br /&gt;Le premier d’entre eux avait un cimier orné d’un panache bleu, il s’avança vers le patriarche. Celui-ci recula inconsciemment. Ces hommes étaient plus grands que la moyenne et en aucun cas voûté par le labeur. Le soldat se voulait impassible mais son casque frémit alors qu’il plissait le nez. Théos, fils de Poséidon et non Héphaïstos, se souvint que lui aussi sentait la mer à l’époque et n’avait jamais senti aucune répulsion à cette odeur forte et franche. Le soldat sembla s’entretenir à voix basse avec l’aïeul qui s’agenouilla. Il tendit ensuite un bras impérieux vers les villageois et ses hommes s’approchèrent.&lt;br /&gt;Théos paniqua, il n’avait pas pensé à mal en s’éloignant ce matin pour mieux observer les gigantesques navires au loin mais maintenant il sentait qu’il était trop tard pour se montrer même s’il l’avait voulu. Ses jambes refusaient de le porter et il contemplait la scène comme au ralenti. Il aurait tant aimé que son ami, Dorian soit là à ses côtés plutôt qu’en bas avec les autres. Sa mère serrant ses bras autour de son cou comme s’il était encore un enfant qu’elle devait protéger. Théos n’avait appris la raison de toute ceci que plus tard, Héphaïstos la décadente avait besoin d’enfants pour combattre en son nom. La plupart des villages acceptait qu’on vienne prélever un tribu du sang mais la soif de la cité aux milles feu était inextinguible et ses recruteurs s’aventuraient de plus en plus loin pour remplir leur office. C’était la première fois que le village de Théos faisant face à une telle demande et la peur flottait dans l’air. Le malheur arriva par Nikos. Le beau, l’intrépide Nikos. Un imbécile qui ne plaisait qu’aux jeunes femmes et qui ne vivait que pour elles et son image. Comme si cela faisait partie des préoccupations d’un pêcheur. Les soldats attrapèrent les bras des jeunes hommes et commencèrent à les tirer vers le navire. Des pleurs et des cris fusèrent alors que les premières mères réalisaient qu’on leur arrachait leur fils. Tous les pêcheurs ont un petit couteau qui sert à évider le poisson. Nikos sortit le sien, Dorian l’aperçut mais ne put se dégager des bras de sa mère en pleur. Théos effaré vit Nikos, l’air serein s’approcher d’un soldat, le couteau bien en évidence. Personne ne faisait attention à lui, les soldats étaient trop occupés à repousser les parents éplorés et les villageois qui les maudissaient. Théos voulu crier mais aucun son ne sortit de sa gorge. Le couteau de Nikos s’enfonça sous le cimier du soldat et s’y enfonça comme dans le ventre mou d’un poisson. Il ressortit lentement accompagné d’un léger filet de sang. L’homme porta la main à son cou et le sang continua de jaillir entre ses doigts. Il se retourna doucement et sortit son arme alors que ses genoux s’affaissaient sous lui. Nikos réalisa ce qu’il venait de faire et s’éloigna alors que l’homme s’effondrait face contre terre sur le sable, son armure semblant tout à coup plus terne. Un ordre fut aboyé, les épées sorties et des corps innocents s’écroulèrent.&lt;br /&gt;Alors que le sang mouillait le sable et que les cris devenaient hystériques, Théos aperçu Nikos qui courait vers l’intérieur des terres. Les soldats se lancèrent à sa poursuite se taillant un chemin au travers de la masse humaine devant eux. Coupant des bras, tranchant des gorges, éviscérant des enfants. Théos vit Dorian se placer devant sa sœur dans un geste protecteur, des formes cachèrent la suite mais lorsqu’il revit son ami il baignait dans son sang, un large sourire rouge lui barrait la gorge. Sa mère avait encore les bras tendus vers ses enfants. Sa sœur sanglotait en regardant fixement devant elle, les mains couvertes de sang. Théos fut toujours étonné d’avoir plus regardé le cadavre de son ami que celui de ses parents. Lorsque le soleil atteint le ciel de midi, il était debout à contempler le charnier de ce qui avait été sa vie jusqu’ici.&lt;br /&gt;Il n’arrivait pas à mettre un nom sur ces corps allongés de façon grotesque. Les quelques survivant, choqués serraient les êtres aimés dans leur bras ou pleuraient en maudissant les dieux.&lt;br /&gt;Les soldats étaient occupés à emporter le corps de celui des leurs qui était tombé. La tête de Nikos ornait la plage, les barques avaient été brisées, les maisons incendiées. Théos était gelé malgré le soleil, il sursauta en entendant un bruissement à côté de lui et se retourna. L’homme au cimier bleu se tenait devant lui, son épée de bronze dégoulinant du sang de ses amis et parents. L’homme haussa un sourcil et souris et tendit la main vers lui. Théos se plia soudain en deux pour vomir et sombra dans l’oubli, épuisé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1469004957635333042?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1469004957635333042/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1469004957635333042' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1469004957635333042'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1469004957635333042'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/07/hphaistos-chapitre-2-souvenir.html' title='Héphaistos - Chapitre 2 &quot;Souvenir&quot;'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-7245154693970867428</id><published>2008-07-04T10:14:00.008+01:00</published><updated>2008-08-19T13:11:39.751+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>Héphaistos - Chapitre 1 "Premier Sang"</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.histoire-fr.com/images/Hephaistos%20et%20Thetis.gif"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 200px; CURSOR: hand" alt="" src="http://www.histoire-fr.com/images/Hephaistos%20et%20Thetis.gif" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Je ne vais quand même pas vous parler de ce que j'écris sans en présenter un petit bout. Voici le début du dernier brouillon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;Théos essuyait la pluie de ses yeux du revers de la main. Ses cheveux dégoulinaient sur son visage. Les goûtes chaudes chatouillaient sa peau et il se léchait les lèvres s’attendant presque à sentir le goût des larmes. Il resserra sa prise sur son arme, le gant de cuir crissant sur la poignée. Il en avait fait du chemin pour en arriver là. Cet instant où toute son attention était focalisée sur la brume et l’herbe humide, sur l’ennemi qu’on entendait respirer non loin, ahaner et frapper le sol du pieds. Ils arrivaient. Tout cela ressemblait trop à un mauvais rêve, sauf que ses mauvais rêves à lui étaient pires. Il ajusta le bouclier pour bien l’aligner contre celui de son voisin, attentif à ce que son coude et son côté soient bien protégés. Les derniers instants s’écoulaient lentement, la terre semblant les bercer d’une douce brise avant que le chaos ne se déchaîne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il vit une ombre fugace se déplacer dans les fumerolles d’une terre gorgée d’humidité. Deux milles hommes se tenaient à côté ou derrière lui. La fine fleur de l’armée d’Héphaïstos, la cité aux mille feux. Il frissonna comme si ont lui avait caressé l’échine avec amour mais la seule douceur qu’il connaissait encore était celle de sa lame. Lorsqu’un bras armé surgit du néant il bougea pour bloquer l’acier tranchant qui s’abattait. Tous firent un pas en avant, boucliers ronds levés. Un fracas retentit, la ligne se crispa, grogna, reflua mais tint bon.&lt;br /&gt;Des voix s’élevèrent mais il ne les écoutait pas. Il revoyait les derniers instants de sa famille et la colère emplit ses veines.&lt;br /&gt;Un second coup surgit du côté accompagné du faciès grimaçant, barbu et terrifiant d’un ennemi. L’homme suait et exultait, rageur. Ses cheveux mi-longs envoyaient valser des gouttelettes de sueurs alentours et son rictus ouvert sur des dents gâtées lui donnait un air féroce. La hache se planta dans le bois du bouclier, fendant le symbole divin orange et vert qui y était dépeint. Le choc se répercuta dans le bras de Théos qui sentit celui-ci s’affaisser, le bouclier étant soudainement trop lourd pour lui. Il savait que cela importait peu. Il n’était qu’une quantité négligeable. De la chair sacrifiable disposée en première ligne pour ralentir l’ennemi. Les vétérans attendaient calmement derrière, une ligne que même lui ne pourrait franchir s’il flanchait. Il ne fallait donc pas reculer. Secouant son épaule pour se libérer de la lanière qui retenait le lourd morceau de bois, il balança son bras droit en un revers court et cinglant. En combat rapproché, sa fine et courte épée de bronze avait largement l’avantage sur cette longue cognée. Il traça une ligne écarlate au travers du visage étonné de son adversaire. Le sang se mêla à la sueur et à la pluie, quelques gouttes atterrirent sur ses lèvres et il goûta enfin au sel du combat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps s’affala laissant place à un autre, plus jeune, moins hirsute, plus vif, tout aussi mort.&lt;br /&gt;Théos lui planta son épée dans le ventre et se réjouit du doux gargouillis d’un homme qui s’étouffe dans son propre sang. La soif du combat le gagnait. La ligne avançait. Fou !&lt;br /&gt;Ces ignorants incapables avaient cru pouvoir défaire l’armée d’Héphaïstos au réveil, hors de tous les combats auxquels Théos avait assisté jamais celle-ci n’avait manqué à son devoir et à son entraînement. Une discipline implacable régnait dans le camp et il n’avait fallu que quelques dizaines de minutes pour aligner les deux milles soldats en ordre serré sur le champ de bataille. Moins qu’il n’en avait fallu pour que l’ennemi arrive au contact. Et là, ceux-ci goûtaient le fruit du contact de l’acier dans leurs entrailles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce bruit, reconnaissable entre tous, qui crissait et déchirait la chair. Il frissonna au souvenir de ces mêmes sons la première fois qu’il les avait entendus. Il s’était alors beaucoup moins réjouit.&lt;br /&gt;Il se focalisa à nouveau sur le combat, la haine du passé ressurgit et mêla le sang aux larmes.&lt;br /&gt;Il eut l’impression de pleurer et de crier, de chanter sa douleur au ciel lorsqu’il abattit son glaive au travers de l’épaule d’un barbare musculeux et torse nu. L’homme le regardait surpris et hagard, il tentait de relever son bras alors que le sang jaillissait par à coups de la profonde entaille qui l’avait mis à genou. Théos plaça doucement son pieds sur le large torse de l’homme et le poussa du pieds doucement, le regardant s’affaler alors que la vie quittait les yeux sombres et implorant qui le fixaient. Peu importe la force qui nous mène dans la vie, seule celle face à la mort compte.&lt;br /&gt;Un pied sur le torse de l’homme agonisant, l’autre solidement planté dans l’herbe il sentait les boucliers de ses compagnons dans son dos, le poussant toujours de l’avant. La journée allait être longue. Combien de temps faudrait-il à l’ennemi pour comprendre que ses efforts étaient vains. A quoi un homme qui avance seul dans le noir reconnaît qu’il est perdu ?&lt;br /&gt;Il avança de plusieurs pas et se retrouva soudainement seul. Perdu dans la brume et l’herbe, le son métallique du combat résonnant alentours bercé par les râles des mourants. Il tourna sur lui-même sans savoir dans quelle direction se tourner.&lt;br /&gt;Une lance le frôla accompagnée par son servant qui plongeait tête baissée. L’homme le bouscule, le cogna, le renversa au sol et Théos resta allongé là en regardant le ciel et les nuages qui se dispersaient petit à petit. L’homme sur lui était lourd mais ne bougeait plus, le glaive de Théos planté entre deux côtes. Mais Théos ne s’en inquiétait plus, ses yeux brouillés par les larmes contemplaient le maigre morceau de ciel bleu que le soleil découpait dans la brume et tentait d’élargir avec force. Il vit une mouette passer et sourit. Il accompagna son vol jusque dans sa mémoire, ce jour maudit et bénit ou il s’était caché seul dans les taillis recouvrant la colline nord du village. De là il pouvait voir la mer et la place où étaient affalé quelques maigres embarcations de pèches. Spectacle insolite à cette heure où elles devaient se trouver en pleine mer à remplir leur ventre de poissons luisants. Le village était en émoi et lui s’en amusait. Lui était caché et eux étaient debout. Dorian. S’il avait su. Sa vue se brouilla alors qu’il oubliait le présent et plongeait dans les cauchemars du passé.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-7245154693970867428?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/7245154693970867428/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=7245154693970867428' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/7245154693970867428'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/7245154693970867428'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/07/hphaistos-chapitre-1-premier-sang.html' title='Héphaistos - Chapitre 1 &quot;Premier Sang&quot;'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-8301530048341161472</id><published>2008-07-04T10:14:00.007+01:00</published><updated>2008-07-04T10:32:57.171+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actu'/><title type='text'>Déjà?</title><content type='html'>Et oui ça fait un bail.&lt;br /&gt;En fait je ne compte plus publier d'extraits du vengeur ici. Les corrections ont bien avancés même si j'ai encore qq problèmes grammaticaux à régler. Je tente de créer un résumé digne de ce nom ce qui est loin d'être une sinécure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait j'ai très peu de temps à y consacrer et les mois filent. Elohai n'a plus avancé suite à un léger problème technique (le callepin que j'utilisait pour écrire était rempli) et je suis donc retrouver à écrire d'autre choses sur le nouveau callepin. Rien de bien transcendant, juste de quoi assouvir ce besoin qu'est l'écriture. Tout ces petits chapitres serviront probablement pour un tout qui murit doucement mais une chose à la fois.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-8301530048341161472?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/8301530048341161472/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=8301530048341161472' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8301530048341161472'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8301530048341161472'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/07/dj.html' title='Déjà?'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2721716937569208974</id><published>2008-02-21T18:56:00.002Z</published><updated>2008-02-21T19:03:01.152Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Is that allright?</title><content type='html'>Bonne nouvelle puisque j'ai terminé la première relecture du Vengeur (non présentée sur ce blog). Assez content de moi, j'ai exterminé un nombre effarant de fautes. Et pourtant, il en reste tant et tant. Je n'ai pas rencontré (à mes yeux) de grosses contradiction et le travail de réécriture (à mon humble avis) ne concerne qu'un seul chapitre qui m'a vraiment déçu. Il reste encore un nombre important de répétition (pourtant, pourtant, pourtant....qu'est-ce que je l'utilise celui-là). Et probablement un travail de longue haleine niveau grammatical et stylistique mais au moins j'en suis arrivé au bout et ce n'était pas si terrible. J'ai même réussi à me apprécier ça.&lt;br /&gt;Bref Elohaï prends du retard mais je pense qu'il est plus important de finir ce que j'ai commencé que de m'atteler à autre chose surtout qu'il bénéficiera probablement de ce travail et du temps de réflexion. &lt;br /&gt;Bref, je me tourne maintenant vers d'autres pour leurs avis et leurs remarques en les remerciant d'avance pour leur patience.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2721716937569208974?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2721716937569208974/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2721716937569208974' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2721716937569208974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2721716937569208974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/02/is-that-allright.html' title='Is that allright?'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-3611996891901978831</id><published>2008-02-16T13:58:00.002Z</published><updated>2008-08-19T13:13:53.797+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Elohaï - Chap 1 "Un Chant"</title><content type='html'>Premier chapitre d'Elohaï qui devait servir d'introduction un peu sombre.&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Goran Bregovic &amp;amp; Ofra Haza - Cantonero (Reine Margot Theme)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;« Et le premier était l’Unique, car seul lui était assez arrogant pour se croire seul. »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une voix douce et apaisante s’éleva dans l’air d’un petit matin brumeux. Une voix de femme, plaintive. Celle qui chantait était accroupie sur un muret de pierre, les jambes ramenées sous elle, recouvertes par sa jupe de toile brune. Un corsage serré au tissu rugueux complétait sa sombre panoplie. Seuls ses cheveux d’un rouge éclatant semblaient accompagner les vers clamés au vent.&lt;br /&gt;Ses yeux d’un bleu aussi clair que l’eau d’une rivière regardaient fixement devant eux. « Elohaï ». Ce nom revenait souvent dans sa complainte. Personne ne pouvait dire si c’était là la raison de ses pleurs pourtant tous aurait juré que si et auraient pleurés avec elle. Pourtant l’air frais et vivifiant vous piquait les narines et vous tirait des larmes comme si ça ne suffisait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais elle ne chantait pas pour les autres, ni pour elle-même, elle ne faisait que laisser sourdre la noirceur qui enserrait son cœur et l’étouffait. Elle clamait sa peine aux collines, aux arbres et au petit hameau en contrebas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une corneille tournoya un instant au dessus de celui-ci avant de se poser sur l’un des gibets qui ornaient la place du village. De si loin, on aurait pu croire à des jouets macabres ou des mats de cocagnes peut-être mais leurs fruits étaient autrement plus mûrs et suintaient des entrailles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des larmes coulèrent le long de ses joues, traçant un sillage humide que le vent tentait d’assécher. Sa voix ne faiblissait pas « Elohaï !»&lt;br /&gt;Elle chantait et pleurait pour un homme, plus qu’un homme, un héro, un espoir. Et au-delà, elle pleurait pour un pays, une nation, pour le monde même peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui sa chanson était connue de tous et jamais interrompue. Jamais aucun homme n’aurait osé railler son sujet et offenser ainsi les dieux. Pourtant, tous, sans exception auraient voulu qu’elle n’ait jamais existé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier couplet s’éteignit dans l’aube. Un des soldats qui attendait patiemment s’éclaircit la gorge, gêné. Il n’aimait pas ce qu’il avait à faire mais c’était là son devoir.&lt;br /&gt;La fille plus belle que l’aube se laissa emmener sans résistance, le visage inexpressif. La cueillette allait bientôt commencer.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-3611996891901978831?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/3611996891901978831/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=3611996891901978831' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3611996891901978831'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3611996891901978831'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/02/eloha-chap-1-un-chant.html' title='Elohaï - Chap 1 &quot;Un Chant&quot;'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-6339989610804038114</id><published>2008-02-15T18:07:00.004Z</published><updated>2008-02-15T18:12:36.088Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Elohaï - Les 40 dieux - Introduction</title><content type='html'>Entre quelques corrections pour "le vengeur" il m'arrivait d'avoir envie d'écrire autre chose, de me lancer dans un autre projet. Pourtant je ne le voulais pas aussi imprécis que le premier (malgré le plan que j'avais fait celui-ci à changé à de nombreuses reprises et les prémisses étaient vraiment plus dû à l'inspiration qu'à un plan mûrement réfléchit)&lt;br /&gt;J'ai eu différentes idées (que je garde sous la manche, qui sait...) que j'ai laissé mûrir afin de voir laquelle allais gagner. Il me fallait quelque chose d'original, de différent.&lt;br /&gt;Je ne voulais plus me lancer dans le suivit de 5 personnages comme pour le vengeur, trop contraignant, trop risqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis finalement c'est sorti, une page puis deux et l'histoire d'Elohaï prends forme. J'ai déjà qq pages de notes et je suis en train d'en faire le plan. Je suppose qu'il faudra encore quelque temps pour que j'aie une base solide mais je tenais à faire partager un petit aperçu pour les rares visiteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici donc l'introduction à Elohaï:&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;Ceci est l’histoire d’Elohaï, le plus grand guerrier que la terre ait porté à ce jour. Le récit de la vie d’un homme exceptionnel. Un homme que toute femme&lt;br /&gt;rêve d’aimer, que tout homme rêve d’être.&lt;br /&gt;Pourtant Elohaï était un mercenaire torturé, amer qui n’avait que la mort pour seule compagne, le meurtre pour seule raison de vivre. Ecoutez donc son histoire ! Et découvrez comment un jeune homme sans le sou va devenir le plus grand symbole de son&lt;br /&gt;temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous tremblerez plus que lui lorsqu’il devra affronter la horde sanguinaire des Hsros, la plus grande armée que l’homme n’ait jamais vue.&lt;br /&gt;Ces cavaliers, nés un arc à la main, ont traversé l’orient pour dévaster la&lt;br /&gt;contrée de notre héro, celui-ci alors pétri de vengeance et de haine se retrouve&lt;br /&gt;désoeuvré mais il ne baissera pas les bras ! Jamais !&lt;br /&gt;Voici l’histoire de l’homme qui va changer la vie de tant d’autres alors qu’il est&lt;br /&gt;destiné à être seul. Ecoutez donc et taisez-vous !&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-6339989610804038114?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/6339989610804038114/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=6339989610804038114' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/6339989610804038114'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/6339989610804038114'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/02/eloha-les-40-dieux-introduction.html' title='Elohaï - Les 40 dieux - Introduction'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2533427899577188376</id><published>2008-01-24T09:59:00.001Z</published><updated>2008-12-10T21:56:41.182Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>Etat des lieux</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/R5hkyvw308I/AAAAAAAAAI4/UHhbEj5I4jU/s1600-h/Scan_Carte.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5158984196130591682" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/R5hkyvw308I/AAAAAAAAAI4/UHhbEj5I4jU/s200/Scan_Carte.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;J'en suis pour le moment à la moitié de ma première relecture et je commence en parallèle une relecture approfondie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ça en intéresse certains voici la carte qui m'a servis de base lors de l'écriture (elle a évolué depuis principalement au niveau  des noms etc)&lt;br /&gt;Bon c'est du fait main et comme vous voyez je n'ai pas de compétences en dessins (sans vouloir prétendre que j'en ai pour l'écriture, j'appréhende celle-ci plus facilement quand même :) ) mais ça permet de visualiser un peu mieux les événements.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2533427899577188376?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2533427899577188376/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2533427899577188376' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2533427899577188376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2533427899577188376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2008/01/etat-des-lieux.html' title='Etat des lieux'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/R5hkyvw308I/AAAAAAAAAI4/UHhbEj5I4jU/s72-c/Scan_Carte.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-4340726502865886445</id><published>2007-11-27T17:18:00.000Z</published><updated>2007-11-27T17:19:47.988Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><title type='text'>What now?</title><content type='html'>J'ai terminé le premier jet, je suis donc en train de laisser reposer le tout et de corriger au fur et à mesure. Tout n'a pas été publié ici et je ne sais pas encore quel sera la nature de la prochaine update. Beaucoup de boulot en perspective en tout cas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-4340726502865886445?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/4340726502865886445/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=4340726502865886445' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/4340726502865886445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/4340726502865886445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/11/what-now.html' title='What now?'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-5567317279101489593</id><published>2007-10-14T19:40:00.000+01:00</published><updated>2007-10-15T19:04:15.414+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 31. Arnulf "Lapin-Tordu" - Les Dieux se lèvent</title><content type='html'>Et op co un. Un chapitre somme toute assez calme, pas de climax, je préfère "laisser fumer la cendre des paroles" comme dit Bertin. Je verrai bien à la relecture. &lt;br /&gt;Pas d'excitation incontrôlable ou de dépression en vue, plutôt un sentiment serein au vue du travail titanesque qui m'attends encore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: B.O. de Blade Runner par Vangelis&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXXI. Arnulf « Lapin-Tordu » - Les Dieux se lèvent&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Tant de morts. Ils avaient perdu le fils d’Adalrik cette fois. Les Taureaux jouaient tous une musique morne qui assombrissait leur humeur. «&lt;em&gt; Comme le ciel &lt;/em&gt;». Il repensa à tous les morts. Auroch-Rapide était mort dans le premier combat contre les sudistes, il avait été tellement accablé par son erreur, qu’il ne lui avait même pas rendu des hommages dignes de ce nom.&lt;br /&gt;Pourtant il était encore en vie, Alwin aussi mais ce n’était pas fini. Aelor avait perdu une bataille, pas encore la guerre.&lt;br /&gt;Ils étaient arrivés sur des anciens lieux de batailles et le sol était jonché d’ossements et d’une fange verdâtre et odorante. Les pieds collaient légèrement à cette pâte d’herbe et de putréfaction. La terre était malade et il adressa une prière muette à Verion. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Terre-qui-gronde.&lt;/em&gt; Il le disait autant pour lui-même autant que pour ses compagnons.&lt;br /&gt;Alwin pleurait maintenant le soir quand ils allaient dormir. Il n’aimait pas ça. Pas à cause des pleurs mais parce qu’il ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre que ça passe. Les nerfs de la femme étaient mis à rude épreuve, tant de morts. De plus, elle savait que la fin de la quête allait signifier leur séparation. Il ne savait trop comment tout ceci allait se passer. Sa femme, il le savait, ne poserait pas de questions mais lui pourrait-il vivre avec le poids du secret ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La forêt était immense et pourtant de grandes traces de brûlures la couvrait et des milliers d’arbres avaient été abattus. Des formes sombres s’agitaient en lisière.&lt;br /&gt;Ils se déployèrent au fur et à mesure qu’ils approchaient. Arnulf donna ses dernières directives. « &lt;em&gt;Personne ne rentre dans la forêt !&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Aelor les attendait, seul. Le vieillard barbu était juché sur son cheval, la tête courbée et le dos couvert d’un manteau de plumes. Ses yeux étaient enfoncés dans ses orbites et son visage semblait s’être fondu dans un casque étrange fait dans un crâne de corbeau géant avec des orbites sombres et insondables. Il semblait endormi.&lt;br /&gt;Il releva doucement la tête et ses longues moustaches frémirent. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- La forêt me refuse. Elle ne veut pas de moi.  Je suis si fatigué.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Arnulf était étonné du ton plaintif du vieillard, il s’était attendu à devoir combattre avec acharnement.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Chaque matin, ils reviennent et tuent mes chéris. Il n’y a plus un seul oiseau dans le ciel. Ils m’ont tous abandonnés. &lt;br /&gt;- Les dieux ne veulent pas de vous et de vos plans. &lt;br /&gt;- Vos dieux sont mauvais, ils regardent les hommes mourir et s’en réjouissent. &lt;br /&gt;- Les dieux sont des dieux, ils n’ont pas à être bon ou mauvais.&lt;br /&gt;- Vous êtes un homme sage pour un Lion. Mais comprenez vous les bienfaits d’une terre sans dieux ? Où l’homme serait libre.&lt;br /&gt;- Cessez votre petit discours. Vous ne cherchez pas à supprimer les dieux mais à prendre leur place. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les shamans étaient arrivés en premier ligne. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Le sanctuaire doit resté intact, sinon vous tuerez toute magie sur cette terre.&lt;br /&gt;- Et la vie est magie !&lt;br /&gt;- Et la mort est magie !&lt;br /&gt;- Et l’âme est magie !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Reprirent les autres shamans en chœur. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Des shamans, des prêtres, la première ligne pour garder les moutons dans l’enclot. J’aurais pu devenir immortel, régner sur ces terres et donner toute la magie que les pauvres gens désirent. Vous aussi le pouvez ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il éleva la voix. &lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Quiconque désire être un dieu, entrez dans la forêt et trouvez le sanctuaire ! &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Allez y, je ne vous en empêcherai pas.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que personne ne bouge,&lt;/em&gt; ordonna Arnulf en réponse.&lt;br /&gt;Le vieillard leva sur lui des yeux fous. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Crédule ! Tous autant que vous êtes. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il se tourna vers Guylhom&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- et toi le premier ! Tu écoutes une ombre ancestrale et tu as donné ta vie pour quoi ? Pour ne jamais avoir d’enfant pour errer sans fin sur terre, seul ? Entre dans cette forêt et tu auras ce que tu veux, même elle ! Elle te désire déjà tant.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Orlamund rougit un peu mais gardait un visage sévère.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Rentrez chez vous Aelor, tout Pylos croit en vous, vous pourriez encore avoir une carrière de conseiller, libérez ces hommes de vos sortilèges&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Ah ! Pylos. Comme si je me foutais d’une carrière politique. Vous ne comprendrez jamais rien au pouvoir ma petite. Enfin, il est trop tard. Ils arrivent et ça m’étonnerait qu’ils fassent une distinction. Ils sont étrangement en colère contre tout être humain. Tiens n’est-ce pas à Pylos qu’on a abattu les premiers Saints Sacrés ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les regards se tournèrent vers Orlamund mais elle haussa les épaules.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Qu’en sais-je. Je n’en ai point vu en effet.&lt;br /&gt;- Mon père a fait abattre le sien, il y’a peu. &lt;/em&gt; Intervint Guylhom&lt;br /&gt;Aelor partit d’un gros rire.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Et vous me blâmez moi pour ce que je fais à vos dieux. Ceux-ci étaient déjà en colère avant que j’arrive. « Vengeur » qu’ils crient.  Mais si vous les laissez faire ils réduiront votre monde en poussière. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les shamans Burgans étaient scandalisés.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous avez abattu les sanctuaires divins ?&lt;br /&gt;- Pas nous, les croyances s’étiolent, certains dirigeants ne voient pas l’utilité de garder des arbres en pleine ville.&lt;br /&gt;- Des arbres ? Malheur sur vous ! Ce sont des Dieux que vous avez tués !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Aelor riait en s’éloignant.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Eh ! Revenez !&lt;/em&gt; lui criait Orlamund.&lt;br /&gt;Les shamans et chefs Burgans s’étaient retournés contre Guylhom comme s’il était responsable de l’abattage de quelques arbres.&lt;br /&gt;Un brouhaha se leva et Arnulf tentait de calmer les shamans lorsque la terre se mit à trembler&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;C’est fini.&lt;/em&gt; Murmura Alwyn d’une petite voix.&lt;br /&gt;Il se retourna et une vision terrifiante l’assaillit. Deux arbres énormes approchaient, ils écrasaient tout sur leur passage. Des lianes se balançaient et plongeait sur les hommes corbeaux, en attrapant au vol, les étripant. Ceux-ci tentaient de submerger, les colosses sans succès. &lt;br /&gt;L’un tenait une énorme épée d’os et l’autre un grand marteau avec lequel il écrasait plusieurs volatiles à la fois.&lt;br /&gt;Aelor avançait vers eux, serein et sans s’arrêter de rire.&lt;br /&gt;Les sudistes commencèrent à paniquer, des hommes jetèrent leurs armes et fuirent. Même les burgans n’en menaient pas large et Arnulf sentit la peur lui tenailler les tripes. &lt;br /&gt;Wilema s’approcha. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Nous allons rentrer chez nous. Nous ne pouvons rien contre les dieux en colère. &lt;br /&gt;- Et Aelor ?&lt;br /&gt;- Il est déjà mort et il le sait.  Toi par contre tu dois te souvenir de ce que les dieux ont dit. Va ! Va embrasser Terre qui gronde. &lt;br /&gt;- N’y vas pas, je t’en supplie.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;Alwin l’implorait les larmes aux yeux. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je dois y aller ma belle. Sache que tu m’a offert autant de bonheur qu’un guerrier puisse rêver. Je…dis à Léa que je viendrai la voir. Si ce n’est pas en chair et en os ce sera en rêve et que je la ferai danser au bal pour ses vingt ans.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle se détourna de lui, incapable de le regarder s’en aller.&lt;br /&gt;Arnulf sentait ses jambes flageoler à mesure que les énormes créatures sylvestres approchaient. Il réalisa que ce n’était pas vraiment des arbres, juste des êtres gigantesques couverts d’écorces, de lierre et de lianes vivantes.&lt;br /&gt;Des éclairs commencèrent à tomber du ciel sombre, frappant les oiseaux qui se trouvaient hors de portée. Orlamund était agrippée au bras du chevalier scintillant.&lt;br /&gt;Il s’approcha d’eux.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je vais aller à leur rencontre comme me l’ont demandé les dieux. Je ne sais pas si vous devez venir mais ça me ferait plaisir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom sourit. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous savez qui est celui de gauche avec sa grande épée blanche ?&lt;br /&gt;- Non. L’autre pourrait être Furn, le dieu de la colère et du tonnerre.&lt;br /&gt;- Saint Royan, rien que ça. Je ne pense pas qu’il me fera du mal n’est-ce pas.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il semblait parler à quelqu’un d’autre. &lt;br /&gt;Les hommes du sud étaient décidemment bien étranges mais il aimait bien celui-ci il était agréable et avait du courage.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- La Vierge ?&lt;br /&gt;- A mon avis elle préfèrerait « princesse ».&lt;/em&gt; dit Guylhom en souriant.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Prin-cess ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle tourna la tête vers lui et fit signe qu’elle suivait.&lt;br /&gt;Ils allèrent à la rencontre des Dieux. Ceux-ci avaient presque fini de combattre le restant de l’armée d’Aelor et toisait le vieillard de haut. Il mourut dignement sans un cri. Le géant que Guylhom avait appelé Saint Royan l’attrapa et l’avala, comme ça tout simplement. Arnulf trouva étrange que l’homme qui avait causé tant de tumultes sur terre puisse disparaître aussi facilement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les géants les regardèrent, prêt à frapper et puis abaissèrent leurs armes.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Fils !&lt;/em&gt; dit Saint-Royan &lt;br /&gt;Il se baissa doucement et passa la main devant Guylhom.  Celui-ci tomba à genoux et porta ses mains à son visage en criant. Du sang coulait entre ses doigts. Orlamund effrayée s’agenouilla près de lui en criant « &lt;em&gt;Laissez le ! Laissez le !&lt;/em&gt; » mais lorsqu’il retira ses mains son visage était redevenu comme avant.&lt;br /&gt;Saint-Royan sourit. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Elle vous attend.&lt;/em&gt; Dit-il. Sa voix trop forte couvrait les hurlements du vent.&lt;br /&gt;Furn lui s’était désintéressé d’eux. Il continuait de faire pleuvoir des éclairs et son visage était rouge de colère malgré le teint verdâtre de ses cheveux. &lt;br /&gt;Arnulf pénétra dans les bois avec ses compagnons. Les arbres en lisière étaient marqués de coups de haches et d’épée mais plus ils s’enfonçaient dans les bois plus la forêt se faisait dense.&lt;br /&gt;Des lianes descendaient parfois vers eux, leur tournaient autour comme renifle un chien et puis se rétractaient.&lt;br /&gt;Il écarta un buisson de baie et contempla un instant la clairière. Un arbre autrefois magnifique siégeait au milieu. Ses branches pendaient mollement mais il gardait une certaine majesté. &lt;br /&gt;A ses pieds, trois cercles de terre les attendaient, chacun avait une racine qui en faisait le tour. &lt;br /&gt;Il ressentit une chaleur lui parcourir l’échine et souffla légèrement, laissant la tension le quitter.&lt;br /&gt;Il fit signe aux autres de le suivre et ils s’allongèrent dans les tombes creusées pour eux. &lt;br /&gt;Arnulf ferma les yeux et pensa à ses enfants et à ses femmes. &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Maison &lt;/em&gt;» murmura une voix avant que les racines ne se contractent et ne referment la terre sur eux.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-5567317279101489593?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/5567317279101489593/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=5567317279101489593' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/5567317279101489593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/5567317279101489593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-31-arnulf-lapin.html' title='Le Vengeur - Chapitre 31. Arnulf &quot;Lapin-Tordu&quot; - Les Dieux se lèvent'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-7017954898196683364</id><published>2007-10-14T18:21:00.000+01:00</published><updated>2007-10-14T18:28:24.353+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 30. Guylhom - Aelor</title><content type='html'>Un autre chapitre terminé ce weekend. J'avais quelques craintes quant à l'équilibre avec le chapitre précédent (dont je n'étais pas content), je ne savais pas encore comment j'allais répartir le contenu sur ces différents chapitres. Le début est probablement à refaire mais je suis satisfait de la manière dont les choses se déroulent. Par contre je me rends de plus en plus compte du travail collossal qui m'attends pour corriger, adapter, rendre plus fluide, cohérent et vérifier que je n'ai oublié aucune piste en route. J'ai bien failli en oublier une aujourd'hui. Répondre à toutes les questions va être difficile et je ne sais pas encore si je dois laisser une porte ouverte ou non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration : B.O. de Blade Runner par Vangelis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXX. Guylhom – Aelor&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«  &lt;em&gt;Qu’est-ce que tu lui trouves à la greluche ?&lt;/em&gt; » La voix dans sa tête était grinçante et désagréable.&lt;br /&gt;Les bonnes vieilles habitudes avaient repris. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Rien, elle est gentille et j’ai l’impression qu’elle me comprends. Elle a une certaine façon de me regarder qui…&lt;/em&gt;Une douleur à la tête le stoppa dans sa tirade. Il ne la savait pas jalouse.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Arrête ça de suite. Tout ce que tu as je peux le reprendre.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qu’est-ce que j’ai ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Tu ne sais pas ce que ça nous as coûté de te maintenir en vie et de te redonner la vue.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; En même temps, je n’en aurais pas eu besoin sans vous.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;«  &lt;em&gt;Tu deviens aigri&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Peut-être. Qu’est-ce qu’on va devoir faire maintenant ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Je ne sais pas. Vous n’êtes plus très loin je le sens mais les Saints ne répondent plus. &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Comment vous faites pour me contacter alors ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Ils ne sont pas morts, juste affaiblis. Nous gardons nos pouvoirs pour l’instant mais je ne peux rien te garantir.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils n’étaient en effet plus très loin. Ils avaient rejoint la tribu des chevaux. Ceux-ci étaient impressionnants Les cavaliers étaient enveloppés dans des longs habits noirs qui les protégeaient du soleil et du vent. Celui-ci était terriblement puissant dans cette plaine désolée et tout le monde grelottait de froid, même les Burgans La tension de cette énorme troupe était palpable, le ciel était plus sombre et les journées plus courtes. &lt;br /&gt;Les Chevaux les avaient accueillis par une charge qui ne s’était arrêtée qu’à quelques mètres de la colonne. Depuis, ils encerclaient celle-ci et Guylhom n’était pas sûr que ce soit uniquement dans un but de protection. Arnulf lui expliqua que le territoire était sacré et que normalement personne n’avait le droit de le parcourir à part les membres de la tribu. Il avait beaucoup discuté avec Arnulf et commençait à vraiment apprécier le personnage. Toujours patient celui-ci prenait le temps d’expliquer les choses. Cela contrastait tellement avec la sauvagerie dont il pouvait faire preuve en combat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais une autre surprise les attendait sur ces terres inhospitalières.&lt;br /&gt;Guylhom chevauchait au côté d’Orlamund, une fois encore. La princesse semblait rechercher sa compagnie et il appréciait la sienne. Malgré la différence d’âge, la jeune fille avait les pieds sur terre.&lt;br /&gt;Le vent emmêlait ses cheveux et elle passait son temps à les écarter de son visage. Elle était constamment entourée d’hommes sur le qui vive. Il se demanda où elle s’était acquise une telle loyauté. &lt;br /&gt;Au fond elle restait assez discrète sur son passé et sur sa disparition mais ils ne faisaient pas que parler. Parfois ils chevauchaient juste l’un à côté de l’autre, écoutant la musique burganne.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Qu’allez vous faire après ?&lt;br /&gt;- Je n’y ai pas encore pensé, retourner au monastère je suppose.&lt;br /&gt;- Je ne pourrais pas moi.&lt;br /&gt;- Quoi donc ?&lt;br /&gt;- Retourner à ma vie d’avant. Celle de princesse naïve qui n’a qu’un but dans la vie, faire un beau mariage.&lt;br /&gt;- Je ne pense pas que je retrouverai jamais ma vie d’avant non plus. &lt;br /&gt;- J’ai vu tant de choses, tant de morts et de souffrance, j’ai besoin de me sentir vivante.&lt;br /&gt;- Je comprends.&lt;br /&gt;- ça fait mal ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle parlait de ses cicatrices.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- ça démange beaucoup mais on s’y habitue. Je suis cependant encore heureux d’avoir une vision même si ce ne doit pas être très beau à voir.&lt;br /&gt;- Oh ! Vous êtes beau enfin je veux dire vous êtes pas si moche.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle rougit. Il se demanda ce qu’elle voulait dire par là. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- C’est gentil de votre part mais j’ai déjà vu mon reflet et il n’a rien d’agréable.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle changea de sujet, parlant maintenant de la façon dont la lune paraissait plus grosse vue d’ici.&lt;br /&gt;Il se laissa emporter et remarqua à peine que la nuit approchait.&lt;br /&gt;Comme d’habitude grâce aux burgans le camp était déjà monté. La nuit tomba abruptement mais le vent ne faiblit pas. Une agitation parcourut le campement. Guylhom avait sa tente près de celle d’Arnulf et fut donc au premier plan pour admirer le spectacle. &lt;br /&gt;Apparut de nulle part, des formes noires se tenaient au centre du campement. Elles étaient couvertes de plumes malgré leur apparence humaine. Courbées, la tête sous des capuches n’était pas visible. Ils tenaient des larmes rouillées dans leurs mains, pourtant le tranchant en était encore effilé. Il ne voyait plus la lune mais entendait les oiseaux au dessus de lui faire un boucan incroyable. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Beau petit cortège. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Une voix retentit derrière eux mais il n’y avait personne lorsqu’ils se retournèrent.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je vous voir venir. Que me voulez vous Burgan ?&lt;br /&gt;- Montrez vous lâche. Cria Arnulf à la nuit.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Oh tant d’hostilité. Vous êtes bien nombreux pour une visite de courtoisie et pas que des Burgans à ce que je vois. Mes chéris pourraient vous emporter tous dans les cieux mais ça demanderait tant d’effort. Pourquoi ne pas s’entendre ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La voix dans sa tête retentit « &lt;em&gt;Il est proche. Si proche.&lt;/em&gt; » ce qui fit maugréer Guylhom, « &lt;em&gt;Merci, j’avais remarqué.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Moi qui pensait que personne ne s’inquiétait de moi. Un an tout seul dans ces contrées puantes avec ce vent qui souffle jour et nuit. Il fait froid n’est-ce pas ? Et c’est l’été. Obliger de tuer mes chéris pour me réchauffer. Les plumes tiennent chaud, tellement chaud.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que voulez vous Aelor ? &lt;/em&gt;demanda Guylhom.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Le frère de l’autre ne lui ressemble pas. Quelle belle armure chevalier, je vois qu’elle a été testée. Savez vous que seul la poix brûlante après décapitation peut tuer un chevalier immaculé ? J’ai mis du temps à trouver la bonne technique. Vos prédécesseurs m’ont été d’une grande aide.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;C’est lui ! C’est lui&lt;/em&gt; » c’était  la deuxième fois qu’on lui faisait le coup mais cette fois-ci Guylhom ne se posait plus de questions quant aux autres chevaliers.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Que voulez vous ?&lt;/em&gt; répéta Guylhom &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Moi ? Oh rien de bien important. Je vais juste libérer le peuple de ses croyances obsolètes. Même vous chevalier je peux vous libérer de vos chaînes. Votre aide à tous me serait précieuse, il y’a encore tant de….travail à abattre.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous êtes fou. Ce n’est pas à vous de décider du destin d’un peuple. Qui sait quels malheurs nous attendent sans l’aide des Saints.&lt;br /&gt;- Je ne viens pas débattre, juste vous mettre en garde. Faites demi tour où je crains fort d’avoir à être désagréable.&lt;br /&gt;- Les restes de votre armée ne pourront rien face à nous.&lt;br /&gt;- Hahaha. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le rire s’étiola alors que les hommes corbeaux attaquaient.&lt;br /&gt;Guylhom n’avait jamais compris pourquoi Aelor avait pris le temps de discuter avant d’envoyer ses sbires, un trop plein de confiance probablement.&lt;br /&gt;Ceux-ci se mirent à lever leurs ailes et à tournoyer en pointant leurs dagues. Ils s’agençaient de manière parfaite, les uns debout, les autres accroupis et tournaient de plus en plus vite. Quelques plumes voletaient alors que les premiers Burgans tombaient. D’autres créatures tombèrent du ciel, s’accrochant au dos des hommes et leur frappant la tête. Certaines n’étaient même pas armées mais griffaient et mordaient. &lt;br /&gt;Guylhom combattit  fièrement, débarrassant Arnulf d’un de ces volatiles. Il coupait des membres à gauche et à droite, empalant parfois un de ces oiseaux de malheur qui tentait de prendre son envol.&lt;br /&gt;Etrangement les membres coupés reprenaient forme humaine une fois tranchés, les plumes s’en détachant comme si elles n’avait jamais fait partie de ce corps. «&lt;em&gt; Sauve là imbécile &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;Orlamund ! Il courut vers sa tente bousculant amis et ennemis au passage.&lt;br /&gt;Elle s’était réfugiée dans sa tente et ses hommes la protégeaient du mieux qu’ils pouvaient. II enjamba plusieurs cadavres. Ceux-ci avaient les yeux arrachés et le sang maculait leurs traits. Les hommes oiseaux étaient difficiles à distinguer dans la nuit et c’est surtout grâce à un incendie qui se propageait de tente en tente qu’il pouvait les voir en vol. Les créatures n’aimaient pas le feu et commençaient à reculer mais elles s’acharnaient encore ici. Certaines semblaient pourtant percuter un mur invisible ou se faire arracher une aile avant même d’approcher des hommes.  Guylhom prit appui sur un cadavre et tenta de sauter dans les airs pour trancher une créature. Son armure était trop lourde et il ne fit que brasser de l’air. D’autres créatures se posèrent autour de la tente et des derniers défenseurs de la princesse. Ils semblaient attirés ici comme par un aimant.&lt;br /&gt;Il entendit un hennissement derrière lui. « &lt;em&gt;Ceyan ! &lt;/em&gt;» Le cheval l’avait rejoint en arrachant le poteau qui maintenait sa longe. Guylhom s’empressa de le monter et il talonna le cheval pour foncer sus à l’amas grouillant de plus qui submergeait les défenseurs. Ceyan piétinait fièrement les hommes oiseaux, Guylhom les cueillait au vol. Elles finirent par s’égailler autour de lui pourtant aucune ne l’avait encore attaquée directement, comme si elles ne le voyaient pas. Il fit un tel carnage à lui seul la plupart des bêtes reprirent leur envol abandonnant le combat. Ils piaillaient de manière effarouchée, criant et cherchant refuge dans les cieux sombres. Ces cris furent repris ailleurs et l’attaque cessa. Mais pas le bruit, les burgans avaient continué de jouer en combattant.  &lt;br /&gt;La tente d’Orlamund était effondrée. Il courut vers elle. Aucun de ses hommes n’était encore debout bien que certains fussent encore vivants, il entendait leurs râles et appels à l’aide. Il écarta les restes de la tente, la toile était déchirée de toute part. Il écarta le corps du capitaine Jean. Il était mort sur la princesse, son visage percé de multiples coups. La princesse elle n’avait rien, on l’aurait dit endormie. Lorsqu’il lui prit le pouls elle ouvrit les yeux. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Jean ?&lt;/em&gt; demanda-t’elle.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Il est mort.&lt;br /&gt;- Il a été loyal jusqu’au bout. Dit-elle en hochant la tête.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle ne semblait pas plus perturbée que ça. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Il faut s’occuper des blessés. Allez me chercher le général Mark.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle commandait de façon naturelle, certaine d’être obéie.&lt;br /&gt;Ils passèrent le restant de la nuit à soigner les blessés. Arnulf était venu estimer les dégâts sur place. Il y’avait eu des morts chez les burgans mais pas autant qu’autour de la tente d’Orlamund. Il la regarda un instant et dit « &lt;em&gt;Vous êtes la bonne ! &lt;/em&gt;» en souriant. Guylhom avait du mal à comprendre comment tout ces gens pouvaient être insensible à tant de sang et de tripes. L’estomac retourné il alla le vider à l’abri des regards. L’incendie avait détruit une bonne partie de l’équipement mais les avait probablement sauvés aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’ils reprirent la route le lendemain après avoir fait une montagne de cadavres, les traits étaient tirés. Orlamund, elle, ne le quittait plus. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Ils ne vous voyaient pas.&lt;br /&gt;- Pardon ?&lt;br /&gt;- Les hommes corbeaux, ils ne vous voyaient pas.&lt;br /&gt;- Je ne sais pas, c’est possible.&lt;br /&gt;- Vous êtes spécial n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas.&lt;br /&gt;- Si vous savez. Ne me mentez pas s’il vous plait. Je l’ai su dès le premier instant.&lt;br /&gt;- Je suppose, disons que j’ai des difficultés à le comprendre moi-même.&lt;br /&gt;- Je peux voir votre ancien visage. Comme si votre âme était visible. &lt;br /&gt;- Content que eux ne l’aient pas vues alors.&lt;br /&gt;- Oui en effet. &lt;br /&gt;- J’ai tué votre frère.&lt;br /&gt;- Pardon ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il cru avoir mal entendu.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Il est temps que je vous le dise. Il voulait que je l’épouse, il a probablement tenté de m’enlever et j’ai pensé…que c’était la meilleure manière de sauver Pylos. Je veux que vous sachiez que c’est moi qui l’ai tué.&lt;br /&gt;- Je ne sais que dire. Je suis triste un peu mais c’était quand même un beau salaud. Et il m’avait renié. Je l’ai peu connu, pourtant je revois encore nos jeux d’enfants.&lt;br /&gt;- Je suis désolée.&lt;br /&gt;- Moi aussi. Les choses seraient tellement plus faciles si on pouvait garder notre esprit d’enfant.&lt;br /&gt;- Oui. J’ai tellement tué depuis que je suis adulte que j’en arrive parfois à me demander si j’arriverais un jour à arrêter.&lt;br /&gt;- Je l’espère. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il tenta de faire un sourire encourageant mais le cœur n’y était pas. Quel genre de personne était-ce ?&lt;br /&gt;Si douce et si terrible. Son frère, il ne s’était même pas posé la question de savoir ce qu’il était devenu après avoir combattu l’armée du Liudmark. Difficile de s’inquiéter pour ceux qu’on ne côtoie pas, pourtant ce n’était pas le temps de réfléchir qui manquait mais il avait toujours eu tendance à s’inquiéter pour le jour suivant. Il se demanda comment son père prendrait la nouvelle. Un instant il aurait bien voulu être prêt de lui. Un instant il aurait bien voulu être ce petit garçon qui sautait sur les genoux de son père. Un instant, il aurait bien voulu oublier le monde et ses malheurs. &lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-7017954898196683364?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/7017954898196683364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=7017954898196683364' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/7017954898196683364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/7017954898196683364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-30-guylhom-aelor.html' title='Le Vengeur - Chapitre 30. Guylhom - Aelor'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2257084843983907096</id><published>2007-10-13T22:20:00.000+01:00</published><updated>2007-10-13T22:30:32.773+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 29. Orlamund - Rose parmi les épines</title><content type='html'>Un chapitre frustrant, j'avais envie d'avancer, d'écrire, je savais ce qu'il devait contenir et pourtant j'aurais bien mis plus. Je l'ai écrit une fois mais je n'étais pas content du résultat, j'ai réécrit une partie. Pour finir j'ai recommencé depuis le début ne faisant que m'inspirer des versions précédentes. &lt;br /&gt;Bref je ne suis pas encore content du résultat, loin de là mais il me tarde d'avancer, je laisse donc en l'état pour y revenir plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Aucune réellement bien que Mauerbrecher - October Leaves m'a permit de refaire un début un peu plus cohérent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXIX. Orlamund - Rose parmi les épines&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas tellement pour les Burgans qu’elle était là à cheval en train de traverser les hautes montagnes nordiques. Le paysage était époustouflant. Elichzäne qu’ils les appelaient, les « dents de dieux », jamais elle n’avait vu de monts si effilés, si impénétrables. Cela ne ressemblait en rien aux montagnes qui entouraient la région de la capitale des Royaumes. Elle se demanda pour la centième fois si elle avait eu raison de venir. Mais ce n’était pas pour les Burgans et leur quête fantasque qu’elle était là. Non, elle avait besoin de savoir. Les saints existaient-ils vraiment ? Pourrait-elle comprendre ce qu’elle était ? Trouverait-elle le repos là bas ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes de son père étaient arrivés le lendemain de la retraite ennemie. Une longue colonne qui passait à l’horizon. Un détachement avait bifurqué vers la ville et fut accueilli en libérateur par une population qui commençait à peine à comprendre que le siège était définitivement terminé. Elle salua l’esprit vif de son père qui tournait la situation à son avantage, son armée entrait dans la ville sans un seul combat et acclamé encore. Les conseillers de Pylos devaient se ronger les sangs à l’heure qu’il était. Elle eut cependant un pincement au cœur de voir qu’au final son mouvement avait probablement été plus politique que sentimental. C’est un homme aux moustaches sombres et harnaché pour la guerre qui vint lui rendre hommage. Son armure de plate résonnait dans les lieux telle une agression et Orlamund ressentait cette visite comme tel, sans trop savoir pourquoi.&lt;br /&gt;L’homme s’agenouilla devant elle, difficilement et aidé par un écuyer qui rendit l’acte plus ridicule que cérémonieux. Jean, son capitaine, restait maintenant toujours prêt d’elle et avait accepté de lui fournir une garde rapprochée. Elle ne savait pas ce qu’il pensait de ce qui s’était passé lors des négociations, désapprouvait-il ? Il n’en laissait en tout cas rien paraître.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Capitaine Gérom pour vous servir votre altesse. Le général Mark vous présente ses excuses mais l’anéantissement des envahisseurs lui semblait une priorité. &lt;br /&gt;- Relever vous Capitaine.&lt;br /&gt;- Merci, votre altesse. Tout le royaume est soulagé de vous savoir en vie. Messire le roi m’a fait part de désir de vous voir de retour au plus tôt si cela vous sieds bien sûr. D’ici là je suis chargé de votre sécurité.&lt;br /&gt;- C’est bien aimable à vous capitaine, je vous présente le capitaine Jean, qui est déjà chargé de ma sécurité et qui a plus que fait ses preuves comme tout ses hommes.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle était consciente que l’homme n’allait pas apprécier mais elle voulait absolument que les miliciens de la ville puissent recevoir les honneurs qui leur étaient dus. Elle sentait une hargne monter à l’encontre de cet homme qui ne lui avait pourtant rien fait. Ces hommes arrivaient en triomphe alors qu’ils n’avaient rien fait pour sauver la ville. Ils allaient maintenant profiter de la liesse, boire, fêter et réécrire l’histoire. Combien de gens ici se souviendront-ils qu’au plus fort des combats, seuls les murs et la milice avaient empêchés la ville de tomber ?&lt;br /&gt;L’homme n’osa pas la contredire, un simple capitaine ne pouvait se le permettre.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Un détachement restera à votre disposition dans ce cas. &lt;br /&gt;- Resterez vous dîner avec moi ce soir, Capitaine ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle avait besoin de savoir ce qui se tramait, son père s’attendait-il à ce qu’elle abandonne Pylos entre ses griffes et rentre au pays pour redevenir fille à marier ?&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Hélas votre altesse, cela m’est impossible. Il y’a énormément de choses à préparer pour remettre de l’ordre en ville et organiser l’aide aux plus démunis.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle vit Jean serrer les poings mais son visage ne laissait rien transparaître. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Le capitaine Jean ici présent se ferra un plaisir de vous servir de guide dans cette cité inconnue. Je suis sûr qu’il trouvera de la place pour vos hommes jusqu’à leur départ. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Nous avons déjà pris nos quartiers dans la garnison.&lt;br /&gt;- Ah ? Et la milice ?&lt;/em&gt; Jean n’avait pu se retenir d’intervenir.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Sauf votre respect capitaine Jean, ce ne sont que des civils qui ont reçu un entraînement militaire sommaire. Nos troupes sont bien mieux habilitées à assurer la défense de la ville.&lt;/em&gt;- &lt;em&gt;Contre qui ? Vous ?&lt;/em&gt; Intervint Orlamund.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Bien sûr que non votre altesse mais la campagne n’est pas débarassée des agresseurs liudmarkiens et au dernières nouvelles Telon et Varest sont toujours entre leurs mains.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Sachez que je ne tolèrerais aucune exaction de vos troupes et que Pylos est et restera une des cités libres quoi que veuille mon père.&lt;br /&gt;- Nous ne sommes ici que pour assurer votre sécurité princesse.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle avait pourtant du mal à le croire. Les événements lui donnèrent raison. &lt;br /&gt;Ses actions ayant coûtés la vie à plusieurs conseiller ceux-ci n’osaient plus venir la voir et la croyait responsable de la prise de pouvoir des royaumes du Sud. Les nouvelles de la défaite Liudmarkienne, leur arrivèrent au bout d’une semaine menant à d’autres manifestations de joie et de reconnaissance envers les hommes du Sud.&lt;br /&gt;Jean enrageait mais elle pouvait difficilement faire quoi que ce soit. Elle avait convoqué le capitaine Gerom mais celui-ci avait prétexté un emploi du temps trop chargé pour venir lui rendre visite tout en lui assurant son indéfectible loyauté.&lt;br /&gt;Elle avait perdu la bataille avant même de la livrer et elle réalisé qu’elle avait encore beaucoup à apprendre. Son père avait eu raison de dire qu’elle aurait du faire attention à ce qui l’entourait à l’époque, au niveau politique tout se jouait avant de négocier.&lt;br /&gt;Son humeur devint maussade, elle se sentait seule et se demanda pourquoi elle ne rentrait pas à la maison. Un matin, elle regarda par la fenêtre et étudia la cité sous ses pieds. Les petites rues pavées descendaient abruptement vers le port et les bas quartiers. Pylos étaient tellement en pente qu’on disait que si on trébuchait on se retrouvait au porte de la ville plus vite qu’en marchant.&lt;br /&gt;Elle sourit, elle aimait bien cette ville au bord de la Synd, en bateau la mer n’était pas loin et la montagne elle aussi était toute proche, il y faisait bon vivre, la chaleur y était moins étouffante que dans le sud. La plaine alentours était parsemée d’oliviers au tronc maigre et torturé.&lt;br /&gt;Elle comprit alors que c’était ici sa maison. Ici qu’elle était devenue adulte. Il lui fallait absolument trouver un moyen pour relâcher l’étreinte de son père sur la cité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant tout cela avait parut si futile la première fois qu’elle l’avait vu. Il était arrivé accompagné des chefs Burgans et du général Mark. Une troupe fort hétéroclite qui avait été acclamé par la foule. Chaque Burgan se présenta et l’homme faisait office d’interprète. Guylhom, elle aimait la sonorité de ce nom. Pour la première fois depuis longtemps Orlamund ressentit quelque chose dans son cœur. L’homme avait été défiguré et pourtant elle pouvait encore voir son visage, si serein, sérieux mais avec des yeux qui pétillaient. Elle réalisa qu’il était quelque part comme elle, touché par les Saints.&lt;br /&gt;Elle eut des difficultés énormes à ne pas le fixer pendant tout l’entretien, elle buvait ses paroles, hypnotisée par son double visage torturé. Les Burgans eux aussi était source d’émerveillement, entre le colosse blond couvert de cicatrice, la petite femme à moitié nue, l’enfant à la peau sombre et le gros musculeux au cou aussi gros qu’un tronc d’arbres elle fut certaine qu’il se passait quelque chose ici qui ne s’était encore jamais produit auparavant. Le général Mark avait les yeux qui sortaient de la tête alors qu’il écoutait le récit fantasque de leurs invités sur leur mission divine mais elle ne faisait que sourire.&lt;br /&gt;Elle ne voyait plus les cicatrices de Guylhom, il parlait bien, c’était un homme instruit et elle voyait qu’il choisissait ses mots avec soins. L’idée de partir avec eux dans le nord pour arrêter Aelor était cependant troublante. Elle ne doutait pas qu’elle pouvait être utile dans une telle entreprise mais ici Aelor était vu comme un bienfaiteur, un homme qui était parti en promettant monts et merveilles au peuple. La fin du joug des dieux, la fin des menaces extérieures. Son absence lors de la guerre ne semblait même pas avoir terni son image. Les gens parlaient communément dans la rue du temps où Aelor reviendrait avec leurs maris et leurs fils. Elle se demanda si quelque part il n’avait pas été lui aussi l’instrument de la victoire en donnant espoir à un peuple face à l’ennemi.&lt;br /&gt;Le chef burgan, un certain Arnulf lui posa alors une question qui mit bien du monde dans l’embarras, Guylhom le premier vu qu’il dut traduire.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Euh…le chef de la tribu des lions demande, enfin c’est délicat, disons qu’il aimerait savoir… Voilà, il veut être sûr que vous soyez encore vierge.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Sur le moment, le ton était monté, tous les hommes présents s’étaient insurgés, prêt à défendre son honneur. Elle en aurait presque rit. Personne ne savait où elle était passée durant une année, elle réapparaissait un an plus tard en tant que simple infirmière et tous supposaient qu’elle était encore vierge. Elle avait presque envie de répondre non pour les embêter, après tout il s’en était fallu de peu qu’elle ne le soit plus et elle ne savait pourquoi Devian avait jugé normal de la violer mais pas de lui prendre sa virginité. Ce souvenir doucha sa bonne humeur.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Je ne vois pas en quoi ça le regarde.&lt;/em&gt; Dit-elle d’un ton froid.  &lt;em&gt;Mais oui je le suis encore.&lt;br /&gt;- Il dit qu’il comprend que vous deviez sauvegarder les apparences mais il vous supplie si ce n’est pas le cas de le lui dire. La prophétie parle de la vierge sanglante, il est vital pour la réussite de la quête que vous soyez la bonne personne.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- S’il ne le sait pas lui-même comment moi le saurais-je ?&lt;br /&gt;- Sans vouloir vous offensez, il me semble que vous êtes assez sûres d’être la bonne personne.&lt;br /&gt;- Vous savez que je demanderai quelque chose en échange.&lt;br /&gt;- Ah. Je croyais que sauver le monde serait une gratification suffisante.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle sourit en coin en se disant que l’homme avait peut-être un peu trop vécu avec les sauvages mais cela n’était pas grave, elle était déjà fatiguée des ronds de jambes et courbettes.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Garantissez l’indépendance des Cités Libres et nous partons dès demain.&lt;br /&gt;- Princesse, je pense que tout ceci est allé trop loin et qu’…&lt;br /&gt;- Silence Général Mark. Je m’exprime.&lt;br /&gt;- Remplissez votre part du contrat et les Burgans vous seront redevables.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le général Mark avait le teint légèrement vert lorsqu’il avait pris congé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, ça ne s’était pas si mal passé, le voyage était agréable, l’été était là, le temps clément les accueillait en terre Burganne et elle avait planté une sacrée épine dans le pied de son père. S’il laissait ses troupes et officialisait l’occupation des Cités Libres il risquait de devoir combattre les Burgans à son retour alors que s’il se retirait il pouvait passer pour un roi clément et bienfaiteur mais n’aurait toujours pas réussi à assurer son emprise sur les routes de l’acier. Elle respira profondément, l’air était si pur ici. &lt;br /&gt;Guylhom vint lui demander la permission de chevaucher près d’elle. &lt;br /&gt;Ils passaient de bons moments ensemble et Orlamund oubliait presque la raison de leur  voyage.&lt;br /&gt;Elle s’empressa d’accepter, l’homme semblait avoir beaucoup manqué de compagnie et racontait ses péripéties, il avait une voix douce et chaleureuse. Elle se demandait s’il réalisait qu’il lui plaisait ? Elle rit bêtement, depuis quand l’avait-elle réalisé elle ? Elle se fit l’effet d’une petite fille à nouveau et décida de profiter de l’instant et d’écouter le récit de son chevalier.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- J’avais laissé les hommes à Palys et confiant nous approchions de ces mêmes montagnes lorsque…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2257084843983907096?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2257084843983907096/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2257084843983907096' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2257084843983907096'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2257084843983907096'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-29-orlamund-rose.html' title='Le Vengeur - Chapitre 29. Orlamund - Rose parmi les épines'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2213251809112797586</id><published>2007-10-09T20:37:00.000+01:00</published><updated>2008-12-10T21:56:41.437Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 28. Saymar - Anna</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rw0mBOdMvUI/AAAAAAAAAIw/nyv95-EFKVs/s1600-h/emat.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119790153892412738" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rw0mBOdMvUI/AAAAAAAAAIw/nyv95-EFKVs/s200/emat.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Un chapitre fort chargé, j'en suis conscient. Il y'a beaucoup à dire et il restait encore beaucoup de chemin à parcourir pour Saymar, pourtant j'ai préféré terminé sur un chapitre plus dense que de trainer en longueur un nouveau cycle. Au final peu de choses sur l'intrigue principale dans ce chapitre mais un lien entre ceux qui précèdent et ceux qui viennent. Reste qu'on trouve bien la dualité de Saymar et puis il avait lui aussi droit à un moment de bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Photo d'e_m@t&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Vladimir Cosma - La Chèvre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXVIII. Saymar - Anna&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Saymar retira son couteau de la gorge du jeune homme et l’essaya contre son tabard. Si jeune, qu’est-ce qu’il foutait là ce con ? Il entreprit de lui découper le doigt pour récupérer une bague, il en avait déjà ramassé une dizaine, toutes identiques sur ces soldats. Il se demandait comment des soldats pouvaient se payer de tels bijoux.&lt;br /&gt;Laura s’approcha :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Tu fais quoi ?&lt;br /&gt;- Je ramasse la verroterie, ces bagues doivent valoir une fortune.&lt;br /&gt;- On est plus des brigands tu sais.&lt;/em&gt;Saymar la regarda un instant, décidemment il ne voyait pas ce qu’il avait pu lui trouver dans le temps.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Ouais ben comme j’ai rien d’autre à foutre de la journée je vais quand même continuer.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle haussa les épaules et s’en alla. Ils l’énervaient tous autant qu’ils étaient. Toujours à pinailler, oui mais ci, non mais cela et blablabla mon cul est rose. Seule Anna, arrivait à le faire sentir calme et serein, elle le comprenait elle, ou du moins elle faisait comme ci.&lt;br /&gt;Il continuait à faire sa récolte lorsque les Burgans arrivèrent sur le champ de bataille pour ramasser leurs morts. « &lt;em&gt;Z’en ont pour un bout de temps !&lt;/em&gt; ». La tribu des femmes, les panthères s’il se souvenait bien, avait morflé mais les pertes étaient énormes des deux côtés. Saymar se demanda quand même quel était l’intérêt de se battre à poil quand il regardait le nombre de corps de femmes (et pas moche en plus) qui gisait là. Il en reconnut quelques unes qui leur rendaient visite au campement.&lt;br /&gt;Il cracha dégoûté, tant de morts pour rien. Au final les Burgans n’étaient pas si sauvage que ça, ils étaient juste différents. Les liudmarkiens avaient bien failli les surprendre avec la brume. Ils n’avaient été averti qu’une heure avant de leur arrivée. Les hommes du chef, les lions avaient du absorber la première charge sans vraie préparation. Les serpents et les panthères étaient les seules autres tribus présentes. Les autres étaient encore sur la route de l’autre côté de la rivière Faux mais d’après les premiers échos, ils avaient dû combattre eux aussi. N’empêche, c’est encore l’autre peigne cul de chevalier qui était venu les chercher afin d’aider les Burgans. Saymar avait d’abord refusé mais tous les autres avaient accepté chaleureusement, impatient de montrer leurs valeurs. Ils avaient agrippés leurs armes et courut rejoindre la mêlée. L’autre nobliau était gonflé, il avait refusé de combattre des compatriotes, prétextant que sa seule présence suffirait à arrêter les combats. Saymar lui aurait bien botté le cul pour qu’il y aille tout seul au front. Enfin ils y étaient allés, et l’affrontement avait tourné au massacre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes panthères portaient des châles blancs qui couvraient leurs cheveux et leurs épaules. Elles s’étaient peintes des larmes sur le visage. Il en vit une soutenir le chef Burgans qui contemplait la masse de corps. Cet imbécile avait insisté pour combattre alors qu’il n’était manifestement pas en état après sa petite démonstration de la semaine précédente. Tous aussi fou les uns que les autres à courir après la mort. Il coupa le dernier doigt et mis la bague dans sa poche après avoir fouillé machinalement les poches du cadavre. Il se prendrait bien une bonne biture ce soir, de toute façon Anna le boudait parce qu’il avait refusé qu’elle prenne part au combat, elle y était allée quand même bien sûr mais lui en voulait d’avoir voulu la protéger. « &lt;em&gt;Bah !&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;S..Saymar ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Un corps bougeait près de lui, une main se tendait. Le type avait une sale blessure à la tête et Saymar mit un temps à reconnaître Pilton sous le sang qui lui maculait la face.&lt;br /&gt;Il s’accroupit précipitament :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Frérot ? Eh beh, tu t’es bien fait amoché. Tu veux que j’aille chercher de l’aide ?&lt;/em&gt;Il lui tata le crâne doucement, une blessure moche, Pilton avait peut être perdu un œil mais il survivrait.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Aaah. Arrête. Mon frère…&lt;br /&gt;- Oui ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Pilton continuait sa phrase sans s’adresser particulièrement à quiconque.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;…est …est…mort à dix…dix putains d’ans.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar réfléchit un instant, Pilton délirait-il ou tentait-il de lui expliquer quelque chose ? Celui-ci ferma les yeux un instant, aspirant de l’air goulûment comme s’il rassemblait ses forces.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Pourquoi toute cette mascarade de frère alors ?&lt;br /&gt;- Je…J’étais perdu. Je savais plus quoi faire, ils…ils voulaient tous quelque chose. J’étais si fatigué. Fatigué. Tu avais l’air gentil et puis…t’étais dans la merde.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar rit.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;C’est clair que j’y étais jusqu’au cou, tu m’as sorti d’un fameux merdier et t’inquiète tu vas te sortir de celui-ci.&lt;/em&gt; Dit-il en lui tapotant l’épaule, prêt à se relever pour aller chercher de l’aide.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;…mais tu n’es qu’une ordure. Si j’avais su.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar arrêta son geste, son regard se glaça et il porta la main à sa dague.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu sais plus ce que tu dis, frérot. Tu t’es pris un sale coup, demain tu auras oublié tout ça.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Non…non. &lt;/em&gt;Pilton sanglotait maintenant. &lt;em&gt;Il faut les prévenir. Il faut leur dire que t’es pas un héro. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar avait du mal à le comprendre au milieu de tous ces sanglots mais il se demanda quand même si l’homme délirait ou était devenu complètement con. Il aurait pu s’en sortir, sa blessure n’avait pas l’air fatale, pourquoi le menacer lui ? C’était vraiment la dernière chose à faire.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Dors frérot, ça va aller.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il lui enfonça doucement la dague dans le bas du dos, la lame glissant lentement entre deux vertèbres, presque avec amour.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Bonne nuit frérot, enchanté d’avoir fait ta connaissance.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il se releva et sentit une boule dans sa gorge. Décidemment, il avait vraiment besoin d’un verre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain, les éclaireurs annonçaient l’arrivée d’une seconde armée, le branle bas de combat réveillé Saymar et sa gueule de bois. Les Burgans étaient encore tous rassemblés pour faire leur deuil, la plupart avait les traits tirés et le regard abattu. Le chevalier machin arriva, l’air pimpant malgré les cicatrices qui lui barraient le visage. Il était si fier sur son nouveau cheval. Il le salua, le fixant de ses yeux laiteux, comment se type faisait-il pour voir. Saymar frissonna. Je ne pense pas qu’il faille s’inquiéter, ce sont des hommes des royaumes du Sud pas des Liudmarkiens. Ils devaient d’ailleurs probablement poursuivre ceux-ci. Avec l’accord d’Arnulf, je compte me porter au devant d’eux avec une délégation, vous en êtes ?&lt;br /&gt;Saymar le regardait interdit :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Pour y quoi foutre ?&lt;br /&gt;- Parce que vous êtes peut-être le seul ici à pouvoir éviter un autre bain de sang ?&lt;br /&gt;- Pourquoi vous y êtes pas allé vous hier, voir les Liudmarkiens ?&lt;br /&gt;- Une petite voix qui m’a dit de ne rien en faire.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar le dévisagea un instant pour savoir si c’était une tentative d’humour ou de la pure folie. « &lt;em&gt;Taré ce type ! &lt;/em&gt;» pensa-t’il.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- La prochaine fois que vous entendez des voix, demandez moi, je vous assomme avec plaisir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils y étaient donc allé, ils arrivèrent sous bonne escorte sous une tente de commandement montée à la va-vite. La plus grosse surprise de la journée fut de retrouver le commandant Mark. L’homme n’avait apparemment pas perdu de temps. Etrangement celui-ci accueillit Saymar à bras ouvert.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que le monde est petit ! Vous avez réussi à vous alliez les Burgans, c’est fantastique ! J’arriverai jamais à comprendre comment vous vous en sortez.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar le regarda méchamment un instant, se demandant si l’homme se moquait de lui.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Moi non plus. &lt;/em&gt;Répondit-il simplement pince sans rire.&lt;br /&gt;L’autre débile s’était esclaffé et Saymar se demanda à quel jeu il jouait vraiment.&lt;br /&gt;Les négociations furent principalement menées par Guylhom et il s’emmerda profondément tout du long. Après les échanges de bonne fois, les Burgans demandèrent le droit de passage pour trouver une « &lt;em&gt;vierge sanglante &lt;/em&gt;». Mark les regarda bizarrement :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous avez entendus parlé de la princesse ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le sauvage ne tint plus en place dès qu’on lui traduit la réponse, il exigea une entrevue avec celle-ci et s’énervait face aux réponses polies et prudentes de Mark. Saymar sortit. Tout cela ne le regardait plus.&lt;br /&gt;Lorsque vint le moment de se séparer, Mark vint le trouver.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- La princesse désirerait vous rencontrez. Lorsque je lui ai fait mon rapport, elle a exprimé un grand intérêt pour ces hommes et ces femmes qui se sont battus en son nom.&lt;br /&gt;- Elle est là ?&lt;br /&gt;- Non, elle est en sécurité à Pylos mais ce n’est qu’à une semaine de marche.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar avait haussé les épaules en répondant vaguement oui. Il rentra tard au campement.&lt;br /&gt;Il passa au milieu de quelques franches vulgairement installées, la genou plié et la croupe proéminente contre un tas de bois. Décidemment pour certaines s’habiller comme des hommes les faisaient passer pour des filles de joie. Il savait que certaines discutaient dans son dos, certaines n’auraient pas dit non pour avoir ses faveurs lui par contre s’en foutait, il ne pensait qu’à une seule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était tard mais les Burgans continuaient leur veillée. Les instruments s’étaient tut mais les femmes continuaient de chanter. Parfois les hommes répondaient d’un cri grave et plaintif qui résonnait dans la plaine longtemps après que le chant ait cessé.&lt;br /&gt;Il vit la nuit doucement s’illuminer alors que les bûchers funéraires étaient allumés. Des teintes orangées se levèrent vers les cieux et commencèrent à combattre les ténèbres.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;C’est beau. Anna l’avait rejoint, sans bruit. Elle était pieds nus.&lt;br /&gt;- Oui.&lt;br /&gt;- Ils ont accepté que les nôtres soient brûlés auprès de leurs guerriers. Pilton sera en bonne compagnie. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle lui prit la main.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Ils ont beau se balader à moitié à poil, ils ont quand même plus de décence que nous. Quant on les côtoie on ne peut s’empêcher de les respecter. C’est triste pour eux, ils ont perdu beaucoup des leurs hier et pour pas grand-chose.&lt;br /&gt;- Triste ? Toi ?&lt;br /&gt;- Bah, tu comprends ce que je veux dire.&lt;br /&gt;- Pourquoi faut-il que tu sois si doux parfois ? Si gentil avec moi et si dur avec les autres ?&lt;br /&gt;- Je ne suis pas une brute.&lt;/em&gt; S’offusqua-t-il.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Non, en effet. Mais tu sais être si distant que parfois je me demande si tu vis dans le même monde que le nôtre.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je n’ai jamais eu vraiment envie de vivre dans ce monde. Pourquoi on partirait pas ?&lt;br /&gt;- De quoi ?&lt;/em&gt; Elle rit. &lt;em&gt;Partir ? Où ça ?&lt;br /&gt;- Les îles d’été ! Toi et moi, laissons les à leur guerres et à leurs dieux.&lt;br /&gt;- Tu es fou !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle avait les yeux qui pétillaient, qu’elle était belle.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Bien sûr que je le suis ! N’as-tu jamais rêvé de voir la mer ?&lt;br /&gt;- Si bien sûr mais…&lt;br /&gt;- Alors ? Allons-y partons !&lt;br /&gt;- On ne peut laisser les autres. Ils comptent sur nous, sur toi.&lt;br /&gt;- Je m’en fou des autres, je…&lt;br /&gt;- moi pas.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il déglutit, allait-il être obligé de lui dire ? De s’agenouiller, de quémander devant elle ?&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu fais une de ces têtes, on dirait un gamin. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Son sourire blanc éclatait, il ne voyait plus que lui.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- C’est l’impression que j’ai parfois, face à toi je ne suis plus qu’un gamin et j’aime ça.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle le regarda dans les yeux.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Dis le moi.&lt;br /&gt;- Quoi ?&lt;br /&gt;- Que tu m’aimes.&lt;br /&gt;- Bien sûr que je t’aime.&lt;br /&gt;- Pas comme ça. Tu m’aimes vraiment ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il hésita un instant se rappelant cette fameuse nuit où elle lui avait dit «&lt;em&gt;Tu me désireras, Saymar, plus que tout au monde. Je hanterai tes nuits, je ferai battre ton coeur et tu seras prêt à prendre le risque de mourir pour m’avoir.&lt;/em&gt; ». Il regarda autour de lui. Il n’y avait rien ici pour lui. La guerre finie, il n’aurait plus de chez lui, pire on risquait de lui passer la corde au cou pour brigandage.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Oui. Je t’aime. Je t’aime plus que cette putain de vie, je préfère clamser vingt fois que de te perdre. Tu le sais. Epouses moi.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle lui prit la main, le visage angélique, les yeux brillants de milles feux et se leva sur la pointe des pieds pour lui déposer un baiser sur la bouche. Elle aussi avait l’air d’une petite fille se dit-il.&lt;br /&gt;Il avait fini par s’agenouiller et lui avait demandé sa main et alors que tout le monde pleurait lui était le plus heureux des hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils avaient tous acceptés de les accompagner, les franches et puis les autres qui restaient. Il avait cru que le chevalier immaculé allait sortir ses yeux morts de ses orbites quand il lui avait annoncé son départ pour se marier. Le chef Burgans lui une fois qu’il avait compris de quoi il retournait avec éclaté de rire et lui avait asséné une claque dans le dos. Il devait encore avoir la marque. Ils marchaient gaiement, loin des combats. Haytor s’occupait de tout maintenant, envoyer des éclaireurs alentours entre autre, Saymar n’avait pas la tête à ça. Il tenait la main d’Anna et lui chuchotait des mots doux à l’oreille et quelques saloperies sur les autres aussi mais ça la faisait tant rire. Il aimait quand elle riait.&lt;br /&gt;Il s’attendait à ce que Laura prenne mal la nouvelle mais au contraire elle vint le voir avec un grand sourire. « &lt;em&gt;Je suis si heureuse pour vous patron. Vous l’avez tout deux mérités. Et puis on doit vous avouez un truc. Haytor et moi on aimerait aussi se marier. Le même jour que vous ce serait un honneur. Ce grand dadais est trop timide pour vous le demander lui-même.&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;Saymar hocha la tête distraitement. Il regardait Anna, cueillir des fleurs. C’est fou comme des trucs tout cons pouvaient l’émerveiller. Chaque soir, ils passaient des heures à se parler et à s’embrasser. Saymar essayait parfois d’aller plus loin, de passer les mains sous sa chemise de lin mais elle ne se laissait pas faire. Elle voulait absolument attendre le mariage et au fond cela lui était bien égal, rien que l’avoir près de lui, lui suffisait.&lt;br /&gt;Ils arrivèrent en vue de Varest au bout de deux bonnes semaines, les troupes Liudmarkiennes l’avaient désertée bien avant leur arrivée mais ils furent quand même accueillis en héros. Saymar profita de cet élan de bonne foi de la part du peuple pour retirer un maximum d’avantage de ses maigres richesses. Tout cela se passa comme dans un rêve, le temps passait à une vitesse folle, les journées défilaient sans qu’il ait eu l’impression de rien faire mais il savait qu’il les vivait pleinement. La cérémonie du mariage par contre lui parut bien trop longue et sommes toute assez simple, ils partaient le lendemain pour les îles d’étés et lui s’émut surtout de voir Anna dans une robe de satin blanc qui faisait ressortir ses cheveux roux et son teint halé. Haytor et Laura se marièrent après eux et Saymar se surprit même à avoir une larmichette au coin de l’œil lorsqu’ils se dirent oui. La nuit de noce arriva et il se surprit à avoir les mains moites lorsqu’ils pénétrèrent dans la chambre louée pour l’occasion. Elle était décorée de fleurs et de messages grivois mis en place par le soin des franches. Anna se mordait la lèvre inférieure lorsqu’elle retira sa robe. Il n’osait bouger, une certaine appréhension le tenaillait et il se demanda un instant si elle n’avait pas un couteau caché dans son dos. Il put découvrir ensuite qu’il n’en était rien lorsqu’il lui caressa l’échine de ses doigts. Elle le déshabilla lentement alors qu’il découvrait son corps de ses lèvres et de ses mains. Elle se tortilla et gémit lorsqu’il lui toucha l’entrejambe. Il n’avait jamais rien ressenti de pareil auparavant avec aucune autre femme, elle était douce et chaude, prête pour lui déjà mais il fit durer le plaisir, ses doigts se délectant de cette sensation à nulle autre pareille. Elle se tendait et se dressait sous ses caresses pointant ses seins vers sa bouche. Il lui mordilla les tétons et finit par la pénétrer, un peu trop impatiemment peut-être. Elle n’était pas vierge mais à vrai dire il s’en moquait. Elle l’accueillit avec plaisir et ils bougèrent à l’unisson. Il vint en elle, trop vite à son goût mais elle sut vite le ramener à elle, en elle. Il ne sut combien dura leur ébats mais il aurait voulu que jamais ils ne cessent.&lt;br /&gt;Il ne sut pas non plus ce qui lui fit peur. Elle cria un moment alors qu’il la prenait pour la troisième fois. Elle se débattit, il crut d’abord à un jeu, la retenant par la taille mais elle le regardait sans le voir et le repoussa durement, se débattant avec ses pieds. Elle se dressa contre un meuble, affolée.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Non !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle se regarda un instant, nue et couverte de sueur et de leur odeur.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Salaud ! Salaud ! Tu m’as violée.&lt;br /&gt;- Anna, chhut calme toi. C’est moi Saymar. Je suis là, je t’aime.&lt;br /&gt;- Tu l’as tué ! Tu l’as tué ! Tu es un salaud, tu rigolais, tu rigolais.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il vint près d’elle et lui entoura les épaules de son bras. Il réalisa qu’il ne savait rien de son passé et qu’il était loin d’être aussi rose qu’il se l’était imaginé. Il lui baisa les cheveux.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Shhhh. Ça va aller. Tout va bien se passer. Il te faut du temps.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Une franche avait oublié une paire de ciseau sur place, lui ne l’avait pas vue jusqu’à ce qu’il la sente se planter dans son ventre et s’y replanter encore. Il hoqueta.&lt;br /&gt;Il voulu l’implorer, lui dire qu’il l’aimait mais le choc l’empêcha de prononcer un mot.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Non ! Non ! Non !&lt;/em&gt; criait-elle à chaque coup.&lt;br /&gt;Il avait mal mais quelque chose en lui se brisa. Une petite voix qui lui disait « &lt;em&gt;Tu me supplieras à genoux de te tuer en échange d’une seule nuit avec moi. Je te le promets ! &lt;/em&gt;». Il n’avait pas supplié. Non, il n’avait pas supplié. Pourquoi ?&lt;br /&gt;Sa tête cogna le sol et l’obscurité l’engloutit.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2213251809112797586?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2213251809112797586/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2213251809112797586' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2213251809112797586'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2213251809112797586'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-28-saymar-anna.html' title='Le Vengeur - Chapitre 28. Saymar - Anna'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rw0mBOdMvUI/AAAAAAAAAIw/nyv95-EFKVs/s72-c/emat.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-6257784807941703376</id><published>2007-10-08T20:15:00.001+01:00</published><updated>2008-12-10T21:56:41.640Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 27. Thibaut - L'homme Roland.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwqDv-dMvTI/AAAAAAAAAIo/g7shO9U4FbQ/s1600-h/symbol01.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5119048786702548274" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwqDv-dMvTI/AAAAAAAAAIo/g7shO9U4FbQ/s200/symbol01.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="color:#ff0000;"&gt;!!!! SPOILERS - Evitez de lire ce chapitre si vous n'avez pas lu ceux qui précèdent. !!!!&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Un chapitre facile à écrire mais difficile émotionnellement à terminer. C'est le dernier chapitre de Thibaut, le premier personnage que je termine. Un petit pincement au coeur et une humeur au fond des chaussettes. Et dire que tout ça fut écrit à cause d'un petit matin brumeux.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Musique d'inspiration: Hans Zimmer - Injection.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXVII. Thibaut - L’homme Roland&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Il se demanda si le dieu cornu était venu l’accueillir sur terre. La brume était si épaisse qu’on ne voyait pas à vingt pas. Pourtant, il galopait, droit devant, sur les lignes burgannes. Il les entendait, leurs tambours résonnant sans relâche accompagnés d’il ne savait quelles cornes. Thibaut était confiant, les Burgans étaient trop fiers pour monter une embuscade et brume ou pas il allait les écraser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entendait le martèlement des sabots tout autour et derrière lui. Un boucan d’enfer et pourtant il ne voyait que les cavaliers qui se tenaient à ses côtés, les autres n’étaient que des formes fantomatiques qui apparaissaient parfois avant de disparaître à nouveau dans le rideau de brouillard. Penché sur l’encolure de son cheval, son bacinet fortement secoué, il repensa amèrement aux dernières semaines écoulées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout, tout avait échoué à cause d’une seule et même personne : Orlamund Forcefer. Un grain de sable royal qui avait tout balayé. Cette chienne superbe avait insufflé la peur dans le cœur de l’armée la mieux disciplinée du monde civilisé. La moitié des hommes avait assisté à la mise à mort du prince et de la moitié de la noblesse. Que faire contre un ennemi qu’on ne peut ni voir ni toucher ? Thibaut n’avait pas la réponse et il considérait que la campagne était un échec.&lt;br /&gt;Il ne devait pas être le seul dans le cas car la plupart des nobles survivants s’étaient retirés avec leurs troupes, ils rentraient au pays ou vers Valars. Ceux qui restaient s’étaient disputés pour le contrôle de l’armée ce qui n’arrangeait en rien le moral de celle-ci. La discipline se relâchait et il n’y pouvait pas grand-chose. Il avait essayé de mettre ce temps à profit pour comprendre les motivations de Roland. Celui-ci observait un mutisme inquiétant et souriait peu contrairement à son habitude.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tu la connaissais ? &lt;/em&gt;lui demanda Thibaut un soir alors qu’ils buvaient du vin à la belle étoile.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Pas personnellement…&lt;/em&gt; répondit celui-ci distraitement.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Des fois, j’ai l’impression que tu la hais, elle t’a fait quelque chose ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ah parce qu’à toi elle ne t’a rien fait ? Elle vient d’anéantir toutes nos chances de remporter cette guerre&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je ne parle pas de ça&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le regard de Roland flamboya&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qu’est-ce que ça peut te foutre, gamin.&lt;br /&gt;- Je m’inquiète.&lt;br /&gt;- Tu t’inquiètes ? Qu’est-ce que ça change ? Je ne veux pas de ta pitié. Ma famille entière a été massacrée par les Forcefer. Un jour, ils paieront.&lt;br /&gt;- Ah…Je suis désolé.&lt;br /&gt;- Désolé, c’est tout ce que tu sais faire, je n’aurais pas été là que tu serais encore désolé dans un cachot à Montveilh. J’ai passé des années à m’entraîner, à planifier, à espionner la cour, à me rapprocher d’eux, à découvrir leur visage marqué par l’infamie. Des années…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il contemplait le miroitement du breuvage dans son gobelet.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qui es-tu ? Vraiment ? Tu n’es pas le fils de l’évêque de Rochefaud n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;- Pas vraiment, même si le vieux s’est plié de bonne grâce à la comédie.&lt;br /&gt;- Alors ?&lt;br /&gt;- Quoi ?&lt;br /&gt;- Qui es-tu ?&lt;br /&gt;- Mèle toi de ce qui te regardes.&lt;br /&gt;- Toi tu sais bien tout de moi.&lt;br /&gt;- Pour ce qu’il y’a à savoir sur un nobliaux.&lt;br /&gt;- Va te faire foutre.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Roland sourit, un instant Thibaut cru avoir retrouvé son ami.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Roland Lapert pour te servir, enfin c’est plutôt toi qui devrait le faire&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Il faisait la comédie, se levant et faisant une courbette, le coude levé comme s’il tenait une longue cape soyeuse.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Arrête tes conneries ! Allez dis-le moi.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ils avaient rit et bu encore un peu, se moquant du nouveau personnage de Roland. Il ne s’était pas attendu à ne plus le revoir. Le lendemain, Roland avait disparu, il avait emporté son paquetage sans laisser aucune trace. Personne ne savait où il avait disparu. Ce n’est que deux heures plus tard que Thibaut réalisa que Luclin manquait aussi à l’appel. Il réalisa à quel point il avait considéré le géant comme un meuble qui l’accompagnait partout. Un sentiment de solitude poignant l’envahit. Ceux qu’il croyait être ses amis avaient disparus, ils étaient partis sans lui. Rentrant dans sa tente, il s’affala sur son lit et y découvrit un mot sous l’oreiller. « &lt;em&gt;Gamin, rentre chez toi. Amitiés Roland.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Il l’envisagea un instant, retrouver ce qui restait de sa famille, pleurer un peu dans les bras de sa mère et serrer Sorj et Eliana dans ses bras. Puis il sortit prendre l’air et là il vit ses hommes, enfin les hommes de Frida. C’est pour elle qu’ils restaient et se battait. Certains d’entre eux avaient des femmes et des enfants qu’ils désiraient revoir et pourtant ils étaient encore là, pour l’honneur. Quelque chose que personne ne pouvait leur enlevé. Il ne pouvait décemment pas revenir vers Frida couvert de déshonneur, elle ne l’accepterait pas. Il fallait qu’il reste et montre de quoi il était capable.&lt;br /&gt;Cela faisait quelques jours qu’on annonçait une colonne burganne arrivant droit sur eux. Ce matin là, lorsqu’il arriva au quartier général, il ne restait que deux nobles qui se regardaient en chien de faïence, tous les autres avaient fuis et probablement que ces deux là n’attendaient que pour voir lequel des deux resterait le plus longtemps. Il décida de prendre les choses en main.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Il faut aller à leur rencontre, il n’y a plus rien pour nous ici.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une armée six fois plus petite qu’à son arrivée qui quitta les abords de Pylos, laissant derrière elle une grande majorité de son barda. La plaine était jonchée de déchets, de tentes écroulées et d’armes de sièges abandonnées. Thibaut envoya des messagers pour demander des renforts à Telon ou Valars s’il fallait aller jusque là, espérant qu’il y’aurait des troupes pour entendre son appel. Les premiers rapports d’éclaireurs faisaient état d’une armée ennemie gigantesque, étalée sur des kilomètres. Des cavaliers harcelaient leur flanc droit sans relâche mais les pertes étaient énormes. Près de la moitié des éclaireurs ne rentraient pas de mission, rendant chaque mission plus difficile pour trouver des volontaires. Ils avaient à peine posé le campement du premier jour que la nouvelle arriva.&lt;br /&gt;Le Roi Kylios Ier avait traversé la Synd et les talonnait. Cela changeait la donne, il ne pouvait décemment combattre en ayant des ennemis dans le dos. Pourtant, il répugnait à fuir. Il voulait à tout pris éviter l’affrontement avec les sudistes, s’ils le reconnaissaient ce pourrait être catastrophique pour sa fille, pire s’il était capturé se serait la pendaison en tant que traître. Il fallait aller de l’avant, pousser au travers des lignes burgannes, rejoindre le gros de l’armée avec une victoire et laisser les sudistes se débrouiller avec qu’il restait des barbares. Il contempla la bougie qui oscillait au dessus des cartes, devait-il écrire une lettre d’adieu ? Non, ils allaient réussir, il fallait qu’il ait foie en leur entreprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’étendard claquait au vent. Il se demanda si les burgans avaient été prévenus de leur arrivée ou non.&lt;br /&gt;L’air était froid et humide, vivifiant. Thibaut se demanda pourquoi Roland était parti. Etait-il vraiment le dernier descendant des Laperts ? Dans ce cas, Thibaut n’avait-il été qu’un instrument de vengeance pour lui ? Qu’elle avait été la part de vérité dans tout ce qu’il avait vécu ? Il serra la main sur la garde de son épée, il fallait qu’il se nettoie l’esprit. Tuer quelques sauvages lui ferait du bien. Les flancs de son cheval étaient couverts d’écumes, ils ne devaient plus être loin maintenant. Les éclaireurs avaient dit deux kilomètres. Tout à coup des formes se levèrent et crachèrent des projectiles. Des hommes tombèrent des deux côtés. Certaines forment avaient été écrasée sous les sabots des chevaux.&lt;br /&gt;Il réalisa que le cheval à côté de lui n’avait plus de cavalier et commençait à ralentir.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Ne pas ralentir, ne pas faiblir !»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il talonna son cheval de plus belle et soudain il les vits. Oui, ils les attendaient, soudain se fut le choc. Il fendit les rangs ennemis, bousculant des corps, en faisant tomber sous les sabots de son cheval, il faillit vider les étriers lorsque celui-ci se cabra, écrasant le visage d’un homme d’un coup de fer.&lt;br /&gt;Le chaos de la bataille s’amplifia tout comme le boucan des tambours. D’autres hommes le rejoignirent dans la mêlées, bousculant les guerriers burgans. « &lt;em&gt;Plutôt mort que Frida !&lt;/em&gt; » cria-t’il mais il n’entendit pas les réponses. Etaient-ils déjà si peu ? Il faisait tourner son cheval sur lui-même, repoussant de son épée et de son bouclier les bras qui se tendaient. Son cheval reçut une hache dans le flanc et fit un écart avant de s’arrêter doucement. « Pas maintenant, continue, continue je t’en supplie » implora Thibaut. Mais le cheval sentait la vie le quitter, il s’ébroua un peu et chancela. Il plia ses pattes et commença à se coucher. Les ennemis s’étaient reculés pour laisser de la place à la bête ce qui laisse le temps à Thibaut pour démonter. Il jeta un coup d’œil alentours. Seul. Complètement seul au milieu de cette masse humaine hostile. Et puis il commença à les entendre au dessus du vacarme. «&lt;em&gt; Ho Chou Ha !&lt;/em&gt; ». L’infanterie arrivait, enfin ! Les burgans ployèrent sous leur charge et commencèrent à reculer. Thibaut ferraillait de nouveau, la brume l’empêchait de bien savoir par où aller. Un burgan le bouscula et continua sa route sans même tenter de le combattre. Un autre trébucha devant lui et eut un regard étonné lorsque Thibaut lui planta son épée dans le ventre. Il réalisa soudain qu’un de ses hommes se battait à ses côtés puis d’autres les rejoignirent. Ils avancèrent de concert, reformant les rangs. Tout était encore possible.&lt;br /&gt;Des femmes à moitié nues sortirent de la brume en hululant. Elles empalèrent l’homme à la gauche de Thibaut en lançant de courtes lances. Certains hommes reculèrent, surpris par ces démones. Mais elles ne portaient pas d’armures, elles vinrent s’empaler contre les lances liudmarkiennes. Tombant les unes après les autres, tentant d’éviter les lames pour se faire faucher par une autre. La plupart se tordaient maintenant au sol arborant des entailles profondes au torse ou aux jambes. Les soldats hésitèrent un instant avant de les achever, un instant seulement et ils plantèrent leur lance dans les corps. Epinglant ces papillons de nuits qui mouraient dans un râle aigu. Des flèches plurent et puis des dards, faisant des dégâts considérables dans les rangs. Un cri fut vite repris : « Poison ! ». Les hommes se rapprochèrent, collant les boucliers les uns aux autres, chacun tentant de protéger son voisin alors que les hommes touchés se convulsait par terre, les yeux révulsés.&lt;br /&gt;Le mur de bouclier permit de réduire les pertes. Les projectiles venaient s’y écraser dans des « &lt;em&gt;Pocs &lt;/em&gt;» à peine audibles comparés au battement de tambours incessants.&lt;br /&gt;Les Burgans fuyaient les combats rangés comme la peste. A raison, personne ne pouvait battre le Liudmark sur ce terrain là. Mais ils n’étaient pas sans ressource, ils utilisaient le terrain et la brume à leur avantage, sortant soudain de nulle part pour tuer un ou deux soldats avant de fuir. Pas une seule fois, ils n’avaient stoppé cette musique infernale, guidant Thibaut et ses hommes vers leur campement.&lt;br /&gt;Une clameur retentit devant eux, les lances furent placées en épi, prêtes à accueillir toute charge.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Allez Thibaut, encore un peu &lt;/em&gt;! » se répétait-il.&lt;br /&gt;Anéantir le centre Burgans, leur campement, les obliger à s’éparpiller et puis rejoindre les troupes de l’autre côté. Les Saints pouvaient bien rendre ça possible. Il espérait que les autres groupes faisaient diversion sur les flancs comme prévu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il les vits, une autre vague de Burgans, accompagnés d’hommes et de femmes qui ne l’étaient pas. Ceux-ci étaient armés d’épées courtes et de fourches. Que faisaient-ils au milieu des sauvages ? Thibaut fit signe à ses hommes de ralentir. Il n’en croyait pas ses yeux mais l’armure qu’il contemplait était reconnaissable entre toutes. Un chevalier immaculé de Saint-Royan, que faisait-il ici ?&lt;br /&gt;A cet instant, Thibaut comprit qu’il avait fait le mauvais choix. Les Saints, eux-mêmes, désavouaient son action. Il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit, ni même d’espérer un dialogue que la mêlée était engagée et des hommes mourraient. Les épées courtes étaient diablement efficaces pour couper les hampes des lances, les fourches, elles, servaient à les plaquer au sol. Les burgans eux lancèrent leurs lourdes haches, la plupart se plantant dans le bois des boucliers, en fendant certains.&lt;br /&gt;Thibaut reçut un coup sur le crâne, son casque encaissant la majeure partie du choc mais il resta sonné un instant. Il commença à marmonner : « Pardon, pardon ». Son arme traînait au bout de son bras et il avançait vers cette armure blanche qui représentait tout ses rêves d’enfant. Une pique se planta dans son aine, le pliant en deux sous le choc. Un coup de pieds le fit partir en arrière mais le coup fatal ne vint pas. Il sentait le sang couler par à coup et mouiller ses chausses.&lt;br /&gt;Il resta étendu là, des hommes l’enjambaient et tombaient autour de lui. Ses hommes. Il commença à entendre d’autres cris. « &lt;em&gt;Retraite ! Retirez-vous, tout est perdu !&lt;/em&gt; » mais il ne réalisa pas bien ce que ça voulait dire.&lt;br /&gt;Le ciel se dégageait, les saints étaient vraiment de la partie. Il n’avait pas la force de lever la main pour se protéger les yeux des premiers rayons de soleil. Un homme manifestement sudiste le trouva délirant et parlant tout seul une demi-heure plus tard. Thibaut était livide, ses yeux presque révulsés bataillaient pour rester ouverts, le sang formait une marre autour de lui et il croyait bien que sa vessie s’était relâchée elle aussi. De toute façon, il ne sentait plus ses jambes.&lt;br /&gt;L’homme, grand, un nez trop long et les cheveux lui tombant sur les yeux se pencha et l’observa un instant.&lt;br /&gt;Il sourit chaleureusement et cela fit énormément de bien à Thibaut.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Un message à transmettre l’ami ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut batailla, secouant la tête, tentant d’articuler quelque chose et de montrer sa bague en même temps. Il avait tant de choses à dire, il ne voulait pas mourir.&lt;br /&gt;L’homme eu un rictus moqueur.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;C’est con, fallait y penser avant. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il lui planta sa dague dans le cou, ses beaux yeux bleus étaient froids et sans émotions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est fou ce qu’on met comme temps à mourir, ce qu’on peut avoir comme regrets à ce moment là, ce qu’on se sent seul. Thibaut hoqueta, le sang lui remplissait la bouche et l’étouffait doucement. Il ne s’en inquiétait déjà plus, la douleur l’abandonnait, le laissant seul avec ses dernières pensées.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Je reviens à la maison, mère, dit à Frida que je l’aime. Dit lui que j’ai essayé que…dis lui que j’aurais aimé la revoir. Tu crois que je verrai papa ? Tu crois qu’il serra fier de moi ? Est-ce que Liliana m’en veut toujours d’avoir cassé sa poupée ? Elle me manque tant. Sorj aussi ? Tu m’aimes maman hein dit ? Maman ? &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-6257784807941703376?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/6257784807941703376/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=6257784807941703376' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/6257784807941703376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/6257784807941703376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-27-thibaut-lhomme.html' title='Le Vengeur - Chapitre 27. Thibaut - L&apos;homme Roland.'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwqDv-dMvTI/AAAAAAAAAIo/g7shO9U4FbQ/s72-c/symbol01.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-8285519865035920568</id><published>2007-10-07T18:37:00.000+01:00</published><updated>2008-12-10T21:56:41.793Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 26. Arnulf "Lapin-Tordu" - Le duel</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwkawOdMvQI/AAAAAAAAAIQ/hjt3WMtv-vU/s1600-h/Erlend.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5118651867299888386" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwkawOdMvQI/AAAAAAAAAIQ/hjt3WMtv-vU/s320/Erlend.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Un chapitre écrit assez rapidement, Saymar et Arnulf m'ont toujours facilité la tâche. :)&lt;br /&gt;Un combat nécessaire pour un chapitre qui ne l'était pas vraiment. Etrangement je me traîne, j'ai peur d'aborder la fin, je laisse à mes personnages encore un peu de temps avant le grand saut. Ce chapitre marque donc la fin de l'avant dernier cycle, j'attaque bientôt la dernière ligne droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Photo d'Erlend?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Mike Oldfield - Tubular Bells / Corvus Corax - Furatum Alci Provinciam&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXVI. Arnulf « Lapin-Tordu » - Duel&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;L’armée burganne serpentait sur plusieurs dizaines de kilomètres. Vue du ciel, elle devait ressembler à un gigantesque serpent. D’ailleurs c’était la tribu des Serpents qui s’occupaient de la reconnaissance aujourd’hui. Leur petite taille les avantageait sur ce terrain marécageux et leur permettait de mieux s’en sortir face aux embuscades ennemies. Ceux-ci évitaient toute confrontation directe, leurs cavaliers légers harcelaient leurs flancs et leurs fantassins s’attelaient à saboter les ponts. Arnulf ne pouvait pas faire avancer ses hommes plus vite, la colonne s’étirait déjà bien trop. De plus, il fallait faire de nombreuses expéditions dans les villages alentour pour récupérer la nourriture nécessaire à tout ce petit monde. Sans parler des sudistes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chevalier scintillant lui avait assuré qu’ils n’étaient pas une menace, qu’ils voulaient juste profiter de la protection burganne tant que les hommes de fer étaient proches. Arnulf ne pouvait pas les considérer comme des alliés et il pestait sur le fait de devoir les nourrir sans recevoir de contrepartie. D’après le chevalier, ils s’étaient nommés les guerriers de la princesse, en rapport avec une princesse de royaumes encore plus au sud qui avait été enlevées par les hommes de fer. Arnulf s’était bien sûr posé la question si la vierge sanglante ne pouvait être cette même personne mais vu que personne ne savait où elle était il n’était pas beaucoup plus avancé. Son armée était canalisée vers le sud vers ce qu’il pensait être une force ennemie importante. Les sudistes étaient des personnes étranges, ils buvaient jusqu’à plus soif sans n’avoir rien à fêter et traînaient livides le lendemain en queue de colonne avec les bêtes, pataugeant dans la boue. Ils avaient malgré tout réussi à s’attirer les sympathies de la tribu des panthères, Alwin lui avait confié que c’était principalement dû aux guerrières qui les accompagnaient et aussi un peu aux hommes. Mélanger un peu le sang burgan ne ferait pas de mal. Il avait couché avec elle dernièrement, elle n’avait pas caché son envie de lui alors qu’elle ignorait superbement les avances des autres guerriers. Elle savait aussi qu’il ne s’était laissé faire que par faiblesse et non par amour.&lt;br /&gt;Cela ne semblait pas la gêner, peut-être avait-elle besoin d’une relation charnelle et sauvage car c’était ainsi qu’ils faisaient l’amour. Peut-être était-ce juste parce qu’elle voulait qu’il reste fort et qu’il avait besoin de cet exutoire pour braver les épreuves de ces derniers temps ? Pourquoi se sentit-il si coupable alors ?&lt;br /&gt;Les guerriers ne se privaient généralement pas pour violer ou prendre maîtresse, ça faisait partie du métier tout autant que le combat. De plus, Alwin n’était pas n’importe qui, son statut l’empêchait de prendre mari et puis au final elle avait déjà porté sa semence. Elle le comprenait mieux que ne pourrait jamais le faire sa femme et pourtant, pourtant, il avait cru en l’amour unique et indéfectible. Il en avait été si fier mais elle n’était pas là et ne pouvait comprendre le mal qui le rongeait, il fallait déjà avoir tué pour cela. Tuer encore et toujours, jusqu’à ce que les visages connus et inconnus des morts viennent nous visiter la nuit et réclamer vengeance. Aujourd’hui ne serait pas différent, il allait encore y avoir un visage à rajouter à la foule qui attendait les prémisses du sommeil.&lt;br /&gt;Irkan. Le jeune homme semait la discorde, prétextant qu’Arnulf n’était plus capable de diriger, qu’il devenait mou et faible. Le jeune homme avait bien des qualités mais il avait tendance à oublier sa place et courait trop après les honneurs. Sa langue acérée avait déjà fait trop de mal. Les hommes commençaient à douter de leur chef, ils ne comprenaient pas pourquoi on ne tuait pas les prisonniers, pourquoi la croisade vers le Sud s’était transformée en longue marche interminable et pourquoi on évitait le combat. Il haussa les épaules, peu importe s’ils comprenaient ou pas mais il fallait qu’ils obéissent. Aujourd’hui, Irkan avait l’occasion de prouver sa valeur et il n’oserait pas la laisser passer, dut-il y laisser la vie. Arnulf considérait cependant que le jeune homme avait peu de chance de vaincre, il avait trop peu d’expérience du combat et les duels amicaux qu’il avait du faire n’égalaient en rien un combat à mort.&lt;br /&gt;Pourtant, son adversaire était plus jeune, plus agile et pouvait très bien l’emporter sur sa force. Arnulf envisagea alors la défaite un instant. Il serra les mains et les tendit devant lui. « Ta vue baisse ! » grommella-t-il. Trente-six ans déjà. C’est la première fois qu’il envisageait sereinement de vieillir. Son père lui répétait quand il était jeune : « &lt;em&gt;Le mieux que tu puisses espérer c’est de partir avant tes enfants&lt;/em&gt; ». Ses enfants, Arnulf ne les avait jamais vus et il voulait vivre pour le faire, les voir rire et les porter dans ses bras. Les dieux lui laisseraient-ils l’occasion de les voir grandir ? Il était déterminé, il en tuerait dix comme Irkan s’il le fallait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un soleil timide qui accueillit le duel. De longs nuages noirs striaient le ciel en lui donnant une teinte sombre comme un crépuscule. Arnulf suait déjà, des gouttes froides lui tombaient des aisselles. Les Burgans formaient un cercle large autour d’eux. Le silence était pesant, l’instant était grave et seule une tribu neutre et impartiale désignée par les parties en présence avaient le droit de jouer pendant le combat afin d’éviter toute tricherie ou influence de la part des clans concernés. D’un commun accord, le choix s’était porté sur la tribu des Serpents, Arnulf avait même donné la mission d’éclaireur aux Panthères aujourd’hui. Il ne voulait pas qu’Alwin soit présente et puisse réagir si les choses tournaient mal. Ils étaient trop proches et une intervention de sa part pourrait signifier une guerre de clan. Il y’avait ça et puis il y’avait la peur qu’elle meure, laissant leur enfant seule.&lt;br /&gt;Il fit jouer ses muscles, ses paupières tressautaient un peu du manque de sommeil.&lt;br /&gt;Irkan fendit la foule et se plaça face à lui. Son corps était enduit d’huile et il arborait des peintures de guerre. Les Serpents commencèrent à jouer de leurs fluttes traverses au son clair accompagnés par des xylophones en bois. Irkan souriait et saluait son public, le maquillage cursif qui lui entourait les paupières lui donnait un air plus terrifiant et permettait en même temps de distraire l’adversaire.&lt;br /&gt;Arnulf ne s’en formalisa pas, il se dit juste que l’huile allait rendre le combat un peu plus sportif, il allait devoir réagir vite pour arriver à garder prise sur un poisson glissant.&lt;br /&gt;Ils commencèrent à se tourner autour, les regards se croisant, chacun cherchait à deviner qui allait faire le premier mouvement.&lt;br /&gt;Arnulf se déplaçait en crabe, les bras prêt à embrasser son ennemi, il avait refusé le couteau de rituel, persuadé de ne pas en avoir besoin. Cela l’aurait perturbé, avec sa force il n’avait pas l’habitude de se battre avec des armes si petites. Son adversaire, lui, le tenait à bout de bras, légèrement en hauteur, prêt à lui plonger dessus. Se doutant que la patience n’était pas le fort du jeune homme il attendit la première attaque, ses pieds nus tâtant le sol sous ses pas. Les visages sérieux autour d’eux devinrent flous à mesure qu’il se focalisait sur son adversaire. Les minutes semblèrent durer des heures, les deux hommes respiraient calmement mais leur front s’ornait de goûtes de sueurs.&lt;br /&gt;Irkan se fendit soudainement, manquant surprendre Arnulf par un coup direct au cœur. Celui-ci recula précipitamment, récoltant une entaille au passage. Ainsi, le jeune homme cherchait à en finir au plus vite, il ne prenait pas de risques inutiles et ne cherchait pas à faire durer le suspense. Il était peut-être plus malin qu’il n’en avait l’air ou il avait reçu des conseils avisés de plus sages que lui.&lt;br /&gt;Le ciel se couvrait de plus en plus, donnant à la scène un air de fin du monde. Les spectateurs retenaient leur souffle, nombreux étaient ceux juchés sur des bottes de pailles afin de mieux voir. Irkan attaqua à nouveau, vers le bas cette fois, Arnulf lui attrapa la main mais l’huile rendait la prise glissante et il ne put arrêter le bras armé à temps. Deux entailles déjà, l’une au torse, l’autre sur le biceps, ça faisait beaucoup pour une première passe d’arme, surtout que ce genre de blessures fines démangeait à chaque fois qu’il bougeait.&lt;br /&gt;Le jeune homme attaqua encore, décidé à ne pas faire durer le duel et à pousser son avantage obligeant Arnulf à éviter ses coups les uns après les autres, souvent de justesse.&lt;br /&gt;Celui-ci continuait d’attendre son heure, il recevait de plus en plus d’entaille et reçut même un coup plus grave au côté mais lorsque le moment lui sembla propice il se déporta sur le côté, attrapa les cheveux du jeune homme et les lui tira d’un coup sec, arrachant une touffe. Attributs sacrés pour sa tribu, l’autre ne put s’empêcher de s’énerver et tenta de lui cracher dessus en l’insultant.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu es trop soucieux de ton apparence, enfant, toutes tes parures ne transformeront jamais un rhinocéros en lion.&lt;br /&gt;- Pourtant il ne faut pas grand-chose aux lions pour devenir des limaces, grand père&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Tout le clan des lions se raidit sous l’insulte, certains portant la main à leur arme.&lt;br /&gt;Irkan, haineux, ne semblait même pas avoir remarqué l’émoi qu’il avait causé. Il attaqua encore et encore couvrant son adversaire d’autres zébrures, il réussit même à le toucher au visage en agrippant la barbe d’Arnulf. Celui-ci avait réussi à repousser son bras juste à temps avant d’envoyer un coup de genou formidable contre sa cuisse.&lt;br /&gt;Le jeune homme était plus prudent maintenant qu’il boitait légèrement. Le sang couvrait le visage d’Arnulf, l’obligeant à s’essuyer les yeux de temps en temps.&lt;br /&gt;Il se mit à pleuvoir et Arnulf en remercia les dieux. Il se sentait mieux, la pluie nettoyait le sang et lui permettait aussi d’assouvir la soif qui le tenaillait. Il se mit à sourire, le lion endormit avait fini sa sieste.&lt;br /&gt;Il lança quelques feintes, attaquant à droite pour lancer son bras vers la gauche. Il avait déjà réussi à faire tomber son adversaire par deux fois mais pas encore à l’agripper fermement. Les dieux étaient de son côté, il en était certain. Il approcha de plus en plus, Irkan maintenant prudent préférait reculer. Le cercle de spectateurs s’ouvrit devant eux, la musique était légère et semblait donner une note métallique aux goûtes de pluie.&lt;br /&gt;D’une manchette, Arnulf frappa l’épaule qui tenait le couteau et profita de l’effet de surprise pour asséner une claque retentissante au jeune homme. La pluie se faisait plus dense, l’eau coulant en minces rigoles dans la boue sous leurs pieds. Arnulf pieds nus avait un avantage sur un sol humide et boueux. Irkan attaque le flanc, tentant de contourner par la droite. Affaibli, glissant, il fut trop lent. Arnulf accueillit son coup pour mieux pouvoir agripper le jeune homme. Le couteau s’enfonça dans son flanc, il espéra juste qu’il ne touchait aucun organe vital et serrant les dents, grognant il serra le cou du jeune homme, que celui-ci n’avait pas jugé bon de huiler. Il le souleva du sol, d’un revers il envoya le jeune homme s’écraser sur le sol en lui maintenant le poing qui tenait encore l’arme. Irkan toucha le sol dans un craquement alors que son poignet se brisait et qu’il laissait échapper le poignard dans la boue. Combatif, il tenta tant bien que mal d’envoyer un pied au visage d’Arnulf mais celui-ci ne jouait plus.&lt;br /&gt;Il serra sa prise sur le pied et vit voler Irkan une seconde fois, l’envoyant s’écraser face dans la boue et glisser sur plus d’un mètre. Un peu sonné celui-ci n’eut pas le temps de se relever qu’Arnulf était déjà sur lui, l’agrippant par les cheveux et tirant sa tête en arrière.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Déclare forfait, devient un sans clan et promet de ne jamais revenir en terre burganne et tu auras la vie sauve.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ce qui pour un burgan était pire que la mort mais Arnulf répugnait à verser le sang de son peuple. La face boueuse, le jeune homme toussa et cracha, dévoilant ses dents blanches dans un sourire moqueur.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Crève vieillard.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Arnulf était content de voir qu’il se comportait en vrai Burgans devant la mort. Il agrippa la tête d’Irkan sous son bras et lui murmura :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu es un brave, j’aurais préféré t’avoir comme fils que comme ennemi. Garde une place pour moi auprès des dieux.&lt;br /&gt;- Moi pas&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Il abrégea le supplice en lui écrasant le nez dans le visage. Le dernier regard qu’Irkan lui adressa fut un de remerciement avant que la douleur ne le fasse hoqueter et tourner le regard vers des cieux que lui seul pouvait voir.&lt;br /&gt;Les Serpents avaient arrêté de jouer, il contempla les visages moroses alentours. Personne ne se réjouissait, un homme, un guerrier, un frère, un ami était mort. Son rôle de chef ne serait plus contesté pour un temps mais il avait payé cher sa victoire. L’adrénaline était partie, le laissant chancelant, affaibli. Il refusa les mains tendues de ses hommes et boita vers sa tente. Il avait perdu beaucoup de sang, comment avait-il pu combattre. Les dieux allaient-ils l’abandonner maintenant ?&lt;br /&gt;Alwin l’attendait devant sa tente, rapidement elle se glissa sous son bras et l’aida à entrer.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Co…Comment ?&lt;br /&gt;- Tu croyais vraiment que je n’étais pas au courant ?&lt;br /&gt;- Mais tu n’es pas venu voir ?&lt;br /&gt;- Je connais les règles tout comme toi, et je préfère laisser les vieux lions grincheux faire ce qu’ils veulent, ils reviennent toujours à la maison.&lt;br /&gt;- Merci.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ce qu’il aimait cette femme, réalisa-t-il. Il lui toucha le sein, un sourire aux lèvres.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Bas les pattes, le vieux, tu n’es plus en état.&lt;br /&gt;- Je ne suis pas si vieux.&lt;br /&gt;- Tu as des cheveux blancs.&lt;br /&gt;- Oh…&lt;br /&gt;- Que va-t-on faire maintenant ?&lt;br /&gt;- On continue, vers le sud. Les dieux nous guident, sinon je n’aurais pas gagné aujourd’hui. On la trouvera bien cette vierge sanglante.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle sourit.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Si je n’étais pas si au courant de tes ébats, je pourrais croire que c’est toi.&lt;br /&gt;- J’ai si mauvaise mine ?&lt;br /&gt;- Terrible, on croirait voir un bouc mangé par les loups.&lt;/em&gt; Dit-elle en l’embrassant. Une larme lui coula sur la joue.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu pleures ?&lt;br /&gt;- De te voir en vie, vieux fou.&lt;br /&gt;- Ma femm…&lt;br /&gt;- Shhhh.&lt;/em&gt; Elle lui posa un doigt sur les lèvres et puis le monta.&lt;br /&gt;Jamais il n’aurait cru avoir encore de l’énergie pour ça et pourtant, il n’était pas sûr de savoir lequel des deux fatiguait le plus l’autre lors de cette chevauchée sauvage. Il s’endormit juste après d’un sommeil sans rêve et les morts le laissèrent tranquille.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-8285519865035920568?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/8285519865035920568/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=8285519865035920568' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8285519865035920568'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8285519865035920568'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-26-arnulf-lapin.html' title='Le Vengeur - Chapitre 26. Arnulf &quot;Lapin-Tordu&quot; - Le duel'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwkawOdMvQI/AAAAAAAAAIQ/hjt3WMtv-vU/s72-c/Erlend.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2230314308962079758</id><published>2007-10-06T19:17:00.000+01:00</published><updated>2007-10-07T16:36:48.190+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 25. Guylhom - Réveil difficile</title><content type='html'>Petit à petit on s'en approche de la fin, beaucoup de choses à caser en un seul chapitre. Difficulté aussi de mettre ensemble tout ces petits bout de textes écrits au fil des trajets. De plus en plus de liaisons entre les personnages aussi ce qui complexifie l'écriture des chapitres, ne pas trop en dire et ne pas oublier que tout ce qui s'y passe n'influence plus seulement un seul point de vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Cultus Ferox - Sarah&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXV. Guylhom - Réveil difficile&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Mère ?&lt;br /&gt;- Guylhom, accroche toi mon enfant.&lt;br /&gt;- Je ne suis pas fait pour ça mère. Je veux rentrer. Où es-tu ?&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Guylhom ne la voyait pas mais il sentait sa présence.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu ne le peux mon fils. Tu ne m’appartiens plus, tu as une mission à accomplir.&lt;br /&gt;- S’il te plait mère, tu me manques tant.&lt;br /&gt;- Il te faut encore souffrir mon fils, j’en suis désolée, crois le bien.&lt;br /&gt;- Mère, aide moi !&lt;br /&gt;- mon petit…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il savait qu’elle pleurait et il aurait pleuré aussi si ça ne faisait pas aussi mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La douleur, jamais il n’en avait connu de si forte. Elle tambourinait à ses tempes. Où peut-être était-ce la musique Burganne. «&lt;em&gt; Musique ?&lt;/em&gt; » C’est un bien grand mot pour ce vacarme assourdissant qui les accompagnait du matin jusqu’au soir : des tambours, des trompes, des fluttes et les saints seuls savaient quoi encore. N’arrêtaient-ils donc jamais ? Pas un instant de repos, il commençait à haïr les burgans même la nuit les gardes trouvaient encore le moyen de jouer d’un instrument. Des semaines qu’il était couché maintenant, les bras toujours liés dans le dos, officiellement pour l’empêcher de se gratter le visage mais il était et restait un prisonnier même si son visage le grattait en effet atrocement. Le réveil avait pourtant été beaucoup plus difficile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il hurlait et riait comme un dément quand il n’en pouvait plus de hurler. Et Bam et Bam et Bam que continuaient les tambours à l’extérieur ou peut-être était-ce sa tête qui allait éclater. Son esprit embrumé n’était même plus sûr que c’était bien lui qui criait. Peut-être était-ce un autre blessé. Il n’arrêtait pas et il voulu lui crier de la fermer mais il n’arrivait pas à parler. Il avait un mal de chien, sa bouche se remplissait sans cesse d’un liquide chaud et ferreux. «&lt;em&gt; TA GUEULE !&lt;/em&gt; » mais il ne fit que le penser entre deux sursauts de douleur. On le maintenait sur place mais il ne voyait pas qui, peut-être était-il simplement trop faible ? Une voix grinçante et forte s’imposa pourtant.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Sors de là imbécile, tu as assez fait de dégâts comme ça !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La forme entra et en poussa une autre avant de se mettre à chanter. Pendant ce temps l’autre criard ne fermait pas sa gueule. Qu’ils l’achèvent au nom des Saints !&lt;br /&gt;Il avait chaud ou plutôt froid, il ne savait plus, son corps grelottait il en était certain. Ce que ça faisait mal, sa tête surtout, il l’aurait jurée prête à éclater, ça tambourinait et pulsait. Peut-être étaient ce ces maudits sauvages et leur musique.&lt;br /&gt;Pourquoi faisait-il si noir ? Un homme près de lui s’étrangla « &lt;em&gt;C’est impossible !&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;La voix grinçante répondit :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Les dieux seuls décident de ce qui est possible ou pas. Ce qui semble vraiment impossible c’est d’être aussi pâle que toi. Sors d’ici avant que je ne nettoie la plaie, ça va être pire&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;L’homme ne se le fit pas dire deux fois. De quelle plaie parlait-elle ? Parlait-on de lui ou de l’autre ?&lt;br /&gt;Il y’avait-il seulement un autre ? En tout cas il était temps qu’on s’occupe de lui. Il tenta de grimacer mais la douleur le fit s’évanouir. Il se réveilla et la vieille chantait toujours. Comme s’il avait besoin de ça. Il voulu lui intimer de se taire mais n’arriva pas à produire un seul son.&lt;br /&gt;Il se réveilla ainsi plusieurs fois avant de retomber inconscient. Il avait l’impression d’avoir moins mal ou peut-être s’y était-il simplement habitué. Un moment il réalisa qu’on lui mettait un bandage autour de la tête, ça le démangeait et il voulu se débattre mais assommé par la douleur il s’endormit pour de bon cette fois-ci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’était réveillé bien plus tard, il n’aurait su dire combien de temps avait passé mais la faim le tenaillait. La vieille était revenue et avait tenté de lui faire boire de l’eau. Il n’avait pas réussi à articuler un seul mot et pour dire quoi ? Merci de m’avoir amoché mais gardé en vie ?&lt;br /&gt;Il était aphone, la voix éraillée, cassée d’avoir trop crié. Il avait fallu plusieurs visites pour qu’elle lui donne enfin de la soupe. Elle lui changeait aussi les bandages, ceux qu’elle retirait étaient rouge sang et seul l’horrible sensation de déchirement lorsqu’elle les décollait de son visage lui confirmait que c’étaient bien les siens. Il ne savait pas vraiment où il était, elle était burganne, il en était certain mais il n’arrivait pas à bien la voir, il faisait si sombre ici. De plus elle ne parlait plus comme si les paroles lui coûtaient trop. Un matin c’est un homme qui entra, il était grand et fort, sa barbe fournie lui donnait un air féroce. Il mit genou en terre, voulu dire quelque chose mais s’étrangla et se mit à pleurer. La scène était tellement improbable que Guylhom crut l’avoir rêvée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il réalisa qu’il était aveugle mais il avait gardé cette capacité de vision secondaire par il ne savait quel prodige. Il savait qu’une plaie lui barrait les yeux les yeux et le nez, il n’avait pas encore pu la toucher mais il avait senti d’autres le faire. Le simple fait de marcher encore semblait être un miracle en soi. Les Burgans avaient fini par lui rendre son armure. Leurs efforts grossiers n’avaient pu enlever les traces de coups qui en ternissaient l’éclat ni les morceaux manquants sur le gorgerin. Son regard parcourait le métal écorché en se demandant comment quiconque pouvait survivre à de tels coups. Saint Royan devait vraiment être à ses côtés. Par contre, il avait été épargné par les remarques sarcastiques de Hedera, peut-être sa blessure l’avait elle guéri de sa folie. L’homme blond entra et s’assit en tailleur, il observa Guylhom d’un air hésitant.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Moi Ah nuf.&lt;/em&gt; L’homme tentait vaille que vaille de s’exprimer dans un liudmarkien plus que rudimentaire.&lt;br /&gt;Son accent était terrible et Guylhom ne put s’empêcher de lui répondre en Burgans bien qu’il n’avait aucune idée de la façon dont il avait apprise la langue.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je comprends votre dialecte, Arnulf&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;L’homme ne semble pas surpris, juste fatigué.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Je dois vous avouer quelque chose à une heure où mon nom que je considérais comme ridicule risque de changer pour pire. Certains m’appellent déjà Arnulf le trop fier, Arnulf le mou, Arnulf le déclin. Je ne dois le pardon de mon peuple qu’à votre survie. Je vous offre donc ma vie en retour, mais avant j’aimerais que vous m’écoutiez.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom n’avait pas vraiment le choix et cette longue période alité l’avait rendu avide de compagnie.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Les dieux m’ont parlé. Ne faites pas cette tête là, ils ont fait plus que vous parler à vous pour que vous surviviez à ces coups de haches. Peu importe comment vous les appelez ou les mystères qui les entourent, terre qui gronde se réveille et les dieux veulent que je l’apaise.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom bougea nerveusement, il ne savait pas exactement ce qui s’était passé et n’était pas certain de vouloir le savoir. Reste qu’il trouvait ça gonflé de la part de ce sauvage de parler théologie alors qu’il voyait probablement encore un acte divin à chaque coup de tonnerre dans le ciel.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;La survie des Burgans et peut-être de votre propre peuple est en jeu. Une armée a marché sur nos terres, tuant tout sur son passage. Des hommes comme vous !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Aelor ? vous avez vu Aelor ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme se tendit un instant et porta la main à une courte hache qui pendait à son côté avant de se raviser.&lt;br /&gt;- Vu ? Non, mais beaucoup des miens sont morts pour stopper son avance. Tant de morts pour rien, il a atteint son but maintenant et il ne nous reste plus beaucoup de temps.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Son but quel but? Et puis pourquoi dites vous nous ? Qu’ais-je à voir dans tout ça ?&lt;br /&gt;- Les dieux m’ont dit de trouver le chevalier scintillant.&lt;br /&gt;- Et vous pensez que je suis ce…chevalier scintillant ? Tout ça à cause de l’armure ?&lt;br /&gt;- Il n’y a manifestement pas que l’armure. Vous avez tué près de dix burgans à vous seul et vous survivez à trois coups de hache en plein visage.&lt;br /&gt;- Peu importe ce que vous croyez, je ne suis plus en état de faire grand-chose maintenant. Qu’est-ce qu’Aelor à avoir dans vos histoires de fin du monde ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je n’en suis pas sûr, les chamans disent qu’il cherche à abattre nos dieux ou à prendre leur place. En tout cas il combat Terre-Qui-Gronde et il nous faut pouvoir l’arrêter avant le prochain solstice d’hiver.&lt;br /&gt;- Votre charabia mystique me donne mal au crâne, qui est Terre-Qui-Gronde, à quel dieu correspond t’il ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ce n’est pas un dieu, c’est un lieu, le berceau des dieux, le jardin originel. Un lieu sacré, interdit aux mortels.&lt;br /&gt;- L’Au-delà ? Ce n’est qu’une forêt sinistre ? Les écrits sont formels.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme releva la tête, une grimaçe lui déformant le visage :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous voulez vraiment aller vérifier par vous-même ?&lt;br /&gt;- Je suppose que non, mais vous, vous vous dirigez vers le sud pourquoi ? Pourquoi nous attaquer alors que vous avez soi-disant une mission divine pour contrer une menace dans le nord ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Je vous l’ai déjà dit, sudiste, je devais vous trouver. Je n’ai réalisé qu’en plein combat qui vous étiez, il était trop tard pour…pour vous. Et ma quête ne s’achève pas là.&lt;br /&gt;- Que vous on dit les dieux à propos de moi ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme souffla :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Rien de bien utile, les dieux semblent se moquer de nous. Nous ne sommes que des jouets entre leurs mains. Tout ce que je sais c’est que je dois encore trouver la vierge sanglante.&lt;br /&gt;- Est-ce que ça a une signification particulière ? Je veux dire des vierges ce n’est pas si difficile à trouver si ?&lt;br /&gt;- Vous ne comprenez pas, c’est une mission divine, je dois trouver des gens marqués par les dieux eux-mêmes. Des êtres hors du commun. De simples mortels ne pourront vaincre Aelor.&lt;br /&gt;- Vous ne croyez tout de même pas aux histoires de magies et…&lt;br /&gt;- ….et d’immortels ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Arnulf le regardait maintenant droit dans les yeux. Guylhom déglutit.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;C’est impossible…&lt;br /&gt;- Les règles de ce monde sont malmenées. Je préférerais mille fois ignorer tout de cela et rester auprès de mes enfants.&lt;br /&gt;- Que comptez vous faire alors ?&lt;br /&gt;- Je ne sais pas. Mon autorité est contestée, laissez vivre des ennemis n’est pas une habitude burganne, certains y voient un signe de faiblesse, je dois d’abord régler ce problème. J’avais espéré que vous connaîtriez la vierge sanglante.&lt;br /&gt;- Mes hommes ?&lt;br /&gt;- Tout ceux qui vous accompagnaient sont festoient en compagnie des dieux, les autres ont fuit avant notre arrivée. Ils ont rejoint des troupes plus conséquentes et nous harcèlent sans cesse. Peut-être pourriez-vous leur parler ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom secoua la tête.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je n’ai aucune autorité sur ces hommes. Comment puis-je leur demander de vous considérer en ami alors que vous avez massacré tant des leurs pendant des décennies ? Comment faire prévaloir mon statut clérical alors que j’ai manifestement été vaincu ? Je ne peux pas je suis désolé.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme blond se leva et sortit un long poignard d’une gaine accrochée à sa cuisse. Guylhom eut un mouvement de recul mais il se contenta de défaire ses liens.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous vous sentirez mieux ainsi, mais faites attention, Wilema m’a dit que si elle vous voyait vous gratter les cicatrices une seule fois ellle vous saucissonnait à nouveau jusqu’à la fin du monde.&lt;br /&gt;- La vieille qui m’a soignée ?&lt;/em&gt; demanda-t’il en se massant les poignets.&lt;br /&gt;L’homme rit.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Evitez de l’appelez ainsi devant elle si vous tenez à la vie. Wilema Rêve-qui-mord est la chamane de la tribu des Lions et je suis sûr qu’elle trouvera un moyen de mettre fin à votre immortalité.&lt;br /&gt;- Ce n’est pas prouvé, je ne suis pas le premier à survivre à une blessure à la tête.&lt;br /&gt;- Trois blessures à la tête, de plus vous avez une cicatrice d’épée sur le plexus.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Par réflexe, Guylhom, toucha l’endroit, il se sentait si vulnérable face aux Burgans. Connaissaient-ils tout de lui ?&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous êtes libre d’allez où vous voulez, mais évitez de vous éloigner du camp. Les hommes de fer rodent. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme le salua d’un regard intense avant de sortir. Il profita donc de l’occasion, revêtit son armure et sortit pour la première fois depuis une éternité. Quel choc, des hommes et des femmes à moitiés nus, des animaux exotiques en pâtures. Le paysage ne lui était pas familier, la plaine était morne, de rares touffes d’herbes grises marquaient le sol tous les quelques pas, au loin le terrain se faisait plus spongieux et les flaques y étaient nombreuses. Il déambula pendant plus d’une heure dans le camp, les hommes le regardaient bizarrement et ne répondaient pas à ses signes de têtes polis.&lt;br /&gt;Il découvrit alors d’autres prisonniers, quelques centaines de civils étaient parqués dans un enclot. Il s’approcha pour mieux les observer, les gardes ne l’en empêchèrent pas. La plupart des prisonniers semblaient abattus, crasseux et portaient des morceaux d’armure disparate. « &lt;em&gt;Des hommes d’une milice ou des brigands&lt;/em&gt;. » pensa-t’il. Dès qu’ils le virent, ils s’approchèrent et demandèrent son aide et sa bénédiction. Certains hésitaient en regardant son visage mais la plupart semblaient soulagés d’apercevoir un chevalier de Saint Royan, un personnage public vers qui se tourner. Les gardes Burgans s’approchèrent sur le qui vive, prêt à calmer l’agitation. Guylhom les apaisa d’un geste sans même penser qu’ils n’avaient pas à l’écouter. Il réalisa vite que les deux groupes ne se comprenaient pas. Les prisonniers ne savaient pas ce qui les attendait et les gardiens ne savaient pas si ces hommes et femmes représentaient une vraie menace. Un homme, maigre, de grande taille, les cheveux mi-longs, lui tombant dans les yeux s’approcha. C’était apparemment le chef de la bande, deux femmes et un homme l’accompagnait, aucun n’avait l’air commode même si les femmes avaient un certain charme. « &lt;em&gt;Surtout la plus jeune &lt;/em&gt;» pensa-t’il.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Prisonnier ? demanda l’homme sans ambage.&lt;br /&gt;- Je suis Guylhom de Liudmark, chevalier immaculé de…&lt;br /&gt;- Ouais pas la peine de faire des courbettes, on voit à cent mètres qui vous êtes&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Guylhom avait du mal à comprendre l’hostilité de l’homme mais il décida d’essayer de rassurer les autres qui écoutaient.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Les burgans ne vous veulent aucun mal, ils sont à la rech…&lt;br /&gt;- Comme ils vous ont pas fait de mal à vous ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom tiqua et se tourna vers l’homme :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous êtes ?&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La jeune fille rousse s’approcha et lui posa une main dans le dos avant de s’adresser à Guylhom.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ne lui en veuillez pas messire, Saymar est d’humeur exécrable depuis qu’on est prisonnier.&lt;br /&gt;- Mon humeur ? Mais de quoi tu te mêles ?&lt;br /&gt;- Je ne vous connais pas, je ne sais pas comment vous êtes arrivé entre les mains burgannes ni ce que vous avez dû traverser. Je propose juste de faire office d’interprète pour que vos conditions de vie s’améliorent. Peut-être vous consentiront-ils même à vous laisser partir ?&lt;br /&gt;- Dans les bras de ces connards de liudmarkiens ? Non merci.&lt;br /&gt;- Vous combattez les liudmarkiens ? pourquoi ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Un homme portant un grande balafre répondit :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ces salauds ont enlevé la princesse Orlamund.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar leva un sourcil d’un air désabusé mais ne dit rien.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Mon père m’a garantis qu’il n’avait rien à voir là dedans.&lt;br /&gt;- Vous êtes le fils de cette ordure ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar avait déjà sorti un couteau et le pointait sur la gorge de Guylhom.&lt;br /&gt;Ce qu’il vit dans les yeux de l’homme le glaça, un brin de folie mais surtout une détermination farouche et un dédain total de la vie.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Arrêtez. Je viens en ami…&lt;br /&gt;- J’ai assez d’amis comme ça, merci.&lt;br /&gt;- C’est pas mon cas, apparemment.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme le regarda d’un air soudainement amusé et relâcha un peu la pression de sa lame.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tiens, les prêtres ont peur de la solitude maintenant, on aura tout vu. C’est quoi votre histoire ?&lt;br /&gt;- Ça va être long à raconter.&lt;br /&gt;- Mouais, rejoignez nous ce soir avec quelque chose à boire et pas de la pisse de chat ! On se racontera p’têt nos malheurs.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il se détourna comme s’il ne s’était rien passé. Les autres souriaient, l’homme n’était soit pas aussi dur qu’il en avait l’air ou ce genre d’éclats étaient communs par ici.&lt;br /&gt;Guylhom se demanda un instant s’il allait apprendre quelque chose d’intéressant ce soir, avaient-ils un rapport avec Aelor eux aussi ? Qui sait ? Il partit à la recherche d’un alcool qui délierait les langues.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2230314308962079758?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2230314308962079758/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2230314308962079758' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2230314308962079758'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2230314308962079758'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-25-guylhom-rveil.html' title='Le Vengeur - Chapitre 25. Guylhom - Réveil difficile'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-6484124839632059325</id><published>2007-10-04T10:45:00.000+01:00</published><updated>2007-10-04T10:55:04.539+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 24. Orlamund - Pourparlers</title><content type='html'>Un chapitre écrit petit bout par petit bout selon le temps disponible. La fin a longtemps été mise en balance, il me fallait être certain de l'agencement de mes derniers chapitres, plus la fin approche plus je dois être prudent et plus il est difficile de me laisser aller librement. &lt;br /&gt;Difficile aussi de ne pas tout écrire d'une traite sans avoir le texte sous les yeux (dans les transports par exemple) il me faut parfois réécrire une partie, réaranger le texte pour que tout soit lié convenablement. Je suppose que le chapitre gagnera en fluidité au fil des relectures, c'est donc un premier jet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Flour de Rose - La Filho Dou Ladre/Corvus Corax - La Filha Dou Ladre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXIV. Orlamund - Pourparlers&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Orlamund était assise sur un banc de pierre dans les jardins aux loups qui surplombaient la ville. Le soleil réchauffait sa peau blanche et elle ferma les yeux pour profiter de ses rayons. Elle ne se rappelait plus la dernière fois où elle avait été si calme et sereine. Elle pencha la tête en arrière, en appui sur ses bras, le soleil caressant son cou délicat. Des oiseaux sautillaient de branche en branche dans les buissons fleuris. Le printemps était là, enfin ! Elle sourit doucement alors qu’une douce brise venait la faire frissonner. &lt;br /&gt;Elle savourait cet instant de repos car elle se doutait qu’elle n’en aurait pas d’autre avant longtemps même si on était maintenant aux petits oignons pour elle. Elle avait droit à la plus belle demeure de toute la ville et les riches marchands et nobles qui n’avaient pas fuit la ville faisaient le pied de grue devant sa porte. Même les blessés étaient gênés de la voir maintenant. Il avait suffit de deux mots à l’ennemi pour bouleverser son quotidien.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Bienvenue princesse.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment avaient-ils su ? Elle n’en avait aucune idée mais aucun moyen de nier les faits ensuite, elle avait remarqué le visage de tout ses compagnons s’illuminer. Elle ne savait pas au juste si ça lui donnait un quelconque avantage pour les négociations. En fait, elle n’avait même pas voulu y prendre part mais ils avaient tous insisté, même le docteur Terius qui devait en avoir plus qu’assez que son assistante rende les blessés aussi anxieux et excités. Elle en voulait un peu au destin de la pousser vers l’avant et de ne jamais lui laisser une chance de vivre une vie normale.&lt;br /&gt;Une servante entra dans le jardin et elle soupira, s’attendant au retour à la dure réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prince Florian avait été affable mais ses yeux lui faisaient froid dans le dos. Il la dévorait du regard et on aurait cru que c’était lui qui l’avait convoquée. Elle l’avait observé attentivement, cherchant un indice qui indiquerait que c’était lui qui avait ordonné son enlèvement comme elle le pensait mais il n’avait visiblement pas l’intention d’en parler en public. A ses côtés se tenait une clique de nobles tout aussi bouffi d’orgueils les uns que les autres, elle en avait tellement l’habitude à la court de son père qu’elle aurait pu les reconnaître de loin. Plus surprenant, était la présence d’un jeune homme en armure qui la dévisageait d’un air candide et qui s’empourprait chaque fois qu’elle posait les yeux sur lui avec à ses côtés un beau blond qui correspondait presque parfaitement à l’image que se faisait Orlamund du beau prince qu’elle aurait dû épouser un jour.  Enfin ça c’était dans les contes. Cela lui rappela les chansons que lui chantait sa mère quand elle était jeune. Prise de mélancolie, elle se mit à chantonner :&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Moun paire m’a mandado au bos&lt;br /&gt;Dins lob os, poulit bos&lt;br /&gt;Ven à passar gai chivalier&lt;br /&gt;D’u poutoun l’a surprio&lt;br /&gt;Arrier Tiretz-vous chivalier …»&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se tressait les cheveux en chantant, une larme perlant au coin de l’œil. Sa mère lui manquait, toute sa famille en fait, son père aussi malgré ce qu’il lui avait fait. Elle savait qu’il l’aimait à sa façon mais elle savait aussi qu’elle n’aurait droit à aucune pitié de sa part, aucune circonstance atténuante. Peut-être pourrait-elle revenir et reprendre une vie normale ? Après tout elle était encore vierge d’une certaine façon.  Mais le roi lui serait-il prêt à prendre le risque de voir revenir une fille qui avait disparue plus d’un an et dont plus personne ne saurait se porter garant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle soupira et se leva alors que la servante attendait qu’elle lui fasse signe pour parler. Orlamund sentit tout le poids de la solitude. Elle n’avait pas d’amis ici, personne avec qui partager les choses et le fait d’avoir expérimenté un monde où elle n’était pas une princesse lui avait fait comprendre qu’elle avait toujours été seule, terriblement seule. La servante devait avoir le double de son âge, ridée, des cheveux abîmés et trop tirés en arrière commençait à devenir blancs, elle lui fit un signe de tête l’autorisant ainsi à parler.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Les préparatifs pour la rencontre sont terminés votre majesté. Le conseiller Jehan demande si vous voulez l’inspecter avant ce soir ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Déclinez l’invitation, dites lui bien que je lui fais toute confiance pour assurer ma sécurité.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle ne savait même pas qui était le conseiller Jehan. Elle n’avait pas vu un seul conseiller durant tout le siège et pourtant il semble que la ville en fut remplie s’il fallait croire tout ceux qui lui proposaient maintenant ses services. Elle ne craignait pas vraiment pour sa vie, elle espérait avoir adressé un message assez clair au prince Florian :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je vous invite à des pourparlers en terrain neutre dans une semaine. Des civils souffrent de votre attaque injustifiée et il est important de résoudre ce conflit de manière diplomatique.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Bien que votre statut de princesse semble accepté de tous, même si vous n’avez fourni aucune preuve, il est important de savoir si vous parlez au nom des Royaumes du Sud. Aux dernières nouvelles le roi Kylios est toujours vivant. &lt;/em&gt;Avait fait remarqué un noble liudmarkien d’un ton obséquieux.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Je parle au nom des citoyens de Pylos et ça devrait vous suffire.&lt;/em&gt; Répondit-elle d’un ton sec.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous savez que vous n’êtes pas en position de demander quoi que ce soit ?&lt;/em&gt;  Avait ajouté le prince.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous savez que vous ne vivez que parce que je vous y autorise.  &lt;/em&gt;Avait-elle répondu d’un ton faussement enjoué.&lt;br /&gt;Les hommes sur place étaient devenus livides, sauf le prince qui avait pris des couleurs un peu plus rouges sous la menace. Il ne leur était jamais venu à l’idée qu’elle puisse utiliser ses pouvoirs à distance. Elle n’était d’ailleurs pas sûre qu’elle le puisse mais l’important était qu’ils l’en croient capable.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Dans ce cas pourquoi ne pas l’avoir fait ? &lt;/em&gt;demanda l’homme blond un sourire en coin.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Peut-être parce que contrairement à certains ici, je privilégie le dialogue.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que voulez vous ?&lt;/em&gt; coupa le prince.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Comme je vous l’ai déjà dit, une zone neutre sera préparée à distance égale des remparts et de vos troupes et je pense qu’il serait dans l’intérêt des deux parties de venir y discuter d’un accord de paix. Il serait opportun de modérer votre attitude belliqueuse et de venir nous demander ce que vous voulez vraiment.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Florian de Liudmark n’avait pas l’habitude d’être mené par le bout du nez et ça se voyait, il tiqua plus d’une fois pendant son discours et il semblait réfléchir aux chances qui lui permettraient de l’éliminer tout de suite. &lt;br /&gt;Elle fit mine de partir et ajouta :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Oh vous n’êtes pas s’en savoir que mon père s’il me savait menacée par vos troupes se verrait obligé de vous déclarer la guerre. Il serait donc opportun que les bombardements cessent immédiatement. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle crut avoir fait une bourde car les hommes présents comprirent que Kylios Forcefer n’était pas encore au courant que sa fille était vivante.  Pourtant, il y’avait déjà eu trop de témoins pour que cela reste un secret bien longtemps et personne n’eut le courage de donner l’ordre d’exterminer une mission pacifique menée par une princesse. A juste titre probablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour convenu, la délégation de Pylos était prête devant les portes principales. La population était venue en nombre assister à un moment qu’ils savaient historique. Les riches marchants avaient mis leurs plus beaux atours. Orlamund menait la procession dans sa robe de satin rouge, le capitaine Jean à ses côtés. Celui-ci était probablement le seul homme qui ne l’accompagnait pas pour son profit personnel, tous les autres se targuaient de défendre des domaines qu’ils devaient à peine connaître. L’un le commerce maritime, l’autre les importations, le troisième la trésorerie et ainsi de suite, même le représentant du peuple ne donnait pas l’impression d’avoir jamais rendu visite aux bas quartiers.&lt;br /&gt;Elle aurait dû être plus attentive quant à la composition de cette délégation mais on ne lui en avait pas vraiment laissé l’occasion. Ils arrivèrent à la tente les premiers, le prince Florian et ses suivants se faisant attendre comme tout monarque qui se respecte. Orlamund enrageait déjà et les salutations furent froides mais elle fut surtout surprise lorsqu’on lui présenta le jeune capitaine qu’elle avait aperçu une semaine plus tôt. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Voici le capitaine Thibaut Montfaucon&lt;br /&gt;- Montfaucon ? Ce sont des vassaux du Sud non ?&lt;br /&gt;- Ils l’étaient en effet.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Que s’était-il donc passé pour que les choses aient tant changé dans le Sud ? Le jeune homme avait-il rejoint le Liudmark avec toute sa famille. D’autres familles avaient elles trahis son père ?&lt;br /&gt;C’était une mauvaise nouvelle et pourtant tout alla de mal en pis. Alors qu’elle espérait pouvoir faire lever le siège contre un simple accord commercial ou même en brandissant la menace des armées de son père, les Liudmarkiens s’étaient révélés plus gourmands que raisonnables. Ils demandaient l’implantation d’une force d’occupation à Pylos et sur la côte, officiellement, afin de contrôler l’acheminement de l’acier en provenance des îles d’été. De plus, ils avaient le culot de demander réparation pécuniaire pour les pertes subies pendant les assauts. Orlamund n’en pouvait plus, se leva et déclara d’une voix froide:&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous semblez prendre mieux vos aises à table que sur un champ de bataille. Il serait peut-être opportun de rappeler que vous êtes les offenseurs ici.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le silence se fit à cette déclaration hostile et le prince se leva, rougeaud.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je suis sûre qu’une princesse étr-an-gè-re aura quelque chose à proposer qui ravira les deux parties. Votre famille est tellement riche qu’elle pourra sûrement se charger de cette petite participation pour la paix…&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme blond, un certain Roland, qui accompagnait Montfaucon était en train de se curer les ongles avec un couteau comme si tout ça ne l’intéressait pas, pourtant il releva la tête et lança nonchalamment.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;La princesse préférerait peut-être un….engagement durable afin de garantir la paix&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle ne l’avait pas vu venir mais elle était certaine que l’homme avait prévu son intervention de longue date. Elle le foudroya du regard prêt à riposter mais le prince la devança avec un sourire mauvais.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Il est certain que la maison de Liudmark est honorée par cette proposition d’alliance entre nos deux familles. Je suis impressionné par ce don de votre personne afin d’éviter de lourdes taxes au peuple de Pylos qui a déjà trop souffert. Je suis sûr que votre père sera plus qu’heureux d’avoir tant de bonnes nouvelles en si peu de temps.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous êtes un pourceau.&lt;/em&gt; Murmura-t’elle.&lt;br /&gt;Seulement le mal était fait, la majorité de sa propre délégation considérait déjà cette idée de mariage comme la meilleure solution qui leur éviterait de débourser un seul sou et encore mieux de ne pas lever de nouvelles taxes contre un peuple déjà durement touché. Ils allaient rentrer plus populaire que jamais et tourner l’affaire à leur avantage pour que le peuple se réjouisse d’une telle fête oubliant ainsi ses déboires. On ne lui demanda pas son avis, malgré tout ce qu’elle avait fait car au final, elle n’était qu’une femme. Ils s’attendaient à ce qu’elle accepte sans broncher pour sauvegarder une bonne entente entre les deux peuples qui allait garantir une rentrée d’argent conséquente pour toutes les personnes présentes.&lt;br /&gt;Elle regarda les hommes autours d’elle et plus loin, les soldats de l’armée liudmarkienne, des hommes et encore des hommes, ils devaient avoir des familles eux aussi. Ils semblaient fatigués et inquiets. Qu’avaient-ils à faire de cette guerre ? La paix ne serait-elle pas plus intéressante pour tous ? Même pour elle, si Florian de Liudmark ne correspondait pas vraiment à son idéal chevaleresque elle pouvait rencontrer pire, son père aurait pu la marier à un vieillard noble et le prince aurait tout autant pu exiger qu’elle soit brûlée pour sorcellerie. Elle même n’était pas certaine que son don vienne d’un des Saints, peut-être était-elle vraiment marquée par le dieu cornu. &lt;br /&gt;Restait que si ses soupçons étaient justifiés, le prince était loin d’être quelqu’un de très recommandable et elle frissonnait à l’idée qu’il puisse la toucher. Depuis que Devian l’avait « violée » elle ne supportait plus le contact physique d’un homme mais au final l’enjeu n’était pas vraiment là.&lt;br /&gt;Elle réfléchissait à toute vitesse, Pylos était ce qui pouvait se rapprocher aujourd’hui le plus de sa maison et on cherchait à l’en éloigner. En temps de paix elle devenait gênante, trop aimée du peuple, trop puissante et indépendante pour être facilement écartée du pouvoir, trop jeune et nouvelle dans la région pour qu’on sache ce qu’elle planifiait et si elle était une menace ou non. Pour certains conseillers de Pylos elle devait être aussi menaçante que l’armée au-delà des murs. Elle supportait ces nantis de moins en moins, n’y avait-il personne ici qui pensait au peuple ou à ce qu’elle avait envie elle ? Il fallait trouver un autre moyen pour sortir de cette impasse.&lt;br /&gt;Son père ne devait pas encore être au courant de la situation sur place, elle ne pouvait espérer de renforts et la ville n’était pas en état de survivre à d’autres semaines de siège même avec son aide. &lt;br /&gt;Elle observa les nobles liudmarkiens autour de la table, habillé de satin et de soieries, couverts de pierres précieuses, un garde du corps portant leur couleur dans le dos. Même le jeune traître avait un garde du corps, une sorte de montagne de muscle imposante, le jeune homme semblait tellement gêné  en sa présence qu’il était incapable de la regarder. Au final, seul l’homme blond, Roland, dénotait ici qu’est-ce qu’un roturier comme lui faisait parmi les grands ? Elle commença à penser que si elle arrivait à éliminer toute la clique en face d’elle, l’armée ennemie se retrouverait sans commandement. &lt;br /&gt;Elle fit un signe au capitaine Jean qui se pencha pour écouter ce qu’elle avait à dire. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Protège mon corps, quel qu’en soit le prix, prends tous les hommes et ramène-le à la ville quand j’aurai fini. &lt;/em&gt;Chuchota-t’elle.&lt;br /&gt;Il hésita, « tous les hommes » voulaient dire les gardes du corps des autres conseillers aussi, laissant ceux-ci sans défense mais il lui était suffisamment fidèle pour obéir. Il fit un signe de tête discret et se remit en position derrière elle.&lt;br /&gt;Elle laisse son être immatériel couler hors d’elle, pour la première fois cette séparation n’était pas due à la colère ou à la douleur mais à une simple volonté de sa part.&lt;br /&gt;Elle voleta de banneret en banneret, serrant le cœur des premiers jusqu’à arrêt total, ceux-ci hoquetèrent et s’écroulèrent. Etant en bout de table, les gardes crurent d’abord à des malaises mais lorsque la tête du troisième cogna la table raide mort, ils comprirent. Elle trancha alors du plat de la main, accélérant la besogne, écartant les chairs comme une épée dans du beurre. Les hommes tombèrent comme des mouches en criant. Elle mit fin à de nombreuses existence alors que dans son dos Jean criait :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Pour la princesse ! Que le sang coule à flot.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Roland fut le premier à se lever et à organiser les troupes. Les autres nobles courraient pour leur vie, les gardes du corps hésitaient entre fuir ou rester pour combattre cet ennemi invisible. Ils commencèrent à éloigner le prince, le jeune capitaine se chargeant de sa protection alors que les autres s’égaillaient. Roland attrapa un soldat par le col et lui indiqua les miliciens de Pylos en cercle autour de son corps. Les conseillers de la ville criaient, certains appelaient à la fin du massacre, d’autres restaient ahuris sur leur chaise à regarder le carnage, elle en vit même un s’enfuir vers la ville en retroussant ses robes.&lt;br /&gt;Elle voulu rattraper le prince mais il était trop loin, elle n’arrivait pas à l’atteindre.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;JEAN ! Je t’en supplie, porte moi plus près. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle l’implorait silencieusement et se mit à crier de toutes ses forces, lançant une onde froide vers son protecteur. L’homme sembla la regarder un instant droit dans les yeux et déglutit avant de lancer à ses hommes :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Portez là, suivez moi ! &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Et ils partirent courageusement à la rencontre de l’ennemi. Des soldats liudmarkiens commençaient à affluer bien que la plupart restait indécis, trop craintifs pour combattre de la sorcellerie avec de l’acier.&lt;br /&gt;D’un bond en avant, elle attrapa le prince, elle eut l’impression d’agripper son doux vêtement de soie mais peut-être était-ce sa peau même. Elle tira d’un coup sec en arrière. Le pourceau avait beau être gros il fut balloté comme une vulgaire brindille. Les hommes qui l’accompagnaient se retournèrent dans tous les sens, cherchant l’assaillant sans succès.&lt;br /&gt;Elle cria toute sa frustration :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Crève charogne !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les yeux de l’homme s’écarquillèrent et son visage se liquéfia, sa peau glissa dévoilant l’os. Il criait bien sûr et la plupart des spectateurs le regardaient impuissants alors qu’il se faisait tailler en pièce.&lt;br /&gt;Elle riait et pleurait en même temps, elle jubilait autant qu’elle se dégoûtait elle même de tant de sauvagerie. Se retournant elle vit que ses hommes bataillaient ferme, plusieurs avaient déjà donné leur vie contre l’ennemi et ils ne tiendraient plus longtemps. Les conseillers survivants, eux, prenaient leurs jambes à leur cou, certains se faisant épingler en pleine course par des arbalétriers. Tant mieux, que ces opportunistes crèvent aussi ça leur donnerait une leçon. Elle se remit à la tâche, il était temps de sauver Jean et ses hommes.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-6484124839632059325?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/6484124839632059325/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=6484124839632059325' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/6484124839632059325'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/6484124839632059325'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/10/le-vengeur-chapitre-24-orlamund.html' title='Le Vengeur - Chapitre 24. Orlamund - Pourparlers'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2475912953815456227</id><published>2007-09-21T20:37:00.000+01:00</published><updated>2007-10-07T15:56:58.239+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 23. Saymar - Retraite</title><content type='html'>Un chapitre écrit sous l'inspiration il y'a une semaine. Ecrit pendant un trajet de tram sur une feuille de papier comme je le fais de plus en plus souvent. C'est l'horreur à réécrire mais au moins j'avance.&lt;br /&gt;Il y'a encore un travail de cohérence à faire notament concernant le nombre de soldats mais le premier jet est là.&lt;br /&gt;J'aime à penser que la relation que Saymar et Anna entretiennent dans ce chapître est sincère et j'espère que ça passe à la lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Cultus Ferox - Aufbruch (tanzmix)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXIII. Saymar - Retraite&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Bande de bigleux&lt;/em&gt; » qu’il avait traité les éclaireurs lorsqu’il s’était avéré qu’ils avaient eu tort et pas qu’un peu. Reste qu’il aurait mieux valu qu’ils le soient.&lt;br /&gt;Ce n’était pas vint-cinq mille hommes qui avançaient mais à peine cinq mille. Le lieutenant Frihan n’avait rien trouvé de mieux que de sonner la charge. Les « soldats de la princesse », forts de leur supériorité numérique, avaient donc quitté les palissades et couru sus à l’ennemi. Saymar avait lancé un contre-ordre mais il était déjà trop tard. Seul un petit groupe était resté auprès de lui, quelques centaines tout au plus. Ses hommes n’avait pas tenu la formation plus de vingt pas, cassant les formations pour lesquelles ils s’étaient entraînés si durement ces derniers mois. Les vétérans restaient en place mais de là où Saymar se trouvait on avait l’impression d’un gros chaos avec la moitié des hommes dévalant la colline, l’autre marchant en petits groupes. De façon assez prévisible, ils se firent hacher menu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les liudmarkiens étaient des combattants formidables. Ils n’avaient pas bronché en voyant la horde humaine qui leur déferlait dessus. La première ligne avait aligné de grand boucliers ronds, les collants l’un à l’autre. Ils les tenaient fermement à deux mains, se déplaçant de guingois, l’épaule bien calée sous le haut de l’armature. Pliés derrière leurs murs protecteurs, on avait presque l’impression de voir l’horizon approcher. Mais ce n’était pas tant cette première ligne qui posait problème mais bien les suivantes, armées de lances de près de douze mètres de long. Avant d’atteindre le mur de bouclier, un assaillant devait d’abord traverser un vrai champ de pointes. Les piquiers tenaient leur arme à deux mains, balançant celle-ci dans un mouvement avant arrière rythmé par les tambours. Du point de vue de Saymar, ce balancier mortel était fascinant.&lt;br /&gt;De près, ce devait être encore plus impressionnant, les premiers « soldats de la princesse » stoppèrent net leur avancée stupide, pas les autres. Une bousculade s’ensuivit, poussant des malheureux dans le piège mortel de l’ennemi. Les piques rentrèrent dans les hommes comme dans du beurre et en sortirent rougies de sang. La moitié des hommes cherchaient à faire demi-tour, l’autre à se battre, ce fut un vrai carnage. Les troupes aguerries arrivèrent enfin au contact, bousculés, malmenés, ils s’en tiraient mieux mais pas suffisamment bien pour renverser le cours de la bataille. Ils atteignirent les défenses ennemies grâce à leurs petits boucliers incurvés et à leurs épées courtes qui permettaient d’écarter les hampes. Mais l’ennemi avait plus d’un tour dans son sac ou plutôt plus d’une arme dans sa besace. De dessous les boucliers sortirent des lames courbes qui s’attaquèrent aux jambes des assaillants. Les cadavres s’amoncelaient et Saymar avait ordonné l’ordre de retraite bien avant que les cavaliers léger du Liudmark ne fassent leur apparition scellant le sort de la bataille. Il doutait que l’ennemi eut à compter beaucoup de victimes. Il se retourna vers ses hommes et femmes qui l’observaient plein d’espoir et dit simplement :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- On se casse !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était il y’a quelques jours déjà. La cavalerie légère les harcelait, empêchant toute fuite vers le sud.&lt;br /&gt;Les fuyards isolés étaient abattus sans merci et Saymar commençait à se douter qu’ils cherchaient à les acculer. Ce serait une victoire tellement plus douce pour Frederik de Liudmark que d’arriver à capturer et à faire pendre plusieurs centaines de « brigands », de quoi remonter sa popularité auprès du peuple.&lt;br /&gt;Pourtant Saymar souriait, cet imbécile de Laurent avait été parmi les premiers à tomber et Anna ne semblait pas plus abattue que ça. Elle et les femmes soldats, « les Franches » comme elles se plaisaient à se nommer maintenant, étaient restées près de lui. C’était probablement ce qui les avait tous sauvés. La plupart étant trop frêles pour porter une épée étaient équipées d’arc. L’ennemi n’était pas assez fou pour avancer sous une pluie de flèche alors qu’il suffisait d’être patient pour attraper sa proie.&lt;br /&gt;Anna était maintenant seconde des Franches, son éducation, sa hargne et son ton autoritaire avait joué en sa faveur surtout que tous savait que Saymar l’avait prise en affection « &lt;em&gt;comme sa propre fille&lt;/em&gt; » qu’ils disaient. «&lt;em&gt; Bande de cons !&lt;/em&gt; » Ils semblaient tous voir en lui quelqu’un qui n’existait pas et ça l’emmerdait. «&lt;em&gt; p’têt pour ça que j’aime s’te salope. Au moins elle, elle me déteste.&lt;/em&gt; » marmonna-t’il.&lt;br /&gt;Comme souvent chez les femmes, il y’avait une certaine rivalité au sein de leur groupe mais le plaisir que celles-ci avaient à humilier les hommes semblaient suffire pour l’instant à les garder soudées. Saymar s’en foutait, qu’elles aient des nichons ou pas tant qu’elles savaient se battre.&lt;br /&gt;Il se demanda si le général Mark s’en était sorti. Il ne l’avait pas vu suite à la débandade et se demandait pourquoi il avait laissé son officier ordonner une charge aussi débile alors qu’ils étaient censés être des soldats aguerris. Un homme comme lui aurait dû sentir le vent tourner bien avant l’issue de la bataille. N’empêche, Saymar n’était pas pressé de le revoir, enfin libre ou presque, plus de grosses armée à commander, plus d’exemple à donner. Que chacun se débrouille, lui, il allait sauver sa peau. Valait mieux être lâche et vivant que con et mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils arrivèrent en vue du lac de Jerfaux, il leur fallait absolument arriver à contourner celui-ci par le nord pour ne pas être coincé entre leurs poursuivants et la ville de Valars qui devait être pleine de troupes.&lt;br /&gt;Il décida donc de poursuivre leur fuite durant la nuit. Ils installèrent un faux campement pour la nuit et y laissèrent quelques volontaires sous les ordres de Laurra et Haytor histoire d’y donner un semblant de vie. Ils partirent en silence le long des berges boueuses du lac. En voyant ses belles bottes crottées, il pensa que c’est à ce moment là dans sa vie que tout avait merdé, le jour où il avait sali ses nouvelles bottes. Pilton traînait la patte, il n’était plus que l’ombre de lui-même, dépassé par les événements, il évitait Saymar un maximum. C’est Anna qui marchait à ses côtés dans la longue colonne silencieuse qui les menait seuls les Saints savaient où. Il espérait encore pouvoir atteindre la frontière des Cités Libres bien qu’il ne savait pas si une colonne d’hommes et femmes en armes pourrait y pénétrer.&lt;br /&gt;Anna était belle et farouche, sa peau était mouchetée de gouttelettes. Il avait pourtant presque réussi à l’oublier dernièrement, trop occupé par les préparatifs guerriers mais il s’était toujours douté qu’elle ne le laisserait pas s’en sortir aussi facilement. Il se demanda jusqu’où elle était allée avec son petit soldat. Etait-elle encore vierge ? L’avait-elle jamais été lorsqu’il l’avait rencontrée ? Qu’elle avait été la part de vérité dans tout ça ?&lt;br /&gt;Indécis et plus habitué aux passes d’une nuit qu’aux affaires de cœur, Saymar n’osait rien dire. Elle le regardait en coin et il fallut attendre une bonne heure de marche avant qu’elle ne se décide à prendre la parole. Il dut se concentrer pour la comprendre, malgré le calme de la nuit, sa voix n’était qu’un murmure. Il détestait ça.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu crois qu’on va s’en sortir ?&lt;br /&gt;- C’est seulement maintenant que tu t’en inquiètes ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je ne sais pas. Je ne me suis jamais vraiment posé la question.&lt;/em&gt; Elle marqua une pause.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Pourtant j’ai souhaité votre mort à tous pendant longtemps mais…aujourd’hui vous êtes ma seule famille.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il était étonné par cette franchise, était-ce un nouveau jeu ou tentait-elle vraiment de se réconcilier avec lui ?&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Cette vie n’est pas si terrible si on aime marcher et qu’on n’a pas peur des éléments&lt;/em&gt;. Ajouta-t’elle en s’essuyant les gouttes du visage.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Non. C’est pas si terrible. Rien n’est vraiment insurmontable… &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il laissa sa phrase en suspends, que pouvait-il lui dire, cette vie était meilleure que celle qu’il avait vécue avant à faire un boulot de merde et il n’avait jamais connu l’opulence lui.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;…à part les douleurs de cœur. J’ai compris cela maintenant. &lt;/em&gt;Finit-elle.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Tu l’aimais ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle prit son temps pour répondre.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Non, enfin pas vraiment mais il était gentil avec moi et j’avais besoin d’une certaine tendresse.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar ne se sentait pas très à l’aise de parler d’un autre homme ainsi, un soupçon de jalousie lui tordit l’estomac.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Il était jeune. &lt;/em&gt;Dit-il en haussant les épaules.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Oui.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle savait qu’il ne parlait pas de son âge mais bien de son inexpérience. Il faillit sortir une banalité telle que « Il est mort en héro ! » mais cela lui sembla tellement stupide qu’il pouffa.&lt;br /&gt;Elle sourit, se méprenant sur sa réaction ou peut-être pas.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;On a tous le droit d’être fleur bleue de temps à autre. Il trouvera sa place auprès des Saints.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il n’avait rien à redire à cela, il n’était même pas sûr de savoir si elle parlait du jeune soldat ou d’elle-même.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Et nous ?&lt;/em&gt; ajouta-t’elle timidement.&lt;br /&gt;A ça non plus il ne savait pas quoi répondre. Se demandait-elle s’ils allaient avoir une place de choix après leur mort ou parlait-elle d’un possible « nous », de la relation ambiguë qu’ils entretenaient.&lt;br /&gt;Le cœur battant, il haussa les épaules. Pourquoi fallait-il que son esprit s’imagine plein de choses, de non-dits chaque fois qu’elle lui adressait la parole ?&lt;br /&gt;Il respira profondément, s’enivrant de l’odeur nocturne. La lune faisait miroiter les petites vaguelettes qui parcouraient les bords du lac.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Le vent se lève&lt;/em&gt;. dit-il.&lt;br /&gt;Mais dans sa tête il l’entendait murmurer « &lt;em&gt;Et Nous ? &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;Son ventre se crispa de la savoir si proche et pourtant si inaccessible. Ils continuèrent de marcher en silence. Elle suivait son rythme malgré la différence de taille et ils distancèrent peu à peu les autres.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; J’ai froid&lt;/em&gt;. Dit-elle simplement en lui prenant la main.&lt;br /&gt;Un frisson lui parcouru le corps, comme si son sang venait de devenir chatouilleux. Il ne dit rien, trop surpris mais lui passa un de ses manteaux de fourrure sur les épaules.&lt;br /&gt;Elle lui reprit la main, serrant un peu. Elle pleurait en silence et il comprit que tout ce qu’elle avait voulu avec Laurent c’était de croire en une jeunesse qui lui avait été refusée jusqu’ici. Mais il ne savait toujours pas ce qu’elle attendait de lui, une vengeance était-elle encore à l’ordre du jour ?&lt;br /&gt;Il ne dit rien car rien ne pouvait être dit qui ne gâcherais ce moment.&lt;br /&gt;Son esprit vagabonda, loin devant eux par delà les distances, dans les Cités Libres. Les y accepteraient-on ? Qu’y ferait-il ? Peut-être pourrait-il partir dans les îles d’été avec Anna. Il avait entendu des histoires merveilleuses sur un soleil sans fin et des dieux poissons.&lt;br /&gt;Lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin au petit matin, elle dormit blottie contre lui et il continua à se poser des questions sur leur futur tout en lui caressant les cheveux. Elle avait beau les avoir coupés courts ils étaient toujours aussi doux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est qu’une semaine plus tard, fourbus et affamés qu’il eu la réponse à ses interrogations. Ses seconds avaient réussi à les rejoindre, tout semblait aller pour le mieux et ils étaient près de la frontière.&lt;br /&gt;Si près du but, l’affluent de la Synd enfin en vue, un éclaireur, essoufflé, vint leur annoncer le verdict. «&lt;em&gt; Des burgans, des milliers non ! Des dizaines de milliers de burgans !&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Décidément Saymar n’aimait pas les éclaireurs et celui-ci lui sembla soudainement hideux. Il eut envie de lui arracher la langue de sa bouche vineuse, de lui couper les oreilles à la dague et de lui rentrer son air ahuri à coups de poings. Il serra la garde de sa dague mais Anna lui posa la main sur le bras arrêtant son geste.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ils sont là.&lt;/em&gt; Sa voix n’était plus qu’un soupir.&lt;br /&gt;L’armée burganne arrivait et Saymar n’avait jamais rien vu de tel. Des monstres énormes, cornus et reluisant sous le soleil avançaient, menaçants. Dans le vent traînaient des étendards rouge sang. Des cavaliers passèrent au loin entamant une manœuvre d’encerclement.&lt;br /&gt;Les jambes flageolantes, il se pencha pour vomir un bile claire.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Fait chier de crever le ventre vide.&lt;/em&gt; Dit-il en se relevant et en s’essuyant la bouche.&lt;br /&gt;Anna était pâle. On aurait dit une statue de cire et Saymar se dit qu’il aurait mieux fait de la baiser quitte à clamser, ne fut-ce qu’une fois avant la fin.« &lt;em&gt;Verte couille ! &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2475912953815456227?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2475912953815456227/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2475912953815456227' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2475912953815456227'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2475912953815456227'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/le-vengeur-chapitre-23-saymar-retraite.html' title='Le Vengeur - Chapitre 23. Saymar - Retraite'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-4925394693045390317</id><published>2007-09-21T20:33:00.001+01:00</published><updated>2007-10-04T10:55:47.855+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 22. Thibaut - Pylos</title><content type='html'>Depuis le remaniement, Thibaut bouscule beaucoup d'autres chapitres entre autres ceux d'Orlamund mais il semble attirer les autres personnages comme un aimant. &lt;br /&gt;Pourtant il n'est jamais qu'un pion mineur dans un échiquier qui échappe au contrôle de ses joueurs. Un chapitre où il ne se passe pas grand chose mais où l'on suit le déroulement des événements et qui distille quelques petites informations sur l'intrigue. &lt;br /&gt;Quand j'y repense, le dénouement est tellement proche (j'ouvre ici mon cinquième et avant dernier cycle), plus qu'un chapitre de prévu pour Thibaut, un seul petit chapitre, vais-je pouvoir m'en tenir à cela?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;&lt;center&gt;Chapitre XXII. Thibaut - Pylos&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Thibaut grimpa les derniers mètres en soufflant comme un boeuf. Ses muscles le faisaient souffrir, les derniers jours n’avaient pas été de tout repos. Les éclaireurs avaient raison, contre toute attente Pylos tenait toujours. De ces hauteurs à flanc de montagne, Thibaut pouvait voir la ville s’éveillant calmement, la Synd suivant son cours à son côté, le pont qui la surplombait avait été détruit afin d’éviter tout assaut de ce côté. L’armée du Liudmark se massait de l’autre côté, loin des berges boueuses et des eaux gonflées par la fonte des neiges. Des milliers de tentes couvraient la plaine intérieure, une vue formidable. Thibaut nota cependant l’absence d’armes de siège digne de ce nom. Quelques catapultes avaient été posées en batteries sur les basses collines environnantes et des protections contre les flèches avaient été montées autour des campements mais il manquait le principal, les béliers, les tours de sièges et surtout les sapes. Il se demanda si le prince Florian de Liudmark était déficient mental ou simplement incompétent. Un mois que le siège tenait et aucune avancée notable. Roland approcha :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tiens un pique-nique géant comme c’est gentil à eux d’être venu nous accueillir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ses cheveux blonds voletaient au vent autour de son visage parfaitement rasé. Comment faisait-il pour toujours paraître aussi fringant ? En effet, pas de tapis rouge pour les héros, le camp était encore endormis et n’avait que faire d’un millier d’hommes en plus. Thibaut se demanda s’ils étaient censés réussir cette mission. A peine deux mille six cents hommes avaient fait le tour du continent par le sud et le détroit de Nibèle, bravant une mer déchaînée pour rejoindre la terre des Cités Libres. Ils y avaient débarqué pour prendre le contrôle de la côte, ouvrant un deuxième front et capturant la cité portuaire de Varest. Une telle entreprise, une idée folle de Roland à la base, n’avait jamais été tentée mais l’enjeu tactique avait été tel que le roi Frederik avait tout de suite accepté de fournir les fonds nécessaires. Il avait fallu plusieurs mois pour louer les services d’une flottille suffisamment importante, à cela il fallait rajouter les trois mois pour faire le voyage. Thibaut était malade de voir de l’eau, il ne voulait plus monter sur un bateau de sa vie. Mais quand il y repense, la chance les avait accompagné tout du long. En une nuit ils avaient pris le contrôle de la côte sud et des trois fortins qui la garnissaient et ils avaient continué leur route, attaquant de nuit à chaque fois, poussant l’avantage de la surprise au maximum, méprisant les règles de la guerre mais aussi les pertes humaines. Ils avaient pris le contrôle de Varest, l’un des plus grand port du monde connu, sans même perdre un seul homme. Ils avaient évité les remparts et étaient passé par le port à marée basse. Près d’un millier d’hommes y était resté en garnison et quelques centaines aux points clés de la côte. Il leur manquait maintenant des renforts suffisant pour continuer leur route vers le nord et faire tomber les derniers bastions. Thibaut prenait plaisir à se savoir un élément clé de la conquête et il se doutait que les cités libres n’étaient que la première étape d’une invasion à grande échelle fournissant ainsi l’acier nécessaire pour une guerre digne de ce nom.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement voilà, au lieu de recevoir des renforts c’était lui qui avait été appelé à la rescousse.  Bon Pylos avait de vrais remparts de pierre mais ce n’était quand même pas une forteresse, un assaut par surprise aurait pu la faire tomber en une seule journée. Maintenant ça faisait un bon mois que le siège était en place, il en faudrait d’autre pour venir à bout de la résistance de la ville. Thibaut avait au moins espéré apercevoir une brèche dans les murs ou un travail de sape conséquent mais non il n’avait devant les yeux qu’un campement endormis et une ville à peine bombardée. &lt;br /&gt;On ne venait pas l’accueillir ? Soit ! Il allait faire assez de bruit pour réveillez cette bande d’incapables. Il donna l’ordre d’amener son cheval. Un messager fit passer la consigne pour que les hommes se préparent, ceux-ci s’agitèrent, déposèrent leur bardas sur le sol  et en sortir les tenues d’apparat, casque à crinière et tabard. Roland souriait :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; T’as le don de te faire des copains, regarde comme ils sont tout émoustillés les puceaux.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Comme trophée, ils avaient récupéré la corne de brume de Varest et l’avait traînée sur un chariot jusqu’ici. De toute façon, vu la pauvre capacité maritime du Liudmark ça n’allait pas les gêner. Il donna l’ordre de la faire sonner. Le long hurlement retentit dans le petit matin, les tambourineurs suivirent en rythme, entonnant le pas. Thibaut avait aussi fait confectionner de petits grelots qu’on attachait aux chevilles. Il avait aperçu cet instrument sur des marins et avait décidé d’en équiper une centaine de soldats volontaires pour les occasions comme celle-ci.  C’est donc dans une cacophonie terrible que Pylos se réveilla. Les hommes atteignirent le sommet en deux colonnes avant de se séparer et de descendre dans la vallée. Armures reluisantes (Thibaut demandait à ce qu’elles soient astiquées à chaque halte), casques à panaches ondoyants sous le vent et les vouges tenues haut en l’air, les soldats serpentèrent le long de la colline. Accrochés aux lances, des fanions aux couleurs de la princesse tout comme l’étaient les tabards. Thibaut avait dépensé beaucoup d’argent pour préparer cette expédition et rendre ses hommes présentables mais cela lui avait non seulement valu la gratitude de ceux-ci mais avait aussi scellé des accords avec les bateaux marchands qui allaient transporter ses hommes plus tard. &lt;br /&gt;Ceux-ci entonnèrent le cri guerrier Liudmarkien « &lt;em&gt;Ho Chou Ha !&lt;/em&gt; » mais y rajoutèrent une strophe de leur cru «&lt;em&gt; Plutôt mort que Frida !&lt;/em&gt; ». Thibaut se demanda s’ils le pensaient vraiment. Pendant la longue traversée il avait beaucoup entendu les soldats fantasmer sur la princesse même s’ils calmaient leurs ardeurs en sa présence pourtant il savait que ceux qui avait obtenu une bague avait un respect hors du commun dépassant parfois celui du grade. Seraient-ils vraiment prêt à mourir en son nom à elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Doucement, pas à pas, droits comme des « i », ils faisaient bouger leur vouge d’un côté à l’autre tout en se plaçant pour former un dessin sur la colline. Il les avait vus s’entraîner pour faire ce genre de chose quand ils étaient encore au camp d’entraînement mais ils étaient deux fois plus nombreux à cette époque.  Ils étaient fier et à vrai dire lui aussi. Les soldats du camp sortaient de leur tente, certains encore en chausse, d’autre carrément les fesses à l’air. Thibaut pensa qu’une attaque surprise aurait pu faire de gros dégâts ce matin, la discipline semblait vraiment relâchée ce qui ne ressemblait pas aux troupes liudmarkiennes. &lt;br /&gt;Tous ses hommes portaient les couleurs de la princesse, il espérait que ça lui éviterait d’être relégué au rang de simple capitaine et qu’il aurait droit au chapitre pour la suite des événements. &lt;br /&gt;Les remparts de Pylos commençaient aussi à se garnir de soldats et de curieux.&lt;br /&gt;Ses hommes, content d’avoir un public, continuèrent de lever les genoux bien haut pour faire sonner les grelots et tapèrent du bouclier sur leurs hauberts. &lt;br /&gt;-&lt;em&gt; T’as aucun goût pour la musique gamin.&lt;/em&gt; cria Roland les mains sur les oreilles.&lt;br /&gt;Il était le seul à ne pas l’appeler par son rang mais Thibaut le laissait faire car Roland était son seul lien avec son passé. Oh ! Il y’avait Luclin aussi mais il ne parlait peu et jouait son rôle de garde du corps à la perfection, à tel point que Thibaut oubliait sa présence imposante parfois. &lt;br /&gt;Il grinça des dents en repensant à tout ce qui l’avait mené ici. Est-ce que mère, Sorj et Eliana allaient bien ? Etrangement c’était sa jeune sœur qui lui manquait le plus alors qu’il avait passé la plus grande partie de son temps à l’éviter pour ne pas qu’elle ne lui montre ses atours et ses poupées. Il serra les poings, il y aurait droit à sa vengeance mais contre qui ? Montveilh pour l’avoir emprisonné, les nobles des Royaumes du Sud pour avoir précipité l’enquête et la mort de son père ou Frida pour avoir tué le prince Sigmund ? En y repensant, il ne lui avait jamais demandé pourquoi elle avait voulu le tuer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La musique cessa, les hommes avaient fini. Devant un public médusé, ils avaient dessiné une rose épineuse à flanc de colline. Harnaché dans sa plus belle armure, un drapeau coincé sous le bras par son écuyer, il lança son cheval au galop descendant dans la « tige » comme la sève. Il espéra ne pas tomber cette fois-ci.  &lt;br /&gt;Le camp était maintenant bien éveillé alors il donna l’ordre à ses hommes de le suivre et de le traverser en courant. Au trot, il mena la marche des guerriers de Frida. Il ignora le premier intendant qui lui fut envoyé, beuglant des ordres incompréhensibles, et il s’arrêta devant la tente princière, facilement reconnaissable de par sa taille. «&lt;em&gt; Encore une erreur.&lt;/em&gt; » pensa-t’il. Un assassin aurait vite fait d’atteindre le prince et de mettre fin aux velléités du Liudmark. Florian de Liudmark sortit, habillé en hâte, le visage rubicond, des veines bien visibles sur son front proéminant.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qui diable êtes vous ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il le toisait de haut en bas comme s’il n’était pas à cheval.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Ah… &lt;/em&gt;ajouta-t’il en reconnaissant les atours. &lt;br /&gt;Ses yeux étaient froids et calculateurs. « Pas aussi stupide que je ne le pensais. » pensa Thibaut par devers lui-même. &lt;br /&gt;Après un examen minutieux il se retourna et entra dans sa tente en lâchant un « &lt;em&gt;Suivez moi capitaine ! &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;Un serviteur l’aida à démonter pendant que ses hommes se préparaient pour une revue en règle. Thibaut était probablement le seul soldat de l’armée à avoir une armure complète ce qui dans le cas présent faisait sourire les soldats qui n’avaient pas l’habitude. L’armure réglementaire était plus légère mais protégeait moins misant surtout sur la protection des grands boucliers mis l’un à côté de l’autre. &lt;br /&gt;Thibaut était habitué à des armures plus complètes qui permettait de mieux se battre seul et l’exposait moins aux coups ce qu’il trouvait appréciable surtout en tant qu’officier, donc cible potentielle pour l’ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entra dans la tente, le prince s’était servi un verre et attendait assis en face d’une lourde table en chêne. Il avait la tête entre les mains et contemplait le breuvage sombre qui remplissait sa coupe.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;De l’alcool de figue. Vous saviez qu’on n’en trouvait pas dans ces régions ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut n’en avait même jamais goûté, les royaumes du Sud étaient plus réputés pour leurs vins fins. Mais le prince n’attendait pas de réponse de sa part.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; …ça devait être une affaire de semaines. Capturer Telon, Pylos et Varest et toute la région nous seraient tombé dans les mains. Les cités libres n’ont même pas d’armée régulière, une milice tout au plus et encore celle de Pylos était partie avec Aelor vers le nord. Des années passées à préparer le tout et on est stoppé net tout ça à cause d’une sorcière.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Une sorcière ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut n’avait pas pu s’empêcher d’exprimer sa surprise. &lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Sire ? &lt;/em&gt;ajouta-t’il tardivement sous le regard dur de l’homme en face de lui.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous prenez des mauvaises habitudes capitaines. Ma sœur joue à ce jeu avec les hommes depuis son plus jeune âge, ce n’est en aucun cas une protection. Il serait peut être opportun de faire montre d’un peu de respect envers les vrais dirigeants du Liudmark. Votre statut d’étranger et de favoris a joué assez en votre faveur, vos succès récents ne devraient pas trop vous monter à la tête cependant. Ici c’est moi qui commande capitaine peu importe les couleurs et les jolies chansonnettes que vous apprenez à vos hommes. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Oui sire. &lt;/em&gt;Répondit Thibaut prudent.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Pourtant, ces connards de Saints savent que j’ai besoin d’hommes comme vous. Les miens n’osent même plus monter à l’assaut. Ils se font jeter hors des remparts comme de vulgaires fétus de pailles.&lt;br /&gt;Ils sont persuadés que les Saints les punissent pour je ne sais quoi. Des prêtres par dizaine ont flairés la bonne affaire, j’ai eu le malheur de laisser faire pensant que ça allait les motiver mais non, ils ne font que payer pour avoir des offices trois fois par jour. TROIS PUTAINS DE FOIS que je dois supporter la moitié de ces vaux qui beuglent alors si vous pendez m’avoir impressionné avec votre petite comptine il faudra repasser. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut se sentait gêné d’être là, il n’avait aucune sympathie pour l’homme mais c’était un prince quand même, qui plus est d’une des deux plus grandes nations de ce monde et il semblait là terriblement fatigué, dépassé par les événements. Thibaut aurait préféré ne pas voir ça car s’il s’avérait qu’il avait misé sur le mauvais cheval il n’aurait plus aucune échappatoire. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Oh ! J’en ai bien pendu, quelques dizaines pour faire bonne mesure, mais ça n’a rien changé. Ils ne bougeront pas d’un iota tant qu’ils seront sûrs que cette sorcière est à l’intérieur. Pourtant il faudra bien qu’elle dorme un jour et moi je peux pas pendre l’armée toute entière, pas que j’en ai pas envie des fois mais on manquerait de corde. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le prince pouffa. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Mouais, vous évidemment vous ne trouvez pas ça drôle. Pas d’humour ces sudistes ! Peu importe, j’espère que vos hommes sont prêts à montrer l’exemple.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut ne savait pas si cette histoire de sorcière était réelle ou juste un invention pour tester son courage. L’homme ne correspondait pas à la description qu’on lui en avait faite et pourtant il se doutait que si le prince essuyait un refus maintenant il trouverait bien de la corde quelque part pour lui.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Dès que mes hommes seront reposés du voyage nous nous ferons un plaisir de participer aux com…&lt;br /&gt;- Reposés ? Participer ? Vous n’écoutez donc rien ? Vous allez y aller de suite et montrer l’exemple ! Peut-être que les hommes de ma sœur ont été choisis parce qu’ils n’ont pas de couilles ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut trouva ça gonflé de les traiter de couards alors que les propres hommes du Prince refusaient d’aller au combat. Il commençait à en avoir assez des sous entendus du Prince.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous allez me faire tomber cette ville aujourd’hui et montrer que vous savez faire autre chose que le beau. Pour parader et défier mon autorité personne n’est fatigué mais quand il s’agit de combattre là on discute et on pinaille.&lt;br /&gt;- Loin de moi cette idée, je voulais juste…&lt;br /&gt;- Vous voulez porter les couleurs de ma folle de sœur, par ce que vous croyez qu’elle prendra un puceau comme vous dans son lit ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le prince s’esclaffa.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Ils le croient tous, c’est pour ça qu’elle les enroule autour de son petit doigt. Même avec sa tête de momie vous bandez tous dès qu’elle pointe son petit cul, pas vrai ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut avait les phalanges  blanchies de trop serrer les poings.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je vous défends de…&lt;br /&gt;- TU ME DEFENDS DE QUOI PUCEAU ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le prince s’était levé, il avait un air sévère mais il savait qu’il avait eu Thibaut, maintenant c’était courir sus aux remparts ou mourir sur le champ.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu vas sortir de cette tente et donner l’ordre à tes hommes d’attaquer avec leur tenue d’apparat dont ils sont si fiers et je veux que vous chantiez. Je vous vous entendre beugler d’ici encore et que tous les hommes du camp vous voit crever et continuez jusqu’au dernier s’il le faut. Et si ça peut te rassurer avant de clamser sache que je connais ma sœur par cœur, elle me bottait le cul quand je l’espionnais dans son bain mais j’en ai quand même plus vu que toi pas vrai ? Ce que tu fais avec elle je m’en tape tant que vous ne faites pas de marmots. Je te laisserai retourner près d’elle après tel le gentil chiot que tu es, je te nommerai même général si ça peut te faire plaisir. Mais prends moi cette putain de ville.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut savait qu’il ressentait quelque chose pour Frida, de l’amour même peut-être. Pourtant il y’avait toujours cette sorte de répulsion face à son visage, cette honte de le regarder et il n’avait jamais oser fantasmer plus que ça sur son corps, à part ses seins peut être mais elle les mettait tellement en valeur. &lt;br /&gt;Reste qu’entendre parler le prince de sa sœur comme ça lui fit un drôle d’effet, un mélange de colère de honte et de désir. Décidemment, il aurait du violer quelque femelle comme ses hommes l’avait fait à Varest, ça l’aurait peut être calmé.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- A vos ordres Sire.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à ce moment là qu’un messager entra en trombe.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Sire ! Une délégation de Pylos, ils veulent des pourparlers. Et la sorcière est avec eux !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ils sortirent en trombe. Les hommes de Thibaut attendaient toujours, alignés au garde à vous et suant sous le soleil levant.  Le prince en bouscula quelques uns pour mieux voir. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Elle ose la salope !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Roland s’était approché et d’un air rusé il ajouta :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Salope peut-être mais princesse c’est sûr. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le prince le regarda d’un air surpris et puis reporta son regard sur l’arrivante. &lt;br /&gt;Thibaut lui cherchait à comprendre où Roland avait bien pu apercevoir la princesse. Il observa l’arrivante. Elle avait les cheveux bruns montés en chignon, le visage fin et un teint d’albâtre, un nez fin, une bouche pincée aux lèvres vermeilles, des pommettes saillantes sortaient d’une robe de satin rouge éclatante. En tout cas elle avait tout de l’allure d’une princesse, hautaine et superbe. Les hommes qui l’escortaient en étaient presque éclipsés.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Mais oui…Elle est donc en vie, intéressant. Vous n’allez peut-être pas devoir monter à l’assaut de suite capitaine mais j’aimerais que vous restiez pour voir ça, la rencontre risque d’être intéressante, très intéressante !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-4925394693045390317?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/4925394693045390317/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=4925394693045390317' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/4925394693045390317'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/4925394693045390317'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/le-vengeur-chapitre-21-arnulf-guet_21.html' title='Le Vengeur - Chapitre 22. Thibaut - Pylos'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1571195573594261055</id><published>2007-09-15T16:52:00.000+01:00</published><updated>2007-09-17T13:49:58.871+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 21. Arnulf - Guet-apens</title><content type='html'>Enfin! Depuis le temps que je voulais l'écrire celui-là. :) &lt;br /&gt;Un chapitre important je pense, un chapitre dont la musique me trottait dans la tête depuis des mois. Un chapitre dont j'ai eu peur d'oublier l'essence. J'espère qu'il est aussi frais ici que lorsque je l'ai pensé le premier jour. Une étape importante quoi qu'il en soit, tout ce qui a été écrit avant devait cadrer pour que ceci arrive, c'était un passage obligatoire pour moi, je voulais ce combat.&lt;br /&gt;Il est un peu plus court que ce que je m'étais imaginé mais je verrai bien à la relecture ce que ça donne vraiment.&lt;br /&gt;Bonne lecture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Corvus Corax - Venus Vina Musica&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XXI. Arnulf « Lapin-Tordu » - Guet-apens&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Les hautes herbes remplissaient la plaine. Elles se couvraient de la rosée du matin, pourtant cela faisait des heures que les Burgans étaient en route. La brume commençait enfin à se lever mais on n’arrivait pas encore à apercevoir les dents des dieux pourtant si proches. Arnulf fit un signe de tête à Alwin, celle-ci partit en courant, le dos courbé battant la terre de ses pieds nus. Il se demanda comment elle faisait pour ne pas grelotter de froid. Il savait qu’il n’aurait pas à prévenir le gosse, celui-ci avait un sixième sens pour ce genre de chose. Gosse, Arnulf pouffa. Ce gamin avait plus de maturité que la plupart des hommes et il arrivait à clouer le bec à Irkan en personne, la tribu des Serpents était décidément bien étrange. Les autres tribus étaient encore coincées dans les montagnes. Les neiges avaient mis du temps à fondre cette année et c’est seulement grâce aux Béliers, maintenant sous ses ordres qu’ils avaient pu traverser sans encombre. La connaissance des montagnes de ceux-ci ne suffisait cependant pas à faire passer des rhinocéros au travers d’un col enneigés. &lt;br /&gt;Les Lions étaient accroupis près de lui. La plupart la main sur leurs instruments pour leur éviter de faire le moindre bruit. Il ne voyait personne d’autre. Ah si ! Enfin il aperçut les premiers cavaliers. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Eclaireurs.&lt;/em&gt; murmura-t’il. &lt;br /&gt;Ses hommes reprirent l’information et la passèrent aux autres.&lt;br /&gt;Il allait falloir jouer serré. Les hommes se déplacèrent pas à pas pour éviter de se retrouver dans le chemin des cavaliers. Ceux-ci avançaient avec précaution, on ne voyait pas à dix mètres. Mais eux étaient visibles de plus loin.  « &lt;em&gt;Prétentieux, ils n’apprendront donc jamais ?&lt;/em&gt; » pensa Arnulf. Malgré les fourrures et l’accoutrement hivernal ils avaient gardés la cape rouge, le grand bouclier rond et surtout le casque panaché, fourbis d’une longue crête peinte en rouge. Même les jambières reflétaient la lumière de suffisamment loin pour prévoir leurs mouvements.&lt;br /&gt;Les Burgans attendirent, les éclaireurs passant parfois à moins de cinq mètres d’un groupe de guerrier mais ils regardaient au loin, pas à leurs pieds. Le soleil commençait à poindre ses rayons, tentant de disperser la brume, en vain. «&lt;em&gt; Pour l’instant&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;Mais ils n’eurent pas à attendre beaucoup plus longtemps, le gros de la troupe arrivait. Ils marchaient en colonne, la lance sur l’épaule, le bouclier harnaché dans le dos. Arnulf eut un sourire mauvais, son cœur se mit à battre plus fort. L’ennemi, enfin !&lt;br /&gt;Les soldats de fer ne semblaient pas très enthousiastes. Ils avaient froid et beaucoup avait les épaules voûtées ou toussaient. Arnulf se demanda pourquoi il s’était inquiété quand on lui avait annoncé la colonne, &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;On les entendrait à trois kilomètres&lt;/em&gt;. Chuchota-t’il.&lt;br /&gt;Le guerrier à côté de lui ouvrit sa bouche dans un sourire carnassier.&lt;br /&gt;Rien que leur façon de marcher en rythme faisait vibrer le sol bien avant qu’on puisse les apercevoir. &lt;br /&gt;Il attendit que la plus grosse partie des troupes soit passées. Enfin, il se releva doucement en sortant sa hache de la peau qui la protégeait de l’humidité. Il donna un signe de tête à son voisin qui prépara sa corne, inspira un grand coup et souffla dedans trois longs coups. Arnulf se mit à courir vers l’ennemi en criant « &lt;em&gt;LIOOOONS&lt;/em&gt; ». Il entendit un autre cri se répercuter «&lt;em&gt; PANTHERES &lt;/em&gt;» et les éclaireurs tombèrent tous en même temps, les chevaux s’écroulant avec eux, disparaissant dans les herbes. Arnulf courait en grandes enjambées, sautait les mottes de terres et levait haut sa hache. Son autre main tambourinait sur ton petit tambour. Des centaines de guerriers faisaient la même chose donnant l’impression qu’ils étaient des milliers. L’ennemi se figea. Certains restèrent là interdit, d’autres pointèrent la lance dans leur direction. Arnulf se mit à chanter et fut reprit par ses hommes. &lt;br /&gt;Un cri s’éleva de la colonne de soldats. Ils commencèrent à faire un mur de bouclier. « Trop tard » pensa Arnulf en voyant l’ordre qui mettait du temps à passer, certains hommes qui n’arrivaient pas à se dépêtrer de la lanière de cuir qui retenait leur bouclier dans le dos. Encore dix pas. « &lt;em&gt;TAUREAUX &lt;/em&gt;» le cri retentit devant lui de l’autre côté de l’ennemi. Il crut entendre le ralliement « &lt;em&gt;..EERPENTS &lt;/em&gt;» à droite alors que les autres tribus se relevaient, semant la confusion et la peur, leurs instruments se mêlant aux autres. Certains hommes qui attendaient la charge des lions se retournèrent. Des bleus probablement. Arnulf et ses hommes continuaient de courir droit sur les lances ennemies. &lt;br /&gt;Les hommes de fer n’avaient jamais compris une chose, les Burgans n’avait pas besoin d’être au corps à corps pour frapper. A trois pas, Arnulf leva son bras aussi haut qu’il le pouvait et lança sa hache de toutes ses forces. Elle se planta dans le bouclier devant lui, le poids de l’arme fit reculer l’homme qui abaissa lance et bouclier. Arnulf sourit en dégainant sa grande épée de son dos. Il était temps pour lui de faire jouer une autre musique. Au loin les anciens et les infirmes s’occupaient de maintenir l’hymne guerrier en frappant sur de lourds tambours aussi vite qu’ils le pouvaient.&lt;br /&gt;Arnulf sauta et se jeta épaule en avant sur le mur de bouclier. Les hommes tentèrent de relever leur lance mais il sauta par-dessus et les percuta de plein fouet créant une première brèche dans leur ligne. Il n’eut pas le temps de se relever qu’il put voir que le combat faisait déjà rage autour de lui. Des hommes de fer s’écroulaient. Certaines avaient le crâne ouvert par une hache car ils n’avaient pas eu le réflexe de se protéger le visage. D’autres avaient reçu un coup d’épée dans la nuque car le poids des haches burgannes les avait fait s’agenouiller. Il se mit à genoux, achevant un soldat sous lui d’un coup de coude dans la nuque. Une panthère passa au dessus de lui et arracha le visage d’un soldat qui allait l’empaler. « &lt;em&gt;Alwin&lt;/em&gt; ». Arnulf sourit, elle avait enfin lâché ses joujoux. Aujourd’hui était un beau jour, le sang coulait sur la terre Verion allait être heureuse. Il continua de chanter en frappant de droite et de gauche. Ses coups étaient tellement puissants qu’il fracassa plus d’un bouclier en cassant le bras qui le soutenait. Sa force était tellement spectaculaire qu’il pouvait attraper un homme d’une main et le lancer sur ses compagnons tout en tranchant la jambe d’un autre à sa droite. Ses hommes n’étaient pas en reste. Les soldats de fer flanchèrent, reculèrent, tentèrent de se reformer et puis ils reçurent la charge des taureaux. Arnulf vit des hommes projeté dans les airs et se demanda s’il ne combattait pas aux côtés de vrais taureaux. &lt;br /&gt;Des poches de résistances se formaient, la colonne était brisée. Des dards tombèrent du ciel se plantant dans le cou et dans l’arrière des jambes des soldats paniqués. Les Serpents étaient à l’œuvre, à peine effleurés, les hommes s’écroulaient, empoisonnés. Et le soleil se leva enfin. Il illumina la lame rougie de sang d’Arnulf alors qu’il la faisait tournoyer au dessus de sa tête, pliant les genoux il faucha la tête de deux soldats qui s’approchaient trop, leur ouvrant la mâchoire, le fer de leur casques s’enfonçait dans les chairs avant de laisser passer l’épée qui ressortait de l’autre côté dans une gerbe de sang. Il cria de plaisir faisant jouer ses muscles. &lt;br /&gt;Il voyait les hommes tomber, parfois c’était des visages qu’il connaissait mais souvent c’était la tête d’un homme au teint pâle, le regard surpris et emprisonné dans un casque au panache ridicule. &lt;br /&gt;Des cris se faisaient entendre parmi les rangs ennemis. Un homme tentait de les rallier, son armure blanche scintillant sous le soleil.&lt;br /&gt;Un frisson glacé parcourut Arnulf. Il poussa un soldat ennemi, passant à côté de lui sans même le tuer. « &lt;em&gt;NOON ! Arrêtez ! &lt;/em&gt;» criait-il en courant vers l’homme maintenant encerclé. Mais les tambours, les chants et le bruit des combats empêchaient les Burgans de l’entendre.&lt;br /&gt;Il courut le plus vite qu’il put en évitant les ennemis, les lames amies qui tournoyaient, les cadavres et les lances tombées au sol. Les larmes coulaient dans sa barbe alors qu’il criait « &lt;em&gt;NON NON LAISSEZ LE !&lt;/em&gt; » Ce devait être un jour merveilleux, ce devait être le début de sa quête pas la fin. Quel tour lui jouait les dieux ?&lt;br /&gt;Le chevalier scintillant faisait tourner son cheval, une bête magnifique, il frappait à gauche et à droite, son épée flamboyait à une vitesse folle, son bouclier en forme de lierre arrêtait les coups les plus vicieux. Bientôt il fut seul au milieu des Burgans mais il ne faiblissait pas. Arnulf reprit espoir, plus que quelques mètres et il pourrait arrêter cette folie. Et puis l’homme fut tiré à bas par des bras puissants qui agrippaient ses genouillères en forme de serpent. Arnulf cria encore, de rage, il ne voyait plus rien d’autre que l’homme qui tombait doucement de cheval, comme dans un cauchemar. L’animal se cabra, écrasant de ses fers le visage d’un Taureau tentant de dégager un chemin pour son maître. Un amas de corps, de bras et d’armes s’agglutina sur le chevalier et Arnulf ne vit plus que les haches qui s’abattaient sur lui. Encore et Encore ! Elles devenaient rouges et le sang volait accompagné de morceaux d’armure blanche qui scintillaient sous le soleil. Il n’y avait plus une seule trace de brume dans le ciel. &lt;br /&gt;Arnulf tomba à genoux, un non plaintif sur les lèvres. Il se mit à pleurer. Il avait échoué. Il avait eu l’esprit embrumé par la soif de sang. La scène sous ses yeux lui apparaissait maintenant comme une abomination. Comment avait-il pu croire que la guerre était une affaire d’honneur ? Les morceaux de corps, les ventres ouverts, les hommes (et femmes nota-t-il en voyant une cousine d’Alwin clouée au sol par une lance) tombés amis ou ennemis, tout ça faisait partie d’un cauchemar et non d’un rêve de gloire. Le rêve c’était la vie, celle qui l’attendait au village dans le ventre de sa femme. Ses épaules étaient secouées de soubresauts. Il avait failli à son peuple tout ça pour une gloriole personnelle, tout ça parce que comme son père, il voulait marquer l’histoire burgannes.&lt;br /&gt;Oh ! Il l’avait marquée, il venait juste d’assister à la fin de son peuple et c’était lui qui l’avait précipitée. Ses hommes le regardaient interdits. Les plus anciens semblaient comprendre, attribuant ses pleurs à la douleur d’avoir abattu un ennemi honorable mais ils ne savaient pas. Personne ne savait qu’il devait trouver le chevalier scintillant, pourquoi n'avait-il pas prévenu les autres ? &lt;br /&gt;Trop fier encore, il avait voulu garder la parole des dieux pour lui seul. Il leva les poings aux cieux et cria sa colère. &lt;br /&gt;Alwin s’était approchée, inquiète, doucement elle lui posa une main sur l’épaule. Il ne la sentit pas, il se leva et avança vers les restes du chevalier blanc. Etrangement son cheval restait près de son corps, il n’avait même pas été blessé. Les burgans ne frappaient pas les bêtes quand ils pouvaient l’éviter. L’animal renâcla lorsqu’il voulut approcher, il se tenait au dessus du corps de son maître. Arnulf tendit les mains en avant dans un geste apaisant et s’avança doucement. L’équidé se calma et recula pour lui permettre de voir le carnage, Arnulf aurait presque juré voir une larme dans ses yeux bruns mais sa vue était tellement brouillée qu’il s’essuya le visage d’un revers de manche avant d’examiner le corps. En fait l’armure, bien que cabossée, avait résisté à la plupart des coups, mais le visage lui était réduit en charpie. Pourquoi ne portait-il pas de casque ? Cela l’aurait peut être sauvé ? Arnulf faillit maudire l’homme pour son imprudence mais se ravisa tellement il était stupide de vouloir maudire les morts de n’avoir pas pu éviter de mourir. Il s’agenouilla, prit la main gantée de l’homme et se mit à chanter. &lt;br /&gt;Arnulf chantait là un chant qu’on entendait peu, le chant des héros morts au combat. &lt;br /&gt;Et malgré leur surprise, malgré leurs doutes, aucun burgans ne refusa se chant à l’homme qui s’était si bien battu aujourd’hui. &lt;br /&gt;Le soleil était haut dans le ciel lorsqu’ils s’arrêtèrent de chanter. Des chariots avaient été amenés. On y posait les corps des Burgans défunts, ceux-ci seraient renvoyés vers leur terre natale. &lt;br /&gt;Après hésitation Arnulf décida de ramasser celui du chevalier scintillant aussi. Il l’enterrerait devant sa maison et y prierait chaque matin jusqu’à la fin. Un lion ne fuyait pas la honte. Il espérait juste qu’il aurait le temps de voir ses enfants grandir avant que son peuple ne disparaisse.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1571195573594261055?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1571195573594261055/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1571195573594261055' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1571195573594261055'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1571195573594261055'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/le-vengeur-chapitre-21-arnulf-guet.html' title='Le Vengeur - Chapitre 21. Arnulf - Guet-apens'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-8388494875518249085</id><published>2007-09-15T13:53:00.000+01:00</published><updated>2007-09-15T13:58:47.209+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Interlude</title><content type='html'>Voici un petit interlude qui se situera juste avant le chapitre 17 (pas que ça aie une importance capitale mais ça me permet d'avoir une découpe logique). Sorte de prologue après le passage d'un an.&lt;br /&gt;Il est composé d'éléments qui au départ étaient prévus pour d'autres chapitres (en tout cas l'essence de ce qui s'y passe) et puis comme d'habitude, une autre idée aparut et je pense que ce petit interlude plaira plus au lecteur et permettra de lier le monde un peu plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Cultus Ferox- Aufbruch&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Interlude&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Il s’extirpa de l’humus. Les feuilles mortes accumulées sur son corps tombèrent lentement au sol, le révélant, nu. Le soleil baignait la place de ses rayons et lui réchauffait l’écorce. «&lt;em&gt; La peau ?&lt;/em&gt; ». Une douce musique envahit l’air. Il sourit son visage se craquelant un peu. Ses yeux s’ouvrirent enfin, ravis. Pourtant quelque chose n’allait pas. « &lt;em&gt;Vengeur&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Il s’écarta de l’arbre à regret. La gestation avait été longue, même pour lui. Il avança en rythme, ses pas lourds écrasant les feuilles dans un silence anormal. La végétation vivante ou morte s’écartait devant lui. Il sourit encore révélant une dentition parfaite et étincelante. Ses jambes se levèrent un peu plus à chaque pas, ses genoux saluant sa naissance en rythme. Il courut. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre le rejoignit, plus grand mais tout aussi nu. La peau aussi verdâtre que la sienne. Ils se sourirent, une curieuse impression leur traversa l’échine. « &lt;em&gt;Famille&lt;/em&gt; ». Oui ils faisaient partie de la même famille maintenant. Il se sentit bien et fort. Pourtant quelque chose n’allait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La forêt semblait crier, le sol était prêt à bondir. Il ressentit l’atmosphère pesante, elle se transmit à ses muscles, lui donnant envie de les défouler, de se relâcher, de bondir, de frapper. Les branches se balançaient en rythme fredonnant une douce plainte. Pourtant au loin il sentait le sol marteler. Il sentait la cognée contre les troncs. Quelque part, quelque chose n’allait pas. &lt;br /&gt;La colère monta dans son cœur, pourtant il souriait toujours. Il n’avait pas peur, il n’aurait plus jamais peur. Il courut ainsi, nu. Les lianes déposèrent des morceaux d’écorce sur lui en passant. &lt;br /&gt;Lorsqu’il atteignit enfin la lisière, sans être essoufflé, il était recouvert d’une armure d’écorce hérissée de petits piquants presque invisibles. Enserrée dans du lierre, elle lui donnait fière allure. Le soleil lui donnait un air vert clair, l’ombre lui donnait un air brun foncé. Il sortit pas à pas hors des bois, s’y arrachant avec difficulté. &lt;br /&gt;Il pouvait maintenant voir ce qui l’avait réveillé et la colère grandit. Le sol frémit.&lt;br /&gt;Sa vue perçante distinguait des êtres sombres, des hommes, couverts de grands manteaux de plumes noires. De mouvements saccadés ils ouvraient leurs ailes et les abattaient à nouveau, taillant, coupant les arbres. Les cognées faisaient frémir les branches, tomber des feuilles pourtant vertes, saigner une forêt ancestrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il dégaina son épée d’os. Elle était formidable, tout autant que lui. Son compagnon tenait une branche énorme dans ses mains, un arbre en forme de marteau mais il savait qu’il aurait tout aussi bien avoir une forme d’arbre gigantesque. Il sourit et courut sus à l’ennemi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etrangement le premier à l’apercevoir était un vieil homme courbé sur un cheval. Lui aussi portait un manteau de plume et son visage barbu se fondait dans le crâne  d’un corbeau gigantesque aux orbites sombres qui puisaient dans l’obscurité même. Il ne sut pas comment il le savait car l’homme n’avait pas bougé.&lt;br /&gt;Sa course se fit plus lente et les hommes approchèrent, d’autres se posèrent près de lui. Leurs visages étaient inexpressifs. Certains arboraient encore des pièces d’armures ternies et couvertes de rouilles et de sang. La plupart tenaient des sabres courbes et ébréchés. Il fendit à travers eux comme il pouvait s’enfoncer dans un lit de feuille.&lt;br /&gt;Mais la plaine n’était pas son élément alors qu’ils étaient si nombreux. D’autres vinrent, encore et encore. Le ciel était noir de plumes.  Cette guerre s’annonçait longue et il n’était pas sûr de gagner. Son compagnon, couvert d’entailles restait souriant. L’espace autour de lui était dégagé, son marteau lui ouvrit un chemin à travers les corps avec un coup de tonnerre. Furn était décidément un personnage qui aimait se faire remarquer. Il sourit aussi encore plus et rit, rit très fort. &lt;br /&gt;A la nuit tombante les hommes oiseaux avaient perdu du terrain. « &lt;em&gt;La forêt aussi &lt;/em&gt;» pensa-t-il amèrement en regardant les arbres tombés. Il repartit vers l’abri des feuilles, son armure végétale se décomposant au fur et à mesure qu’il retournait vers sa tombe d’humus. Là au moins il pourrait rêver d’un monde vert, si vert qu’il faisait mal aux yeux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-8388494875518249085?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/8388494875518249085/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=8388494875518249085' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8388494875518249085'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8388494875518249085'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/le-vengeur-interlude.html' title='Le Vengeur - Interlude'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1233486683726675945</id><published>2007-09-14T22:43:00.000+01:00</published><updated>2007-09-15T12:32:51.471+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 20. Guylhom - Florian</title><content type='html'>Un chapitre frustrant. Le chapitre suivant (non encore écrit) est un chapitre que j'attends depuis le début, il fallait à tout pris que tout s'imbrique dans ce chapitre ci, que tout soit prêt pour la suite. Seulement voilà avec les changements faits sur la ligne temporelle j'oscillait et hésitait sur quoi y mettre exactement.&lt;br /&gt;Et puis l'idée s'est construite petit à petit, mais ce qui fut vraiment frustrant c'est d'avoir eu l'inspiration, l'idée finale en pleine nuit. J'avais le choix entre dormir ou me lever pour écrire et franchement j'ai préféré dormir, seulement voilà, devoir écrire un chapitre de mémoire (surtout avec la mienne) n'est pas la même chose que de l'écrire sous l'inspiration donc bref un peu frustré de n'avoir pas pu rendre le dialogue Guylhom/Florian de façon exacte mais j'espère que le résultat reste dans le ton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Basil Poleduris - Riddle Of Steel Riders Of Doom&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;&lt;center&gt;Chapitre XX. Guylhom – Florian&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Cette année avait été longue, Guylhom se souvenait de son crapahutage à travers le royaume. Il avait l’impression d’être en selle depuis toujours, ses jambes restaient archées lorsqu’il démontait et son dos le faisait souffrir jour et nuit. Il regarda les montagnes, elles contrastaient tellement avec ce qu’il avait pu voir depuis qu’il avait quitté la cité de Liudmark.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Valars était une ville étrange. Guylhom avait passé beaucoup de temps la tête dans les livres pendant sa vie, il connaissait la géographie du monde connu par cœur, seulement voilà les cartes n’avaient pas grand-chose à voir avec la réalité. Le voyage avait été long, terriblement long et ennuyeux. &lt;br /&gt;Alors dès qu’il voyait quelque chose de nouveau, Guylhom s’émerveillait, se redressait sur son cheval et regardait au loin avec les yeux brillants. Valars était non seulement quelque chose de nouveau mais aussi quelque chose d’unique. Il y’a quelques décennies c’était à peine un petit village qui par chance se trouvait sur la route commerciale entre les cités libres et le Liudmark. Des marchands afin de maximiser les profits commencèrent à y construire des entrepôts. La ville grandit et fit de plus en plus de profit, on y installa une caserne et on y construisit une palissade. Le temps de finir celle-ci, la ville s’étendait déjà en dehors, grossissant presque à vue d’œil. C’était la première vraie cité de Liudmark, ici pas de donjon, pas de murailles, on ne vivait que par le profit et pour le profit.&lt;br /&gt;Et pourtant lorsque Guylhom y arriva à la tête de ses cinq mille hommes, la plaine était couverte de tentes et de soldats. Des éclaireurs avaient déjà annoncé leur arrivée et un détachement assez important les attendait. Ici la religion n’était pas aussi prédominante que dans l’ouest. Les villageois ne le saluaient pas, ne cherchaient pas sa bénédiction. Ici il n’était qu’un soldat. Mais un soldat trop voyant, un sergent quelconque lui annonça qu’il devait rester en dehors de la juridiction sous peine d’être abattu à vue. Guylhom fut choqué par ces paroles. Ses années passées au monastère l’avaient complètement détaché de la réalité du monde où les hommes comme lui n’étaient pas toujours respectés. &lt;br /&gt;Il ordonna donc d’installer le camp et c’est seulement deux jours plus tard que son frère le reçut. Il ne l’en blâma pas, il n’était pas au courant de leur lien de parenté et devait être très occupé par les préparatifs guerriers. « Contre Qui ? » demanda à nouveau la voix dans son crâne. Il avait fini par accepter cette présence interne, presque intime maintenant s’il devait se rappeler des nuits torrides qu’il avait passées au château de son père. Il se rappela ses moments en souriant, la journée il passait les hommes en revues, s’entraînait ou flânait dans les rues de sa ville natale. Guylhom était grand et on l’apercevait de loin, il avait apprécié le contact avec la population et surtout les enfants. Il se demanda d’ailleurs s’il en aurait jamais. Pourtant, il se rappelait surtout les nuits passées en compagnie de cette présence féminine, ces nuits où elles lui avaient fait découvrir le plaisir sous ses nombreuses formes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il chassa ces souvenirs et entra dans la tente de son frère, son escorte s’arrêta là et ne lui fit pas l’affront de lui demander de déposer son arme. L’homme assis à une table en face de lui tenait vraiment plus de son père que de sa mère : musclé mais presque bedonnant déjà, un regard sévère et des lèvres tombantes qui ne souriaient pas souvent. Lorsqu’il leva les yeux vers Guylhom, il n’y avait aucune sympathie dans sa voix.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que voulez vous prêtre ? Et que faites vous en compagnie de nos renforts ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom n’avait rien d’un prêtre et il le savait tous deux.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Bonjour Florian&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme l’examina, un éclair de compréhension passa dans ses yeux gris mais son visage ne trahit en rien qu’il avait deviné. Au lieu de ça, sa mâchoire se crispa encore plus.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;C’est moi Guylhom.&lt;br /&gt;- Guylhom…je ne pensais pas que tu sortirais jamais la tête de tes livres.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le ton était froid et il eut soudainement peur de son frère.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que fais-tu dans cet…accoutrement ?&lt;br /&gt;- C’est récent et ça me surprend tout autant que toi je suppose.&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que vous voulez encore vous autre ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom se sentit exclu de la famille. Il aurait tout aussi bien pu être mort que ça n’aurait fait ni chaud ni froid à son frère.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Rien, enfin si, on m’a envoyé à la recherche d’Aelor, père m’a prêté cinq mille de ses hommes et…&lt;br /&gt;- Comment ?! Ces hommes me reviennent, nous en avons besoin pour…ils sont à moi c’est tout !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom haussa les épaules.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je suppose que père t’en enverra d’autres bientôt. Je suis venu ici pour te voir et pour savoir si tu avais des informations sur Aelor.&lt;br /&gt;- Tu te fous de nous, tu t’en es toujours foutu !&lt;br /&gt;- Je, non mais…j’ai une mission.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Et la famille alors ? Tu as rejoins un ordre qui s’est voué à notre chute.&lt;br /&gt;- Ne dis pas de bêtises.&lt;br /&gt;- Ah non et qui ? QUI s’est opposé à nous lors de la dernière guerre ?&lt;br /&gt;- Je ne suis pas dans les confidences de l’ordre mais pour ce que j’en sais vous aviez attaqué les royaumes du sud en premier.&lt;br /&gt;- Ah ! pour ce que t’en sais….Il l’avait brûlée Guylhom ! &lt;br /&gt;- De quoi tu parles ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- DE TA SŒUR ! Ce gros porc, il n’a pas supporté l’humiliation, il a attrapé une torche et il l’a brûlée ! Devant tout le monde ! Aujourd’hui encore je sens l’odeur de cheveux cramés et de porc cuit. Tu l’as vues ??? Tu savais que la chair avait cette odeur quand elle crame ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les gardes avaient ouvert le battant de la tente et observaient la scène la main sur leurs armes.&lt;br /&gt;Son frère ne remarquait rien, il continuait de crier et de s’emporter sur Guylhom alors qu’il n’avait même pas été présent à cette époque.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Et père, ce père que tu aimais tant, n’a rien fait. Il l’a laissé partir. Oh bien sûr après il a tenté de les envahir mais il ne voulait pas avouer que sa fille était défigurée par un pisseux. Je parie qu’il ne t’en a même pas parlé !&lt;br /&gt;- Non, à vrai dire je ne savais même pas que j’avais une sœur jusqu’à ce qu’il me le dise.&lt;br /&gt;- Tu as toujours passé ton temps dans les livres. Tu n’as jamais pris soin de la famille. Tu as préféré rejoindre l’ennemi, mais ils paieront un jour, tous autant qu’ils sont ! J’en ai fait le serment. Et tu ferais mieux de faire ton choix.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Voir son frère ainsi ravagé par la folie et la douleur affecta grandement Guylhom, d’autant plus qu’aux premières estimations il était à la tête de presque trente milles hommes. Qui sait ce qu’il contait en faire ?&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Un jour ils paieront et s’agenouilleront devant le Liudmark en demandant pardon.&lt;br /&gt;- Tu es fou.&lt;/em&gt; souffla Guylhom.&lt;br /&gt;Le regard de son frère flamboya. Il tira son épée et s’approcha. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;N’ose jamais plus me critiquer dans mon propre campement. JAMAIS !  Ne crois pas que cette armure te protège, vous n’êtes pas infaillible vous chevalier blancs !.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;C’est lui ! C’est lui ! C’est lui !&lt;/em&gt; » la voix dans sa tête s’affolait. Guylhom fut pris de vertiges, incapable de comprendre ce qui se passait sous cette tente. Son frère se méprit sur sa réaction.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tu es un pleutre ! Tu recules déjà, tu as toujours été un pleutre, déjà petit tu avais peur de te faire mal à l’épée. Ton ordre n’a vraiment plus personne vers qui se tourner pour te choisir, toi.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je veux juste savoir ce que tu sais d’Aelor, après je m’en vais.&lt;/em&gt; Dit Guylhom d’une petite voix.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Tu t’en vas ? Tu crois que je vais te laisser partir avec mes hommes, tu iras seul dans les terres burgannes chercher ce soi disant messie. Seul ! Tu m’entends ? Comme tu nous as laissé seul toutes ces années.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom n’en pouvait plus de se faire reprocher les malheurs de sa famille lors de sa formation au monastère. Il essaya quand même d’apaiser la tension ambiante.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Arrête Florian. Je ne veux pas me battre avec toi. Je te laisse mener ta guerre.&lt;br /&gt;- Te battre ? Tu en es incapable. Tu es le déshonneur de cette famille. Vous les moinillons, vous vous croyez puissants mais vous exploitez le peuple pour votre propre gloire. Votre époque est finie. Tu es fini. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Florian le poussait en martelant sa cuirasse du poing.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Arrête !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom reculait de plus en plus, jusqu’à se retrouver dehors. Un attroupement s’était formé autour de la tente. Des hommes observaient la scène avec amusement, la plupart avaient la bouche ouvert sur un rictus aux dents gâtées. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Pars d’ici la queue entre les jambes si tant est que tu en as une. Fuis petit moinillon de merde !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom ne sut jamais si c’était sa propre colère refoulée ou celle de la voix mais il frappa son frère au visage. Son gant de métal ouvrit la pommette du général qui tomba par terre en arrière. Ses hommes tirèrent l’épée comme un seul homme. Un bruit formidable que des centaines d’épées qu’on tire du fourreau. Un bruit qui glaça le sang de Guylhom. Il mit la main sur la garde de son épée et la tira doucement. Les hommes hésitaient, ils crachaient sur son ordre mais tous avaient entendu parler de la prouesse des chevaliers de Saint Royan. &lt;br /&gt;Florian se releva, se tâtant le visage.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Va ! Pars faire ta quête si importante. Prends tes hommes s’ils veulent te suivre mais que je ne te croise plus jamais. Aujourd’hui, je n’ai plus de frère.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Guylhom avait encore les larmes aux yeux alors que résonnaient dans son esprit les dernières paroles de son frère. Il se détourna de la vision de Palis détruite, ravagée. Ce voyage ne lui apportait au final que des déceptions. Il avait l’impression que chaque étape lui montrait des ruines, son père n’était plus que l’ombre de ce qu’il était, son frère était devenu un fou sauvage et haineux, Palis, la cité frontière n’était plus que cendres froides, quelle serait la prochaine étape ?&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;…être un chevalier de Saint Royan n’a jamais été facile &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je n’ai jamais demandé à l’être.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Tu sembles croire qu’on ta choisis pour ton nom, alors que c’est lui qui nous à fait hésiter. Nous ne t’avons pas choisi, tu t’es désigné seul.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; J’ai passé ma vie le nez dans les livres d’histoires et de droit. J’aurais à la limite été un juriste passable alors un chevalier, pfeu.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt; Et tu crois que je n’aurais pas voulu vivre dans une jolie ferme au coin d’un bois ?&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Guylhom la voyait très bien cette ferme, l’image était apparue spontanément dans son esprit. Une petite construction en torchis, un toit de paille brune, des vitres sales derrières lesquelles oscillaient la flamme d’une bougie. Le bois était une plaque sombre sur ce tableau nocturne. Aucun chemin ne menait à la ferme car elle ne recevait jamais de visite. Jusqu’à cette fois là probablement. Cette nuit où une jeune fille avait vu sa vie basculer.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je suis désolé, je ne pense qu’à moi&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Oui, mais je ne veux pas de ta pitié. Va rejoindre tes hommes, il est temps de se mettre en marche &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Mais je n’ai pas encore reçu confirmation que les cols étaient désenneigés.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Personne ne lui répondit et il supposa qu’elle n’allait plus lui adresser la parole pendant quelques temps, probablement sa punition pour avoir remonté des souvenirs à la surface.&lt;br /&gt;Il descendit de son promontoire et pris le chemin du campement. Enfin ! Ils allaient pouvoir traverser la montagne. « &lt;em&gt;Elichzane : les dents des dieux &lt;/em&gt;» que les Burgans appelaient ces montagnes. Les pentes abruptes, les pointes effilées et enneigées ne rassuraient pas outre mesure sur la dentition des dits dieux. Impossible de les passer en hiver, les cols étaient enneigés et l’escalade impensable.&lt;br /&gt;Ces dents n’étaient faites que de roche, pas un gramme de bronze alors qu’on en trouvait dans la moindre colline du Liudmark, pour tout le bien que ça faisait. Aucune ressource exploitable ce qui expliquait l’absence de ville d’importance dans le nord du pays. Seuls quelques forts ici et là afin de prévenir une attaque burganne. Palis avait été la seule implantation notable, la seule aussi à commercer avec les barbares. Dire qu’il n’avait pas fallu deux semaines à Aelor et à son armée pour la réduire à néant. Guylhom craignait de voir les dégâts qu’il allait apercevoir de l’autre côté des montagnes. Aelor avait été à la tête de la plus grande armée de ce monde, oh bien sûr, ils n’étaient pas entraînés comme les fiers soldats de Liudmark et les Burgans étaient des adversaires terribles mais quand bien même. Pourtant cela faisait plus d’un an que ces ruines ne fumaient plus. Qui sait s’il restait encore quoi que ce soit de vivant de l’autre côté de ces montagnes. Qui sait si cette quête avait encore un sens. &lt;br /&gt;Ses hommes le saluèrent lorsqu’il rentra au camp, ceux-ci étaient couverts de fourrures, battant du pied pour se réchauffer en montant la garde. Leurs gants de cuir marron se serraient et se desserraient sur les longues hampes des lances et un souffle glacé sortait de dessous leurs capuches.  L’hiver avait été rude et le printemps s’annonçait timide. Guylhom attrapa le premier sergent qu’il reconnu à son casque empennés et lui demanda de préparer les troupes. Mille hommes seulement mais cela suffirait pour une première traversée. Les quatre mille autre les rejoindraient d’ici quelques semaines quand les cols seraient moins dangereux, d’ici là ils allaient poser les bases de la nouvelle Palis. Le Liudmark ne pouvait rester sans protection et Florian n’avait pas eu l’air de s’en inquiéter lui. &lt;br /&gt;Le camp s’activa, on chargea les chariots de vivres et d’armes. Impossible de faire porter les longues lances de plus de trois mètres aux hommes dans des montagnes encore gelées et glissantes, ils allaient se contenter de courtes lances de marche. On scella les chevaux. &lt;br /&gt;Les éclaireurs revinrent avant qu’ils n’aient fini les préparatifs. Mais ils avaient le feu vert, les cols étaient accessibles. Demain, ils seraient en terre burganne.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1233486683726675945?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1233486683726675945/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1233486683726675945' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1233486683726675945'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1233486683726675945'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/le-vengeur-chapitre-20-guylhom-florian.html' title='Le Vengeur - Chapitre 20. Guylhom - Florian'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2383975146628339014</id><published>2007-09-10T13:36:00.000+01:00</published><updated>2007-10-02T09:49:12.895+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 19. Orlamund - Siège</title><content type='html'>Voici le chapitre 19 qui reprends une Orlamund différente et qui se révèle peu à peu. Je l'espère aussi plus agréable à lire même si je pense que les étapes précédentes étaient obligatoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Ennio Moricone - For a Few Dollars More&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XIX. Orlamund - Siège&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Un rocher s’écrasa contre la tour Saint Jean, Orlamund ne sursauta même pas, elle baissa juste la tête par réflexe et continua son chemin. Les blessés n’attendaient pas eux. Des gravillons atterrirent dans ses cheveux alors que les plus gros blocs s’écrasaient dans la rue déserte. Deux semaines que le siège avait débuté et cette période sombre lui avait déjà semblé plus longue que l’année écoulée. Pourtant elle avait eu de la chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait marché toute la journée les jambes et la croupe en feu. C’est là que la panique la submergea. Un jour et elle n’était même pas encore en vue de la Synd, cette rivière descendait des montagnes à l’ouest et longeait celles-ci jusqu’à Pylos. Elle n’avait presque rien à manger sur elle et était bien incapable de chasser pour subvenir à ses besoins. Le doute la pris, allait-elle jamais arriver à la frontière avec les Cités Libres avant de mourir de faim ou d’épuisement ?&lt;br /&gt;Dans un fol espoir, elle continua de marcher jusqu’à la nuit tombante. Incapable de pouvoir voir suffisamment et risquant de se fouler la cheville sur un caillou instable, elle s’affala sur le sol. Terrifiée par la solitude et le silence qui l’entourait, elle éclata en sanglots sur ses robes roses de sang et grises de poussière. Elle s’endormit recroquevillée sur elle même et fut réveillée par les grognements de son ventre vide. « Idiote » pensa-t’elle. Pourquoi n’était-elle pas retournée voir les questeurs qui tentaient de la retrouver ? Ils l’auraient emmenée saine et sauve au château de père. Elle aurait pu y dormir et y manger tout son saoul « &lt;em&gt;...avant d’être envoyée au couvent&lt;/em&gt;.» Elle laissa échapper un long soupir résigné.&lt;br /&gt;En fin d’après midi, elle n’arrivait plus à marcher. Elle avait eu la mauvaise idée d’ingurgiter un champignon qu’elle avait découvert à l’ombre d’un rocher moussu. Il ne devait pas être très comestible car elle s’accroupit pour vomir à nouveau, les jambes flageolantes. C’est dans cet état que le docteur Terius et Pinceur l’avaient trouvée, recueillie et soignée. Le docteur était un vieil homme calme, presque chauve et à la vue déclinante qui n’alignait pas plus de trois mots dans une journée. Pinceur quand à lui était un jeune orphelin de dix ans aux cheveux couleurs de blé. Il avait eu son surnom pour avoir eu l’habitude de toujours ramener une pincée d’herbes quand on lui en demandait le pot ce qui avait eu le don d’énerver le doc. Depuis, le garçon semblait profiter de son surnom pour pincer les fesses des demoiselles. Orlamund y avait échappé jusque là mais elle avait quand même pris le garçon en affection. Le docteur Terius ne lui avait rien demandé et elle ne lui avait rien dit, une foi remise elle s’était d’elle même mise au travail pour l’aider. Ils avaient ainsi traversé de nombreux villages pour aider des miséreux malades, ils apportaient quelques remèdes contre le gîte et le couvert. Ce n’était bien sûr pas le chemin le plus court vers Pylos mais ils finirent par y arriver juste avant les grosses neiges qui bloquent les cols. Une grande ville représente une source de travail inépuisable pour un docteur et Orlamund avait largement eu le temps de se faire la main. Ce travail lui plaisait, pour une fois elle pouvait faire quelque chose en tant que femme et être respectée malgré tout. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le début du siège, c’est à peine si elle avait encore le temps de dormir. On ne comptait plus les fractures, les contusions et autres maladies dues au manque de nourriture. Dire que l’ennemi n’avait même pas encore donné un seul assaut. Pylos était une cité marchande, elle n’avait jamais été préparée pour la guerre. Orlamund descendit la grande allée de pierre qui s’éparait les quartiers hauts de la ville basse. Les soldats avaient besoin d’elle. Le poste de commandement avait eu droit à son premier bombardement cette nuit. Soit les assaillants avaient eu des problèmes pour le localiser soit ajuster un tir de catapulte était plus complexe qu’elle ne le pensait. Deux semaines à tirer au hasard dans la ville, il était temps qu’ils s’attaquent aux structures militaires et laissent les civils en paix. Elle entra dans le poste à moitié écroulé. Le docteur Terius était déjà présent en train d’opérer un homme à même le sol. Il découpait une jambe avec des ciseaux afin d’en retirer des échardes grandes comme la main. Livides deux des collègues du soldat tentaient de le maintenir au sol alors que celui-ci beuglait comme un forcené.  A peine entrée que les blessés encore conscient l’implorèrent de venir les aider, tendant leurs mains vers elle. «&lt;em&gt; Dame ! Dame ! Pitié ! Dame !&lt;/em&gt; ». Elle inspira profondément et ferma les yeux, laissant son autre « moi » sortir. Elle sentit leurs âmes, ferma les yeux de ceux qui n’avaient aucune chance, les berçants dans un sommeil profond et sans douleur.  Elle répara certains organes internes, cautérisa des plaies et endormit les épuisés. Tout était si simple sous cette forme spectrale. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, de retour dans son corps, le calme était revenu dans le bâtiment. Les quelques hommes valides présents la regardaient avec respect et leurs yeux presque larmoyants valaient tous les mercis du monde. Elle s’attela ensuite à bander les plaies. Elle avait laissé le blessé du docteur Terius entre les mains de celui-ci. Le docteur n’aimait pas qu’Orlamund décide pour lui du destin de ses blessés même si elle savait que celui-ci n’avait aucune chance. Lorsqu’il était épuisé le docteur la regardait avec haine. Il lui en voulait d’avoir si facile, que ce soit pour soigner ou pour tuer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les bombardements reprirent et Pinceur vint la chercher.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; C’est les halles s’te fois, y’a des morts. Tout scrabouillés qu’y sont&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Elle se demandait comment l’enfant supportait cette tension et cette violence quotidienne.&lt;br /&gt;Le soir venu, elle s’écroula sur sa couche, trop épuisée pour se sustenter. Sa nuit fut agitée, des hommes broyés, des fractures ouvertes sur des os luisants de sang émergeait de la noirceur qui l’entourait et derrière elle entendait « &lt;em&gt;Vois ce que tu m’obliges à faire petit oiseau.&lt;/em&gt; ».&lt;br /&gt;Le tocsin la reveille au petit matin “Ding Ding Ding” sans arrêt. Les rues étaient encore plus désertes que d’habitude, seuls quelques chiens reniflant les détritus se promenaient encore. Tous les volets étaient clos et aucun officier n’était passé allumé les torches cette nuit donnant à la ville un air fantomatique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orlamund suivit la seule source de bruit en ce petit matin gris. Elle n’avait pas pris le temps de se laver et du sang séché maculait encore ses ongles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une grande clameur envahit l’air comme si les portes de l’enfer s’étaient ouvertes. L’ennemi assaillait les murs et était probablement en train de gagner. Elle croisa des soldats qui s’éloignaient des murailles. L’un d’entre eux la reconnu et lui attrapa le bras :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; N’allez pas par là, c’est la fin. Seule la mort vous y attend. Ils sont des milliers !&lt;br /&gt;- Je ne recule pas devant mon devoir moi soldat !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Son ton autoritaire était revenu tout naturellement. Malgré ses mésaventures elle gardait son éducation de princesse encrée profondément en elle. Jamais aucun homme ne lui avait encore parlé comme ça. « &lt;em&gt;…à part Devian &lt;/em&gt;» lui répondit une petite voix dans son crâne. L’homme la relâcha, surpris, il fit mine d’ajouter quelque chose mais se ravisa et s’enfuit. Elle se demanda où il espérait bien trouver refuge.&lt;br /&gt;Elle en rencontra d’autres mais il semblait pourtant que le mouvement n’était pas général et que les murs tenaient toujours. Un officier haranguait ses troupes, tentant de leur redonner courage, bousculant les indécis, passant d’un poste à l’autre pour donner des conseils. Personne ne prenait la peine d’évacuer les blessés et si Orlamund voulait les atteindre elle allait devoir s’approcher de la tourmente. &lt;br /&gt;Le bruit était assourdissant, elle gravit les marches et manqua tomber lorsqu’un autre soldat la bouscule pour passer et fuir. Les défenseurs ployaient. L’officier en attrapa un et avec son aide repoussa un échelle. Les hommes reprenaient courage de voir ainsi un haut gradé s’investir. L’ennemi donna alors le vrai assaut. Des milliers de gorges crièrent « &lt;em&gt;Hou Chou Ha !&lt;/em&gt; » et les hommes s’élancèrent. Déjà, un premier assaillant posait le pieds sur le rempart, puis un deuxième. &lt;br /&gt;L’officier fut le premier à faire face, seul. D’un revers il envoya le premier valdinguer par-dessus les remparts. Le deuxième, lui, lui planta sa courte épée dans la jambe. Instinctivement, Orlamund sut que l’artère avait été touchée. Elle se projeta hors de son corps et colmata la brèche, rejoignit les tissus déchirés et insuffla sa force à l’homme avant même que celui-ci ne touche le sol.&lt;br /&gt;Tout soldat convenablement entraîné courait au secours de son officier lorsque celui-ci tombait. Ce réflexe sauva l’homme d’un second coup d’épée qui lui aurait été fatal. Elle pouvait voir la livrée rouge et noire de l’assaillant alors qu’un autre le rejoignait. La pression subie ses dernières semaine ressorti à travers le voile apaisant qui l’entourait d’habitude. Elle attrapa le bras de l’homme et plongea son épée sur le casque de son compagnon, tranchant le cuir du casque comme du beurre. L’arme se planta dans l’os du crâne, le fissurant et faisant claquer les dents du malheureux qui surpris, se mordit la langue et se la coupa avant de mourir. Elle continua son mouvement et envoya l’ennemi par-dessus les murs s’écraser sur l’échelle en contre bas. L’officier bien qu’affaiblit s’était relevé et criait « Haro ! Haro ! Pour Pylos ! » Et elle reprit ce chant en chœur alors qu’elle faisait voler les corps hors de la muraille encore et encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se réveilla bien plus tard, Pinceur à son côté était assis sur un tabouret, ses jambes bougeant sans cesse d’impatience. A peine eut elle ouvert les yeux qu’il sauta sur ses pieds tout content&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Z’aviez rien mangé mamzel. Puisement qu’il a dit l’doc.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Trop faible pour encore parler, elle avala l’eau que lui tendit le jeune homme.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Y’a un soldat qu’est venu, y m’a mêm  montré sn’ épée mêm qui parait qu’il a tué des gens vec!&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Orlamund sourit. Voir pinceur si gai et au petit soin pour elle lui faisait presque oublié ce qui s’était passé. Elle lui ébouriffa les cheveux d’une main encore peu assurée et fut prise de vertiges. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Deux zours que vous y dormez, deviez êt fatiguée mamzel.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle s’était déjà ruée sur le pain et la soupe à côté de son lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine Pinceur eut-il ouvert la porte, que l’officier se rua à l’intérieur et mit genou en terre. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Par les saints vous êtes en vie ! Capitaine Jean pour vous servir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il lui prit la main et la baisa. Elle put mieux l’observer, une quarantaine d’année, le teint halé et la marque du cuir du casque marquait ses tempes. Il n’était pas bel homme avec ses dents gâtées et son nez de travers mais son regard était puissant et on réalisait vite qu’on était en face d’un homme qui avait l’habitude de commander.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Ma Dame, nous vous devons la victoire ce jour là, il n’y a plus eu d’assaut depuis, l’ennemi nous craint. Vous avez été formidable ! Sans vous la ville serait tombée, je n’arrive pas à croire la chance que nous avons de vous avoir à nos côtés. Les gens pensent que c’est Aelor qui les protège mais je sais que c’est vous, je vous ai senti.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Du calme &lt;/em&gt;dit-elle d’une petite voix en tentant de ramener les couvertures sur elle. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je...pardon Ma Dame, désolé de vous assaillir comme ça au réveil, vous devez être épuisée. Je tenais à vous remercier. Les hommes ont besoin de vous sur les remparts, ils savent qu’avec vous à nos côtés on ne peut pas perdre. Vous auriez dû voir ça ! Les gens sortaient de leurs maisons pour regarder l’ennemi voler hors des murs, les déserteurs sont revenus à leur poste ! C’est un miracle !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je, je ne suis pas sûre de comprendre mon implication dans tout ça, Capitaine.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme fut décontenancé un instant et puis sourit.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ecoutez, je suis intimement convaincu que vous m’avez sauvé la vie. Je suis un soldat et les soldats ne survivent pas à une artère tranchée. Les gens savent que vous avez un don pour soigner et on a besoin de quelqu’un qui nous redonne espoir et courage. Que vous le vouliez ou non, ce quelqu’un c’est vous.  Tout ce que je vous demande c’est de vous montrer, de donner une raison à ces hommes de mourir. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Ce sont les blessés qui ont besoin de moi, soldat, je ne connais rien à la guerre.&lt;br /&gt;- Personne ne pourra rien pour eux une fois l’ennemi dans la place. Je vous en supplie ma Dame.&lt;br /&gt;- Je m’appelle Orlamund.&lt;br /&gt;- Comme la princesse ?&lt;br /&gt;- Comme la princesse...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait fini par céder, ne fut-ce que pour voir l’homme partir. Mais il avait tenu parole, à peine faisait elle ses premiers pas timides hors du lit qu’une couturière s’annonça. Une fois le travail terminé et qu’elle put s’admirer dans un miroir (un miroir ? depuis combien de temps ne s’était elle pas regardé ainsi ?) elle fut choquée de voir le changement opéré. Une robe de velours rouge à la doublure couleur sang, les bords sombres contrastait avec le teint clair se sa peau. Ses doigts maintenant sales et calleux juraient avec le reste de son corps encore frêle. Son visage était plus fin, presque émacié sur les mèches brunes qui lui descendaient sur les tempes.  Ses yeux d’un gris bleu clair lui donnaient plus que son âge. Elle se surprit à se voir plus princesse maintenant qu’avant dans ses robes de fillettes qui valaient probablement plus que toute la maison du docteur. Cette robe-ci était faite pour être vue, pour la mettre en valeur et elle se sentit fière du résultat. &lt;br /&gt;Pour la première fois depuis des mois, elle se mit à avoir confiance en elle et eut plaisir à se regarder dans ce miroir qu’elle avait évité depuis cette fameuse nuit. Elle se sentit fière d’avoir sauvé des vies, fière d’être utile et demandée, fière de ne plus être une petite fille. Et les larmes coulèrent le long de ses yeux, des larmes de regrets sur une enfance terminée mais aussi de joie pour sa nouvelle vie qui commençait.&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2383975146628339014?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2383975146628339014/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2383975146628339014' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2383975146628339014'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2383975146628339014'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/le-vengeur-chapitre-19-orlamund-sige.html' title='Le Vengeur - Chapitre 19. Orlamund - Siège'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-5144133894165379914</id><published>2007-09-06T13:56:00.000+01:00</published><updated>2008-12-10T21:56:42.220Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='dessins'/><title type='text'>Aelor - Cadeau de Flock.</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rt_5WHlM0fI/AAAAAAAAAHA/XylS5-j5rA4/s1600-h/maitrecorback1.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5107074660848947698" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rt_5WHlM0fI/AAAAAAAAAHA/XylS5-j5rA4/s400/maitrecorback1.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Surprise aujourd'hui ! &lt;a href="http://www.dessincretin.com/"&gt;Flock &lt;/a&gt;me fait partager sa vision d'Aelor. Oui oui, le "&lt;em&gt;seigneur des corbacs&lt;/em&gt;" le même personnage qu'on retrouve dans le prologue et dont le nom revient aussi souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Grand merci à lui, c'est très gratifiant de savoir que quelques unes de vos lignes ont pu mener à un dessin, quelque chose de concret.&lt;br /&gt;Je crois que Flock a largement gagné la palme de la motivation pour mon travail d'écriture et je ne l'en remercierai jamais assez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Santé à toi !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-5144133894165379914?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/5144133894165379914/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=5144133894165379914' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/5144133894165379914'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/5144133894165379914'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/09/aelor-cadeau-de-flock.html' title='Aelor - Cadeau de Flock.'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rt_5WHlM0fI/AAAAAAAAAHA/XylS5-j5rA4/s72-c/maitrecorback1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1042606269112909404</id><published>2007-08-31T17:47:00.000+01:00</published><updated>2007-08-31T18:11:34.839+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 18. Saymar - Souvenirs</title><content type='html'>Et encore un. On retourne ici sur les événements qui se sont produits en un an pour Saymar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: James Blunt - You're beautiful&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XVIII. Saymar - Souvenirs&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si belle ! Dans sa jupe légère qui virevoltait, ses pieds nus se posant légèrement sur l’herbe fraiche, Anna était aussi éblouissante que l’aube. Le soleil se reflétait dans sa chevelure rousse lui lançant des reflets rouges. Elle avait les yeux qui pétillait et riait, riait encore en tournoyant. Ses épaules blanches et nues  semblaient aussi douces que des pèches. Elle prit Laurent par la main et l’entraîna plus loin. &lt;br /&gt;Elle ne lui avait même pas accordé un seul regard et pourtant il était sûr qu’elle savait qu’il était là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saymar cracha le brin d’herbe qu’il mâchouillait depuis une heure et se redressa. Il fit jouer ses muscles endoloris d’être resté trop longtemps prostré contre la barrière, l’air de rien. Comme s’il n’avait rien d’autre à foutre que de faire semblant de regarder le paysage.&lt;br /&gt;Même pas un putain de regard. Un an que ça durait. Bah !&lt;br /&gt;Il aurait bien voulu s’en foutre mais il ne pouvait s’empêcher de la regarder et de se demander si elle lui en voulait toujours à mort. Avait-elle oublié sa haine et sa promesse ? &lt;br /&gt;Il avait beaucoup trop pensé à elle depuis. Au début, il sursautait à chaque fois qu’elle s’approchait, il ne pouvait la quitter des yeux de peur qu’elle ne tente encore de l’assassiner. &lt;br /&gt;Elle lui avait présenté un visage agréable, une indifférence polie, celui d’une adolescente face à un adulte qu’on connait peu. Il avait tenté de tourner la page, d’oublier cet épisode, de l’attribuer à une lubie. &lt;br /&gt;Mais quand il allait se coucher, il restait là les yeux ouverts à se retourner encore et encore et à sursauter au moindre bruit. Une fois endormi, ses nuits étaient hantées par le souvenir du corps nu d’Anna, il rêvait de lui faire l’amour, il rêvait qu’il tentait de l’attraper. &lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Salope ! &lt;/em&gt;» Il cracha par terre. Elle avait bel et bien réussi à l’ensorceler, jamais une femme ne lui avait fait cet effet avant et il savait très bien cette fameuse nuit en était la cause. &lt;br /&gt;Quand il croisait son regard il sentait des fourmis lui parcourir l’échine et il souriait bêtement, gêné. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout d’une semaine, il était allé voir Laura et l’avait prise là sur le sol. Elle l’avait giflé ensuite et puis embrassé comme si elle aimait sa sauvagerie. Lui en avait été malade, il avait failli régurgiter son repas avant la fin de leurs ébats et était parti, en évitant son regard. Elle y aurait vu un dégoût profond. Laura n’était pas Anna, aucune ne l’était et ça commençait sérieusement à l’énerver.&lt;br /&gt;Il s’était alors jeté à corps perdu dans la logistique, il avait planifié, travaillé tard et planifié encore pour le jour où les soldats de Liudmark viendraient les débusquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin, Haytor était venu le trouver en catastrophe :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Des soldats ! Par centaine.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le camp était en effervescence. Ils étaient maintenant une bonne quarantaine d’hommes et de femmes qui savaient se battre. Ceux qui n’en étaient pas capables se préparaient à lever le camp pour s’enfoncer plus profondément dans la forêt, vers les marais. Les autres s’harnachaient. &lt;br /&gt;Mais les soldats ne venaient pas du nord. Toujours pas de nouvelles d’une quelconque force armée de Liudmark dans la région. Non, les troupes présentes venaient des Royaumes du Sud, plusieurs centaines d’hommes en livrée attendaient les bandits. &lt;br /&gt;Les plus jeunes près de Saymar pissèrent dans leur froc quand ils virent les bois remplis d’hommes d’armes. Haytor lui même avait la bouche fermée, crispée. &lt;br /&gt;Banditisme, ils seraient tous pendus pour ça. Il ne s’était jamais attendu à voir une réaction de ces crétins du Sud, putain il ne savait même pas ce qu’on pourrait vraiment leur reprocher, ils n’avaient même pas piqué un putain d’oignon de ce côté ci de la frontière et ils payaient tout en espèce sonnante et trébuchante. Faire bonne figure avec les populations du coin lui avait semblé un bon plan pour rester discret malheureusement les hommes le sont rarement quand ils ont une pièce d’or à dépenser. &lt;br /&gt;Un héraut s’avança et lança :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Nous voulons parlementer avec votre chef !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar se retrouva presque seul, les autres s’écartant de lui sauf Pilton. Saymar fit la moue, serra l’épaule de son frère et s’avança.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qu’est-ce que vous lui voulez ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le héraut s’éclairci la gorge avant de prononcer solennellement :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Les forces de la Dix-Huitième sous le commandement du Général Mark et du lieutenant Frihan demande à se joindre aux glorieux « Soldats de la Princesse » et d’ainsi continuer la lutte contre l’offenseur Liudmarkien à vos côtés, le Roi Kylios ne pouvant autorisé une force d’attaque officielle ne peut donc cautionner notre action, nos officiers ont pris la décision de....&lt;/em&gt;Saymar se crut encore endormi, il se retourna vers Pilton, ignorant le héraut qui continuait à déblatérer.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Il veut quoi ce con ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le héraut gêner s’interrompit et se retourna vers ses officiers. L’un d’entre eux s’avança. C’était un grand moustachu au regard bleu acier, les cheveux noirs coupés courts et les pectoraux bien en avant. Il faisait probablement deux fois la largeur de Saymar si pas trois. «&lt;em&gt; Je pourrais me tenir tout seul dans une de ses cuisses &lt;/em&gt;» pensa-t’il. &lt;br /&gt;L’homme s’avança et lui tendit la main « &lt;em&gt;Je suis content de trouver un homme qui a la tête sur les épaules et va droit au but.&lt;/em&gt; » Il serra la main de Saymar tellement fort que celui-ci grimaça et se recroquevilla. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vos exploits parcourent le pays, je suis sûr que d’autres hommes nous rejoindront bientôt. On va leur faire payer à ces salauds. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar réfléchissait à toute vitesse. Rembarrer le type et c’était la mort assurée pour tout son groupe. Mais c’est quoi qu’ils voulaient ces types ? Et depuis quand les appelait-on les « &lt;em&gt;Soldats de la Princesse &lt;/em&gt;» ?&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Euh...ouais c’est sûr. Mais euh vous comptez faire quoi là ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le regard de l’homme se durcit, il le jaugeait et ne semblait pas aimer beaucoup ce qu’il voyait. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;On peut parler en privé ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ils s’éloignèrent donc, le vent faisait craquer les arbres et l’automne n’allait pas tarder à arriver. Saymar se demanda si ce n’était tout simplement pas la fin.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je sais que vous n’êtes qu’un brigand, recherché pour meurtre de surcroit&lt;/em&gt;. &lt;br /&gt;Saymar sentit un frisson glacé lui secouer l’échine et son ventre se liquéfier.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Personnellement ça me débecte de devoir m’allier à un personnage de votre espèce. Seulement voilà, la moitié du royaume ne parle que de vous. Vous avez oblitérez un régiment entier de patrouilleur en une seule nuit. En temps normal, on vous aurait pendu et on aurait offert les têtes au Liudmark pour s’excuser du désagrément. Mais ce ne sont pas des temps normaux, la princesse s’est faite enlevée au sein même du château royal, plusieurs gardes ont été tués et personne n’a rien vu. Les questeurs ne l’ont toujours pas retrouvée et n’ont aucune preuve que le Liudmark est en cause. Seulement voilà pour quoi risquer ainsi les relations entre nos deux pays ? Le commerce est perturbé et tout le monde y perds. Le roi a renvoyé les ambassadeurs en leur interdisant de revenir sans la princesse saine et sauve. Ce qui a été pris comme un affront car nous n’avons aucune preuve tangible et le roi Frederik joue l’innocent. Aucun de nos espions ne peut nous dire grand chose sauf que le Liudmark se prépare à la guerre mais contre qui ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Saymar digérait l’information tout en se demandant ce qu’il pouvait bien avoir à faire là dedans. Sourcils levés, il regardait l’homme déblatérer sur la situation politique actuelle.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ce n’est pas logique ! Ce qui est sûr c’est que le roi Kylios  se retrouve coincé. Soit il joue le bras de fer, menace d’attaquer si on ne lui rend pas sa fille et passe pour un souverain impétueux qui cherche la guerre. Soit il attend. Et c’est ce qu’il a choisi. Le royaume a déjà survécu à une attaque surprise de Liudmark et il y’a peu de chance que ce soit différent cette fois, les cités libres nous enverraient des troupes en quelques mois. Bref il attend mais ne reste pas les bras croisé pour autant mais aux yeux de la population il est en train de passer pour un lâche. Le peuple s’en fout des risques économiques et des horreurs de la guerre, ils veulent que le roi trouve et punisse les coupables, quitte à envahir  Liudmark.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Mais vous êtes qui vous ?&lt;br /&gt;- Vilnius Mark, lieutenant de la garde noire.&lt;br /&gt;- Pfrrrt. C’était pas général de la ‘ché pas quantième tantôt ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt; La dix-huitième n’a jamais existée. Elle vient d’être crée de toute pièce avec des volontaires. La moitié des troupes ici sont membres de la garde noire, la police secrète du roi. Vous avez la réputation, le roi Frederik se demande encore si vous êtes une force armée ou de simples brigands. Vous traitez de brigands publiquement reviendrait à avouer que les frontières ne sont pas sûres et que ses soldats ont perdus une bataille contre des paysans. Vous imaginez bien le dilemme dans lequel il se trouve. S’il accuse le roi Kylios d’être derrière tout ça il prend le risque d’une escalade militaire s’il fait l’inverse il perd de son prestige et de sa crédibilité.  &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Et nous là dedans?&lt;br /&gt;- On veut intensifier vos actions et fournir une lueur d’espoir au peuple. Les gens sont mécontents que le roi ne fasse rien, les soldats commencent à déserter. On va canaliser tout ces gens par ici et donner du fil à retordre à nos voisins, couper leurs lignes de ravitaillement, diminuer leur effort de guerre. Bref leur donner des cauchemars tout ça sans jamais impliquer l’armée du Sud.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Avec vos uniformes c’est mal barré. &lt;br /&gt;- Ne vous inquiétez pas, des charriots sont restés au village sous bonne escorte, ils sont remplis à ras bord avec de l’équipement et du ravitaillement. Aidez-nous à nous battre au nom de la princesse et vous deviendrez un héro, riche de surcroit. J’ai toute latitude pour ce faire du moment que c’est dans les intérêts de la couronne. Vu que l’alternative est la corde je pense que nous sommes suffisamment généreux.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Puisque j’ai pas le choix, je vois même pas pourquoi vous me demandez mon avis. Mais ça me plait pas de jouer les portes étendards. J’suis pas un soldat moi.&lt;br /&gt;- On s’occupera de la logistique et des questions pratiques, tout ce que vous aurez à faire c’est apparaître comme le général de notre petite armée et faire de jolis discours devant les populations.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est vrai que la vie avait été plus facile ensuite. Les soldats s’étaient installés avec eux et avait pris toutes les questions logistiques et d’entrainement en main. Saymar s’était enfermé dans sa tente en ruminant. Sa petite vie pépère était finie et il se retrouvait coincé dans une prison dorée. Général sans réel pouvoir. Il était sorti de sa réserve quand Mark avait voulu renvoyé les femmes chez elle. Alerté par Laura, Saymar était sorti en trombe et avait gueulé sur l’officier devant tout le monde.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Putain vous vous prenez pour qui ? Elles ont combattus aussi bien que les autres. Je me fous de ce que vous avez fait avant mais si vous manquez encore une seule fois de respect envers les nôtres je vous renvoie en morceau à votre famille de merde.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde les regardait et Mark avait du faire amende honorable afin de sauvegarder les apparences, les choses étaient maintenant claires, Saymar continuait à prendre les décisions. Leur rapport étaient assez froids depuis mais les hommes avaient été assez content de s’entraîner avec des femmes. Les soldats avait pris un peu trop leur aise et Saymar n’hésita pas en pendre deux pour viol ce qui calme les autres assez rapidement. Au bout d’un mois de cohabitation difficile, ils firent route vers le nord et traversèrent la frontière pour de bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saymar grimaça. Putain de soldats. Leur plan c’était de tout brûler sur le passage pour faire réagir le Liudmark et installer un climat de peur. Saymar avait changé tout ça. Son but était de piller les châteaux et de laisser la population tranquille.&lt;br /&gt;Ils avaient pris le castel Rouarde par surprise. Le pont levis était baissé, les gens vaquaient à leurs occupations. Les troupes de Saymar s’étaient approchées à couvert et puis il avait envoyé quelques hommes et femmes à l’intérieur. L’alarme fut donnée alors que le château était déjà pris. Seulement la population ne le prit pas aussi bien qu’il l’avait espéré. Craignant des pillages et des viols la moitié s’enfuit, l’autre tenta de résister à l’envahisseur. Ils ne pouvaient pas faire grand chose mais se barricadaient chez eux ou lançaient des pierres. Haytor et ses hommes calmaient les ardeurs des soldats de métier qui avaient tendance à vouloir résoudre les problèmes au fil de l’épée. &lt;br /&gt;Saymar se plaça sur un tonneau au centre du village, ses cheveux lui tombant sur les yeux. Il s’éclaircit la voix et commença son discours bidon sur la libération du peuple de Liudmark de l’oppression de la noblesse. Seulement une vieille arriva et tenta de le faire descendre de son tonneau. Elle parlait un patois incompréhensible et frappait ceux qui essayaient de la retenir. Saymar garda son calme et continua son discours en parlant plus fort. Certaines fenêtres s’étaient ouvertes et il voyait des gens dans l’ombre qui écoutaient. Mais la vieille ne le lâchait pas et se mit à crier des choses incompréhensibles, s’agrippant à ses chausses. &lt;br /&gt;Conscient qu’il allait passer pour un bouffon devant plusieurs centaines de personnes, Saymar sentit un calme profond l’envahir. Il descendit du tonneau et serra la vieille dans ses bras. Il serra et serra encore. La vieille se débattit et puis il entendit un crac de sa nuque et elle retomba flasque. Il fit un signe à ses hommes pour qu’ils l’emmènent et repris son discours. Il n’oublierait jamais le regard qu’ils avaient tous autant qu’ils étaient, choqués. Sauf Anna, elle avait rejoint les soldats peu de temps auparavant et souriait lorsqu’il creva la vieille. Etrangement ça le gêna, il s’en foutait en général de ce que les autres pensait et il savait bien qu’il aurait pu ordonner le massacre de tout le village que les autres l’auraient suivis tout de même. Mais le regard qu’elle avait lorsqu’il craqua la nuque de la vioq lui fit terriblement penser à cette nuit où elle lui avait promis un sort identique. Le pire était de voir qu’elle prenait autant de plaisir à le voir quelqu’un clamser, il se demanda même si elle n’avait pas plus de plaisir que lui. Parce que bon, crever du vieux ça le faisait pas franchement bander, c’était juste un défouloir. Un putain de bon défouloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saymar gloussa. Se rappeler tout ces souvenirs lui avait fait du bien. Le reste de la campagne s’était bien passée au final. Ils avaient capturé deux autres petits forts et gagné à leur causes de nombreux villages qui se réjouissait de l’or et des provisions apportées par l’armée.  Ils avaient rejoint la voie centrale il y’a un mois à peine et maintenant ils attendaient. Tout marchand désirant passer devait payer un tribu pour ce faire, les convois d’armes étaient réquisitionnés. Cette situation ne devrait plus trop durer  car l’armée de Liudmark était en chemin. Enfin !&lt;br /&gt;Plus de vingt-cinq milles hommes aux dernières nouvelles, ils avaient mis du temps mais ils avaient fait ça bien. Saymar pouvait au mieux compter sur dix milles hommes, les déserteurs avaient été nombreux à les rejoindre, des villageois aussi mais au final ils étaient trop loin de la frontière maintenant pour recevoir une aide substantielle. N’empêche passer de trente à dix mille en un an c’était un bon score, on n’était pas prêt d’oublier le général Saymar.&lt;br /&gt;Bah de toute façon ça faisait trop longtemps qu’il n’avait senti son couteau crever un bide bien gras, ça lui ferait peut-être oublier cette catin d’Anna et son petit soldat. Laurent ? Quel nom à la con.&lt;br /&gt;Il inspira profondément l’air du matin, il était temps de se remettre au boulot, il fallait être prêt pour accueillir tout ces braves soldats. Il tapa du pieds dans une pierre, souriant et parti en sifflant vers son état major.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1042606269112909404?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1042606269112909404/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1042606269112909404' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1042606269112909404'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1042606269112909404'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/08/le-vengeur-chapitre-18-saymar-souvenirs.html' title='Le Vengeur - Chapitre 18. Saymar - Souvenirs'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-3035261265371294931</id><published>2007-08-31T17:44:00.000+01:00</published><updated>2008-12-10T21:56:42.369Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 17. Thibaut - Le Débarquement</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwjcWedMvOI/AAAAAAAAAIA/_duZdq4xwlk/s1600-h/vagues.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5118583255197334754" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwjcWedMvOI/AAAAAAAAAIA/_duZdq4xwlk/s320/vagues.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Voici le premier chapitre de la deuxième partie de mon histoire. Un an a passé et je vais donc beaucoup revenir sur ce qu'il s'est passé cette année dans ce cycle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Corvus Corax - Hymnus Cantica&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XVII. Thibaut - Débarquement&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vagues se jetaient sur les planches calfatées de la barge. Les embruns aspergèrent le visage de Thibaut et les hommes qui l’entouraient rendant leurs casques luisant. Il pouvait apercevoir les cheveux blonds de Roland dans une autre barge un peu plus loin, celle-ci était ballotée par les vagues et semblait perdue au milieu de la brume. Il espérait de tout coeur que leur plan allait marcher. Thibaut ramena son regard sur les soldats dans son embarcation. La moitié n’avait plus rien à vomir et ce n’est pas la première fois que Thibaut remerciait les cieux pour les embruns qui balayaient l’odeur. Il suffirait d’un seul rocher pour mettre fin à leur voyage. Les cartes n’étaient pas très précises et Thibaut savait que son plan faisait plus confiance à la chance et à l’audace qu’à un réel génie tacticien. Tout ces hommes avaient pourtant foi en lui, ils donneraient leur vie pour lui et nombreux seront ceux qui le feraient avant la fin du mois. Pourtant les choses n’avaient pas toujours été ainsi.&lt;br /&gt;En un an, il avait eu le temps de monter en grade, rapidement d’ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après vérification des rumeurs sur la disgrâce de sa famille et la mort de son père, la vengeance lui avait noirci l’esprit. Ne disposant d’aucune ressource autre que son nom, il décida de s’engager dans l’armée Liudmarkienne le plus tôt possible. Roland avait bien tenté de l’en dissuader mais il n’en avait pas démordu.&lt;br /&gt;Arrivé à la capitale, il était allé voir le premier capitaine qu’il avait rencontré et alors qu’il entendait Roland le traiter de « crâne de piaf » avait demandé à s’engager.&lt;br /&gt;L’homme était un vétéran d’une quarantaine d’année, le visage marqué par des années à porter un casque, il avait souri d’un air mauvais en le toisant de haut en bas.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;N’engach pas co les esfants&lt;/em&gt; avait-il répondu.&lt;br /&gt;Thibaut réalisa que la langue commune n’était pas aussi répandue qu’on lui avait dit et qu’il allait devoir ressortir son vocabulaire Liudmarkien du fonds de sa mémoire.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je suis Thibaut Montfaucon, fils d’un seigneur déchu, donnez moi un bataillon et je ferrai tomber Montveilh avant la prochaine lune. Les saints eux même chanteront les louanges des soldats Liudmarkiens.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le capitaine avait arrêté de sourire et fronçait les yeux dans un effort de réflexion intense. Sans trop savoir que faire de ce jeune homme arrogant, il l’avait emmené voir son supérieur qui lui même l’avait emmené voir son supérieur.&lt;br /&gt;Le Liudmark n’était pas en guerre mais préparait quelque chose, on interrogea Thibaut parfois gentiment, parfois de façon plus musclée, on le sépara de ses compagnons, le laissa mariner un jour au cachot pour le recevoir le lendemain dans un somptueux appartement et l’accueillir comme un pair.&lt;br /&gt;La machine était en route et Thibaut ne fit qu’attendre le résultat final.&lt;br /&gt;Il n’avait fait que compter sur la haine que devait encore éprouver les vétérans de leur défaite vingt ans plus tôt contre les troupes des royaumes. Pourtant dans sa rancoeur, il ne pouvait que prendre cette haine là de haut, elle n’était rien par rapport à ce que lui éprouvait envers la noblesse de son pays natal.&lt;br /&gt;Il ne fallu pas une semaine pour qu’on lui présente le roi du Liudmark. L’homme était vieux mais le paraissait encore plus. Affalé sur son siège il faisait allégrement plus de cent kilos. Pourtant on se doutait que cette masse avait été du muscle a une époque pas si lointaine. Ses yeux étaient bleus clairs et contrastait avec ses cheveux blancs et sa mine grêlée. Thibaut se senti affreusement jeune dans ses habits de marche et son petit visage rond encore boutonneux.&lt;br /&gt;De son trône, le monarque s’était contenté de le regarder dans les yeux un long moment et avait dit :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Un bataillon pour faire tomber Montveilh et ses deux remparts mmm ? Soyez heureux que je ne vous mette pas au défi.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je promets que ....&lt;br /&gt;- Assez ! Des nobles arrogants j’en ai plein mes chausses à ne plus savoir qu’en foutre. Montfaucon ! Un nom illustre, votre père était un meneur d’hommes hors pair, à mon grand damne d’ailleurs. Ces imbéciles préféraient crever vingt fois que voir leur seigneur se cogner un orteil. Si vous avez ne fut-ce qu’un dixième de sa valeur ce n’est pas un bataillon que je vous donnerai mais toute une armée. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut restait bouche bée, il ne s’attendait pas vraiment à ce que le roi parle de manière aussi familière.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tu t’attendais à quoi ? Des cérémoniaux et à ce que tu me baises les fesses fardées d’épices rares peut-être ? T’es rien qu’un noble pisseux qu’est trop en colère pour voir qu’il ferrait mieux de se reconvertir dans l’agriculture. Et pourtant, t’as été assez con pour remuer tout mon état major. Ces imbéciles sont certains que je suis derrière tout ça, que je rallie la noblesse des royaumes à notre cause et autres saloperies. Tu crois franchement que j’ai que ça à foutre de m’occuper de ta petite vengeance ? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut ne savait vraiment plus quoi dire, trop choqué pour vraiment être blessé par les paroles du souverain et trop perdu pour savoir que faire de sa vie si le souverain le rejetait.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Un bataillon et le grade de capitaine. Si d’ici trois mois ces pisseux ne sont pas prêt à s’arracher les couilles avec les dents pour être le premier à te moucher la morve qui te coule du nez, je te fais pendre par les pieds à la frontière, comme ça tu la verras tomber longtemps la forteresse de Montveilh.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Exultant, Thibaut s’apprêta donc à prendre congé à force de nombreux merci.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Une dernière chose Montfaucon.&lt;br /&gt;- Oui Sire ?&lt;br /&gt;- Vous faites pas d’illusions avec ma fille. Elle n’en a jamais fait qu’à sa tête. Mais touchez à un seul de ses cheveux et je vous écorche vif.&lt;br /&gt;- Pa...pardon sire ? Vo..votre fille ? &lt;/em&gt;demanda Thibaut les yeux écarquillés.&lt;br /&gt;Le monarque éclata alors d’un rire tonitruant. Il le congédia d’un geste de la main en se tapant sur les cuisses, les larmes aux yeux et plié de rire, affalé sur les bras de son trône. Aujourd’hui encore, Thibaut avait l’image de ce double menton qui se trémoussait de rire alors que lui, imbécile, se demandait de quoi on lui parlait. Imbécile, il l’était pour sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les falaises de la côté approchaient et Thibaut ordonna à son second de donner le signal. Des drapeaux furent agités de barge en barge et la plupart des hommes se relevèrent péniblement. Leurs armures si belles hier étaient maintenant maculées de merde et de vomi. Thibaut eu un petit sourire en coin. En un an son monde avait bien changé, de l’innocence du château à faire des jeux dans la cour avec Sorj et Eliana, à écouter les histoires de père et à recevoir tous les soirs les baisers de mère avant le coucher, il était passé à un monde de soldats. On y jurait plus que de raisons, on crachait sur les nobles et on leur servait de la merde à dîner. Pourtant c’est ici qu’il était devenu homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait retrouvé Roland et Luclin, le jour même. Roland était assis sur un banc du château en train de faire causette à une jeune fille en livrée. Il était en train de lui susurrer quelque chose à l’oreille quand Thibaut fit irruption. Luclin lui regardait béatement les murs du château en se déboîtant la tête.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ah voilà mon petit piaf. Oh oui il est un peu rustre ma donzelle mais ce soir je te raconterai l’histoire du jeune noble qui partit à la conquête de son royaume perdu. Oui je sais, je suis fantastique.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Arrête tes conneries, le roi m’a nommé capitaine. Je l’ai mon bataillon ! &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Bizarrement le regard de la fille passa du dédain à l’intérêt le plus sincère mais Thibaut avait le cerveau trop en ébullition pour s’inquiéter de ce que pouvait penser une servante, pas qu’il s’en soit jamais inquiété d’ailleurs.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Génial ! A nous l’aventure, les macchabés, les nuits dans la boue et la dysenterie ! Tu me combles de joie mon capitaine !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;T’as intérêt à aimer ça, car tu vas m’aider. Euh...sinon t’as pas vu Frida. J’ai deux trois mots à lui dire...&lt;br /&gt;- OH-oh ! Problèmes !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le sourire stupide et la réponse laconique de Roland suffirent à lui confirmer ses doutes.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tu savais, espèce de salopard de la pire espèce, tu m’as laissé me ridiculiser tout ce temps et ...tu...tu...tu.&lt;br /&gt;- Le temps se fait orageux, rentrons ma donzelle et laissons le « capitaine » à ses vocalises. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Laissant Thibaut en plan, il se retourna juste pour lui dire « &lt;em&gt;Ce soir &lt;/em&gt;!». Luclin rigolait doucement.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qu’est-ce que t’as toi ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Pas en colère PRIN-cesss, PRIN-cesss gentille.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Princesse gentille princesse mon cul OUI ! Tout le monde est au courant sauf moi.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La petite lueur de satisfaction dans l’oeil de Luclin était de trop pour Thibaut, le géant n’était pas aussi stupide qu’il aimait le laisser le croire. De rage il frappa du pied dans une pierre et l’envoya cogner contre le rempart qui surplombait le jardin. Il entendait encore le petit rire grave de Luclin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Frida. Elle avait été adorable tout du long. Comme si elle tentait de s’excuser du chamboulement qui était survenu dans la vie de Thibaut à cause d’elle. Sa gentillesse et son corps de rêve perturbait celui-ci au plus haut point. Incapable de la haïr vraiment, la croyant dans la même situation que lui, il avait commencé à vraiment l’apprécier. C’était le genre de femme qui ne se laissait pas abattre. Combattive et pleine de vie, sa façon de toujours aller de l’avant et de chercher un moyen de s’en sortir forçait l’admiration de Thibaut. Elle esquivait le baratin de Roland de manière cinglante et les deux n’arrêtaient pas de se jeter des piques. Roland n’était pas homme à s’embarrasser avec des convenances, il n’hésitait jamais à l’appeler « gueule d’amour »en face. Elle n’avait pas hésité non plus à lui envoyer son pied dans l’entrejambe lorsqu’il lui avait caressé les fesses en le traitant de « &lt;em&gt;Muron ! &lt;/em&gt;». Thibaut avait rit sous cape pendant deux jours à regarder la face congestionnée de son compagnon. Sans savoir ce que «&lt;em&gt; Muron&lt;/em&gt; » voulait dire il se doutait que c’était une insulte et il gardait ça en tête pour le ressortir un jour. Roland avait sursauté pendant près d’une semaine chaque fois que Frida s’était approchée de lui mais il avait été beaucoup plus aimable avec elle.&lt;br /&gt;Thibaut adorait parler avec elle le soir. Ils passaient ensemble une heure ou deux à parler chaque soir. Frida perfectionnait ainsi sa connaissance de la langue et ça permettait au jeune homme de sortir ce qu’il avait sur le coeur sans risquer les railleries.&lt;br /&gt;Il y’avait une autre raison aussi, le soir Thibaut la trouvait belle. Il ne voyait alors pas son visage dévasté pouvait imaginer qu’il était assis près de la plus belle fille sur terre, une princesse. S’il avait su.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quoi donc s’il avait su ? Rien probablement. Thibaut n’était pas très doué avec les filles et sa vie de soldat n’avait pas amélioré ce fait. Oh, il n’était pas vierge mais ce n’était pas la même chose de se faire chevaucher par une fille de joie que d’avoir des sentiments. Et jusqu’à Frida, Thibaut n’en avait jamais eu des sentiments. Mais pourquoi les choses devaient-elles toujours se compliquer ? Le fait qu’elle soit défigurée avait déjà rendu ses sentiments naissants difficiles à accepter pour Thibaut. Apprendre qu’elle était une princesse et ne lui avait jamais rien dit avait failli les tuer dans l’oeuf. Pourtant aujourd’hui c’était ses couleurs à elle qu’il portait. L’étendard vert et noir était le symbole de son unité et la fierté de tous les hommes. Le jour où il avait ramené celui-ci il avait vu briller plus d’un regard et le troisième bataillon de Fransk lui fut acquis à jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La princesse Frida avait une réputation. A huit ans, elle dirigeait déjà les soldats pour ses jeux. Tous la traitaient de petite peste mal élevée dans son dos. Et pourtant tous cherchaient ses faveurs. Elle faisait combattre les gardes entre eux et le gagnant avait droit à une cérémonie où il recevait une bague marquée d’un lion vert. Les gagnants n’hésitaient donc pas à arborer ce symbole princier et certains l’arboraient encore aujourd’hui. La petite princesse ne se gênait pas pour entrer la mêlée et bastonner un homme si elle trouvait qu’il ne se battait pas avec assez d’ardeur.&lt;br /&gt;A douze ans, elle fuguait pour visiter les tavernes de la ville. Le premier tavernier à recevoir sa visite, l’attrapa violemment et voulu lui donner une fessée pensant avoir affaire à une voleuse venue faire les poches de ses clients. Lorsqu’elle lança son cri de ralliement, il était déjà trop tard pour l’homme. Il eu beau avoir lâché l’enfant, trois soldats s’étaient déjà levés parmi la vingtaine qui remplissait alors le bâtiment. Les autres suivirent. On ne retrouva pas le corps mais aucun aubergiste ne toucha jamais plus aux cheveux des jeunes filles de Liudmark. Les vingt furent punis par le roi pour avoir semé le trouble en ville et si Frida ne s’étaient pas dévoilée aucun d’eux n’aurait avoué avoir vu la princesse en ville ce jour là.&lt;br /&gt;Son père lui assigna des perceptrices à qui elle pourri la vie. Elle n’hésita pas à en attacher une à une chaise avant de se faire la malle en ville. A quinze ans, le roi s’était fait une raison. Sa fille gambadait où elle voulait quand elle le voulait. L’enfermait-il dans une tour qu’un jeune garde venait la libérer tout ça pour avoir une de ces stupides bagues. Il eu même l’idée d’interdire le port des bagues mais les membres de son état majors protestèrent. Il n’avait jusque là jamais encore réalisé à quel point sa fille avait réussi à se faire aimée des troupes. Et le pire de tout, c’est qu’elle s’en foutait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thibaut, lui, avait été abasourdi d’entendre tout ça. Une partie de la bouche de Frida elle-même, l’autre de la part de certains vétérans. La discussion qu’il avait eue avec elle le soir de sa nomination avait été empreinte de tristesse. Il était arrivé frustré et fâché. Il aurait aimé être content de l’aboutissement de la première étape de son plan mais au fil de l’après-midi l’appréhension l’avait gagné. Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Qu’allait-il devenir de leur amitié ?&lt;br /&gt;Elle l’avait rejoint le soir dans l’auberge, il se leva à son entrée mais resta figé. La femme qui se tenait devant lui n’était plus la même. Fini la chevelure blonde en broussaille, fini la tenue provocante. Elle était habillée d’une robe noire longue, des lions verts sur tout le pourtour. Deux gardes l’accompagnaient et le silence se fit dans la taverne à son entrée. L’aubergiste vint la saluer bien bas et tout les hommes présents retirèrent qui leur casquette, qui leur rond de cuir.&lt;br /&gt;Il était mal à l’aise lorsqu’elle s’assit en face de lui avec un sourire gêné. Ils parlèrent longtemps quand même mais elle lui fit clairement comprendre que leurs relations ne pourraient être les même. Malgré ses frasques, elle restait une princesse et son statut à lui de capitaine rendait la situation encore pire, il n’était plus qu’un « simple soldat » ici. Elle lui serra la main avant de partir et lui adressa un faible sourire désolé qui tira sur sa cicatrice.&lt;br /&gt;Thibaut en aurait presque pleuré tellement son coeur lui faisait mal, pour la première fois il réalisait qu’il l’aimait. Il ne l’avait pas vu venir et ce qui le chagrinait vraiment c’était d’en prendre conscience au moment où le monde bougeait sous leurs pieds pour les séparer. Sa rancoeur l’avait quittée et un grand abattement l’assaillit. A l’heure où il aurait voulu avoir l’esprit tout entier à sa vengeance il se surprenait à rêver d’une princesse défigurée. Le monde était étrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour sûr, il l’était. Il l’avait revue deux mois et demi plus tard. Thibaut avait sué sans et eaux pour se faire accepter sans y parvenir tout à fait. Il lui restait peu de temps pour transformer la troisième Fransk en un bataillon qui lui obérait au doigt et à l’oeil sur le champ de bataille. Et encore, il en devait qu’à la discipline liudmarkienne ne pas s’être fait poignarder la première semaine. Elle lui avait rendu une visite surprise dans sa tente, deux des quatres sergents de Thibaut se tenait derrière elle.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ces deux imbéciles me disent que tu te débrouilles bien.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Hésitant à cette entrée en matière qui ne correspondait pas vraiment aux rêves romantiques qu’il s’était fait ces derniers mois, Thibaut répondit de façon laconique.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Mouais, n’empêche les hommes ne m’aiment pas.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Le but n’est pas qu’ils t’aiment mais qu’ils fassent ce qu’ils te disent. N’est-ce pas Ulrich ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;OUI PRINCESSE !&lt;br /&gt;- Fous-moi ton capitaine par terre soldat !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme fonça sur Thibaut sans même hésiter. Choqué celui-ci senti l’air s’expulser des poumons quand l’homme le ceintura et l’envoya au sol. Il se demandait vraiment ce qui se passait lorsqu’il vit les yeux de Frida.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; C’est comme ça que tu te bats Thibaut ? Je croyais que t’en avais dans les couilles, que tu voulais te venger ? Je croyais que t’allais montrer à ces pisseux qui avait réussi à capturer leur princesse. Bats toi peigne couille ! &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle le frappa du pied, sans retenue. Thibaut serra les dents et envoya un coup de boule dans le nez d’Ulrich. Il sentit le nez craquer, l’homme lâcha prise et puis tenta de se reprendre mais Thibaut était déjà sur lui. Il l’envoya valser à travers la table et sur les cartes, il laissa libre court à la frustration accumulée ses derniers temps et frappa l’homme encore et encore.&lt;br /&gt;Frida l’arrêta.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Arrête Thibaut. Ce n’est pas à lui que tu dois en vouloir. Mais c’est comme ça que tu dois faire s’ils ne te respectent pas. Frappe les jusqu’à ce qu’ils apprennent. Aujourd’hui Ulrich a perdu et c’est toi mon champion. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle lui baisa le front et lui donna une bague. Le matin en partant elle lui avait aussi laissé l’étendard.&lt;br /&gt;Il n’eut plus jamais de problème avec ses hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Capitaine ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il reporta son regard sur la côte qui approchait.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;On se déploie en silence. Aucun survivant chez l’ennemi. Ces trois tours de guet doivent tomber dans l’heure. Compris ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les hommes se passèrent le mot, certains se retournèrent vers lui et embrassèrent leur bague au lion.&lt;br /&gt;Thibaut lança une prière aux saints. Il ne savait pas trop s’il voulait revenir pour revoir Frida ou mourir pour ne plus jamais être torturé par son visage si beau et si terrible.&lt;br /&gt;La barge toucha la plage en crissant et les hommes s’élancèrent comme des ombres. « &lt;em&gt;Des lions verts&lt;/em&gt;» pensa-t’il.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-3035261265371294931?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/3035261265371294931/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=3035261265371294931' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3035261265371294931'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3035261265371294931'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/08/le-vengeur-chapitre-17-thibaut-le.html' title='Le Vengeur - Chapitre 17. Thibaut - Le Débarquement'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/RwjcWedMvOI/AAAAAAAAAIA/_duZdq4xwlk/s72-c/vagues.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-1526041248221702028</id><published>2007-08-31T15:15:00.001+01:00</published><updated>2008-12-10T21:56:42.630Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 16. Arnulf "Lapin-Tordu" - Les Huits</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rwj_FedMvPI/AAAAAAAAAII/1ra4GzNXws8/s1600-h/Zwir-Franck+Graeme2.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5118621446046530802" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rwj_FedMvPI/AAAAAAAAAII/1ra4GzNXws8/s320/Zwir-Franck+Graeme2.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Voici enfin le chapitre 16 qui boucle la première partie de mon histoire. On y retrouve Arnulf qui se voit confirmer son rôle de chef des Burgans.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;Montage/Photo de Franck Graeme?&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Basil Poledouris - Anvil of Crom&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XVI. Arnulf « Lapin-Tordu » - Les Huits&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Arnulf fit un saut de côté pour éviter de se faire piétiner par un rhinocéros. Il pesta. La bête énorme était harnachée pour le combat et surtout pour l’esbroufe. Sa corne avait été recouverte d’une pointe d’argent, des oeillères dorées l’empêchaient d’être distraite et son dos était caparaçonné de plaques de métal hérissées de pointes. Une armature de bois garnie de fanions rouge faisait une trainée sanglante à l’animal. Une vision formidable bien que son utilité pour la guerre restait discutable.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ce sont les paons qu’ils auraient dû s’appeler. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Alwin venait de le rejoindre sur la colline. Elle aussi embrasa du regard la pleine remplie d’hommes et d’animaux. Les clans s’étaient maintenant presque tous réunis et la vision qui s’étendait sous leurs yeux était irréelle. Peu de burgans encore vivants avait déjà vu un tel rassemblement hétéroclite.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Mmm, ils maquillent leurs totems et en sont fiers. Jamais un homme de ma tribu n’asservirait ainsi un Lion. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il réalisa trop tard qu’il avait fait une bourde. La tribu des Lions était presque la seule à ne pas tirer son nom de l’asservissement d’un animal. Ils avaient bien sûr une relation privilégiée avec leur totem mais ces félins étaient trop fiers pour être réellement apprivoisés.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous n’avez peut-être simplement pas le tact nécessaire. &lt;/em&gt;dit-elle froidement.&lt;br /&gt;Elle fit demi-tour et s’éloigna à grand pas. Il prit plaisir à regarder sa silhouette presque nue s’éloigner. Elle paraissait tellement fragile en plein jour, son corps svelte à la plastique irréprochable avait toujours ses peintures de guerre mais sous le soleil on aurait dit une ombre d’enfant. Pourtant ses formes n’avaient rien d’une petite fille. Il se demanda si sa femme à lui pourrait être aussi belle après avoir enfanté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il tourna son regard vers la plaine. Les tambours battaient, les trompes sonnaient, tous faisaient le plus de bruit possible. Les Burgans ne s’aimaient pas entre eux, tout au plus se toléraient-ils. Seule la peur de la colère divine les avait fait se rassembler sous sa bannière. Arnulf se demanda comment son père avait réussi seul l’exploit de réunir les tribus contre l’envahisseur venus du Sud, pas étonnant qu’il ait du batailler ferme et montrer sa supériorité pour y arriver. Pourtant, ce passé glorieux n’aidait pas Arnulf, la plupart des tribus s’étaient entre déchirées après la guerre, certaines voulant reconstruire, d’autres préférant pousser l’avantage jusqu’à l’intérieur des terres des hommes de fer. Les hommes qui fourmillaient sous ses yeux n’étaient pas unis, ils restaient en petit clans en gardant leurs distances les uns des autres.&lt;br /&gt;Il était cependant certain que même son père n’avait pas vu autant de troupes à son époque. Il manquait encore la tribu des Termites, des Serpents et celle des Chevaux avant de pouvoir faire route vers l’ennemi. Mais son armée s’annonçait d’ores et déjà formidable. Près de six milles hommes étaient là dans la plaine.&lt;br /&gt;Il faisait déjà face à un cauchemar logistique. Heureusement les Taureaux et les Rhinocéros avaient accepté de s’occuper du ravitaillement, d’ailleurs ces derniers utilisaient des girafes pour tirer des traineaux de fourrage gardant les rhinocéros pour la guerre ce que Arnulf trouvait stupide.&lt;br /&gt;La tribu des Béliers était celle qui semait le plus la pagaille, les chèvres se promenaient librement dans les campements et mangeaient tout ce qui leur passait sous la main, même des vêtements parfois. Il espérait que les hommes de la tribu n’allaient pas se montrer trop frileux quand il s’agirait de partager la viande. Mais ce qui l’inquiétait le plus était les rumeurs rapportées par ceux-ci, des hommes de fer avaient traversé les montagnes et pénétrés dans les terres burgannes. Il lui fallait absolument vérifier celles-ci, pas question de partir du pays en craignant pour les villages restés sans défense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit fut agitée, les dernières chaleurs de l’été tombaient sur la plaine comme une chape de plomb. Arnufl se retournait sans cesse. Son corps nu luisant de sueur. Il crut entendre la voix de sa chamane, Wilema, « Huiits...men...ace...viens » mais les sons étaient trop indistincts. Des grattements sur la toile de sa tente le réveillèrent, il ouvrit les yeux en grand. Ses paupières ensommeillées les recouvrirent à nouveau et Il batailla contre l’assoupissement tout en essayant de percer les ténèbres. Rien. Sombrant à nouveau dans le sommeil, il se recroquevilla sur sa couche. Un grand corbeau se tenait sur un morceau de bois de l’armature. Il vit clairement les yeux de celui-ci s’ouvrir, l’oiseau tourna la tête pour mieux le fixer de son oeil gauche. Arnulf se demanda comment celui-ci avait pu entrer mais il ouvrit le bec et croassa « &lt;em&gt;Aaaelorrr&lt;/em&gt; ». Effrayé, Arnulf recula à toute vitesse en faisant le signe des dieux. Il s’empêtra dans sa couverture et tomba de sa couche. L’oiseau avait disparu lorsqu’il reporta son regard à l’endroit où il se tenait. Il hésita alors d’alerter tout le camp mais il savait que ça ne servirait à rien. Peut-être n’était-ce qu’un rêve mais il aurait juré que non. Il aurait tant aimé que Wilema soit là. Il se demanda si ce n’était pas elle qui tentait de lui faire passer un message. « &lt;em&gt;Les Huits...&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y’avait huit tribus burgannes et donc huit chamanes. Chaque tribu avait son propre territoire mais on disait que les chamanes se réunissaient parfois dans un marais au nord. Personne d’autre ne pouvait y entrer en tout cas personne n’en était jamais ressorti vivant. Etait-ce possible que Wilema lui demande de s’y rendre ?&lt;br /&gt;Il se demandait pourquoi les chamanes des autres tribus n’avaient pas voyagés avec les leurs, il avait d’abord cru qu’ils avaient décidé de prendre les rennes des villages pendant l’absence des guerriers et de leurs chefs. Mais il réalisa maintenant que ce n’était pas l’habitude des chamanes de rester en dehors du destin de leurs peuples. Incapable de se rendormir, il enfila des chausses et sortit prendre l’air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ainsi que les cinq chefs de clan se retrouvèrent dans les Marais Brumeux une semaine plus tard.&lt;br /&gt;Adalrik ouvrait la marche, il avait de l’eau jusqu’au torse et ne semblait même pas ralenti. Ses bras énorme bougeaient comme des balanciers qui le propulsaient de l’avant en chantant à tue tête. Il ne voyait pas Alwin, elle sautait de branche en branche dans les nombreux arbres au dessus d’eux et ne s’était pas mouillée une seule fois. C’était la première fois qu’Arnulf côtoyait Irkan, le chef de la tribu des Rhinocéros et à vrai dire il espérait ne pas trop devoir avoir affaire avec lui. C’était un jeune homme à la mine fermée et méprisante. Son nez pointu jurait sur son visage enturbanné. Il possédait un long sabre qu’il tentait de mettre à l’abris de l’eau en le soulevant bien haut au dessus de bras musclés et halés par le soleil. Malgré ses tentatives pour ne pas paraître incommodé par l’eau des marais il n’avait pas la même facilité que ses confrères et pestait plus qu’à son tour. Pour preuve, il ne jouait même pas de sa courte flute qu’il avait laissée dans son étui à son épaule.&lt;br /&gt;Le dernier des compagnons était un vieillard qui ressemblait énormément à son animal totem. Ses cheveux blancs en bataille se terminaient sur une petite barbichette qui soulignait sa dentition vers l’avant. Sa face ridée était fermée par l’effort et il faisait de nombreuses pauses obligeant les autres à l’attendre ce qui avait pour don d’irrité le jeune Irkan plus que tout. Celui-ci n’hésitait pas à traiter l’autre de vieillard d’un ton hautain.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Vous auriez mieux fait de rester sur la plaine avec les hommes, ce n’est plus de votre âge, vieille bique.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L’homme ne répondait jamais mais Arnulf pouvait voir à ses yeux qu’il n’appréciait pas les propos du jeune homme, les pressions sur la petite armature de cuivre qu’il avait à la ceinture s’accentuait et en faisait sortir des « chtoings » grinçants. Arnulf restait au côté du vieillard pour l’aider de son mieux, après tout c’était à cause de lui qu’ils étaient ici. Pourtant il tambourinait des doigts sur son petit tambour portatif et ne réalisait même pas qu’il montrait lui aussi son impatience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus ils s’enfonçaient dans les marais moins le soleil arrivait à percer la frondaison des arbres. L’ambiance était vraiment oppressante, surtout pour Arnulf qui avait passé la plus grande partie de sa vie au grand air dans les plaines de l’ouest où il pouvait courir à perdre haleine dans les hautes herbes et ne s’arrêter qu’au bord des falaises blanches plongeant dans l’océan.&lt;br /&gt;Il soupira, ce marais n’était qu’ombres, brumes et décrépitudes. Les arbres étaient couverts de toiles d’araignées, d’humus visqueux et de plantes en décomposition. Et puis il y’avait l’odeur, elle vous retournait l’estomac comme si on avait évidé les estomacs de cinq vaches mortes il y’a une semaine.&lt;br /&gt;Arnulf lança son bras pour rattraper une fois de plus Olin qui venait de trébucher dans l’eau saumâtre. L’homme le remercia du regard, il était épuisé et les sangsues qui couvraient leurs jambes prélevaient leur dû sur le vieillard. Les deux autres compagnons les avaient distancés et seule une trainée d’eau boueuse indiquait leur passage. C’est toujours au moment où tout le monde est éloigné les uns des autres qu’un drame se passe. Arnulf entendit un cri en hauteur suivant d’un plouf sonore. Craignant pour la vie d’Alwin il courut aussi vite que l’eau le lui permettait abandonnant Olin derrière lui.&lt;br /&gt;Le marais devant lui était agité de vaguelettes, il agrippa une racine pour se hisser en hauteur et observa la surface avec attention. Il sortit son épée à deux mains du fourreau huilé qui barrait son large dos et attendit.&lt;br /&gt;Il vit des bulles crever la surface et plongea. Sous l’eau il ne voyait plus rien mais sa tête butta contre un corps, d’une main il tâta le corps et essaya de reconnaître ce que c’était. Il sentit un bras et une longue membrane visqueuse. On ne l’appelait pas Arnulf « Lapin-Tordu » pour rien, de sa main gauche il souleva l’amas de membres qu’il sentait et le sortir hors de l’eau le tenant à bout de bras.&lt;br /&gt;Il tremblait sous l’effort et cria lorsqu’il sortit la tête hors de l’eau, sa crinière trempée faisait dégouliné l’eau devant ses yeux mais il ne perdit pas de temps. Il passa son épée à travers le corps du serpent, celui-ci se contorsionna et sa gueule frappa Arnulf au visage. Il chancela et manqua glisser ce qui aurait été la fin. Le serpent retomba dans l’eau mais avait à moitié libéré sa proie pour s’attaquer à l’intrus. Lâchant son épée Arnulf lui attrapa la tête à deux mains et serra, serra encore. Le serpent se débattait et tentait de se libérer de l’étreinte du guerrier. La bête s’enroula petit à petit autour du torse d’Arnulf et l’enserra mais il était déjà trop tard pour elle. Il avait réussi à enfoncer ses pouces dans le crâne du reptile. Celui-ci se contracta un peu et puis devint flasque et tomba dans l’eau.&lt;br /&gt;Alwin suffoquait accrochée à une racine. Elle avait le teint pâle et les yeux rougis. Lorsqu’il s’approcha d’elle, elle lui entoura le cou de ses bras et pleura.&lt;br /&gt;Evidemment c’est à ce moment là qu’Irkan et Adalrik firent irruption. Irkan ne dit rien pour une fois mais son sourire narquois fit bien comprendre à Arnulf qu’il utiliserait cet épisode à son avantage.&lt;br /&gt;Il tapota le dos d’Alwin gentiment, un peu gêné de sentir ses seins contre son torse.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous foutiez quoi par Furn !&lt;/em&gt; s’emporta Arnulf.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Les forts avancent, ils ne passent pas notre temps à baiser dans la fange.&lt;br /&gt;- Ose répétez ça espèce de bouse de zébu !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Arnulf s’était laissé emporter et savait qu’il n’avait plus d’armes si Irkan voulait réparer l’affront avec un duel. Celui-ci rit d’un air narquois et continua son chemin. Adalrik souleva ses épaules d’un air désolé avant de le suivre. Après avoir remit Alwin sur pieds, il chercha son épée à tâtons dans la boue. Lorsqu’il se releva avec l’épée couverte de saloperie dégoulinante Alwin lui demande d’une voix croassante: « &lt;em&gt;Olin ? &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la seconde fois de la journée, Arnulf courut. Cette fois-ci il tenait Alwin par la main, résolu à ne pas la laisser seule. L’ancêtre n’avait pas fait de bruit lorsque la bête l’avait attrapée et pourtant il s’était débattu comme le vieux bouc qu’il était. Il n’avait pas appelé à l’aide alors qu’ils auraient pu lui sauver la vie. Quand Arnulf arriva il était en train de se faire emporté sous l’eau par des crocodiles. Une de ses jambes flottait sur l’eau à moitié déchiquetée, deux bêtes se la disputaient. Le vieillard était encore vivant sa bouche tremblait, ouverte, de l’eau s’y déversant et ses yeux étaient larmoyants. Arnulf n’hésita pas une seconde, d’un seul coup formidable il trancha un crocodile en deux, envoyant une gerbe d’eau alentours. Dérangés dans leur repas les autres bêtes se tournèrent vers lui mais il avança sans peur au milieu d’eux.&lt;br /&gt;D’une main formidable il tint fermé le museau du reptile le plus proche et planta son épée à travers les écailles d’un autre. Il sentait la rage monter en lui et lança un cri guttural aux dieux. Le crocodile qui tentait d’emmener Olin sous l’eau sentit le vent tourner et tira un peu plus sur sa proie. Alwin lui grimpa sur le dos et lui déchira les chairs de ses deux dagues. Elle frappa encore et encore jusqu’à ce qu’il ouvre la gueule pour la déloger. Elle lui souleva alors la gueule et lui ouvrit la chair de haut en bas. L’animal se débattit aussi fort qu’il le pouvait mais ce n’était pas assez fort. De ses deux mains Arnulf avait eu le temps de craquer le cou du dernier crocodile. Il s’était ensuite précipité vers Olin. Les dernières forces quittaient celui-ci. Il le hissa sur des racines mais la perte de sang avait été trop importante. Il toussa un peu pour recracher de l’eau et du sang et ne dit que deux mots dans un faible râle « &lt;em&gt;Mène-les !&lt;/em&gt; ». Sa main tapa contre le torse trempé d’Arnulf et celui-ci l’attrapa et la serra fort.&lt;br /&gt;Le vieillard mourut une seconde plus tard et c’est seulement lorsqu’il le porta pour le laisser partir dans l’eau qu’il remarqua le pendentif qu’il avait tenu serré entre ses doigts. Il le prit, décidé à le remettre au futur représentant des Béliers.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Péran, mène cet homme par delà les marécages, fait lui voir à nouveau le soleil et demande lui de me pardonner pour nous avoir envoyé ici. Dis lui de préparer de longues tables pour les guerriers qui bientôt le rejoindront et puisse-t’il retrouver sa jeunesse auprès de toi, Père de tout.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Alwin embrassa le front du vieil homme avant qu’il ne s’enfonce sous l’eau. Ils chantèrent tous les deux, un chant de remerciement pour la longue vie de l’homme, la voix puissante d’Arnulf soutenue par la douceur de celle d’Alwin. A ce moment ils étaient proches et ça l’inquiétait. Arnulf n’aurait voulu penser qu’à sa femme. Il rougit d’avoir des pensées impures alors qu’il prononçait une oraison funèbre.&lt;br /&gt;Les sangsues, attirées par le sang, affluaient de partout et se collaient à leurs jambes. Ils battirent en retraite en silence.&lt;br /&gt;Moroses, ils retrouvèrent leurs compagnons dans un endroit plus ou moins secs. Ils avaient installés un feu et à voir l’état d’Arnulf et Alwin comprirent que quelque chose avait mal tourné. Cette fois ci Irkan ne tenta pas de provoquer Arnulf, celui-ci supposait même qu’au fond de lui le jeune homme avait du respect pour le défunt, être chef de clan n’était pas facile surtout quand on était jeune et impétueux.&lt;br /&gt;Ils mangèrent en silence et après le repas s’occupèrent de leurs armes. Avant le coucher ils jouèrent tous de leur instrument, chacun son tour, un air triste en y ajoutant probablement une prière silencieuse. Adalrik pris le premier tour de garde mais il n’y eu rien à signaler cette nuit là, ni le jour suivant. Le marais avait prélevé son dû.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’ils rejoignirent les chamanes, ceux-ci étaient déjà au courant pour la tragédie. Ils se tenaient debout dans une clairière chacun portant une torche et un masque de bois peint. Ils levèrent les bras devant eux et parlèrent d’une unique voix.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Olin « Feu poilu » tu es aux côtés des dieux&lt;br /&gt;Adalrik « Bois Fendu » les dieux te saluent&lt;br /&gt;Alwin « Tempête » les dieux te saluent&lt;br /&gt;Arnulf « Lapin-Tordu » les dieux te saluent.&lt;br /&gt;Irkan « L’irascible » les dieux te saluent&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ensuite seulement ils furent accueillis au sec. A nouveau, ils entreprirent de brûler les sangsues qui leur couvraient les jambes.&lt;br /&gt;Soudain, des centaines d’hommes sortirent des ombres, ils étaient couverts de peintures de guerre et de babioles en os. Ils entourèrent les chefs de clans et pointèrent leurs courtes lances sur eux. Un enfant se glissa entre les guerriers d’une démarche fluide.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Vous avez tuez un de nos frères&lt;/em&gt; dit-il en levant un sourcil et en bougeant les bras en un mouvement sinueux.&lt;br /&gt;Arnulf ne dit rien mais maudit intérieurement Wilema. Elle ne l’avait prévenu en rien et il ne savait même pas qu’il était sur les territoires de la tribu des Serpents. L’enfant, une jeune fille en fait, s’approcha de lui et lui mit les mains sur les épaules.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Mais tu t’es bien battu et nous mangerons sa chair ce soir. Les Serpents sont fiers de se joindre à vous dans ta mission divine. Je suis Silsian « Ombre Amère ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les chamanes reprirent en choeur :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Silsian « Ombre Amère » les dieux te saluent.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils mangèrent donc du serpent ce soir là, grande première pour Arnulf, mais après avoir traversé les marais il aurait mangé n’importe quoi qui ne soit pas humide. Les chamanes restaient sur le côté en transe en attendant la levée de la lune. Une fois celle-ci levée, ils l’appelèrent et il put enfin parler avec les dieux.&lt;br /&gt;Parler avec les dieux n’était qu’une expression, probablement inventée par les chamanes qui rappelaient ainsi d’où venait leur autorité. Depuis qu’il avait entendu la vraie voix des Dieux, Arnulf était beaucoup moins intéressé par ces simagrées. Il parla d’abord, racontant sa mission, son rêve de corbeau et ce qu’il avait accomplis. Les autres chefs confirmèrent et prêtèrent serment devant les dieux.&lt;br /&gt;Ensuite, Wilema prit la parole :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Les dieux sont contrariés.&lt;/em&gt; Les autres reprirent en choeur « &lt;em&gt;Contrariés &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Le chemin des rêves est obstrué, certains dieux ne répondent même plus. Le monde menace de changer pour toujours. Terre-qui-gronde a été dérangé dans son sommeil et se bat aujourd’hui pour sa survie. Il vous faut faire vite, une armée est passée à travers nos terres, nous les gardiens, dans notre aveuglement n’avons rien fait pour l’en empêcher. Celui qui les dirige est Aelor, un homme de grand pouvoir mais juste un homme. Pourtant il veut devenir Dieu et il faut l’en empêcher. Il combat en ce moment même la tribu des chevaux. La population Termite a déjà subi son courroux.&lt;br /&gt;Il te faut absolument accomplir la prophétie et trouver le chemin scintillant et la vierge sanglante. Ensemble seulement pourrez vous abattre Aelor.&lt;/em&gt;- &lt;em&gt;Je croyais que ce n’était qu’un homme, c’est à moi que les dieux auraient dû demander, je l’aurais déjà tué ?&lt;/em&gt; demanda Irkan&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Irkan a une grande bouche mais de petites couilles&lt;/em&gt; répondit son chaman ce qui fit rougir le jeune homme.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Où était-il quand Olin rejoignait Peran ? &lt;/em&gt;demanda le chaman de la tribu des Béliers.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Où sera-t’il quand l’heure viendra ?&lt;/em&gt; demanda le chaman de la tribu des Taureaux.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Il te faut partir vers le sud mon enfant&lt;/em&gt; dit Wilema en s’adressant à nouveau à Arnulf. &lt;em&gt;Lorsque tu auras trouvé les composants de la prophétie va trouver Terre-qui-gronde et sauve le. Je ne sais pas s’il te sera reconnaissant, peut-être ne verras-tu jamais tes enfants grandir mais si tu ne le fais pas ils ne grandiront pas du tout car ce qu’Aelor veut il l’obtiendra lorsque la lune croisera l’ombre de la terre.&lt;/em&gt;- &lt;em&gt;Combien de temps cela nous laisse ? &lt;/em&gt;demanda Adalrik&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Un peu plus d’un an nous pensons mais nous n’en sommes pas sûrs, les hommes de fer ont de meilleures instruments pour observer les étoiles. &lt;/em&gt;répondit le chaman des Termites. &lt;em&gt;Beaucoup de mes enfants sont morts, à peine une centaine vous rejoint aujourd’hui. Il faudra des générations pour que les termites reconstruisent leur cité. Mais seul l’accomplissement de la prophétie le leur permettra.&lt;/em&gt;- &lt;em&gt;La tribu des Chevaux se joindra-t-elle à nous ?&lt;/em&gt; demanda Arnulf.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ils sont en route &lt;/em&gt;répondit leur chaman,&lt;em&gt; Aelor ne bougera plus de là où il est jusqu’à obtenir ce qu’il veut. L’heure est venue pour les burgans d’entamer le grand voyage vers le sud.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Tous se levèrent et répétèrent « &lt;em&gt;L’heure est venue &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;Alwin serait la main d’Arnulf et il n’osait pas la retirer car il avait bien besoin d’aide, aujourd’hui il avait compris que le destin des Burgans reposait sur ses épaules.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-1526041248221702028?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/1526041248221702028/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=1526041248221702028' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1526041248221702028'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/1526041248221702028'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/08/le-vengeur-chapitre-16-arnulf-lapin.html' title='Le Vengeur - Chapitre 16. Arnulf &quot;Lapin-Tordu&quot; - Les Huits'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_lF2u62_qhCk/Rwj_FedMvPI/AAAAAAAAAII/1ra4GzNXws8/s72-c/Zwir-Franck+Graeme2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2115968970293196088</id><published>2007-08-29T16:07:00.000+01:00</published><updated>2007-08-30T08:07:45.674+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 15. Guylhom - Liudmark</title><content type='html'>Encore un chapitre de terminé (j'ai aussi terminé le 18 mais je vais essayer de poster dans l'ordre à partir de maintenant pour faciliter votre lecture).&lt;br /&gt;Etrangement beaucoup de difficulté à commencer le chapitre, j'ai du faire trois essais avant d'arriver à cette version, l'arrivée de Guylhom devait être un peu spéciale. C'est un chapitre qui explique un peu plus la situation des royaumes et ce qui est en train de s'y passer. J'espère que c'est digeste ;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne Lecture&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Ensemble Perceval - Null'Ome Perren Non Deve, Jerry Goldsmith - Old Bagdad et Corvus Corax - Sol Solo&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;center&gt;Chapitre XV. Guylhom - Liudmark&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Il avait rejoint la route de la ville dès l’aube. Les quelques marchands qui menaient leur attelage, le saluait avec déférence mais il ne dut pas attendre très longtemps pour être remarqué par des soldats. Ceux-ci mettaient carrément genoux en terre devant lui et Guylhom ne savait pas trop comment rendre le salut. Il fit un geste de la main discret et continua donc sa route.&lt;br /&gt;Au loin, de nombreuses fumerolles noires s’échappaient de la ville. La ville paraissait plus petite que dans son souvenir dix-sept ans plus tôt mais elle puait plus. &lt;br /&gt;Il comprit d’où venaient l’odeur et la fumée en arrivant aux portes. Le son métallique des forges résonnait et rythmait le brouhaha ambiant. « &lt;em&gt;Cling. Bang Click&lt;/em&gt; » ces bruits de fonds semblaient émaner des entrailles de la terre mais ils sortaient de dizaines de forges qui produisaient des armes et des armures non stop.&lt;br /&gt;Le Liudmark se préparait à la guerre. « &lt;em&gt;Contre qui ?&lt;/em&gt;» était la vraie question. Une certaine agitation à la porte ramena son attention sur la route. Des soldats en sortaient en deux colonnes ordonnées. &lt;br /&gt;Instinctivement Guylhom porta la main à son épée avant de laisser sa main en suspends, d’où pouvait bien sortir ce réflexe ?&lt;br /&gt;Les soldats libérèrent un passage et mirent pieds en terre. Guylhom soupira, se balader dans la région n’allait pas être de tout repos. Il se demanda comment on pouvait témoigner d’autant de respect envers une simple fonction. Il était certain que personne ne l’avait encore reconnu et doutait même que son père le reconnaisse et pourtant on lui déroulait le tapis rouge comme à un monarque. Il était décidemment très mal préparé à son destin.&lt;br /&gt;Les hommes l’encadrèrent et le menèrent à la ville poussant les gens sans ménagement pour qu’ils libèrent le passage. La foule se fit de plus en plus dense malgré tout. Les gens tendaient les mains vers lui, cherchant à le toucher, des vieilles imploraient pour avoir sa bénédiction, des femmes lui tendaient leurs enfants. &lt;br /&gt;Guylhom était choqué, il ne se souvenait pas d’avoir jamais vu une telle ferveur religieuse dans sa ville natale. Les soldats peinaient à avancer et n’hésitaient plus à bastonner les pauvres hères avec des matraques en bois. Pourtant tout sembla s’effacer quand il vit ce qu’il restait du Saint Sacré. Rien. Tous les arbres avaient été abattus, il fit alors plus attention au paysage qui entourait la ville. Pas un arbre à la ronde. Tous avaient été abattus. « &lt;em&gt;Miséricorde&lt;/em&gt; ». Son père devait être fou pour défier ainsi le saint sylvain, Gu’ul. Pas étonnant que le peuple soit si effrayé. Le roi Frederik n’avait jamais été un fervent religieux mais de là à bafouer ouvertement les croyances anciennes il y’avait un pas que Guylhom n’aurait pas cru voir franchi de son vivant. « &lt;em&gt;Il y’a quelque chose de pourri au royaume de liudmark&lt;/em&gt; » pensa-t’il en rapport avec un livre qu’il avait lu en cachette au monastère.&lt;br /&gt;La foule commençait à gronder, les soldats avaient de plus en plus de mal à les contenir et tentait d’attirer son attention par delà le boucan infernal de la rue. «&lt;em&gt; Cling Clang Messire ! Cling Clang&lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;Il avait l’impression de faire un mauvais rêve. &lt;br /&gt;Sur une impulsion, il descendit de cheval, tendit les rennes de Ceyan a un soldat dont le casque était de travers après avoir reçu un coup et s’avança vers la foule. Celle-ci se calma directement et dans un mouvement de vague s’agenouilla. Il ressentit un frisson le parcourir de bas en haut. « C’est donc ça la puissance » pensa-t’il. Il mit une heure à traverser le petit kilomètre qui le séparait des remparts intérieurs. Ses bras lui faisait mal à force d’avoir du bénir des têtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’entrée du château, le peuple le laissa avancer, seul. Les soldats le regardèrent avec soulagement et respect. Il entra dans la cour et fit un tour d’horizon du château de son enfance. Il remarqua une silhouette dans de grands manteaux de fourrure regarder son arrivée du haut d’un balcon du donjon. « Père ? » Il sentit son ventre se nouer et une brûlante envie de pisser l’assaillir. Aucun protocole n’avait été prévu mais Liudmark n’avait pas besoin de beaucoup de protocoles. Trois cents hommes en garnison le saluèrent d’un coup en tapant de leur lance sur le sol provoquant un boucan qui se répercuta sur les murs. &lt;br /&gt;Les remparts était garnis d’hommes en arme tous les dix pas. Chacun arborait la même cape ocre et noire, la même armure cuirassée et le même casque oblong. Chacun semblait bouger au même rythme que les autres. Il se rappela avoir voulu être l’un d’eux quand il était plus grand et le mal que lui faisait son père quand il le traitait de vers de terre sans force, de machin inutile qui ne pourrait même pas servir de larbin aux soldats. Le seigneur et roi de Liudmark allait avoir un fameux choc en retrouvant son fils. Les chevaliers de Saint Royan étaient les plus grands chevaliers du royaume, certains les disaient invincibles, difficiles à battre c’était certain, leurs faits d’armes étaient légendaires. C’était eux qui avaient vaincu Golthor le roi dément et eux encore qui avaient fait tourner la bataille des roses en la faveur des cités libres. Des rumeurs courraient même sur une soi-disant immortalité ce qui était stupide quand on était au courant des habitudes de son ordre mais le prestige était tel que les chevaliers étaient respectés, partout et par tout le monde, même les rois. On ne plaisantait pas avec le dieu de la justice surtout quand ses représentants avaient un tel soutien populaire.&lt;br /&gt;Guylhom ne se sentait pas à l’aise, son père n’était pas quelqu’un de facile et apparaître ici pour lui demander des renseignements sur ce Aelor risquait de le mettre de fort mauvaise humeur. &lt;br /&gt;Il continua d’avancer, les portes s’ouvrant devant lui. Ici les gardes ne s’agenouillaient plus, pendant leur quart leur allégeance allait d’abord envers leur seigneur et maître.&lt;br /&gt;Difficile dans un environnement très protocolaire d’avoir un moment pour aller se soulager la vessie. Il serra les fesses et continua son chemin vers la salle du trône. Un intendant lui ouvrit la porte et les nobles et courtisans de la région se levèrent. Ils hésitèrent, surpris. Leurs journées se limitaient à tenter d’avoir une faveur du roi quand celui-ci était d’humeur. Voir débarquer un chevalier de Saint Royan à l’improviste, invalidait tout leurs plans pour la journée. Il avait préséance sur eux. Les premiers lui firent un signe de tête et puis se sentirent gênés quand une noble d’un certain âge s’agenouilla. S’ensuivit une belle pagaille, les nobles se regardaient, certains restant debout, d’autres commençant à s’agenouiller puis se relevaient quand ils voyaient qu’ils n’étaient pas suivis. Au final, seuls les plus anciens lui avaient témoigné le respect dû. Certains jeunes n’hésitaient même pas à froncer du nez en le regardant d’un air narquois. « Je dois puer le cheval. » pensa Guylhom, souriant presque. &lt;br /&gt;Le roi aussi mis un temps à venir, mettant autant mal à l’aise les nobles assemblés que Guylhom qui avait l’impression que sa vessie allait éclater. &lt;br /&gt;Enfin on lui demanda de monter aux appartements du roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui-ci était dos à lui, un grand manteau en peau de loup lui couvrait les épaules. Il faisait semblant d’étudier quelque papier face à son étude. Guylhom sourit, son père faisait souvent ça quand il était jeune sauf qu’à l’époque il l’attrapait d’un coup en le traitant de canaillou et le faisant tourner au dessus de ses épaules. Enfin, avant qu’il n’estime que son deuxième fils était un faible.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; J’ai déjà payé la putain de dîme à votre foutu monastère cette année.&lt;/em&gt; commença le monarque.&lt;br /&gt;Guylhom perdit son sourire sous l’insulte. Jamais un chevalier de Saint Royan ne serait venu pour collecter une simple dîme.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je n’aime pas non plus qu’on interrompe les affaires de cours et qu’on jette le désordre en ville avec des conneries superstitieuses.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom en avait entendu plus qu’assez.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;-  Mais, je ne compte pas vous déranger longtemps...Père !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Frederik II se retourna d’un coup, la surprise inscrite sur son visage. Il avait vieilli. Beaucoup vieilli en dix-sept ans. Ses cheveux étaient maintenant blanc et non plus gris. Ils étaient longs et clairsemés sur les côtés. Il avait aussi perdu du muscle mais gagné en poids. Son visage s’était relâché, les faisant de grosses bajoues et un double menton. Pourtant ses yeux bleus acier étaient toujours aussi impressionnants.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Par la Sainte Pute ! Guylhom. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il hésita une seconde, probablement assailli par les souvenirs et puis se refit un masque impénétrable.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Tu as fini par devenir un homme alors.&lt;br /&gt;- On dirait.&lt;br /&gt;- Ta mère a beaucoup pleuré tu sais comme elle était sensible mais j’ai pu éviter la dîme pendant près de dix ans ainsi. &lt;br /&gt;- Mère est morte ?&lt;br /&gt;- En couche à la naissance de ta soeur. Il haussa les épaules résigné.&lt;br /&gt;- J’ai une soeur ? &lt;/em&gt;demanda Guylhom les yeux écarquillés.&lt;br /&gt;Le roi souri et s’esclaffa d’un coup.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Toujours le même petit salopard curieux. Allez assieds toi et viens boire un coup, t’as du suer de la pisse dans ton armure jouet.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom grimaça mais laissa passer l’insulte. Son père parlerait mieux s’il était de bonne humeur.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;A propos, je peux ? &lt;/em&gt;demanda-t-il en désignant le pot de chambre. &lt;br /&gt;Le roi rit encore en le traitant de pisseux mais semblait vraiment content de le voir. De toutes les fois où il avait rêvé de revenir à la maison jamais il n’avait espéré que ce put se passer si bien.&lt;br /&gt;Ils parlèrent près de trois heures ainsi de la famille et de tout ce qui s’était passé depuis son départ au monastère. Jamais le roi n’émit le regret de l’y avoir envoyé mais Guylhom ne savait pas si lui même le regrettait vraiment, il avait pleuré au début bien sûr. Mère surtout lui avait manqué et lui manquerait toujours mais cette vie dans les livres lui avaient beaucoup plus que la vie martiale à laquelle il était normalement destiné.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Et Florian ? &lt;br /&gt;- Ton imbécile de frère se porte bien, il dirige les armées à l’est. Il y’a eu quelques problèmes dernièrement et ça lui permet de ne pas tourner comme un lion en cage. C’est un connard arrogant, tout comme moi quand j’étais jeune. A l’écouter envahir les royaumes du Sud est une affaire de jours et c’est de ma faute qu’on a perdu il y’a vingt ans. Bah. On se gueule souvent dessus  mais il se calmera avec l’âge. &lt;br /&gt;- Une guerre en vue ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Son père le regarda une seconde, hésitant. Et puis répondit avant d’engloutir le reste de bière.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Y’a toujours une guerre en vue ici, tu le sais bien. On se ferait chier sinon. Et toi ? Je croyais que ces crabes de moines avait nommé un chevalier blanc y’a dix ans.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Une servante s’empressa de remplir les choppes à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- C’est le cas. J’avoue que je ne sais pas pourquoi on m’a choisi ni pourquoi il y’a eu une nouvelle nomination.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Son père fit la grimace, visiblement déçu que ce ne soit pas les efforts de son fils qui en avait fait un chevalier.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- A vrai dire, je fais ce qu’on me dit, ce qui explique un peu ma présence ici.&lt;br /&gt;- Me doutais que y’avait anguille sous roche. dit le roi se relevant et renversant la moitié de sa bière dans un mouvement large. Alors vas-y crache, c’est quoi cette fois ?&lt;br /&gt;- Je sais pas trop, on m’a juste donné un nom. Aelor.&lt;br /&gt;- QUI ? QUI T’AS DONNE CE NOM ?&lt;br /&gt;- Je...peu importe.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Peu importe tu dis, peu importe. Ce salopard Aelor ressort toujours au plus mauvais moment. Il y’a un ans pas un cul de paysan n’avait entendu parlé de lui et depuis qu’il est apparu y’a plus que des mauvaises nouvelles.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom ne savait pas si son père le considérait comme ou mauvaise nouvelle ou s’il faisait référence à d’anciens déboires. Il laissa son père parler.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Aelor a pris le contrôle de Pylos, Aelor vous envoie la tête de vos espions, Aelor a rasé Palis, Aelor est un dieu, Aelor et ta soeur. J’en ai marre d’entendre ce nom, je veux sa putain de tête.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Nous aussi &lt;/em&gt;» l’irruption de la voix le fit sursauter et renverser sa bière sur le sol recouvert de paille.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tu sais où il est ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Non, ce fou prétends être un mage noir, comme s’il y’avait jamais eu des mages. Il a débarqué dans les cités libres il y’a un an à peu près. Aux dernières nouvelles, il entrait en territoire Burgans après avoir rasé tout sur son passage. Je lui souhaite bien du plaisir avec ces sauvages. &lt;br /&gt;- Rasé ? Tout seul ?&lt;br /&gt;- Non évidemment, te faire sodomiser par les moines t’as rendu con ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom grinça des dents mais son père n’y fit pas gaffe.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Je ne sais comment ce dément a pris le contrôle de Pylos et il a commencé à augmenter les taxes. Ton imbécile de frère n’a rien trouver de mieux de menacer les cités libres d’une incursion punitive s’ils ne remettaient pas les taxes au niveau normal. On a trop besoin des denrées des îles d’été.&lt;br /&gt;J’aurais pu arranger le coup avec les anciens dirigeants mais Aelor à estimé que les cités libres devaient se débarrasser de l’hégémonie de ses voisins blablabla de la merde en boîte.&lt;br /&gt;Bref il leur a fait lever des troupes et les a lancer directement à travers le nord sans entrainement. Il a rasé la cité de Palis. Pas un putain de survivant. Et il a continué sa route. Ton frère l’attendait de pied ferme dans les collines Priannes mais non cet imbécile a continué vers le nord et a disparu en territoire Burgans. Je sais même pas pourquoi. Mes espions qui le suivaient ont tous disparu. Bref j’en sais rien mais je me doute que cet imbécile compte revenir un jour de la frontière et tenter de nous prendre par surprise d’où la présence de ton frère à l’est.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le roi avala sa bière d’une traite et jeta la choppe au feu. Il était en colère et son double menton tremblait.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;cinq milles hommes devraient suffirent, prends les et trouve Aelor, il ne doit pas revenir&lt;/em&gt;.» Guylhom sursauta à nouveau mais plus discrètement.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je...il ...Je&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Son père leva les yeux, surpris de le voir encore présent. Guylhom s’humecta les lèvres sachant que la suite ne serait pas une partie de plaisir.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Donne moi cinq milles hommes et je trouverai Aelor.&lt;br /&gt;- Tu te fous de moi ?&lt;br /&gt;- Non, je dois le trouver et l’empêcher de revenir.&lt;br /&gt;- Débrouille toi tout seul, éclopé de moinillon de merde. Vous avez quoi ces jours-ci ? Tu veux que je te fasse un dessin de ce qu’est le GRRAAAND royaume de Liudmark ces jours ci ?&lt;br /&gt;Ta putain de soeur qui disparait, Kylios Ier de mon cul qui m’accuse d’avoir enlevé la sienne, des putains de brigands qui ont décimés les patrouilleurs de la frontière Sud et qui sont probablement à la solde de l’autre débile du Sud. Les Cités libres qui refusent tout commerce et se préparent à la guerre. Tu crois que je peux me passer de cinq milles putains d’hommes ??? J’en ai six milles là dehors, pas un peyot de plus, j’ai beau baiser toutes les servantes du royaume j’peux pas faire des soldats plus vite !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Guylhom sentit la colère monter à lui mais ce n’était pas la sienne pourtant il se leva et parla sous son effet.&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Tu vas me donner ces putains de soldats que tu le veuilles ou non. On a toléré tes frasques suffisamment longtemps. On a même fermé les yeux quand tu as détruit le Saint Sacré. Je suis un CHEVALIER DE SAINT ROYAN ! et tu vas m’obéir si tu veux qu’on se souvienne qu’il y’a jamais eu un roi en Liudmark.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Frederik II eut probablement peur pour la première fois de sa vie. Il se maudit de s’être laissé attendrir par un homme qu’il croyait être son fils. Il se maudit d’avoir cru être plus malin que les prêtres. &lt;br /&gt;Des gardes étaient rentrés mais n’osaient pas bouger. Qu’auraient-ils pu faire de toute façon ?&lt;br /&gt;Guylhom réalisa qu’il avait sorti son épée, l’air semblait crépiter autour de lui et dans le soleil couchant semblait avoir été préparé pour cet instant. On le voyait pas la fenêtre dans son dos, il illuminait l’armure d’une teinte rouge sang.&lt;br /&gt;Le roi s’assit d’un air épuisé.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- C’est toi que j’aurais dû choisir comme héritier. Tu le ferais vraiment n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;- Je....Oui. Je suis désolé.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- T’as pas à l’être. Toute ma vie j’ai rêvé d’un fils comme toi et j’ai même pas réalisé que je l’avais, j’aurais du m’en douter, ta mère aussi était terrible quand elle s’énervait. La seule à m’avoir jamais mis à genoux. Il sourit d’un air triste. Prends les tes hommes, va ! Les brigands attendront bien encore quelques mois. Envoi moi la tête de ce salopard ça me fera plaisir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le roi se retourna et partit vers sa chambre. Guylhom se demanda s’il était en train de pleurer, lui même n’en était pas loin. L’alcool lui avait monté à la tête et lui réchauffait les joues. Il se sentait épuisé. Il se laissa mener vers ses quartiers et s’écroula en armure sur le lit.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-2115968970293196088?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/2115968970293196088/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=2115968970293196088' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2115968970293196088'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/2115968970293196088'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/08/le-vengeur-chapitre-15-guylhom-liudmark.html' title='Le Vengeur - Chapitre 15. Guylhom - Liudmark'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-8873496239765937081</id><published>2007-08-28T08:47:00.002+01:00</published><updated>2007-08-29T10:44:55.887+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 14. Orlamund - Le Viol</title><content type='html'>&lt;em&gt;&lt;strong&gt;!!&lt;/strong&gt; &lt;/em&gt;&lt;span style="color:#ff9900;"&gt;Je tiens à prévenir les lecteurs que certains passages du chapitre suivant peuvent choquer les âmes sensibles&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;em&gt;!!&lt;/em&gt;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;J'ai longtemps hésité à passer le pas. Il me semblait important qu'Orlamund soit révélée via un moment marquant de sa vie et je tiens à décrire les moments importants de la vie de mes personnages. Bref voilà, ça plaira ou pas, tant pis :) mais sans vouloir trop en faire je ne voulais surtout pas m'auto censurer, les choses sont telles qu'elles sont dans un monde difficile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Musique d'inspiration: Corvus Corax - Qui Nous Demaine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;&lt;center&gt;Chapitre XIV. Orlamund - Le viol&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Au début, il n’avait fait que la tirer par les cheveux et la frapper. Son cuir chevelu s’en souvenait encore.&lt;br /&gt;Devian l’avait battue encore et encore pour qu’elle se taise alors que c’étaient ces mêmes coups qui la faisaient crier et pleurer. Elle s’était évanouie bien avant qu’il ait finit, la lèvre en sang et les joues brûlantes.&lt;br /&gt;La nuit avait été courte et son tortionnaire avait voulu garder l’avantage sur leurs poursuivants qui devaient encore se demander où ils étaient passés. Le sol s’était fait pierreux à l’approche des Dents de Saints et compliquaient probablement la tâche des pisteurs.&lt;br /&gt;Orlamund avait froid sous sa robe déchirée ce qui l’avait rendue fiévreuse. L’épuisement et l’accumulation de situations difficiles avaient eu raison de sa résistance. La fraicheur des nuits montagnardes l’avait achevée. Elle avait eu droit à une autre bastonnade la première fois qu’elle avait éternué depuis elle essayait de ne pas faire de bruit quand ça la prenait.&lt;br /&gt;Elle n’avait pas pu se lever le lendemain et après l’avoir frappé du pied, Devian s’était résigné à faire un feu et à attendre qu’elle aille mieux. Il avait mis ce temps à profit pour dénicher de la nourriture. Il ne voulait pas qu’elle meure, elle en était certaine.&lt;br /&gt;Elle avait déliré toute la journée, se retournant encore et encore sous la petite couverture de selle. Elle se réveillait parfois en sursaut se croyant encore dans la malle. Devian lui faisait boire de l’eau glacée qu’il avait trouvée dans un ruisseau non loin. Tout en prenant soin d’elle à contre-coeur, il marmonnait maintenant dans sa barbe « &lt;em&gt;T’vas pas me clamser dans les patt’ maint’nant petit oiseau, Devian doit encore t’faire payer...oh oui r’prends des forces !&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se vit au château de son père, le ciel était oppressant, bleu sombre de gros nuages s’accumulant au dessus d’elle. Les arbres étaient tous morts et lentement des formes entrèrent dans les jardins. Son père se tint alors devant elle, les yeux laiteux, son visage fin aux pommettes saillantes pointait vers elle lorsqu’il dit « &lt;em&gt;Catin ! &lt;/em&gt;». Elle voulu lui répondre mais elle ne pouvait pas, ses mouvements étaient lents et lever son bras lui semblait impossible comme si elle était désertée de toute force.&lt;br /&gt;Tous les occupants du château se levèrent de l’ombre, Vance aussi était là. Elle voulu avancer vers eux, son pieds se souleva lentement comme s’il était emprisonné dans la boue. Elle avança en mobilisant toutes ses forces mais n’arriva pas à s’approcher plus.&lt;br /&gt;Tout ceux qu’elles connaissaient alors levèrent le bras et reprirent en coeur et sans fin l’accusation : « &lt;em&gt;Catin ! Catin ! Catin ! Catin ! &lt;/em&gt;» Elle sentit les larmes chaudes lui couler sur le visage et elle répondait «&lt;em&gt; Non &lt;/em&gt;» faiblement. Et pourtant, elle sentait le désir lui monter des entrailles, elle ressentait à nouveau ce qu’elle avait senti auprès de Vance lorsque ses mains la caressaient. Elle gémit et sentit le rouge lui monter aux joues. En pleur, rageuse elle leur répondit :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ce n’est pas ce que vous croyez ! Je l’aimais !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Catin ! Catin ! Catin ! &lt;/em&gt;répondirent les voix.&lt;br /&gt;Elle se tordit, consumée entre le chagrin et le désir. Elle étouffait dans ses vêtements. Elle voulait s’en libérer, s’envoler, se sentir enfin libre, laisser son coeur sortir de sa malle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Devian était installé au dessus d’elle. Elle sentait l’air froid sur ses jambes, il avait relevé ses jupes et était occupé à la toucher entre les jambes, là où elle sentait la chaleur. Là, où se trouvait son inimité. Par réflexe, elle lui envoya son talon dans la figure et s’accroupit, les bras autour des jambes, choquée. Il se releva, de l’amusement dans les yeux et ricana en se frottant la joue.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Hin hin hin ! J’savais que t’allais aimer ça, catin ! &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;S’en était trop pour elle, dans un cri rageur, elle se jeta sur lui les ongles en avant, cherchant à lui déchirer son horrible visage de fouine. Elle ne sut pas vraiment si ce qui lui arriva ensuite fut pour la punir de l’avoir balafré la joue ou si elle avait encore plus exacerbé le désir de ce malade en se rebellant mais une fois maitrisée il la prit là, à même le sol.&lt;br /&gt;Il lui tint les poignets dans le dos d’une main en continuant à la traiter de tous les noms. De l’autre main il releva ses jupes en jurant encore plus. Elle avait le visage pressé contre le sol, des graviers lui rentrait dans les joues et de la poussière dans les yeux. Elle criait mais ne s’entendait même pas tellement elle était terrifiée.&lt;br /&gt;L’air frais qu’elle sentit sur ses fesses ne fut rien comparé au dégoût qui la prit lorsqu’elle sentit le membre durcit de Devian pointer contre sa peau. Elle n’en avait jamais vu mais savait pertinemment ce qu’il essayait de faire, cela faisait des semaines qu’elle le craignait maintenant. Lorsqu’il la pénétra, elle eu mal, elle se sentit déchirée de l’intérieur, écartelée. Elle avait l’impression qu’il lui enfonçait un gros vers chaud qui fouaillait dans son ventre. Elle le sentit bouger et s’enfoncer plus profondément malgré ses efforts pour le repousser.&lt;br /&gt;Lorsque Devian poussa plus loin en elle, elle cria. Elle cria, encore, la poussière lui rentrant dans la bouche. Les poussées de l’homme lui faisaient racler le sol de sa tête, la faisant glisser en arrachant les cheveux pris sous son poids. Elle se maudit et sentit une profonde haine d’elle même car son sang facilitait le travail du violeur. Soulagée, elle le sentit glisser hors d’elle mais lorsqu’il replongea en elle, jubilant et la traitant de salope, elle se sentit littéralement expulsée hors de son corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un instant, elle eu froid, très froid, pourtant elle se sentait libérée. Elle fut étonnée que tout s’arrête ainsi. Toute sa haine, sa peur et son dégoût avaient disparu. Pour la première fois depuis des semaines (une partie d’elle pensa « &lt;em&gt;depuis toujours ?&lt;/em&gt; ») elle se sentait vraiment libre. Elle regarda alentours, s’émerveillant de la beauté de la montagne la nuit. La lune se reflétait sur les monts enneigés et l’air sentait bon la terre humide. Elle sourit. Son sourire s’effaça lorsqu’elle se retourna.&lt;br /&gt;Devian était là, en train de « &lt;em&gt;travailler&lt;/em&gt; » son corps. Un instant elle ressentit de nouveau de la colère mais celle-ci s’évapora. En même temps, la scène était comique. L’homme avait un visage crispé, concentré, son pantalon abaissé sur ses fesses blafardes lui donnait vraiment un air stupide et ses mouvements de va et vient apparaissaient comme un tic nerveux.&lt;br /&gt;Même pas étonnée, elle s’observa ensuite. Son visage était inexpressif, ses yeux gris ouverts regardaient fixement devant eux. Elle était contusionnée et sale, le visage maculée de boue, de larmes et de poussière.&lt;br /&gt;Ses cheveux bruns en bataille, remplis de noeuds ne lui donnaient pas bel air. Et pourtant elle se trouva belle, elle avait un port noble, des traits fins aux courbes douces et des lèvres qui avaient du sourire dans une autre vie. Elle décida alors de mettre fin à cette mascarade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il cria, il cria même plus qu’elle. Il pleura aussi. Pourtant il n’y avait aucune violence dans les gestes d’Orlamund. Elle laissait ses mains faire, doucement presque avec tendresse, comme des mains de femmes. Pourtant elle se doutait que se faire arracher la peau à vif devait faire mal. Il n’avait pas l’air beaucoup plus intelligent maintenant qu’auparavant. Elle se demanda même comment elle avait jamais pu avoir peur de lui. Par facilité, elle avait commencé en lui tirant doucement la peau des épaules, elle s’était détachée comme une pelure d’orange. Un petit bruit de déchirement se faisait entendre et elle gloussa lorsqu’elle réalisa que le corps ne réalisait pas de suite qu’il fallait saigner. Elle avait largement eu le temps de voir les muscles avant que le sang n’afflue.&lt;br /&gt;Du sang maintenant il y’en avait partout. Le corps d’Orlamund en était recouvert, le sol aussi mais cela ne la dérangea pas. Devian s’était relevé, avait tenté de se débarrasser de ce qui lui arrachait la peau. Il essayait maintenant d’empêcher celle-ci de s’enfuir. Apparemment c’est le ventre qui lui fit le plus de mal. La statue de muscles et de sang s’écroula avant qu’elle n’aie fini. Le blanc des yeux exorbités sur un épouvantail rouge. Elle termina le travail cependant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’occupa ensuite de son corps amorphe. Elle le porta au ruisseau et le nettoya. Elle ne put rien faire pour la robe, elle était imprégnée de sang et gardait une teinte rose. Elle récupéra ce qu’elle pouvait dans le camp de fortune et couvrit son corps du mieux qu’elle le put. Elle y insuffla de la chaleur sans oser le réintégrer encore, elle le savait meurtri, souillé. Cette coquille vide lui faisait pitié et un peu peur aussi. Qu’était-il donc arrivé ? Elle n’arrivait pas bien à se concentrer, les bouffées de sentiments qu’elle pouvait ressentir étaient balayés tels des souffles d’airs. Elle passa donc encore un peu de temps à expérimenter sa nouvelle forme. Elle prit son envol et survola les alentours. Elle se sentait bien et tourna ainsi en rond pendant un long moment.&lt;br /&gt;Un peu par hazard, elle tomba sur les soldats des royaumes qui avaient tenté de la libérer auparavant. Elle s’en approcha. Il n’était pas loin mais avait pris la mauvaise direction pour la rejoindre. Dommage, ils auraient peut-être pu sauver Orlamund. Elle fut surprise de penser à elle à la troisième personne. Si son corps était Orlamund, qui était-elle ?&lt;br /&gt;Deux formes étaient allongées en train de dormir. Deux autres discutaient à voix basse près d’un faible feu de brindilles. Elle s’approcha encore, s’installant en tailleur entre eux.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Tu crois qu’on la retrouva ?&lt;/em&gt; murmura l’un avec un air abattu.&lt;br /&gt;C’était un jeune soldat, assez bien de sa personne, les cheveux courts et un bouche pleine.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Mmmph, chûr.&lt;/em&gt; répondit l’autre&lt;br /&gt;Il n’était pas convainquant du tout et n’y croyait probablement pas lui même. Celui-ci était un vétéran, un air de parenté semblait les lier même si l’âge avait pris son du sur ce soldat. Il lui manquait des dents et un morceau de nez. Ses yeux étaient profonds et il gardait une oreille attentive tout en parlant calmement.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Elle est si belle.&lt;br /&gt;- Ni pour toi, m’neveu. Ch’t une nob’ et une princhesse en pluch. S’ni pour toi. T’ferrais mieux de t’en souvenir avant d’sauter dans l’eau à nouveau.&lt;br /&gt;- Je sais, je suis désolé&lt;/em&gt; soupira le jeune homme.&lt;br /&gt;Elle le trouva touchant et lui caressa les cheveux.&lt;br /&gt;Il frissonna.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- C’était qui ces types de toute façon ?&lt;br /&gt;- Des p’tains de fanatiques, pas des brigands c’est sûr. Z’avaient ‘cune chanch mais z ‘ont qu’même bazardé Joffrey et Ruch.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Au souvenir du combat, l’homme grimaça en tenant son bras. Orlamund remarqua qu’il était blessé et que sa blessure devait le démanger sous le bandage. Elle l’apaisa d’un geste.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Les questeurs sont chûrs qu’y viennent de l’mark mais va chavoir, chi on attrape le dernier va’l regretter l’jour où l’est venu à s’monde, t’el dit.&lt;br /&gt;- Liudmark ? mais ça voudrait dire la guerre ?&lt;br /&gt;- Alors ? N’est payé pour cha t’façon.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle les laissa disserter entre eux et repartit trouver son corps. Le contact, même bref, avec des personnes qui ne lui voulaient pas de mal lui avait fait du bien et elle se glissa enfin dans son enveloppe corporelle.&lt;br /&gt;Orlamund se releva en aspirant l’air goulument. Elle se sentait courbaturée et encore un peu fiévreuse mais le pire était la souillure, elle l’avait rattrapée. Elle regarda autour d’elle et heureusement n’était pas en vue du corps de Devian. Malgré tout ses nerfs lâchèrent et elle pleura.&lt;br /&gt;Au petit matin, elle se lava encore une fois au ruisseau même si elle savait que rien n’enlèverait cette sensation de sentir encore des mains sur son corps et ce...cette chose en dedans.&lt;br /&gt;Princesse ? Elle ne l’était plus, son père ne lui avait-il pas dit que si elle se déshonorait elle finirait ses jours au couvent ? Catin ! Voila ce qu’il lui dirait. Elle n’était pas prête à l’entendre, pas encore une fois.&lt;br /&gt;Le Liudmark la voulait ? Son père la renierait? Il ne lui restait qu’une seul échappatoire : les Cités Libres. Il lui suffirait de suivre la ligne montagneuse vers le nord est et elle arriverait à la frontière, là bas la ville de Pylos serait une première étape.&lt;br /&gt;Elle partit donc, résolue de choisir sa vie cette fois.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-8873496239765937081?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/8873496239765937081/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=8873496239765937081' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8873496239765937081'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/8873496239765937081'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/08/le-vengeur-chapitre-14-orlamund-le-viol.html' title='Le Vengeur - Chapitre 14. Orlamund - Le Viol'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-3946391442581334324</id><published>2007-08-28T08:47:00.001+01:00</published><updated>2007-08-28T08:47:49.287+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 13. Saymar - Le Marchand</title><content type='html'>Bon au vu de mon rythme d'écriture et de l'état actuel du blog, j'ai décidé de poster les chapitres dans l'ordre d'écriture et non plus dans l'ordre de lecture. Veuillez m'en excuser. Celà devrait s'améliorer pour le cycle suivant qui devrait voir plus d'interactions entre les divers personnages.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revoici donc Saymar qui petit à petit fait son nids&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Chapitre XIII. Saymar&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Les choses ne s’étaient pas si mal déroulées le mois passé. Près de quarante personnes les avaient rejoints suite à leur précédent succès. Saymar sourit, les trente pouilleux qui avaient assassinés deux cents soldats dans leur sommeil s’étaient transformés en cent fiers guerriers qui avaient punis les Liudmarkiens pour l’enlèvement de la princesse. C’est à peine si Saymar savait qu’il y’avait une princesse dans le royaume et à vrai dire il s’en foutait. &lt;br /&gt;La capacité des gens à tout embellir et à tout gober le fascinait. « &lt;em&gt;Bande de cons &lt;/em&gt;» mais il continuait à sourire car ça faisait bien ses affaires. Après tout c’était lui le chef de tout ce petit monde. &lt;br /&gt;Sa tente était maintenant plus que confortable. Un ébéniste de la région du Val faisait des meubles admirables. Son abri de fortune s’était vite métamorphosé en un chez-soi mieux fournis que son ancienne maison. Pourquoi se priverait-il, après tout que feraient ces gueux sans lui ?&lt;br /&gt;Son frère pénétra dans la tente, douchant l’enthousiasme de Saymar et lui remémorant les autres problèmes que cette affluence avait causés. &lt;br /&gt;Toutes ces nouvelles bouches à nourrir alors que les paysans du coin désertaient les champs en plein été, voilà ce qui allait vite devenir une préoccupation de chaque instant. Les fermiers semblait plus fuir la région par peur des représailles que désireux de rejoindre leurs rangs. Ces représailles, Saymar les attendaient toujours. Il s’était attendu à un renforcement des patrouilles et à quelques pendaisons dans le coin pour faire bonne figure mais non. Rien. Le calme plat.  Les patrouilles s’étaient retirées et le moindre convoi était tellement gardé que ça en était ridicule. &lt;br /&gt;D’ailleurs ce n’était ni bon pour les provisions, ni pour le moral. L’oisiveté n’apportait que des soucis, il était temps que les choses changent. &lt;br /&gt;La logistique n’avait jamais intéressé Saymar mais là il n’avait plus le choix. Si les villageois alentours ne fournissait plus la nourriture et qu’on ne pouvait pas la voler aux Liudmarkien il allait falloir la trouver autre part dès que les stocks toucheraient à leur fin. Il n’allait pas la chier non plus, en même temps ça les changerait pas beaucoup. « &lt;em&gt;Ragoûts, ragoûts et encore des ragoûts, de la merde que tout ça !&lt;/em&gt; ». &lt;br /&gt;Pour une fois Pilton ne venait pas l’emmerder avec des petits bobos, les choses allaient peut-être s’améliorer tout compte fait. Il attrapa son baudrier et le fixa à sa taille. « &lt;em&gt;Préviens les hommes, on va pas rater l’occasion cette fois.&lt;/em&gt; ». Pilton s’éloigna en boitillant, Saymar en avait presque pitié. Ce type avait presque tout perdu la nuit de l’attaque, il ne s’en était sorti de justesse avec une jambe qui ne guérirait probablement jamais et en plus on lui reprochait les morts comme s’il avait été l’instigateur du plan. Saymar recevait les louanges et Pilton les remontrances, pas si mal d’avoir un frère en fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sortit de la tente et regarda sa maigre troupe s’assembler. Les pouilleux d’avant avaient maintenant l’air de dur à cuire et les nouveaux ressemblaient à des enfants dépenaillés. Ils avaient ramenés quantité d’armes et d’armures du camp ennemis mais ça n’empêchait pas que la plupart de ces pièces n’allaient pas à ses hommes. L’un avait un casque qui n’arrêtait pas de lui tomber sur les yeux, l’autre une cuirasse en cuir qui flottait sur son maigre torse. « &lt;em&gt;Bah ! &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;En fait ils semblaient tous trop maigres et c’était probablement la faim et la stupide idée qu’ils pourraient en retirer quelque richesses qui les avaient attirés ici. &lt;br /&gt;Ils partirent après un court débriefing, Haytor veillait au grain pour empêcher les hommes d’être distrait par les adieux. Des femmes seraient leurs jupes dans les mains d’un air inquiet. Y’en a même une ou deux qui pleuraient. « Pathétique ! » pensa-t-il. Au final, il y’avait moins de problèmes avec les femmes soldats, elles excellaient dans leur domaine et ne s’embarrassaient pas de sentiments. &lt;br /&gt;Deux d’entre elles avaient échangés les casseroles pour des arcs. Il y’avait eu quelques grincements de dents mais Saymar n’allait pas se priver de bons soldats pour respecter les convenances. Comme si c’était convenable de vivre dans les bois et de n’en sortir que pour égorger quelques soldats qui n’avaient rien fait à personne.&lt;br /&gt;Il regarda les fesses de Laurra qui courait devant lui, il avait vraiment pris une bonne décision des filles en pantalon de cuir ça faisait un fameux effet. Ce n’était pas rare qu’il reçoive une visite de « courtoisie » dans sa tente, même certaines veuves ne s’était pas fait priée. Il commençait décidément à bien aimer cette vie dans les bois. Laurra était une mangeuse d’hommes, faut dire qu’elle était jolie. Il se doutait cependant qu’elle ne venait pas que le visiter lui et ça l’embêtait un peu, il « Po envie de ramasser la chtouille » rumina t’il.&lt;br /&gt;Ils passèrent devant les corps mutilés des soldats Liudmarkiens qui s’étaient rendus. Ses ardeurs douchées, il frissonna. « &lt;em&gt;Pas eu le choix, désolé !&lt;/em&gt; ». Il était vraiment désolé pour eux ! La culpabilité le rongeait brièvement chaque fois qu’il les croisait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur les vingt et un soldats qui s’étaient rendus, huit avaient acceptés de les rejoindre. Les autres avaient choisis la liberté. Enfin ça c’est ce qu’il leur avait promis, douchant l’enthousiasme de ses compagnons et amenant une levée littérale de bouclier rien qu’en prononçant ce mensonge.&lt;br /&gt;Les douze autres avaient été escortés à l’écart et puis attachés à des arbres en bordure de la forêt. On avait laissé les veuves et les assoiffés de vengeance s’occuper d’eux. Certains corps avaient le ventre en charpie, d’autres avaient agonisés des heures les yeux percés, suppliants et criant dans l’aube. Saymar avait ordonné qu’on mette fin à leur souffrance après qu’il eut réalisé que ça l’empêcherait de dormir. Tous eurent la gorge tranchée. Les corps, attachés aux arbres avec du lierre avaient été mis en scène pour former une sorte de barrière macabre. Un avertissement à toute patrouille qui oserait s’aventurer dans leur domaine. Sur les huit qui étaient restés, trois tentèrent de s’enfuir dans les jours qui suivirent. Leurs corps se décomposaient avec les autres. Les cinq autres semblaient avoir compris la leçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’éloignant enfin de la puanteur du massacre, ils se placèrent à la lisière dans les sous bois. Une pente abrupte dévalait jusqu’à la route commerciale. Il divisa ses troupes en deux, les archers montèrent dans les arbres, les autres se tapirent dans les fougères et les ronces. Et puis, ils attendirent. &lt;br /&gt;La caravane avait été repérée il y’a une heure à plus d’une dizaine de kilomètres à l’ouest, elle ne devrait donc pas tarder. Ils l’entendirent d’abord, les cliquetis des armes et le « &lt;em&gt;crouic-crouic &lt;/em&gt;» des roues de chariots. Une vingtaine de soldats pour un seul chariot. Apparemment la nouvelle tactique liudmarkienne était de faire des convois insignifiants pour tester la sécurité des routes. Un seul chariot bâché, même s’il était remplis de bouffe ça ne les feraient pas tenir plus d’une semaine. Pour ce que Saymar en savait celui-ci pouvait tout aussi bien être remplis de chandelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il donna le signal, les flèches se mirent à pleuvoir sur les soldats montés alors que les hommes de Saymar dévalaient la pente se plaçant devant le chariot pour empêcher le passage en force. &lt;br /&gt;Les soldats tentèrent de se regrouper derrière le véhicule à l’abri des projectiles. Le conducteur était cloué sur son siège par une flèche et gueulait comme un putois. Une autre lui transperça la gorge faisant gicler un petit filet de sang. Une dizaine de chevaux gisaient au sol et ruaient violemment. Il vit un fantassin se faire arracher la mâchoire par un sabot, tournoyer sur lui même et rester prostré debout pissant le sang. Un autre cavalier fit un vol plané de plusieurs mètres lorsque son cheval trébucha sur un cadavre. Saymar aurait juré avoir entendu le craquement de sa nuque à l’atterrissage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etrangement calme, il plaça trois lanciers en première ligne, accroupis pendant que les autres faisaient tournoyer leurs frondes. Dans une impasse, les liudmarkiens se mirent à courir vers eux, armes au clair. Les frondes lâchèrent leurs pierres. Quatre hommes tombèrent et furent piétinés par les autres. Les flèches se remirent à pleuvoir transformant trois autres en hérissons. Le reste s’égailla dans tous les sens, deux privés de leurs chevaux tentèrent de s’enfuir à travers champs. Un blessé se releva et fit quelque pas sur la route avant d’être criblé de flèches. Les deux derniers chargèrent bravement les hommes de Saymar. Sans les lances ils auraient probablement fait un carnage au corps à corps mais ils ralentirent, tentant d’éviter les pointes. L’un reçut une pierre à l’épaule ce qui laissa le temps à Haytor de l’embrocher proprement. Lorsque celui-ci retira la lance les intestins suivirent. L’autre avait réussi à toucher un lancier et se battait avec l’autre au corps à corps. Lentement pour être sûr de ne pas rater son coup, Saymar approcha et lui planta sa dague plusieurs fois dans le dos. Elle crissa deux fois contre la cotte de maille, à la troisième elle passa et mis fin au combat.&lt;br /&gt;Il ne restait qu’un seul survivant, qu’on apercevait au loin, courant comme un dératé. Trop loin pour être abattu. Saymar pesta. Il fit signe à deux de ses comparses de le prendre en chasse. Avec un peu de chance, ils l’élimineraient et empêcheraient l’ennemi d’en apprendre plus sur eux. &lt;br /&gt;Les autres se promenaient parmi les corps, achevant chevaux et hommes. Détroussant ce qui pouvait être utile. L’un d’entre eux était carrément assis sur une carcasse de cheval en train d’essayer des bottes prises à un cadavre. &lt;br /&gt;L’agitation régnait à l’arrière de la carriole et il s’y rendit. &lt;br /&gt;Ce qu’il y trouva ne le réjouit pas. Pas d’or, pas de nourriture, quelques affaires personnelles et une jeune fille terrorisée, pointant vers eux un couteau ridicule. Apparemment, les hommes avaient essayé d’en faire un butin car sa robe était déchirée sur son épaule. L’un d’entre eux se tenait la main en l’insultant « Chti’te salope, t’vas payé ! ». Saymar le foudroya du regard jusqu’a ce qu’il cesse et se retire en maugréant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mère ou la gouvernante de la fille était étendue sur le sol du fourgon, une flèche plantée dans le dos.  « Bah du gâchis ». Saymar n’aimait pas les morts inutiles. La fille était en pleur, secouée de hoquets, la morve dégoulinant de son nez et la bouche entre-ouverte sur un filet de bave. Pas très ragoutante comme ça.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Poussez-vous laissez la respirer bande de barbares. &lt;br /&gt;- Chef on peut pas la laisser vivre, c’est une vraie démone !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il poussa la grande gueule de côté et regarda la fille.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Petite ? On va pas te faire de mal. Je te le promets.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Que pouvait-il bien lui dire ? &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Désolé pour...la dame. Un accident, c’était ta mère ?  &lt;br /&gt;- Mon père ??? OU est mon père ? ASSASSIN ! SALAUD !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;La fille se jeta sur lui bras en avant, laissant tomber son couteau, elle tenta de lui griffer le visage.&lt;br /&gt;Les autres lui attrapèrent les bras et la jetèrent dehors par terre. Saymar mit du temps à comprendre qu’elle parlait probablement du conducteur.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Verte Couille, savez pas faire doucement ?&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Deux hommes lui maintenaient les bras, elle cracha sur eux, tenta de leur donner des coups de pieds et puis s’affaissa brusquement avant de se remettre à pleurer.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Que quelqu’un aille me chercher Laurra.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il s’approcha de la fille, demanda aux autres de la lâcher.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Tout le monde est mort à part toi. Tu peux me haïr pour ça si tu veux mais ça va pas changer grand chose. On ne voulait tuer aucun civil, on avait juste besoin du contenu du charriot. Contre des soldats on n’a pas le choix, il faut attaquer par surprise et frapper fort. Cn va pas demander gentiment si on risque pas de blesser quelqu’un avant d’attaquer. Bien sûr y’en a qui crèvent mais on a besoin de nourriture pour survivre, je suppose qu’il y’en a pas dans le charriot mais on pouvait pas le flairer. Tu vas venir avec nous, on ne peut pas te laisser partir, mais tu seras bien traitée.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;La fille n’avait pas donné l’impression qu’elle l’écoutait mais ses soubresauts s’étaient faits plus faibles.&lt;br /&gt;Il se leva et demanda à Laurra de s’occuper d’elle.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Embarquez ce qui peut nous servir, brûlez le reste.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi fallait-il toujours qu’il y’ait un goût amer après chaque bataille ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le butin était maigre, quelques bijoux, quelques vêtements de bonne qualité mais en trop faible quantité pour compenser le sang versé. Le pire était probablement que le marchand et sa famille n’avait même pas l’air d’être de Liudmark. Saymar se demandait si ce n’était pas juste des réfugiés. Des sudistes qu’on renvoyait chez eux à cause des tensions entre les deux pays. Faudra qu’il se renseigne auprès de la fille pour voir comment était la situation le long de la route. Aurait-elle vu beaucoup de soldats ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le retour au camp fut presque triomphal, les femmes étaient soulagées de revoir leur homme et ceux-ci apportaient quelques présents en se prenant pour des princes. Ce soir les hommes allaient boire pour tenter d’oublier l’horreur de la bataille et ils n’en parleraient plus que comme un exploit. Le lendemain, ses hommes revinrent avec la tête du fuyard ce qui permit à Saymar de dormir sur ses deux oreilles. Ce n’étaient pas les quelques cadavres épouvantails qui empêcheraient une armée de ratisser la forêt s’ils découvraient l’emplacement de leur camp.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps passa sans que les Liudmarkiens fassent montre d’un quelconque intérêt pour ce qui s’était passé sur la route. La fille n’apparut dans le camp qu’au bout de quelques jours, craintive et n’osant adresser la parole à personne. Laurra lui faisait un rapport régulier, de femme volage elle était passée à mère poule. Il apprit ainsi que la fille s’appelait Anna. Saymar se surpris à apprécier ses petits détails de la vie de cette inconnue. Elle avait recommencé à manger, faisait encore des cauchemars qui la réveillaient en pleine nuit et ainsi de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pilton s’était pris d’affection pour elle et lui apportait à manger tous les jours. « &lt;em&gt;A moins qu’il ne se soit simplement pris d’affection pour Laurra &lt;/em&gt;» pensait Saymar. &lt;br /&gt;Haytor avait essayé par deux fois de lui faire changer d’avis. « &lt;em&gt;La laisser en vie serait une erreur, on a tué ses parents, elle n’aura de cesse de se venger. Chuis pas le seul à penser ça.&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Saymar les ignorait. Les soldats connaissaient les risques, la fille n’avait rien demandé à personne. Elle avait quoi ? Treize ? Quatorze ans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fil des semaines, il la vit s’ouvrir au monde. Elle avait toujours un air triste mais parfois un garçon arrivait à lui arracher un sourire. Elle saluait tout le monde, même lui et tout semblait aller pour le mieux. Saymar s’attacha donc au problème de logistique qu’il avait tant évité ces derniers temps. Félician, leur agent de liaison avec le village, devenait de plus en plus gourmand. Comme par hasard les prix des vivres augmentaient aussi et la situation allait bientôt devenir critique. Il travailla tard sur un nouveau plan avec son frère et Haytor. La nuit était chaude, la pluie n’était plus tombée depuis près de trois semaines et les rivières commençaient à se tarir. Un autre problème ! A croire que le moindre sujet de discussion en amenait de nouveaux. Epuisé, il quitta ses adjoints et retourna à sa tente. Il se retourna plusieurs fois, tentant de trouver la bonne position qui lui ferait moins sentir la chaleur. Il finit par s’endormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il sentait une caresse fraiche sur sa peau, il entrouvrit les yeux. Une forme nue se tenait au dessus de lui. « &lt;em&gt;MMmm ? &lt;/em&gt;» Il sentit ses mains caresser ses épaules, son torse. Elle le chevauchait. Elle prit ses mains et les porta sur ses seins. Lourds et fermes, les mamelons se dressaient, durs sous sa paume. Il se mit à les caresser et ouvrit un peu plus les yeux. Souriant. « &lt;em&gt;Saymar ?&lt;/em&gt; ». Il grommela et ouvrit les yeux pour de bons. « &lt;em&gt;Putain c’est qui ?&lt;/em&gt; » grommela t’il d’une voix enrouée par le sommeil. Pour une fois qu’il faisait un rêve agréable. &lt;br /&gt;Anna se tenait à l’entrée de sa tente. Il se couvrit en vitesse.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ah c’est toi. Tu ne dors pas la nuit ou quoi?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il avait conscience d’être plus désagréable qu’il ne l’aurait voulu, mais c’était sa faute après tout, quelle idée de venir le réveiller en pleine nuit.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Des cauchemars...&lt;br /&gt;- Je...Ah !. Et Laurra ?&lt;br /&gt;- Elle dort.&lt;br /&gt;- Moi, aussi enfin je... plus maintenant. Tu veux t’assoir ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle ne dit rien, et laissa glisser sa chemise de nuit au sol. Saymar hoqueta. Elle devait plutôt avoir quinze ans si pas plus. Elle était jolie. « Non, belle ! » pensa-t’il.  Ses cheveux roux cascadaient sur ses épaules blanches. Ses seins le fascinaient tellement ils semblaient parfaits. La faible clarté de la lune rehaussait son teint d’albâtre.&lt;br /&gt;Il arrêta son examen lorsqu’ elle s’approcha de lui. Ses mains glissèrent sur son visage. &lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Qu’est-ce que ça veut dire ça ?&lt;br /&gt;- Je sais que tu t’intéresses à moi, Laurra me l’a dit.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle prit sa main et la posa sur son sein. Il sentit son mamelon durcir et se lever entre ses doigts. Il retira la main comme s’il s’était brûlé. « Tin faudrait que je rêve plus souvent.»&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Euh, arrête, tu...tu es trop jeune. Je...je voulais juste savoir si tu allais bien.&lt;br /&gt;- Tu me veux, je le lis dans tes yeux. Mireille me le répétait toujours, ils te veulent tous. Elle me disait de faire attention, tous les mêmes qu’elle disait. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Tout en parlant, elle se caressait l’entrejambe de mouvements lents et appuyés. Saymar avait le coeur qui battait la chamade.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Quoi ? Qui ? De...je..ta gouvernante c’est ça ?&lt;/em&gt;Elle se pencha pour l’embrasser. Il comprit qu’il n’arriverait pas à se concentrer tant qu’elle serait nue à lui faire des avances. Il la repoussa et durcit le ton :&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Arrête ça tout de suite, Anna ! Tu es une gamine, je ne suis pas comme les bestiaux là dehors, je vais pas te sauter dessus pour je ne sais quelle raison.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Sa colère flamboya, elle sortit un couteau de derrière son dos  et se jeta sur lui.  Saymar réalisa qu’il avait été tellement surpris par la situation qu’il n’avait même pas remarqué qu’elle cachait quelque chose. Sa surprise fut telle qu’il faillit y laisser la vie. Le couteau lui entailla la joue alors qu’il se jetait en arrière. Il lui attrapa les bras, serrant fort jusqu’a ce qu’elle lâche son arme. Il l’entendait parler tout bas.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je te hais ! Je te hais ! Je te hais ! Assassin ! Violeur ! Tu ne m’auras pas ! Tu ne m’auras pas !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il n’en revenait pas de ce qu’elle débitait. Il ne savait pas trop quoi faire. S’il appelait à la rescousse il se doutait que d’autres se chargerait d’éliminer la fille peu importerait son opinion alors. &lt;br /&gt;Il garda une main ferme autour de son poignet. Son autre bras l’entoura.&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Sshhh, pleure ! Pleure petite ! Je ne te ferai pas de mal. Je suis désolé. Tellement désolé&lt;/em&gt;.»&lt;br /&gt;Il sentait le sang lui dégouliner le long de la joue, rougissant encore plus la chevelure rousse d’Anna.&lt;br /&gt;Elle pleura, un peu et puis elle se raidit. Elle resta immobile un temps, combien il ne put le dire et puis elle se releva doucement. Saymar faisait attention à ses mouvements de peur qu’elle ne tente encore une traitrise. Elle le regarda de façon hautaine et dit froidement :&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Tu me désireras, Saymar, plus que tout au monde. Je hanterai tes nuits, je ferai battre ton coeur et tu seras prêt à prendre le risque de mourir pour m’avoir. Tu me supplieras à genoux de te tuer en échange d’une seule nuit avec moi. Je te le promets ! &lt;/em&gt;». Elle sortit, nue, dans la chaleur de la nuit. &lt;br /&gt;Saymar n’avait plus vraiment envie de dormir. Visiblement, elle était loin d’être guérie et elle lui en voulait...à mort. &lt;br /&gt;Il soupira. « &lt;em&gt;Vie de merde &lt;/em&gt;» Tout à coup, il se reprit à penser à la fuite. Tout plaquer encore une fois mais pour aller où. Vu la situation internationale se réfugier en Liudmark ne semblait pas une très bonne idée. Il ramassa la chemise d’Anna, elle sentait bon la lavande. « &lt;em&gt;Une lavande mortelle&lt;/em&gt; » Il souffla encore et décida de nettoyer sa plaie. Tout compte fait avoir un garde devant sa tente ne semblait pas une mauvaise idée quitte à recevoir moins de visites féminines. Ce soir celles-ci lui semblaient beaucoup moins stimulantes que d’habitude. Les paroles d’Anna résonnaient dans son crâne « &lt;em&gt;Je hanterai tes nuits &lt;/em&gt;». C’était bien parti. Il se rendormit peu avant l’aube en se demandant pourquoi elle ne l’avait pas tout simplement assassiné pendant son sommeil.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;©2006-2007 Avenger&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34061992-3946391442581334324?l=saavenger.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://saavenger.blogspot.com/feeds/3946391442581334324/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=34061992&amp;postID=3946391442581334324' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3946391442581334324'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34061992/posts/default/3946391442581334324'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://saavenger.blogspot.com/2007/08/le-vengeur-chapitre-13-saymar-le.html' title='Le Vengeur - Chapitre 13. Saymar - Le Marchand'/><author><name>SA_Avenger</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34061992.post-2648148256098410851</id><published>2007-08-28T08:46:00.001+01:00</published><updated>2007-08-28T08:46:49.724+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='écriture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='fantasy'/><title type='text'>Le Vengeur - Chapitre 12. Thibaut - La Fuite</title><content type='html'>Voilà enfin le chapitre 12. Assez content de voir le troisième cycle (groupe de 5 chapitres) avancer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;center&gt;&lt;b&gt;Chapitre XII. Thibaut.&lt;/b&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;Tout avait pourtant bien commencé. Il avait réagit comme à l’entrainement : souplesse, fluidité et rapidité ! Il s’était écarté d’un pas vers la gauche, sa lame tranchant net le bois d’une pique. Le bout de celle-ci était tombé lourdement sur le pont dans un vacarme que Thibaut, dans sa concentration, n’entendait pas. D’un coup sec, il avait repoussé l’autre hallebarde avec le pied, la faisant remonter vers le haut. Son propriétaire surpris fut déséquilibré et tomba à la renverse mais Thibaut s’était déjà retourné. Il écarta une autre pique de son épée. Il était surpris de la facilité avec laquelle tout se passait. Contrairement à lui, ces hommes n’avaient pas eu un entrainement martial depuis le plus jeune âge et malgré l’avantage de l’allonge, le poids de leurs hallebardes rendait le combat presque égal. Ici pas de complication, pas de tournoi, c’était homme contre homme, talent contre talent.&lt;br /&gt;Pourtant il déchanta lorsqu’il reçut un coup de bâton qui l’envoya au sol. Le temps qu’il se relève les gardes étaient sur lui. Celui dont il avait coupé la pique s’était servi de la hampe pour le bastonner. Pas très loyal se disait Thibaut encore sous le coup de la surprise alors que les hommes commençaient à lui donner des coups de pieds dans le ventre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré sa douleur actuelle il s’estimait chanceux, que serait-il arrivé s’ils n’avaient pas voulu le prendre vivant. Avait-il été trop confiant ? Etait-il aussi incapable qu’il commençait à le croire ? Pourquoi son entrainement n’avait pas fait mention de cette possibilité ?&lt;br /&gt;Il était las. Que faisait-il dans ce cachot ? Que lui voulait-on ? Il se demanda combien de temps il allait devoir rester dans cette cellule aux murs suintant d’humidité. L’attente ne fut pas très longue.&lt;br /&gt;Des pas lourds retentirent dans le couloir et une clé tourna dans la serrure. Il tenta vaille que vaille de se mettre debout. Deux gardes entrèrent sans lui adresser un mot, ils lui passèrent une capuche sombre sur le crâne et lui tirèrent les bras en arrière. Thibaut gémit, son corps le faisait souffrir. &lt;br /&gt;Ils l’emmenèrent sans ménagement au travers des couloirs humides du château. Inquiet, presque paniqué, Thibaut tournait la tête dans tous les sens, ses yeux écarquillés essayant de capter un peu de lumière dans le noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fut jeté au sol et sa capuche enlevée. Pour le coup, il aurait préféré qu’on la lui laisse. La lumière des torches dansait sur les outils de torture et Thibaut sentit ses genoux  flancher sous lui et les larmes lui monter aux yeux. « &lt;em&gt;Non ! Ne faites pas ça. Mon père paiera rançon !&lt;/em&gt; ». On attacha ses poignets à un anneau de métal froid et sombre. Il peinait pour toucher le sol du bout des orteils et se doutait de la douleur qu’il allait ressentir d’ici peu. «&lt;em&gt; Non, je suis Thibaut Montfaucon, vous ne pouvez pas. Je suis un noble. Laissez-moi, je vous en prie. Par Saint Viach non !&lt;/em&gt; » Personne ne réagissait à sa litanie, personne n’avait même un regard de compassion pour lui.  Un homme le regardait dans l’ombre et semblait attendre qu’on installe Thibaut. Même dans la faible clarté de la pièce, il pouvait voir la richesse des vêtements de l’homme. Des fils d’or étaient cousus sur sa tunique bleue roi. Probablement le seigneur de Montveilh lui-même. Ca ne pouvait pas être, pourquoi celui-ci voulait-il sa mort ? Comment osait-il défier ainsi l’autorité de son seigneur ? De tels actes envers la noblesse entraineraient des représailles. La famille Montveilh serait rayée des livres d’histoires, trahison envers son seigneur lige, il n’y avait pas de pire crime. Mais tout cela ne rassurait pas Thibaut outre mesure, au contraire, il avait maintenant perdu tout espoir. Il perdit aussi toute dignité quand un prêtre de Péran fit son entrée et que sa vessie lâcha.&lt;br /&gt;Historiquement les prêtres silencieux de Péran ne s’occupaient que des morts, leurs prérogatives s’étaient cependant vues étendues à tout ce qui touchait à la douleur, aux maladies incurables, aux condamnés à mort et aux tortures. On les utilisait dans ce dernier cas lorsqu’on voulait être sûr que ce qui allait être appris par ce biais ne serait pas répété. Les prêtres de Péran avaient en effet tous eu la langue arrachée lors de leur ordination. Le prêtre avait une tunique rouge sang poussiéreuse qui donnait une apparence encore plus sinistre à son regard bleu acier sans âge. Des cheveux blonds soyeux encadraient son visage. « &lt;em&gt;Tel un ange de la mort.&lt;/em&gt; » pensa Thibaut. &lt;br /&gt;La peur tenaillait le ventre de Thibaut qui se tortillait à chaque crampe virulente qui le parcourait, la sueur dégoulinait le long de ses bras musclés mais il avait froid. Seule l’urine sur ses jambes le réchauffait un peu.  Il n’avait jamais été entraîné pour résister à la douleur, il se doutait bien qu’on allait lui faire avouer n’importe quoi. Probablement quelque chose qui nuirait à son père, Thibaut était encore trop jeune pour avoir un autre seigneur pour ennemi, reste qu’il ne s’était jamais douté pas que son père en avait.&lt;br /&gt;Les gardes saluèrent le prêtre avec déférence. Thibaut eu cependant l’impression d’avoir déjà vu cet homme quelque part. Celui-ci retira sa capuche et Thibaut cru avoir perdu la raison. Le prêtre n’était autre que Roland le regard toujours aussi inexpressif comme s’il ne le reconnaissait pas. Il voulu ouvrir la bouche, demander pourquoi, crier sa haine aux dieux mais sous la surprise rien ne sortit.&lt;br /&gt;Thibaut sentit son sang se glacer encore plus, la trahison de Roland lui insuffla un grand vide au fond de ses entrailles. Celles-ci se réchauffèrent instantanément quand son ancien compagnon attrapa un instrument de torture et le balança à la figure du garde à gauche de Thibaut. Le nez boursouflé de l’homme craqua et sembla se rétracter dans son visage alors que le sang maculait le métal de l’outil. &lt;br /&gt;Roland avait déjà lâché l’outil et planté sa dague dans le gorgerin d’un second garde avant que quiconque ne réagisse. Le dernier garde avait enfin sorti son épée mais cela ne lui servi pas à grand chose.&lt;br /&gt;Thibaut ne put qu’admirer la technique de son sauveur, qui se contenta d’éviter l’épée d’un mouvement fluide et de pousser le garde qui dans son élan alla se cogner contre une vierge de fer avant de s’affaler par terre. Oh il essaya bien de se relever mais Roland lui écrasa la nuque d’un coup de pieds bien senti. &lt;br /&gt;L’homme dans l’ombre n’avait pas bougé mais il avait crié comme un putois « &lt;em&gt;A la garde ! A la garde !&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;Ses cris se terminèrent dans un gargouillis sanglant, un objet (une dague ?) l’avait atteint au visage. Roland bougeait trop vite pour les yeux fatigués de Thibaut  et celui-ci s’afférait déjà à le libérer.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Si tu pouvais éviter de combattre une garnison tout seul la prochaine fois. J’ai pas que ça à foutre que de retrouver mes vieilles fripes pour faire le guignol dans ce taudis humide.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut ne faisait que sourire béatement en répétant le nom de son sauveur. Il lui sauta aux bras dès qu’il le put.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je... j’ai cru. Comment ?? &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Plus tard, faut se défiler ! ça va grouiller de soldats. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ils n’eurent pas le temps de sortir de la salle avant que deux gardes n’arrivent. Il leur fallut une seconde de trop pour comprendre ce qui se passait. De ce temps Roland avait frappé le premier dans l’entrejambe. Le deuxième encore dans l’encadrement de la porte ne pouvait sortir son épée et décida de foncer directement sur son adversaire. Roland eu un mouvement des plus étrange, flottant presque dans les airs un instant, il envoya son pied frapper le menton du soldat là où le casque ne le protégeait pas. L’homme qui allait probablement dire quelque chose claqua ses dents pourries les unes contre les autres, en cassant plusieurs et en se coupant la langue. La douleur le fit s’arrêter pour porter ses mains à son visage. &lt;br /&gt;Ce réflexe permit à Roland de sortir l’épée du fourreau du garde et de la lui renfoncer directement dans le bide. Le garde était gros et Thibaut fut étonné de le voir rentrer autant le ventre sous le choc.&lt;br /&gt;Roland était couvert de sang mais grâce à sa robe celui-ci passait presque inaperçu.&lt;br /&gt;Ils suivirent plusieurs couloirs, Roland semblait savoir où aller et les gardes n’avaient pas encore assez d’informations pour savoir ce qui se passait. Ils passèrent même en courant devant un qui ne réagit qu’une fois qu’ils étaient passés. &lt;br /&gt;C’est donc haletant et poursuivis de nombreux cris qu’ils arrivèrent sur le chemin de ronde. &lt;br /&gt;Celui-ci était désert alors que le château s’illuminait au fur et à mesure. La nuit tombait et Thibaut pouvait apercevoir un certain nombre de gardes, torche au poing, qui sortaient dans la cour. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Allez, va rejoindre gueule d’amour !&lt;/em&gt; dit Roland en lui montrant un grappin accroché à un créneau.&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Qui ?&lt;br /&gt;- Fonce ! Crotte de saint !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Malgré la peur de tomber, le désir de s’enfuir fut plus grand. Le fait de ne pas voir le ravin en contrebas lui permis aussi de resté concentré sur ce qu’il faisait.&lt;br /&gt;En bas il fut accueilli par la fille qu’ils avaient fait prisonnier et par Philass, un instant il hésita à remonter à la corde craignant un piège.  Roland l’avait suivit de peu et lui donna une tape sur le dos.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;On se barre, faut passer la frontière avant que les croteux ne se réveillent. Tu peux remercier Philass pour son tir parfait, du premier coup qu’il nous l’a placé le grappin.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;Thibaut ne comprenait pas grand chose à ce qu’il se passait mais il était content que quelqu’un d’autre prenne le commandement. La fille coupa la corde et Philass tendit un morceau de pain à Thibaut.&lt;br /&gt;Celui-ci réalisa alors qu’il était mort de faim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils marchèrent en silence jusqu’a atteindre la sortie du village. Ils y retrouvèrent Luclin et Adian couché au fond d’une charrette sous un paquet de couverture. &lt;br /&gt;Les hommes s’entretinrent à voix basse et Philass gêné vint lui parler :&lt;br /&gt;-&lt;em&gt; Partez vers le Liudmark monseigneur. La situation à changé. Le prince Sigmund est mort et...je ne sais comment vous l’apprendre mais les nobles ...ils ont décrété votre famille responsable. Il est..mort, pendu. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Le monde de Thibaut s’écroula.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Il vous faut fuir, vous êtes recherché pour haute trahison. Votre famille à perdu tout ses biens et doit être exilée.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Père ? Non, ce ne peut pas être vrai non !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Les larmes coulaient le long de ses joues et il sanglotait.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Ne perdez pas espoir jeune seigneur. Partez ce soir, Roland et Luclin vous accompagneront et...elle aussi. Roland vous expliquera. Mais il vous faut partir. Je vais amener Adian en lieu sûr et puis j’essaierai de venir en aide et d’apprendre ce qui est arrivé à votre famille. Je ne crois pas qu’il leur soit fait du mal, on ne peut accuser une femme et des enfants n’est-ce pas ?&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il accompagna cette remarque d’un regard appuyé sur leur ancienne prisonnière. Thibaut le remarqua à peine, occupé qu’il était à pleurer.&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je vous retrouverai. Roland est quelqu’un plein de ressources, il saura vous aider.&lt;br /&gt;Ils se séparèrent ainsi, Philass menant la charrette le long de la route royale, l’obscurité les recouvrit vite.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Thibaut et ses compagnons partirent vers le nord. Ils passèrent la frontière en douce à travers la plaine. Roland les poussant de l’avant pour qu’ils soient de l’autre côté avant le lever du soleil.&lt;br /&gt;Lorsqu’ils s’arrêtèrent enfin dans un sous bois, Thibaut s’affala par terre. Trop épuisé pour parler ou pour pleurer même. Il n’arrivait pas à réaliser tout ce qui s’était passé ces derniers jours et il se sentait vide. Les autres le laissèrent tranquille et Roland ne pipa même pas un mot lorsqu’il lui apporta de quoi manger. La fille s’approcha alors de lui et lui dit avec un très mauvais accent:&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Moi ...Frida...désolé toi. Liudmark maison.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Il hocha la tête, absent, en pensant « &lt;em&gt;gueule d’amour&lt;/em&gt; ». Il pouffa et eu son premier sourire depuis ce qui lui sembla être une éternité.&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt
